megamomo wrote...
Je t'assure qu'il n'y a pas une once de mauvaise foi.
Une idée, un point de vue témoigne de son humanité, de son existence par son expression, et plus important, par une volonté d'expression. la conscience du "je" n'est pas suffisante sans la conscience de l'autre. Si on ne dispose d'aucune forme d'expression qui témoignerait du partage d'un point de vue sur une idée potentielle (matérialisée par un certain comportement), ou qu'on est incapable d'appréhender cette expression, alors on ne peut pas être sûr à partir d'une simple observation de "l'humanité" d'un individu.
Bah, à partir du momment ou on peut considérer le "je" le "eux" doit suivre non? Sinon qu'en est-il de la mère qui protège son enfant (dans le monde animal j'entend). J'ai même vu un jour (en passant devant une télé allumée), un troupeau de buffles revenir en masse pour libérer un jeune qui s'était fait avoir par les lions.
Jamais un banc de sardines (par exemple) n'agit comme ça, les sardines nagent dans tous les sens en espèrant qu'elles seront assez nombreuses pour que leurs prédateurs n'aient plus faim, elle n'ont pas conscience du "je" ou tout du moins, rien ne le laisse prévoir dans leur comportement.
Là on a affaire à une conscience de l'autre, de la nécéssité de le sauver, et en prime d'une organisation sociale

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Non ce n'est pas ce que je veux dire !
Je n'ai pas dit qu'il existait forcément un animal parfaitement inhumain (une machine organique à l'image des récolteurs). Encore moins que tout "animal" (hormis l'****** sapiens) l'était. Mais dans la seule observation d'un comportement, on ne peut pas approcher de manière sûre l'humanité potentielle d'un individu, fut-il ******-sapiens ou architeuthis. Un ****** sapiens qui fait preuve d'ingéniosité pour économiser son argent ne fait pas plus preuve d'humanité (par ce comportement) que l'écureuil qui entasse ses noisettes dans une cache.
Je pense que les témoignages d'humanité les plus aboutis et les moins discutables se trouvent dans l'art et la philosophie. L'art est la forme d'expression la plus inutile, subjective et désintéressée qui soit (en tant qu'art, et non en tant que métier, auquel cas une dimension plus pragmatique est à prendre en compte
, et la philosophie est une méditation, une discussion continuelle des idées qui confronte sans cesse ces dernières à de multiples points de vue.
Bref, humanité, Nietzsche, moissonneurs, philo, condition animale, quel que soit le bout qu'on prend,....
Nous y voilà!
Il fallait bien que l'amour, l'art et compagnie finissent par tomber

On aime dire qu'un objet d'art n'a pas de but.... (ou tout du moins cela devrais l'être), pourtant une oeuvre d'art a un effet (sur au moin un être humain, sinon on considère ça comme une ordure

). Je pense que l'artiste est un être à la sensibilité hors norme, et que celui-ci ressent des émotions, sur lesquelles il est incapable de placer un mot, tout simplement parce qu'un nombre trop limité d'humains ont ressentis cette même émotion pour qu'un mot lui soit désigné.
L'artiste est donc coincé, il ressent une chose inqualifiable. Plutôt que d'inventer un mot pour la définir, il va tenter de recréer un objet, ou une mélodie, qui pourra lui rendre cette émotion le plus fidèlement possible.
L'artiste a donc un but quand il crée (fatalement) et son oeuvre possède au moins un but pour lui. Si son oeuvre est bien réalisé et qu'elle retransmet l'émotion d'une façon si pure qu'elle parvient même à atteindre d'autres personnes que l'artiste, alors c'est super! mais ce n'est pas le but (en tout cas ça ne devrais pas ) de l'artiste.
Reste à savoir pourquoi rechercher à revivre cette émotion? Hé bah y'a pas 30 solutions, soit parce que l'émotion en question procure un bien être à celui qui la perçoit, soit elle attise sa curiosité.
Une oeuvre d'art est un générateur d'émotion, normal que les humains en soit friands, mais si on analyse bien la chose, une oeuvre d'art reste un outil humain de masturbation émotionnelle. En usant d'une oeuvre d'art, l'humain cherche à jouer avec ses émotions, pour au final voloriser son bien être (même si l'oeuvre d'art en question lui procure des émotions négatives). Exactement ce que fait un chat quand il réclame des carresses ou un singe quand il s'astique le bout

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Il reste la curiosité, dont découle également la philosophie, puisque les philosophes sont avant tout des gens qui se posent tout un tas de questions. Mais là encore, la curiosité n'est pas exclusif à l'être humain. Ce qui l'est par contre, c'est justement de pouvoir avoir de la curiosité pour des domaines totalement abstraits.
Maintenant, on peut aussi dire que les animaux n'ont pas de curiosité pour les choses abstraites juste parce qu'ils n'ont pas assez d'engrenages pour pouvoir les concevoir.