Je ne sais pas comment est traduit Grand Cleric dans la VF, donc j'ai laissé l'original (un truc qu'on est pas supposé faire en traduction mais bon tant pis...)

J'ai traduit ça en regardant Grey's Anatomy d'un oeil, donc l'indulgence est de rigueur.
SEBASTIANForcer à entrer au couvent étant garçon, l'archer noble Sebastian Vael est projeté dans le nid de vipère qu'est la politique princière quand sa famille est brutalement assassinée, faisant de lui le seul héritier survivant. Choisissez d'aider Sebastian à venger le meurtre de sa famille et réclamer son titre, ou diriger sa vengeance sacrée sur vos ennemis à Kirkwall.
Sebastian – NouvelleLes Princes ne sont pas fait pour la chasteté.
C'est ce que je n'arrête pas de me dire depuis que les soldats de mes parents m'ont amené dans ce cloître et m'y ont laissé à pourrir. Ils disent que je suis une disgrâce pour la famille Vael, que je fais honte à mon nom, que je serais un poids autour du cou de mon frère quand il dirigera Starkhaven. Et moi, je me dis que, si vous êtes un prince sans pouvoir, et bien autant utiliser votre titre pour vous amuser un peu.
« Sebastian ? » C'est la voix de mon geôlier, le Capitaine Leland, de la garde personnelle de mes parents. Loyal jusqu'à la mort. Ma mort, en l'occurrence.
« Est-ce que vous avez besoin de quelque chose de plus ce soir, Votre Altesse ? ».
« J'ai tout ce qu'il me faut. » Qu'il parte. J'ai besoin d'être seul. Il se passe un moment, puis l'écho de ses pas se fait entendre dans le hall. Nous répétons ça tous les soirs: il doit croire que je resterais dans ma cellule, obéissant, endormi.
Je déroule le message qui était caché sous mon assiette, dans la salle à manger.
Sebastian – je sais que vous détestez être ici. Si vous souhaitez partir, retrouvez moi à l'entrée secondaire, à minuit. Je m'assurerai que personne ne nous dérange. C'est une écriture de femme, petite avec une rondeur délicate. Je me demande encore qui a bien pu l'écrire. Une autre novice, surement. L'autre jour, j'ai vu une jolie fille prier devant l'autel; peut-être qu'elle aussi a été amené ici contre son gré.
Je vérifie la porte. J'ai été sage; ils n'ont pas pris l'habitude de m'enfermer. J'entame une légère prière,
« Andraste, aidez moi à sortir d'ici et --- »L'ironie me frappe et je m'arrête. Ce n'est pas que je ne crois pas. J'ai toujours été croyant, à ma façon. J'ai appris le Cantique quand j'étais garçon et je peux toujours rejoindre une récitation à n'importe quel verset. J'ai donné à la quête avec dévotion, toutes les pièces que j'ai un jour pu considérer miennes. Je me suis dressé pour des causes justes: je me suis battu contre les esclavagistes Tevintides mettant le pied à Starkhaven, je me suis montré bon envers les elfes. Et en retour, Andraste m'a sortit d'un bon nombre de sales situations. Et, avant ce jour, demander Son aide, pour conquérir le coeur d'une demoiselle ou me sortir d'une bagarre dans un bar, ne me paraissait pas étrange. Mais est-ce que je peux vraiment Lui demander de l'aide lorsque je veux fuir de Son service ?
Laissez moi partir maintenant, je prie silencieusement,
et vous pourrez avoir ce que vous voulez de moi plus ******. Quand je serais vieux, je prononcerais avec joies mes vœux pour ma retraite, comme Grand-père, mais ne me faîtes pas abandonner ma vie maintenant.Le hall est vide. Aucun signe ne me dit si Elle m'a entendu ou pas.
J'ai mon arc entre les mains. La Grand Cleric Elthina a insisté pour que je garde toutes mes possessions, que le Créateur en soit remercié.
Une bougie est allumée au bout du hall. Je décoche une flèche à travers la mèche, et nous sommes plongé dans le noir. J'attends, mais personne ne vient. Je suis seul.
Je cours d'un pas léger et silencieusement sur le tapis brodé Antivan. J'ai l'habitude de me déplacer dans les ténèbres. Au fond du hall, les volets d'une grande fenêtre sont fermés pour empêcher le vent hivernal de passer. Le bois est raide à cause de l'humidité et difficile à bouger, mais d'un fort coup d'épaule je débloque un panneau qui s'ouvre sur la nuit. Il n'y a pas d'arbres en dehors de la Chantrie de Kirkwall, mais j'ai de la chance. Une des dépendances est en bois, et assez grande pour que je l'utilise.
J'ai un rouleau de corde sur ma hanche, que ma mystérieuse partenaire de crime m'a laissé. Je fais un noeud serré, juste au bout de la flèche, et je la laisse voler. Et d'une pensée, j'ajoute à ma prière de tout à l'heure,
D'accord, Andraste, si vous allez faire en sorte que vos Mères m'attrapent, faîtes le, mais laisser cette flèche se planter profondément. Je ne peux pas penser à une pire manière de mourir que de me casser le cou en tentant de m'enfuir par une fenêtre de la Chantrie.
Et elle doit m'écouter parce que la corde est tendue, la flèche est bien plantée, ma poigne est forte, et dans un battement de cœur, mes jambes touchent le bois et je me suspend à la corde doucement, et je me fais descendre.
Une ombre bouge en-dessous de moi. Pendant un moment, je maudis le fait que j'ai besoin de mes deux mains sur la corde, et que mon arc pend inutile dans mon dos. Je secoue la tête. Si quelqu'un me trouve, je ne me défendrais pas. Je n'ai de haine pour personne dans la Chantrie; ce sont des gens biens, qui servent le Créateur autant qu'ils le peuvent. C'est contre mes parents que j'en ai, eux qui m'ont envoyé ici pour me punir, qui m'ont forcé à faire vœux de chasteté pour protéger les enfants de mes frères de quelconques héritiers rivaux que je pourrais engendrer.
Je ne tuerais personne pour ma liberté. C'est à moi de décider de sa valeur, et elle ne vaut pas une seule vie. Je me laisse tomber par terre et mes bottes s'enfoncent dans l'argile. Maintenant, j'arrive à voir ce que je ne pouvais voir avant. Il y a plus qu'une personne à m'attendre dans les ténèbres des murs de la Chantrie. Ça ne peut pas être ma mystérieuse collaboratrice – elle serait seule, pas entourée de templiers. Pendant un moment, j'envisage de m'enfuir, mais mon peu d'entrainement me suffit. Si je perd ce combat, je le perdrais au moins dans la dignité. Les Princes ne fuient jamais.
Une des formes s'avance. C'est une femme avec des cheveux gris, dans une robe rouge.
« Je vois que vous avez reçu ma note. »Mon coeur fait un bon – est-ce que ça pourrait, malgré tout, être ma collègue, la novice rebelle ? Mais non, je reconnais la voix. Je l'ai entendu, après tout, pendant presque toute ma vie, dirigeant la récitation du Cantique à Kirkwall, à Starkhaven, à travers les Marches Libres. C'est la Grand Cleric Elthina, notre Mère à tous.
« V-votre Grace » je bredouille. Et ça me frappe.
« C'est vous qui avez envoyez cette note? »Elle se retourne vers les templiers.
« Laissez nous » dit-elle rapidement, mais ils hésitent.
« Je ne suis pas en danger avec Son Altesse. »Les templiers partent et nous nous retrouvons seuls dans l'obscurité.
« Vous avez envoyez la note? » Elle acquiesce.
« Et la corde? » De nouveau, elle hoche la tête. Maintenant, je suis en colère.
« Pourquoi ? Pour que je vous montre à quel point je suis désespéré ? Est-ce que vous trouvez ça drôle ? »« Je l'ai écrite parce que je comprends ce que vous ressentez. »
« Je suis à votre merci ici. Est-ce que vous avez vraiment besoin de me tenter comme ça? »
« Sebastian. » Sa voix est tranchante, elle me force à la regarder dans les yeux. Ils sont gris comme les ailes d'un oiseau, doux et compatissants.
« J'ai fait le serment de rester au service d'Andraste, mais cela ne signifie pas que j'ignore les voies du monde. Je sais que ce n'est pas votre choix d'être ici. »« Ce n'est pas que je n'ai pas la foi... » J'ai besoin de m'expliquer.
« Je sais. » Sa voix est grave, triste, et j'ai l'impression qu'elle dit la vérité.
« Vos parents veulent utiliser la Chantrie pour servir leurs buts politiques. » Elle marque une pause.
« Ce n'est pas un acte de foi. »Elle prend ma main dans la sienne et la retourne. Elle y dépose une bourse, lourde de pièces. Je regarde à l'intérieur - elles sont toutes en or.
« Voici le versement qu'ils ont fait en votre nom. Si vous ne voulez pas de cette vie, alors utilisez-le pour vous en faire une autre. » Et tandis que je fixe les pièces, abasourdi, elle referme mes doigts doucement.
« Les gens servent le Créateur de bien des façons, Sebastian. Vous n'avez pas besoin de prononcer des vœux pour être à Son service. » Son sourire est de travers, les lignes sur son visage se creusent, et puis elle se tourne et s'en va vers l'intérieur. Sa main touche la porte, je retrouve ma voix:
« Mais pourquoi ? »Elthina se retourne, et la lumière de la lune crée un halo autour d'elle qui, j'en suis sûre, n'a rien d'accidentel.
« Personne ne devrait entrer dans la Chantrie par la petite porte. » dit-elle.
« Le seul qui peut prendre un tel engagement, c'est vous, Sebastian. La porte principale sera toujours ouverte. »Avec ça, elle disparaît à l'intérieur, et je suis seul dans la nuit. Je regarde la bourse pleine de pièces, assez pour me libérer de ma famille, mon titre, pour toujours. Assez pour commencer cette vie que j'ai toujours voulu, pour suivre tous mes coups de tête, pour rire et aimer où je le souhaite. Assez pour être...
Les mots vrillent dans mon esprit:
inutile, désoeuvré, égoïste, seul.J'étais dans une taverne quand le Capitaine Leland m'a trouvé. Est-ce là que j'ai envie de rencontrer mon Créateur ? Avant que je ne m'en rende vraiment compte, mes pieds bougent, ils me sortent de l'ombre, dans la pleine lumière des torches et de la lune. Je murmure à Andraste,
« Merci. », et ma main touche le bronze régulier de la poignée de porte.
Et je marche dans la Chantrie. Par la grande porte.
Modifié par N30795, 05 mars 2011 - 05:51 .