Et le voici, le tant attendu test d’Alpha Protocol (dans le topic spécialement créé pour, en plus !).
Avant toute chose, précision bien que j’ai testé la version Xbox 360, mais il ne semble pas y’avoir de différence majeure entre les versions, d’après ce que j’ai lut de parts et d’autres.
Maintenant, commençons voulez vous ? Rappelons un peu le contexte : Le nouveau jeu d’Obsidian se présente au monde comme un RPG d’espionnage, ce qui nous le verrons plus ****** n’est pas tout à fait vrai. Selon les auteurs, il serait inspiré par les 3 J (James Bond, Jason Bourne, Jack Kieffer), mais c’est à la série Alias que fait plus penser l’univers du titre (quand la série était encore divertissante, j’entends, et pas cette bouse infâme que sont les 3 dernières saisons). Autant le dire tout de suite, le jeu est un cas difficile, et pour faire un compte rendu honnête, j’ai jugé que le plus simple et parlant serait de détailler ma perception du jeu avec la vision « brute» que j’en ai eu, puis celle que j’en ai avec le recul. Cela permettra à tous de juger les différents aspects du jeu, et de pouvoir se faire sa propre opinion sur l’ensemble des qualités et défauts du jeu.
Un 1er contact glacial
Quand le jeu commence, vous vous retrouvez largué directement dans un petit niveau qui sert à prendre connaissances des principes les plus basiques du jeu. Quoi de plus normal de nos jours, pour ses premiers pas dans n’importe quel jeu vidéo. Des premiers pas dans la douleur ici. Car si il est vrai comme chacun sait que les graphismes pique les yeux, la douche froide ne s’arrête pas là : on se rends vite compte que la démarche de notre perso est balourde, peu naturelle, et le comble sont ses mouvement en mode furtif, vraiment hilarante au premier abord. Mais bon, c’est un défaut récurrent chez les jeux d’infiltration (un défaut qui n’a jamais été réglé depuis le premier Hitman…), mais il faut avouer qu’ici, c’est tout de même la palme. Mais continuons à parler de ce premier niveau, car y jouer nous fait prendre conscience de toute les limites technique et de Gameplay qui vont nous gêner par la suite : beaucoup d’action présente chez les jeux d’infiltration non possible (fermer les portes, impossible de déplacer les corps,…) alors que Deus Ex vieux de 10 permettait cela… Techniquement, de bugs graphiques nous montre que le moteur Unreal 3 n’est pas maîtrisé (Tiens, une barre de rambarde transperce la tête de mon perso, qui visiblement n’est pas mort pour autant, les corps ennemis tremble sans raison par terre…), et l’IA des ennemis est plutôt irrationnelle, allant de la crétinerie à l’état brut à des réactions plus malignes si rapidement que l’on se demande si les ennemis ne sont pas tout simplement complètement cinglés… Bref, le premier contact avec Alpha Protocol laisse craindre le pire.
Obsidian Touch
Après ce premier niveau vite torché, passe les premiers dialogues. C’est à partir delà que nous avons tout les éléments en mains pour définir le jeu. Ici, nous n’incarnons pas notre personnage comme dans un RPG, mais un personnage prédéfini auquel on peut influencer sa façon d’être comme Mass Effect. Nous sommes donc en face d’un film intéractif/Action/infiltration, permettant de faire évoluer son personnage. Maintenant que nous avons les références continuons le jeu. Après un passage sur l’apprentissage d’aspect plus poussé du jeu quez l’on peut zapper, commence les « vrais » missions. Et si je dis « vrais », c’est parce que ce n’est pas la cas : les missions de la première destination ne sont qu’une extension du tutorial, ce qui est courrant chez Obsidian (Kotor 2, NWN2) et sont donc plutôt ennuyeuse. Les 4 premières heures de jeu sont donc aussi ennuyeuses que la pluie, aussi bien en terme de phases d’action que de la trame, vraiment classique, qui ne prends son envol qu’a la dernière mission de la première destination. Mais cet avis concernant le début du jeu est à nuancé, car je n’ai pas encore parlé des points forts qui se révèle tout de même dés ces premières heures, et qui seront confirmées largement par la suite.
Mass Effect Killer ? Sur certains points, oui.
Et ces points concerne les dialogues et la narration. Alpha Protocol a comme ME plus un coté film interactif que RPG, et il faut dire que de ce coté là, AP reprends les qualité de ME et corrige les défauts de son aîné : Les dialogues sont désormais plus vivants et réactifs que dans ME : vous choisissez votre façon de répondre lorsque vous écoutez la réplique de votre interlocuteur, un compte à rebours limitant le temps de choix. Ça n’a l’air de rien, mais ça rends les dialogues plus nerveux et plus prenant (et on évite les temps de latences interminable de ME qui cassait tout le rythme). Ces dialogues sont très bien écrit, et permettent à chaque fois 3 approches différentes, voir une quatrième sous certaines conditions. Cela peut sembler peut, mais le soucis de l’écriture est bien présent, et contrairement à ME, les répliques de notre personnages ne dénote jamais, quelque soit l’orientation prise : la cohérence est parfaite (alors que dans ME, un perso pragmatique dénotais clairement si il utilisait une réponse conciliante, ici ce n’est pas le cas, quelque soit le type de perso que vous jouez, chacune des répliques peut coller parfaitement au personnage). Le soucis de cohérence se voit encore dans la structure des dialogues, qui évitent le piège récurrent des jeux typés Bioware : ici, on évite les long monologues qui font si peu naturel, que se soit dans ME ou DA pour les dernières sorties. On à vraiment l’impression de réalisme en suivant les dialogues. D’autant plus que l’idée d’influence, qu’Obsidian à mis en pratique depuis Kotor 2 trouve son apogée ici : par rapport a chaque personnage est prise en compte la réputation, qui résulte des choix de dialogues et de vos actes. Vous pouvez ainsi vous faire aimer ou détester de tout le monde. Ce n’est pas nouveau, mais bien mieux gérer ici, et avec de vrai conséquences sur le déroulement de l’histoire, voir des missions (vous vous entendez bien avec un contact ? Peut être pourra t’il vous filer un coup de main en mission… A l’inverse, peut être vous coupera t’il l’accès à certaines ressources si une haine s’est installée entre vous…).
Résumons nous : des dialogues bien écrits, dynamiques, réaliste et qui ont de vrai conséquences. Que du bon. ME à là des idées à reprendre assurément.
Un jeu qui se révèle prenant, voir obsédant.
Mais le dialogue ne fait pas tout dans la vie. Heureusement, il y’a un scénario derrière. Ce dernier ne décolle qu’après 3-4 heures de jeu. Certes, il y’a déjà eu bien plus original, mais l’histoire se révèle plaisante et on se surprends à attendre avec impatience la suite. C’est d’ailleurs après ces 3-4 heures que le vrai jeu commence aussi : missions plus longues, plus retorses et plus impliquantes. On se met à utiliser ce qui ne nous paraissait pas utile : les gadget . Rien de très original, du bruiteur à la fausse radio pour tromper les gardes, mais ça reste sympathique. A partir de là vous enchaînez les missions et bizarrement, les défauts du jeu s’estompe. Il sont toujours là, mais vous ne les remarquer plus.L jeu, autant par son histoire que par ses phases d’action, vous attire et vous ne sentez plus les heures passer. Le jeu commence à vous obséder. Ça m’est arrivé, et comme je suis loin d’être le seul, j’en parles . Ce jeu émet une aura qui vous attire vers lui, et vous oublier les défauts face aux qualité. Ça ne m’est arrivé qu’avec de très rare jeu, des jeux qu’à chaque fois vous quittez avec regret (pour ma part BG, Deus Ex, Jade Empire). Pour peu que vous entriez dedans, ce jeu vous rappellera toujours vers lui. C’est la marque de titre qui gagne à être connu.
Conclusion :
Alpha Protocol fait partie de ces titres qui ne vous laisse pas indifférent : soit vous le trouverez arriéré et ridicule (d’autant plus que le jeu possède un coté arcade assumé, du fait de certaines compétences irréalistes et de boss haut en couleur à la MSG), soit vous trouverez un jeu au fond extrêmement travaillé et très bien écrit, auquel même sa réalisation faiblarde n’empêche pas de trouver un grand plaisir à jouer. Certes, pâr rapport à Deus Ex par exemple, il y’a moins de quantité (moins de tout ces petits trucs qui faisait son charme : moins de compte e-mail à pirater, moins de liberté dans le design des niveaux…), mais il faut admettre que cette époque est un peu révolue (je suis très sceptique sur le prochain Deus Ex), et un jeu comme Alpha Protocol pourrait avoir de nombreuse amélioration sur son fond, mais de ses dernières années, il faut avouer que c’est le désert de Gobi dans ce domaine, alors AP est comme une oasis (la dernière ?)
Le jeu en lui même se révèle par moment extrêmement difficile (à la difficulté max au moins, je n’ai joué qu’en difficile), et la première rencontre avec un boss (en dehors de celui de la première destination) risque de vous faire péter un cable. Pour ma part, c’est seulement à ce moment là que j’ai compris l’importance de certaines compétences (le premier « vrai » boss (que j’ai affronté à Moscou), j’ai du m’y reprendre une 30 de fois pour l’avoir…
Voilà, j’aurais put parler plus en longueur des qualité, notamment sur les conséquences réelles de nos actes, mais ce serait risquer le spoil, et le test est déjà assez long, non ? J’espère que cela vous permettra d’avoir une bonne vision de ce jeu.