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"Too Bad For Me" 3 chp (Fanfiction en Français)


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2 réponses à ce sujet

#1
finduilas1008

finduilas1008
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Voilà, je suis auteur sur FanFiction.net et j'ai été étonnée qu'on ne trouve que 5 fanfictions sur le site à la rubrique "Dragon Age". Alors j'ai créé la mienne. Déjà 11 chapitres en ligne. Environ 10 pages word par chapitre (sauf les deux premiers). L'histoire de mon Elfe Dalatien depuis le jour où son destin a basculé à cause de trois shem qui se sont aventurés trop loin dans la forêt de Bréciliane. Finduilas est profondément enlisé dans sa haine des hommes, du haut d'une vingtaine d'années il se voit arraché à son clan par Duncan et son Engeance. Un Garde des Ombres, lui? Jamais!

Le lien vers la fanfiction sur FF.net: www.fanfiction.net/s/6740587/1/Too_Bad_For_Me
Vous avez les 11 chapitre, le douzième est en préparation et vous pouvez laisser des commentaires en cliquant sur "review" ou bien le faire sur le topic "Too Bad For Me vos impressions" que je vais m'empresser d'ouvrir, afin que vous puissiez suivre les chapitres sans interruption. Par contre, je préviens que j'en posterai un de temps en temps mais ce sera très en retard comparé à FF.net.


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Titre :
Too bad for me

Chapitre I :
Never let me go.


Note de l’auteur:
C’est sérieux il y a seulement trois fanfictions Dragon Age en français sur
FF.net ?? Il est temps que ça change !! XD allez au boulot !

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Le soleil venait à peine de se lever sur la forêt que déjà mon corps réclamait de bouger. Je m’étirai de tout mon long sur l’herbe humide, les gouttes de rosées que la nuit avait déposées sur moi ruisselèrent sur mon armure en cuir et rejoignirent leurs consœurs sur le tapis tendre et vert qui s’étalait sous moi. J’avais dormis près du feu de camps, encore une fois. Sans aucun doute l’histoire du conteur m’avait-elle guidée vers des songes plus fabuleux encore. J’avais rêvé de la Dalatie, je crois.


Il était grand temps que je me lève, aussi avais-je immédiatement pris la direction du coffre où j’avais laissé reposer mon arc avant de rejoindre la veillée. Je récupérai mon arme et mes couteaux longs lorsqu’une voix retentit derrière moi que j’aurai reconnu entre mille.

-         «  Tu es tombé du lit ce matin, Finduilas? »

-         «  Et toi ? L’archiviste n’est même
pas encore levée, que fais-tu hors de ton Aravel ? »

-         « J’ai entendu la forêt m’appeler. Il fait un temps idéal pour chasser, après la bruine de cette nuit, les cerfs vont sortir s’abreuver à découvert. »

-         « C’est donc nous qui ramènerons le gibier du jour. Parions que nous l’aurons fait avant le réveil de Merril. »

-         «  Pari tenu. Elle va enrager en sachant qu’on n’a pas attendu sa bénédiction pour partir en chasse. »

J’éclatai d’un rire que Tamlen étouffa d’une main plaquée sur ma bouche. Il ne s’agissait pas de réveiller prématurément notre amie Merril. De plus notre pari n’aurait plus aucun intérêt. Nous nous contentions donc de mordre nos lèvres pour taire notre fou rire puéril tandis que nos pas nous guidaient vers la forêt de Breciliane.

L’odeur de la terre encore humide de la nuit envahit mes narines et je ne pus m’empêcher de frissonner. Tamlen s’arrêta un peu derrière moi, il savait combien j’aimais sentir  la nature sortir de sa torpeur. Mes yeux se levèrent sur le ciel qui blanchissait timidement au-dessus des pins, c’était comme cela que j’aimais ma vie. Sans contrainte autre que celles du clan, perdue au milieu des bois, en contact permanent avec une nature qui nous accueillait avec le même respect que nous lui vouons.

Je regardai Tamlen du coin de l’œil et me fendis d’un sourire joueur avant de m’élancer sans prévenir sous le couvert des bois. J’entendis à peine les protestations amusées de mon camarade alors que mes pas frôlaient à peine le tapis de feuilles et de mousse de ce sanctuaire naturel. L’euphorie me porta jusqu’à une clairière, au bord de laquelle je m’arrêtai brusquement mais dans un silence total. Tamlen était quelques mètres derrière moi, il me rejoignit sans peine et tourna son regard dans le sillon du mien.

La pluie avait formé un ruisseau d’une finesse délicate, qui traversait manifestement le découvert de cette petite prairie sur toute sa largeur. Quelques pas plus ******, nous pouvions voir les cerfs et leurs biches s’abreuver à son courant. Je pointais du doigt un mâle puissant aux ramures si lourdes qu’il aurait fallu deux elfes supplémentaires pour porter l’animal. Tamlen hocha la tête avec un sourire de défis. Il disparut à ma droite. C’était toujours ainsi que nous procédions : l’un de nous se tenait à bonne distance pour tirer le gibier tandis que l’autre contournait la proie pour lui couper la retraite. Nous n’avions jamais raté une seule chasse de cette façon.

J’attendais alors le chant de la perdrix. C’était le signal de Tamlen lorsqu’il était en place. Mais celui-ci ne venait pas. Cette clairière ne pouvait pas être si vaste que le jour serait levé avant que Tamlen soit en position… Je pris mon mal en patience, lorsque tout le troupeau leva la tête. L’instant d’après tous les animaux fléchissaient les jambes et bondissaient dans les bois. Je cessai alors de réfléchir et sorti des bois pour traverser la prairie, je pris la direction opposée de celle des cerfs jusqu’à entendre des éclats de voix. Tamlen parlait en langage commun, et au vu du ton agressif et condescendant qu’il employait, il était impossible que ce soit à
des elfes. Je bandai mon arc avec soin et le rejoignis dans un silence total. Il y avait là Trois Shems, trop près, beaucoup trop près de notre havre de paix… la colère me monta dans tout le corps et ce dernier se tendit, plus raide encore que la corde de mon arc sur laquelle j’empêchai ma main de trembler.

-         « Qu’en dis-tu Iëthallin ? qu’allons-nous faire d’eux ? »

-          « Tuons-les, après tout, personne n’en saura rien. »

-         «  Quelque chose à dire pour votre défense ? »

-          « Nous ne voulions pas créer de problème ! nous avons trouvé une caverne ! nous avons pensé qu’il y avait peut être… »
commença l’un des oreilles-rondes.

-          « Un trésor » reprit Tamlen «  Alors vous êtes des pillards et non plus de vulgaires bandits. »

Nul ne connaissait la forêt aussi bien que nous, or nous n’avions jamais vu de ruines dans les parages. Ces maudits Shems nous racontaient des histoires.

-          «  Vous mentez, ces ruines n’existent pas ! »

-          «  Nous avons des preuves !! »
gémit un second humain en tendant une pierre ornée d’un symbole que je ne cherchai pas à identifier, trop occupé à ne pas quitter ces intrus du regard. « Nous avons trouvé cela non loin de l’entrée. »

Il jeta la pierre, voyant que nous n’allions pas débander nos arcs pour la prendre. Ce fut Tamlen qui se pencha pour la lire.

-          « C’est de l’elfique… de l’elfique scriptural… » murmura-t-il, visiblement désarçonné.

-          « Nous ne sommes pas allé très loin dans les ruines, mais il y en a plein d’autres. »

Je flairai la mauvaise nouvelle, ainsi que le futur « je veux aller voir ça » que Tamlen me servirait. Je savais aussi que tout ça allait mal se finir et que si je refusais de l’accompagner, il irait seul en exploration. Je retins un soupir de désespoir, je la sentais mal cette grotte avec ses gravures.

-         «  Tu es sûr que c’est de l’Elfique, Tamlen ? »

-         « Oui, j’ai vu ce symbole sur les parchemins de l’Archiviste. Mais pourquoi n’êtes-vous pas allés plus loin dans ces ruines ? »

-         « Il y avait un démon !! avec des yeux rouges !! »

-         « Un démon… pff… Que fait-on, Finduilas, on les laisse filer ? »


Un sourire mauvais s’étala sur mon visage. Je songeais à répondre simplement « non » mais je savais que Tamlen ne serait pas enthousiasmé par une exécution sans raison valable. Je décidai alors d’invoquer la protection du clan pour maquiller mes envies de meurtre au nom de ma tranquilité.

        « Pour qu’ils ramènent toute une armée de leur semblable ? »

-         «  Ces maudits Shems en seraient bien capables…. Ce ne sera pas long »


Nos flèches fendirent l’air et deux d’entre eux moururent immédiatement, Tamlen tourna la tête vers moi, j’avais déjà le troisième en joue. Je l’abatis lui aussi mais l’angoisse ne me quitta pas pour autant. Maintenant il fallait dissuader Tamlen de partir à l’aventure dans cette maudite grotte.

-         «  Retournons à notre chasse, nous avons perdu du temps. Merril est sans doute déjà levée. »

-         « Ne me dis pas que tu n’as pas envie d’inspecter ces ruines ! »

Et voilà, c’était parti. Par les faiseurs, mais comment faisait Tamlen pour ne pas sentir les problèmes aussi gros alors qu’ils lui étaient mis en évidence juste sous le nez ? N’y avait-il aucune limite à sa naïveté ?

-         « Nous devrions en avertir l’Archiviste sur le champs. Retournons chasser, elles ne disparaitront pas dans la journée, ces ruines. »

-         « Ces symboles devraient l’intriguer mais nous devons nous assurer qu’elles ont vraiment un intérêt, sinon nous aurons perdu notre journée. Ils venaient de l’Ouest, allons-y. »


Mais par Andruill, qui était le Dieu qui avait bouché les oreilles de mon meilleur ami ?

-         «  De toute façon si je refuse d’y aller, tu vas y aller tout seul et t’attirer des ennuis, alors… »

-         « Ah ah ! je savais que tu serais avec moi ! »

-         « Ouais, Ouais… allez, avance. Qu’on en finisse avec cette histoire. Cela ne me dit rien qui vaille. »

Tamlen prit les devants, fier d’avoir pu me convaincre de le suivre, lui qui était toujours derrière moi. 
Mais rien de ce que je pouvais tenter de me dire pour me convaincre que nous allions régler cette affaire au plus vite n’arrivait à me dénouer l’estomac. 

Finalement la journée ne serait peut-être pas si belle, enfin de compte. Mais aucun de nous deux n’aurait pu imaginer qu’elle aurait des conséquences si dramatiques sur nous, sur le clan, sur tout Ferelden. Comment
aurions-nous pu penser qu’une simple découverte faite par des Shems dans notreforêt, m’enverrait à l’autre bout du monde et me ferait perdre mon meilleur
ami ?



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Review pour l’auteur ? dîtes moi ce que vous en avez
pensé ^^

 

Modifié par finduilas1008, 06 mai 2011 - 04:40 .


#2
finduilas1008

finduilas1008
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Titre:
Too Bad For Me

Chapitre II:
Inside my Cave

Note de l’auteur:
Ce chapitre devrait être un peu plus long que le premier, normalement. J’espère que vous avez aimé le premier, bonne lecture à vous. Je réponds à toutes les reviews anonymes sur le début de mes chapitres et aux reviews signées par « reply » donc n’hésitez pas ^^.

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A part deux loups qui nous ont attaqués, nous n’avons rien rencontré sur notre route qui aurait pu être sujet à faire demi-tour. Je n’ai pas peur de cette grotte, mais elle me met mal à l’aise. Je sens que quelque chose de mauvais s’y trame et je préfèrerai en parler à l’archiviste avant de me lancer dans son exploration. Je marche en silence derrière Talmen qui bombe le torse en avançant à grands pas. RI-DI-CU-LE. Vas-y mon gars, fais la roue, bientôt tu auras un collier bleu… pfff….

Nous avions fini par arriver devant cette fichue grotte. Mon estomac proteste violemment contre l’idée d’entrer en faisant un nœud supplémentaire à l’intérieur de ma cage thoracique. Si ça ce n’est pas un signal d’alarme je ne suis plus un elfe. Je devrais me poser la question pour Talmen, est-il vraiment possible qu’il ne soit pas inquiété par ce trop-plein de mystères ?

-         « Voilà la caverne, je ne me souviens pas l’avoir déjà vu, et toi ? »

-         « Non jamais, la prudence est de mise. »

-          « Bien, bien… pfff toi et ta fichue prudence ! en tout cas il est hors de question que nous retournions mendier de l’aide tant que nous ne serons pas fixés sur cette histoire de démon. » Il regagna un peu d’entrain. « Allez ! ça ne peut pas être si dangereux ! »


-         « Tamlen… tu viens de parler d’un Démon et tu me demandes si ça peut être dang…. Roh Tamlen ! »

Mais Tamlen avait déjà un pied dans la grotte et ne m’écoutait pas. Je me frappai le front avec le plat de la main et marmonnai quelques mots elfiques dont le manque évident de courtoisie ne sera pas retranscrit ici. Je lui emboitai le pas en vitesse, avant de le perdre dans je ne savais quel recoin sombre et de devoir partir à sa recherche.  Les murs étaient humides et étroits. Le plafond était bas sur quelques metres. Un chose me sauta aux yeux que Tamlen formula à haute voix : ces ruines étaient de facture humaine.

Tandis que Tam’ observait les murs, je me tournai brusquement, j’étais sûr d’avoir entendu quelque chose. Je sortis mes couteaux longs de leurs fourreau dorsal et parcourus les quelques derniers pas qui me séparaient de l’entrée de ce qui devait être l’anti-chambre d’un temple Shem. Je ne distinguai rien. J’avais beau scruté le sol et les murs je ne voyais q…

-         «  Tamlen !! Le plafond !!! »

-          « Quoi ?  Aaaaaaaaaargh ! »

Deux énormes araignées noires aux yeux innombrables venaient de nous tomber dessus. Elles s’étaient frayé un chemin au-dessus de nos têtes pour nous attaquer par surprise. Je levai mes deux dagues vers le plafond et la créature s’empala dessus avec un crissement aigu qui manqua de me faire lâcher mes armes. J’étais en train de me dégager lorsque Tamlen me rejoignit et donna un grand coup de pied dans l’animal pour me soulage de son poids.

-         « Mais qu’est-ce que c’était que ces horreurs ??? »

-         « Des araignées » Fis-je avec cynisme.

-         « Tu as vu leur taille ?? Même dans la forêt elles ne sont pas si grosses ! »

-         « C’est trop ****** pour leur conseiller de faire du sport, de toute façon. »

Cette touche d’humour mal placé eut cependant l’effet voulu : Tamlen se raffermit. Il cessa de trembler comme une feuille d’automne et repris son bouclier en main.

-         « Bon continuons… et soyons sur nos gardes. »

-         « Oh toi et ta prudence ! » lançais-je, assassin.

-         « Fais-moi plaisir et va mourir dans un bosquet. »

-         « Je te laisse tout seul ici alors ? »

-         « Tu iras mourir dans un bosquet quand on ressortira. »

-         « Cela va sans dire. »

Je me nettoyai sommairement du sang visqueux du monstre auquel j’avais été contraint de faire un câlin peu ragoutant en laissant échapper un léger rire. La mauvaise foi de Tamlen était presque risible, mais je me moquerais de lui plus ******.

Je franchis la première porte, bizarrement Tamlen était à nouveau derrière moi. Je savais qu’il n’avait pas peur mais il n’avait pas l’âme d’un leader bien qu’il eut toujours une plus grande gueule que moi. C’était toujours ainsi : Tamlen nous emmenait jusqu’aux problèmes, et je faisais tout pour nous en sortir. Une première intersection. A droite ou à gauche ? Allez, la gauche, elle est moins encombrée.

Nous étions à nouveau devant une porte ouvragée, que j’ouvris sans hésitation avant de tendre le bras sur le côté pour arrêter Tamlen qui s’engageait dans l’ouverture. Je lui indiquai alors une dalle plus évidente que les autres. Elle était légèrement plus élevée : un piège. Je soulevai doucement la dalle pour en défaire le mécanisme caché.

Le bruit du métal que l’on frottait sur le cuir du fourreau pour en sortir une arme résonna à mes oreilles. Tamlen était en garde, il y avait d’autres araignées. Je me relevai doucement, pour ne pas exciter d’avantage les arachnides qui se tenaient à l’affut, sans bouger, certainement persuadées que nous ne les avions pas encore vues. Je pris à ma ceinture un couteau de lancer qui partit se loger entre les yeux d’une première créature, mon binôme s’élança avec un cri et nous eûmes raison des deux dernières sans trop de dommages. Par chance nous avions toujours avec nous quelques-uns de ces cataplasmes dont l’Archiviste avait le secret. Appliqués sur une blessure il se mettait à fumer légèrement en répandant une odeur amère, mais de toute façon, le sang qui nous couvrait le corps nous assurait d’être repéré sans cela.

Je regardai autour de moi tandis que Tamlen fumait de l’épaule. Des cocons de soie pendaient au plafond, translucides, presque brillants… sauf… celui qui pendait au fond de la pièce avait le cœur sombre… Une araignée à naitre ? Autant tuer le monstre tant qu’il était inoffensif, je récupérai mon poignard sur la tête de la première défunte bestiole et je m’approchai du cocon avec précaution. La chose à l’intérieur ne semblait pas bouger. Mon cœur battait à mes oreilles lorsque je levai le bras et que je plantai le poignard de toutes mes forces dans la toile blanche.



Cette coquille de fils se rompit presque instantanément, libérant au lieu d’une bête, un homme qui devait être là depuis déjà plusieurs semaines à en juger par son état de putréfaction. Je me reculai vivement et levai mon bras contre mon nez pour me protéger de l’odeur de viande pourrie et infectée. Tamlen m’agrippa par le bras et me tira hors de la pièce par une autre porte, défoncée, qui menait vers un couloir qui n’était pas trop encombré.

-         « J’espère qu’elles ne t’en voudront pas d’avoir sorti leur dîner de leur cellier improvisé. »

-         « Je deteste ces bestioles… c’est tout simplement….. »

-         « Répugnant ? abjecte ? vomitif ? t’as le choix je pense »

-         « J’aurai dit « Beuuuuuuurk » personnellement. »

-         « Bel esprit de synthèse. »

-         « Je trouve aussi. »

La plaisanterie nous aurait certainement fait rire si nous n’étions pas en train de fuir l’odeur d’un cadavre putréfié et des restes d’araignées probablement venimeuses… Les odeurs de la forêt me manquaient terriblement. Il faudrait que nous nous lavions plusieurs fois pour nous débarrasser de toute cette puanteur. Les animaux des bois allaient nous sentir à des kilomètres à la ronde. Nous contournions un premier piège dans le couloir, j’en désamorçai un second. Un bruissement derrière la porte nous indiqua que le comité d’accueil à octopode était rassemblé derrière la porte du fond. Je l’ouvris avec une certaine lassitude tandis que nous bondissions pour les pourfendre.

C’était un vrai nid, ce temple. Il en sortait de partout, du plafond, des crevasses, du sol, des sombres couloirs. Nous dûmes en occire une bonne dizaine avant de pouvoir envisager d’avancer dans les ruines, mais je remarquai quelque chose. Les Araignées avaient un grand ovale rouge sur le dos. Etait-il possible que les yeux du démon qu’avaient aperçu les Shems fussent en réalité deux araignées posées en contrebas ? Possible. Après tout, s’ils avaient vraiment vu un démon à l’entrée, nous aurions dû le rencontrer depuis un moment.

-          « Finduilas ! par les faiseurs !! regarde !! »

Je tournai la tête, Tamlen me montrai une statue de facture elfique…ces ruines étaient pourtant humaines, c’était indubitable.

-         « Tu reconnais cette statue n’est-ce pas ? »

-          « Oui, et alors ? »

-          « Ces statues se faisaient au temps où notre peuple vivait de son plein droit en Arlathann !
l’époque où les elfes étaient immortels et… »

-          « Ce n’est pas le moment de faire une leçon d’histoire, Tamlen. »

-          « Tu as sans doute raison mais les implications sont incroyables ! »

-          « On en parlera à l’archiviste. »

-          « Je suis d’accord. »


Je fis un demi-tour sur moi-même pour me retrouver face à une autre porte. J’avançai pour l’ouvrir lorsque le sol s’affaissa légèrement sous mes pieds. Je n’avais jusqu’alors pas fait attention aux cadavres qui dormaient sur le sol mais cela ne les empêcha pas de se lever et de nous attaquer.

-         « Des morts vivants !! » cria Tamlen d’une voix rendue rauque par la colère. « Cet endroit est hanté ! »

Mais rien ne nous empêcha de les faire mourir une seconde fois, et notre habilité au combat nous permis de nous en sortir indemne. Je contournai alors la plaque fautive avec précaution pour ouvrir la porte. Elle était fermée à clé. Je sorti à nouveau mon poignard. En dévissant le pommeau de celui-ci, je pus sortit du manche une longue aiguille acérée, que je glissai dans la serrure pour la crocheter….. Clac… le battant se laissa actionner et nous pénétrions dans une salle ronde au milieu de laquelle il y avait un grand miroir. A sa vue, le nœud, que mon estomac avait fini par oublier, se reforma avec plus de force que jamais au creux de mon ventre. Ce n’était qu’un miroir mais…. Il me mettait mal à l’aise. Je sentais venir la catastrophe.

Ce n’était pas un miroir ordinaire. Il était haut de deux bons mètres, large d’un, serti dans un grand cadre de pierre, monté en haut d’un socle haut de quelques marches. Deux mages de roc blanc armés chacun d’une épée semblaient le maintenir debout.

-          «  C’est superbe non ? Tu as vu les inscriptions ? que peuvent-elles vouloir dire ? »

-          « Défense de toucher au miroir ? »

-          « On risquerait d’y laisser une trace, il est impeccable. Pas de poussière, pas de brisure, rien… hé ! tu as vu ! J’ai vu un reflet dans le miroir ! »


-          « Ecarte-toi de cet objet, Tamlen, il est surement dangereux ! » Mon ton c’était durci plus que je ne le voulais, mais Tamlen n’en avait cure.

-          « Oh ! là regarde ça a recommencé ! »


En effet, la surface du miroir s’était plissée à un petit endroit comme de l’eau dérangée par une larme de pluie. Sauf qu’un miroir posté à la verticale n’avait pas à « plisser ».

-          « Tamlen, je te le redis, éloigne toi de ce miroir, il n’augure rien de bon. »

-          « Qui es-tu pour me donner des ordres ? Je vais m’approcher pour voir. »

Il monta les quelques marches qui le séparait de la glace, qu’il effleura du bout des doigts. Je m’approchai prudemment, prêt à lui saisir le bras pour le ramener en arrière lorsque quelque chose attrapa mon regard, que Tamlen décrivit.

-          « On dirait une ville… souterraine je crois… Finduilas… elles ont conscience de ma présence … Elles m’ont vu ! »
Talmen s’était mis à crier et le miroir à luire. « Je ne peux détourner le regard !! Aidez-moi !!! »

Je n’en eus pas le temps, une onde de choc me projeta en arrière et je perdis connaissance. L’image d’un homme brun avec une barbe de belle taille et une voix rocailleuse… il me dit qu’il est désolé… je vois un mur, des arbres… la lumière du ciel me donne envie de vomir… je sombre à nouveau.

Modifié par finduilas1008, 28 avril 2011 - 09:37 .


#3
finduilas1008

finduilas1008
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Titre:

Too bad for me

Chapitre III:

I will always return

Notes de l’auteur:

Youhou la motivation n’empêche ! Il est 02 :10 et j’entame un troisième chapitre ! Les dialogues du jeu sont en Italiques, le reste est ajouté/modifié par mes soins.

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Mes yeux s’ouvrent sur un plafond que je connais. Il y a des tentures qui couvrent le bois de l’Aravel. Je suis dans la maison de l’Archiviste. Je me redresse et je regarde autour de moi. Je suis allongé sur le lit réservé aux malades. Alors tout ça n’était pas qu’un cauchemar. J’ai l’esprit embrouillé, j’ai du mal à réfléchir. J’enfile machinalement mon armure de cuir et mes bottes avant de sortir. La lumière du soleil m’agresse et je monte ma main à mes yeux. Quelqu’un s’adresse à moi, je le regarde… Fénarel.

-         « Par les faiseurs, tu vas mieux »

-         « Qu’est-ce que… »

-         « Du calme, tu es de retour au clan. Tout le monde s’inquiète pour toi. Comment te sens-tu ? »

-         « Où est Tamlen ? »


Fénarel baisse les yeux un court instant, je sens venir la mauvaise nouvelle…

-         « Nous ne le savons pas… le Shem qui t’as ramené n’a pas trouvé de trace de lui. »

-         « Un Shem m’a ramené ? »


La colère me monta au corps, telle une hydre monstrueuse, il s’empare de tout mon être. J’aurai préféré mourir sur place, proche de Tamlen, plutôt que d’être touché, ramené au camp par un … un….

-         « Un Shem t’as ramené, oui. Un humain…. Il y a deux jours de cela. Tu ne te rappelle pas de lui ? »

-         « Deux jours !!! »


Deux jours et toujours aucune trace de Tamlen ! Mais nos chasseurs sont vraiment si mauvais que ça ? Non mais parce que sinon on va être bien embêté si je suis le seul chasseur valable restant dans tout le campement !

-         « C’est un Garde des Ombres, en fait. Il a débarqué de nulle part, ton corps jeté sur son épaule. Tu délirais
de fièvre, il a parlé d’une caverne et il a dit t’avoir trouvé seul et sans connaissance. »

-          « Je dois parler à l’Archiviste sans tarder ! »

-          « Je vais la chercher. »


Je suis… dépité… j’ai été ramené princièrement à mes compagnons juché sur l’épaule d’un humain barbu, Garde des Ombres de surcroit, sans mon meilleur ami, qu’on a abandonné dans une caverne infestée d’araignées géantes et de morts vivants….. Et on me fait la conversation à la sortie de ma convalescence… Faiseurs, si vous m’entendez, foudroyez moi maintenant, que je meurs avant d’avoir à remercier ce maudit Shem… Quoi que… Après tout c’est un vulgaire Shem, je ne lui dois rien.  Attendez un peu avant de
me foudroyez.

Fénarel s’en va au pas de course et revient quelques instants plus ****** avec notre archiviste, notre chef de clan en quelque sorte.

-          « Finduilas, tu es enfin sorti de ta torpeur… Je ne sais quel sombre pouvoir s’est abattu sur toi, mais il
s’en est fallu de peu qu’il te conduise au trépas. J’ai bien cru que ma magie ne ferait jamais reculer ce fléau. »


-         «  On peut penser que Tamlen estmalade, quelque part dans la forêt ? »

-          « C’est surement le cas si vous avez été confronté à la même source de cette maladie. Si Duncan ne t’avait pas trouvé tu serais mort à l’heure qu’il est.»

-          « Pourquoi prêter l’oreille à ce que raconte un vulgaire Shemlen ? »

-          « Les Gardes des Ombres sont un ordre ancien et vénérable, et nous autres Dalatiens avons assez d’ennemis comme cela. Réponds-moi, à présent. »[/i]

Je lui raconte alors presque tout. Je mens en disant que nous avons trouvé ces ruines par hasard, mais je ne cache rien de mon angoisse et de mes tentatives de ramener Tamlen à la raison. Je veux juste éviter à l’Archiviste le souci des trois humains que nous avons tués. Je lui décris les monstres que nous avons rencontrés. Je lui parle du miroir, que Tamlen a touché.

-          «  Je pensais que ton témoignage apporterait des réponses, malheureusement il ne fait que multiplier les questions. Mais peu importe, nous devons retrouver Tamlen au plus vite, s’il est aussi malade que tu l’étais alors il est peut-être déjà mort, mais sa survie importe plus que tout le savoir que peuvent apporter ces ruines. Te sens-tu capable d’y retourner Da’len ? Toi seul connait le chemin qui mène à ces ruines et je ne peux pas demande à Duncan de prendre sur lui pour retrouver l’un de nos chasseurs. »

-         « Je vais bien. Je vais le retrouver. »

-          « J’ai ordonné au camp de partir vers le nord… ne me regarde pas ainsi, Da’len, je sais que tu aimes cette forêt comme si elle était la tienne mais nous devons partir au plus vite. »

-          « Pardonnez-moi. »

-          « Guide Merrill jusqu’à la caverne et trouvez Tamlen si vous le pouvez. Mais hâtez-vous. »

-          « Quoi ? pourquoi dois-je emmener Merrill avec moi ? »

-         « Je l’ai initié à la magie et à la médecine, si vous trouvez Tamlen il aura plus de chance de survivre si elle
peut s’occuper de lui. En outre je voudrais qu’elle examine ces ruines et ce miroir, peut être trouvera-t-elle le sens de tout ceci. »

-         « C’est compris. Priez pour moi, Archiviste. »


Elle hochela tête avec douceur, son inquiétude est palpable, mais ce n’est rien comparé à
la mienne. Tamlen et moi n’avons jamais été séparés. Il n’est né que quelques jours après moi et c’est naturellement que nous avons grandi ensemble. Nous avons fait nos premiers pas ensemble, avons échangé nos premiers mots, tenu nos premières armes de concert, sommes partis réussir notre première chasse
ensemble. Tamlen a toujours été un peu derrière, par manque de confiance en lui. Je n’ai jamais cessé de le pousser vers l’avant de la scène et ainsi, dans notre clan, Finduilas et Tamlen sont devenus inséparables. On ne parle jamais de l’un sans parler de l’autre… C’est pourquoi je sens le malaise dans les yeux des autres chasseurs. Sa disparition a des implications pour le groupe bien sûr : nous perdons un très bon chasseur, un ami, un frère, une part du « tout » que représente notre petit univers. Mais la disparition de Tamlen signerait la fin d’un duo que l’on connait même dans certains autres clans de Dalatiens… Je dois retrouver Tamlen. Fénarel, notre ami à tous les deux, ne suffira jamais à le remplacer.

-         « Je veux t’accompagner. Je veux aider à retrouver Tamlen. »

-          « Tu as écouté ma conversation avec L’Archiviste ? »

-          « Je suis désolé, c’est juste que… »

-         « Je doute qu’elle me laisse emmener qui que ce soit d’autre que Merrill mais demande lui et retrouve nous à la sortie du camp, d’accord ? »

-          « Tout de suite. »

Je quitte Fénarel le temps de rejoindre Merrill. Tamlen aura beau dire, je suis persuadée qu’il est amoureux d’elle. Elle a passé son enfance à tenter d’entrer dans nos jeux de garçons, jusqu’à ce qu’elle soit choisie comme apprentie par l’archiviste. Ce jour-là en plus d’être une fille, elle avait droit à un respect hautement placé et cela ne lui laissait plus le loisir de jouer à avec nous. Son temps libre était alors consacré aux exercices de la magie, ce dont Tamlen et moi étions incapables et sourds. Les fossés n’ont cependant pas empêché  un lien de se créer entre nous trois. Elle a toujours été celle qui tentait de faire entrer du plomb dans nos tête, de nous
avertir du danger. Celle vers qui nous revenions couverts de boue et de pluie pour se faire sermonner de notre manque de prudence. Plus je jette un regard sur ma vie, plus je me dis que vivre sans Tamlen me sera impossible. Le clan s’en relèvera, moi non.  Il faut absolument le retrouver. J’aperçois Merrill et arrive vers elle à petites foulées.

-          « Finduilas ! »

Je m’arrête et me retourne pour voir qui m’a interpellé ainsi. Il s’agit de Maître Ilen, notre « forgeron » comme dirait un Shem. Mais Maître Ilen en bien plus que cela. Il taille nos arcs les plus robustes, nous apprend à nous battre, forge nos couteaux et nos épées et son Aravel regorge de toutes sortes de produits qui me sont encore inconnus.

-          « Je suis soulagé de te voir guéri, mon enfant. »

-          « Merci pour cet arc, Maître Ilen, il est léger et robuste, bien supérieur à celui que j’ai taillé l’an passé. » dit l’elfe qui l’accompagne.

-         « Mon propre père l’a taillé et porté au combat. »

-         « J’en userai avec honneur, Maître Ilen. »

Il en va ainsi. Je sais que les Shems considèreraient cela comme une insulte à la mémoire du père de Maître Ilen que de donner un arc de si grande valeur à un chasseur quelconque. Mais il en va autrement chez les Dalatiens, notre communauté forme un tout. Chacun d’entre nous est une seule personne, unique et précieuse, mais reliée aux autres. C’est un peu comme un puzzle, chaque pièce s’emboite parfaitement pour donner un ensemble… et quand une pièce manque, on en trouve jamais une identique pour remplacer…

-         « Je voulais te donner ça, avant ta dernière chasse mais il a semblé que tu étais parti plus tôt qu’un coq Shem. » Sa plaisanterie aurait pu être amusante si les conséquences de ce départ matinal n’avaient pas engendré un si grand malheur. « Tiens, cet arc n’a pas encore d’histoire mais tu lui en forgeras une bien assez tôt. Il est bien meilleur que ton arc en orme, bien que je sois conscient que tu y es très attaché. »

Et comment, Tamlen et moi avions taillé nos arcs dans le même arbre et nous avions passé la journée perchés dans les branches à chercher la forme parfaite à l’aide de nos couteaux de chasse. Nous n’en avions pas changé depuis presque cinq ans maintenant…

-         « Merci Maître Ilen. Je pars à la recherche de Tamlen. »

-          « Que les faiseurs veillent sur toi, Finduilas. Reviens nous vivant. Aussi accablante que pourrait être la mort de Tamlen, le clan n’aurait pas la force de pleurer un autre mort parmi nos rangs. Chacun de nous qui disparait est un enfant enlevé à sa mère. »

-          « Je vous promets de revenir vivant, Maître Ilen, faîtes-moi confiance. »

Je m’éclipse, non sans regarder l’arc que m’a donné Maître Ilen. Il a fier allure mais… Je soupire de lassitude. Il faut que jeunesse se passe, ce n’est pas un arc qui va changer mes chances de retrouver Tamlen, par contre être bien équipé me permettrai d’augmenter mes chances de survie. Je dépose donc mon arc près de mon Aravel et accroche mon nouvel équipement dans mon dos. Il faudra lui donner un nom. Je reprends ma course vers Merrill, Fénarel est déjà là. Merrill semble contrariée.

-          «  Fénarel vient avec nous ? »

-          « Et alors ? »

-          « L’archiviste a donné son accord ? »


-          « Mais puisque je te dis que oui ! » s’emporte Fénarel, sa figure rouge de colère contrastant avec ses cheveux blonds.

-          « Je n’en vois pas l’utilité mais soit. »

-          « Tu en verras l’utilité lorsqu’on rencontrera les araignées géantes qui ont l’amabilité de nous accueillir là-bas. »
dis-je avec assurance.

La jalousie de Merrill me parait mal placée dans un tel moment mais je ne fais pas de commentaire.

-          « Allons-y pendant qu’il fait encore jour. »

Notre petit cortège se met en route en silence. Je sais que ni l’un ni l’autre n’ose engager une véritable conversation avec moi. Ils savent que je les enverrai paître avec les Hahls… Je suis en train de réaliser que je vous raconte mon histoire sans m’être présenté… Je manque à tous mes devoirs, mais vous comprendrez que la situation m’excuse d’oublier les politesses.

Je m’appelle Finduilas, comme vous avez dû le comprendre assez rapidement. Je suis un Dalatien. J’imagine que certains d’entre vous ont entendu parler de nos coutumes soit disant barbares : torture des enfants, viol des femmes des peuples soumis, rituels de sacrifices… Par pitié éloignez tous ces contes de vos esprits. Autrefois nous étions immortels, et nous vivions en Arlathann. Mais lorsque nous rencontrions pour la première fois les humains, alors ceux-ci se révélèrent belliqueux et impatients. Nous les nommèrent « Shemlens » les « Etres vifs ». Mais les fréquenter nous apporta le malheur. Les maladies, la mort par le fer et surtout… la vieillesse. Car leur contact nous déchut de notre longue vie. Les nôtres considérèrent alors les humains comme des parasites, comme les Shems le font aujourd’hui avec ceux de notre race qui vivent dans les cités.

La cité D’Arlathann fut fermée aux humains pour se préserver de leur fléau. Alors même que les Elvhenan –les elfes- sommeillaient et vivaient leur vie lente et paisible, les royaumes humains se forgèrent. Et lorsque l’empire Tevintide marcha sur Arlathann avec ses mages, ses démons et ses dragons ; les elfes s’enfuirent plutôt que de prendre les armes. Ils étaient trop craintifs du fléau des hommes pour risquer leur immortalité à les combattre. Ainsi les Tevinter n’eurent aucune résistance, ils détruisirent Arlathann. Ceux qui furent capturés furent réduits en esclavage et devinrent mortels inéluctablement. Tout fut détruit. Notre peuple n’eut plus jamais accès à la culture et à l’art que renfermait leur royaume, si bien que les coutumes commencèrent à se perdre au fil des années. Mais lorsque les royaumes humains tomberont et que les elfes se réuniront pour vivre ensemble alors nous, Dalatiens, qui conservons les coutumes et les traditions avec ferveur, réapprendrons à nos frères des cités ce que signifie être un elfe.

«  Tels sont les Dalatiens, Archivistes du savoir perdu, errants du chemin solitaire.
Nous sommes les derniers Elvhenan. Plus jamais nous ne courberons l’échine. »


Tel est le serment que nous avons prêté.

Mais ce n’est pas le moment de promouvoir l’histoire Elfique, revenons-en à nos Hahls. Notre marche nous mena jusqu’à une de ces larges crevasses dans lesquels il ne fait pas bon tomber mais qui servent de piège pour les embuscades ou pour coincer le gibier. A peine avons-nous tourné l’angle d’un chêne particulièrement somptueux et large, qu’une flèche me siffle au visage. Je recule brusquement, bousculant Fénarel qui me suivait de trop près. La flèche s’est plantée dans le rideau de mousse qui couvrait le mur terreux d’une butte. Elle suinte d’un poison noir qui dégage une odeur âpre. Je fais un signe à Merrill et je montre trois doigts à Fénarel. Il hoche la tête et bande son arc. Pour ma part je sors mon poignard d’une main, je tiens mon arc de l’autre, je dois en abattre un avant de pouvoir tirer le second, pour l’empêcher de blesser Fénarel tandis qu’il tuera le dernier. Merrill nous protègera par magie si besoin est. Je sors de ma cachette et tout se passe comme prévu. Tamlen aurait été plus rapide que Fénarel mais ne soyons pas injustes : il est rapide et talentueux… c’est juste que ce … n’est pas Tamlen… Nous rejoignons le corps de ces créatures. Leur apparence est affreuse, leur peau d’un gris presque vert et leurs dents pourries sortent de leur bouche par dizaines. Merrill retient un haut-le-cœur comme elle peut, Fénarel détourne le regard.

-         « Qu’est-ce que cela peut être ?? » demande Merrill avec un air dégouté. « Des Engeances ? »

-          «  C’est une question ? » Le sarcasme n’arrange rien mais il a le mérite de faire reprendre pieds à Fénarel.

-          « Je n’en n’avais jamais vu, qu’est-ce qu’elles font là ? »

-         « Elles ont surement suivi ce Shemlen jusqu’ici. »


-          « Ce peut être l’inverse. »

-          « Peu importe, sa venue ne nous cause que des problèmes. » Ma tête me tourne légèrement, je tente d’ignorer ce malaise.

-          « Tu es sûr que ça va ? » S’inquiète Merrill.

-          « Cesse donc de me harceler, Tamlen ne va pas se retrouver tout seul ! »

-          « Finduilas. » reprends Fénarel d’un ton plus doux. « Tu es vraiment pâle, tu es sûr que tout va bien. »

-         « Je suis juste un peu las, Fen’. Ce n’est rien. »

-        « Je garde un œil sur toi. » décide Merrill.  « Après tout tu sors juste de convalescence. »


Je lève les yeux au ciel et je reprends la marche avec Fénarel. Qu’est-ce qu’elle peut m’agacer quand elle prend ses airs de mère par procuration. Elle est pire qu’une dragonne veillant sur sa couvée. Bref avançons.  Quelques minutes plus ****** nous rencontrons les reste d’un feu de camps… pff ce Shem l’a surement laissé là sans nettoyer. Décidément, je ne sais même pas qui il est mais il m’énerve déjà. Je regarde Merrill de travers lorsqu’elle me demande si j’ai déjà vu ce campement et si je sais à qui il appartient. Fénarel lui chuchote de réfléchir avant de poser des questions, même pertinentes. Sinon je vais finir par être vraiment désagréable. Merci Fen’, j’ai cru qu’elle ne se tairait jamais.

La forêt n’émet aucun son, c’est inquiétant. Pas de chant d’oiseau, pas même le bruissement des arbres, pas un rampement dans les feuilles, rien. Je ne sais pas ce que nous avons réveillé dans cette caverne… mais ce n’était que corruption et malveillance. L’entrée de la cavité apparait au bout du chemin, je réprime fermement un frisson. Le miroir est encore là, je le sens… Je dois retrouver Tamlen au plus vite. Je m’engage de nouveau dans la caverne, en prévenant les deux autres qu’ils feraient mieux de surveiller le plafond.

-          «  Nous devons trouver Tamlen… ou sa dépouille… sa survie relèverai du… »

-          «  Tu n’en sais RIEN, Merrill[/i]. L’Archiviste a elle-même dit qu’elle ne connaissait pas cette maladie, Nous ne savons pas comment elle a infectée Tamlen ou même s’il l’a contractée ! »

-         « Oui… oui bien sûr… excuse-moi. » se reprend-elle en reculant légèrement face à mon accès de colère. « Nous devrions commencer à chercher… »

Au fil des couloirs, les engeances nous assaillent par petits groupes, mais beaucoup d’entre elles gisent déjà au sol qu’il n’y avait pas lors de ma première venue. Quelqu’un s’est battu ici. Probablement ce Shem. Il n’est donc pas capable de nettoyer un couloir correctement ? Ou peut-être a-t-il trouvé ça drôle de laisser des ennemis en vie pour le voyage de retour ? Tss… quelle pitié.  Nous passons assez facilement, la rage guide mes flèches mieux que la concentration, je fais mouche à chaque coup. La pièce du miroir est bientôt à notre portée. Je pousse la lourde porte de métal… le Shem est là, il observe le miroir. Le sol est jonché de cadavres d’engeances.

-          « Ah, c’est donc vous qui vous battiez au dehors, il me semblait bien que j’avais entendu la clameur d’un
combat. » Son presque-sourire m’exaspère. « Vous êtes l’elfe que j’ai trouvé dans la forêt, je suis surpris de vous voir en si parfaite santé. »


Je rêve ou ce mec est en train de me faire la conversation devant la cause de la disparition d’un membre de mon clan, le tout saupoudré de cadavre de monstres encore tièdes ?

-         «  Je ne vous connais pas, Humain, et je ne vous dois rien. »

-         « Même s’il ne t’avait pas ramené au clan, les Gardes des Ombres méritent le respect ! »

-          « Il ne me doit rien, Merrill, il était de mon devoir de ramener un Dalatien blessé à son campement, nous sommes liés par d’anciennes alliances. »

-          « La plupart des humains ne méritent même pas qu’on leur adresse la parole. » dis-je, buté.

-          « Je devrais donc m’enorgueillir de cette conversation ! »

Et en plus il a l’air fier de son trait d’esprit… C’est décidé, je déteste ce Shem. Il m’insupporte !!

-          « Nous venons chercher notre frère, Tamlen. »

-          «  Donc, vous et votre ami Tamlen êtes entrés ici, et vous avec tous deux vu ce miroir. »

Merci d’exposer l’évidence, c’était fort utile. Il en a d’autres des tours de force comme ça dans sa barbe, le Shemlen ?

-          « Vous saviez, pour le miroir ? »

-          « Je m’en suis douté dès que je vous ai trouvé, la Garde des Ombres est familière de ce genre d’artefacts. Mais il m’a paru plus pressant de vous ramener près des vôtres. Ceci servait de moyen de communication sous l’empire Tevintide, il a été souillé par le même mal que les engeances et c’est ce mal qui vous a rendu malade, lorsque votre ami a, je suppose, touché le miroir. »

-          «  Il faut donc le détruire. »

-          « C’est chose entendue. Mais ne croyez pas que vous êtes guéri, la corruption vous ronge de l’intérieur. Votre Archiviste peut en atténuer les effets, mais elle ne peut guérir l’engeance. »

-          « Je n’ai pas envie de croire un humain. »

-          « Vous poserez la question à l’archiviste, pour l’heure nous devons détruire ce miroir. »


L’humain sort son épée, peut-être un peu sottement, je mets la main à la garde de mon poignard. Mais c’est au Miroir qu’il s’attaque. Il le brise en mile morceau et quelque chose en moi hurle de douleur… Je n’ai pas envie de lui donner raison, mais je la sens, la corruption en moi. Plus que l’hydre de la colère, elle a investi mon corps et je pressens  que je mourrai lentement au fil des années. Peu importe. Je mourrai auprès de mon peuple, après tout. Et je rejoindrai Tamlen. Ce n’est pas si terrible.

-          « C’est terminé » Sa voix rocailleuse résonne dans la pièce. « Quittons cet endroit maudit au plus vite, je dois m’entretenir avec votre Archiviste au sujet de votre affliction. »

-          «  Et Tamlen ? »

-          « Nous ne pouvons rien faire pour lui. »

-          « Pas question de partir sans l’avoir retrouvé ! »

-          « Soyons clairs : la souillure le tourmente depuis déjà trois jours. Vous ne devez votre survie qu’à votre volonté et aux soins de votre Archiviste, Tamlen n’a pas eu cette chance. Croyez-moi quand je vous dis qu’il n’y a plus rien à faire. »


Je le regarde dans les yeux, la haine en bouclier face à son autorité tranquille. Je refuse de lui obéir comme un de ses sous-fifres. Ma voix tremble de colère.

-         « Je n’abandonnerai pas les recherches. »

-          « Ça ne sert à rien de s’attarder ici. Je peux vous attendre dehors si tel est votre souhait, mais ne vous éternisez pas, vous êtes malade, que vous vouliez me croire ou non. Il n’est pas bon que vous restiez ici à vous vider de vos forces. »

-          «  Allez donc attendre dehors. »


Merrill émet un couinement outrée au ton impérieux de ma voix mais je n’en ai cure, Fénarel a envie de rire, je le sens, mais il s’en empêche pour ne pas paraitre irrespectueux. Duncan pousse un soupir et sort de la pièce sans plus un mot. Fallait pas venir se frotter à moi, ou alors il fallait retrouver Tamlen et le sauver aussi… ou nous laisser crever tous les deux.

-          « Tu crois pas que tu pousses le bouchon un peu loin, Finduilas ? » Me chuchote Fen’ avec un certain amusement.

-          « Il s’est cru où ce Shem ? il est dans notre forêt, on cherche un de nos frères et il nous fait la causette au milieu des cadavres fraichement terrassés de monstres hideux qui auraient pu attaquer notre campement… Il n’a aucun respect pour notre peine ou notre détermination, je n’en aurai donc aucun pour lui. Il nous prend pour qui ? ses larbins ? on n’est pas des elfes des cités ! »

-          « Si tu le dis. » Rit-il devant ma verve belliqueuse. «  Allez viens, on continue les recherches. »

Je murmure quelque chose de grossier en Elfique qui fait s’écrier Merrill et rire Fénarel. En langage commun on pourrait traduire ça par « petit con, va ! » mais dans notre langue c'est autrement plus vulgaire. Nous avons continué à chercher, mais tout ce que nous avons fait, c’est déclencher le réveil de plusieurs morts vivants… Il faut se rendre à l’évidence … Tamlen n’est plus là. Probablement sa dépouille a-t-elle été emmenée par un monstre. Je demande à sortir de là, avant que les larmes ne me montent aux yeux. Une fois dehors, je m’assois sur un rocher et je cache mon visage dans mes mains pour souffler un coup. Fénarel s’assoit à côté de moi, Merrill part devant, pour rejoindre Duncan qui marche plus loin sur le sentier. Lorsque Fen’ et moi nous remettons en marche, Duncan et Merrill sont déjà arrivés au campement depuis quelques temps. Je n’ai pas pleuré. Je ne pleurerai pas. Mais je n’arrive pas à croire que j’ai définitivement perdu Tamlen. Quelque chose me crie, en moi, que je n’ai pas mis le doigt sur ce qui s’est passé… Que Tamlen est quelque part, vivant, qu’il souffre et qu’il doit attendre que je vienne le chercher… Et le clan… le clan qui s’en va en le laissant sur place…

Je ne me rends même pas compte que nous sommes déjà rentrés. Les chasseurs savent que nous n’avons rien trouvé et n’osent pas croiser nos regards. Fénarel me passe une main dans le dos et je m’avance vers l’archiviste.

-          «  Oserai-je parler de Tamlen ? l’avez-vous retrouvé ? »

-          « Non… il a disparu… »murmurai-je

-          « Et le miroir, Merrill as-tu pu en tirer quelque chose ? »

-          « A cela je puis répondre, Archiviste, j’ai détruit le miroir. » Explique le Shem.

-          « J’imagine qu’il n’y avait aucun espoir d’en tirer le remède de cette maladie… »

-         « J’en sais plus long que la dernière fois que nous nous sommes vus. »

-          « Il me tarde d’entendre ce que vous avez à me dire. Merrill, que le camp soit prêt à se défendre au cas où l’engeance attaquerait. Et toi, Finduilas. Va voir l’Hahren Païvel et demande lui d’organiser les funérailles de Tamlen. »

-          « Bien, Archiviste. »

Je rejoins Païvel près du feu de camps, abattu et fatigué. La rage de retrouver mon ami me maintenait droit dans mes bottes, mais maintenant j’ai l’impression que le ciel vient de me tomber dessus et tente de m’obliger à m’enfoncer dans le sol. Je m’assois devant le feu, à côté de Païvel.

-          «  Vous revenez avec le Garde des ombres, mais sans Tamlen, que devons-nous conclure ? est-il perdu à jamais ? »

-          « C’est ce que veut nous faire croire le Shem… mais je n’en suis pas sûr… »

-          « Il faut croire que c’est la volonté des faiseurs que j’enterre ceux que j’ai jadis bercé de ma voix… Je comprends pourquoi les ancêtres s’adonnaient au sommeil… ce jour funeste… »
« Les étoiles tracent un chemin de feu dans les cieux,
afin de poser un dernier baiser sur tes yeux
La terre s’ouvre tendrement à tes rêves,
tandis qu’au loin, l’orage s’apaise
Dague au fourreau, arc défait,
en ta dernière heure, le silence se fait. »


J’écoute le poème funéraire avec le cœur serré. Le feu de bois crépite et donne à la voix de Païvel une touche mystique qu’est celle qu’il utilise pour nous parler de la Dalatie et d’Arlathann… J’ai l’impression que mes yeux vont se fermer à nouveau. J’ai au moins gardé de mon enfance l’habitude de m’endormir lorsque Païvel nous racontait des histoires. Peu importait leur contenu, nous écoutions jusqu’à la dernière phrase, avant de nous endormir dans les bras de nos parents. Et c’étaient toujours de doux rêves qui nous étreignaient ces nuits là…

-          « L’Archiviste… voudrait que vous organisiez ses… funérailles. »

-          « Bien sûr, et bien que nous n’ayons pas de corps à enterrer,  nous chanterons pour Tamlen. Ce sera fait avant que nous ne soyons prêts à partir. »

-          « Merci, Hahren. »

-          « hmmm… tu sais, il est important, encore plus aujourd’hui, de transmettre notre savoir aux jeunes. Contons-leur la chute de la Dalatie, tu m’honoreras en prenant part à la narration. »

Je ne peux m’empêcher de sourire.  J’espère juste être à la hauteur des talents de conteur de Païvel. Je hoche la tête et les enfants, qui nous écoutaient déjà, viennent prendre place autour du feu de camp.

-          « Les enfants, écoutez cette histoire, elle est la vôtre, elle fait partie de vous. Da’len, veux-tu commencer ? »

-          «  Bien sûr. »


Je me lève, comme le fait toujours Païvel, qui m’imite avec un sourire amusé. Cette histoire est celle de notre peuple, peu d’entre nous savent la raconter, beaucoup se contentent de la connaitre et de l’écouter chaque fois qu’elle franchit les lèvres du Hahren. Peut-être qu’un jour, moi aussi je serai Hahren, qui sait ?

-          « Jadis, nous étions esclaves des humains. »

-          « Oui, esclaves d’un empire forgé par une magie funeste. Mais cet empire tomba, et nous fûmes libérés. Nous avons reconstruit notre pays, la Dalatie. La seconde terre d’attache des elfes. Nous y vénérions à nouveau les faiseurs et nous étions appliqués à faire renaitre les anciennes coutumes, la culture et l’histoire émoussée par de longues années d’esclavage. »

-          « Mais les humains s’y opposèrent. Ils honnissaient nos Dieux car nous n’adorions pas les leurs. Ainsi les nations se liguèrent contre la Dalatie. »

-          « A leurs yeux les nôtres n’étaient que blasphémateurs et tyrans. Alors les humains nous déclarèrent la guerre. Ainsi tomba la Dalatie, ils prirent nos terre et nous forèrent à vivre dans leurs cités et à abjurer nos Dieux. Mais certains d’entre nous résolurent de se disperser aux quatre vents et de vivre en nomades dans les traditions qui sont les nôtres. »

-          « Alors, les clans se dispersèrent jusqu’au jour où nous aurons à nouveau une terre d’attache. Alors, nous rétablirons les anciennes coutumes parmi les nôtres qui les ont oubliées. »


-          « Tels sont les Dalatiens, Archivistes du savoir perdu, errants du chemin solitaire. »

-          « Nous sommes les derniers Elvhenan. Plus jamais nous ne courberons l’échine. »

Je récite ces dernières paroles les yeux fermés, comme pour m’en imprégner. Les enfants sont pendus à nos lèvres. Certains ne connaissaient visiblement pas cette histoire, d’autres en ont saisi l’importance. Je me souviens de la fois où j’ai compris que mon peuple avait été profondément blessé. Païvel avait raconté cette histoire juste avant que nous ne quittions l’endroit où j’étais né. Je devais avoir six… peut-être sept ans, et j’étais allé lui confier que j’avais l’impression d’être arraché à mon foyer, moi aussi. Païvel m’avait alors expliqué le mon foyer, c’était mon clan, que partout où le clan irait, je serai chez moi. Quelque part, cela m’avait rassuré. Mais le manque d’un endroit où je sais que je peux revenir me faire bercer par les miens, un endroit fixe où toujours revenir, me manque. Si un jour je me perdais… Comment retrouverai-je le clan ? Comment Tamlen le retrouverait-il s’il ne revenait pas avant la nuit ? Avant que nous ne partions pour le nord…[

-          « Je suis heureux de voir que tu n’as rien omis de notre histoire, ni de notre serment. Je te laisse retourner à tes affaires, à présent. Puissent les Dieux guider tes pas Da’len. »

-          « Ainsi que les vôtres, Hahren. »


Je le salue brièvement, j’ai le cœur plus léger bien que mélancolique. Je dois retourner auprès de l’archiviste à présent. La vue de Duncan ne m’insupporte plus que légèrement. Je n’ai pas envie de haïr qui que ce soit à présent, je veux que cette histoire se finisse pour pleurer Tamlen en paix. Plus vite ce sera tiré au clair, plus vite cet humain partira.

-          « Archiviste Marëthari ? »

-          « Votre Archiviste et moi avons conclu un accord. J’ai besoin d’excellents guerriers, et vous avez besoin d’un remède. J’escompte donc que lorsque sonnera l’heure de mon départ, vous vous joindrez à moi. Vous avez l’étoffe d’un Garde des Ombres. »


J’étais sur le point de lui dire « merci » lorsque je réalise qu’il vient de me dire qu’il m’emmène avec lui, loin de mon clan et qu’en plus je suis sensé devenir garde des ombres… Non mais il s’est pris pour la Déesse Andruill celui-là ? Quoi ? Quoi j’ai dit que je n’avais pas envie de détester les gens ? IL ME CHERCHE ! Je croise les bras sur ma poitrine, la colère froide dans le regard.

-          « Je refuse d’abandonner mon clan. »

-          «  Je n’y aurais jamais consenti si les enjeux n’étaient pas si graves, Da’len. »

-          « La souillure vous ronge, elle finira par vous tuer, ou pire encore.  La Garde peut l’empêcher, mais cela veut dire qu’il faut que vous vous joigniez à nous. »

-          « Je refuse votre charité. »

-          « Je vous propose d’entrer dans la Garde parce que vous en êtes capable et digne. Soyons clair, votre exil sera sans doute irrévocable, mais nous avons besoin de gens comme vous face à l’engeance. »

-          « Je préfère encore mourir parmi les miens, c’est non. »


Je sens la colère me monter aux dagues… ce Shem ne m’arrachera pas à mon clan ! Je ne partirai sous aucun prétexte !

-          « Une grande horde d’engeance se dirige vers le sud, Da’len. Nous avons promis aux Gardes des ombres de les aider autre fois, en cas d’enclin. C’est ton devoir et ta planche de Salut que Duncan t’apporte. »

-          « J’ai toujours vécu ici ! c’est mon foyer ! »

-          « Ton exil… me brise le cœur Da’len, enlever un de nos enfants à son clan me déchire, mais je sais que tu accompliras le destin que te réservent les Dieux avec honneur. Où que tes pas te guident, tu restes un Dalatien, ne l’oublie jamais. »

-          « Non… vous ne pouvez pas… »


L’Archiviste me bannit… je n’arrive pas à y croire, je vais me réveiller… C’est un cauchemar, un affreux cauchemar. Tamlen sera là à mon réveil, ce Garde des ombres disparaitra… Tout reprendra son cours, comme il se doit. En attendant l’éveil, je sens les larmes me monter aux yeux, la colère et le désespoir,  la peur peut-être aussi, m’empêche de réagir. L’idée de tuer Duncan pour préserver tout ce qui m’est cher m’effleure, mais je sais que le clan me rejettera formellement après une telle atrocité. Je suis dans l’impasse…

-          «  Je suis désolée… Da’len… »

-          « Vous me voyez obligé d’utiliser le droit de conscription. »

-          « Et en ma vertu d’Archiviste, je vous reconnais ce droit, Duncan de la Garde. »

-          « Je suis désolé de braver ainsi votre volonté, mais l’engeance est une menace par trop redoutable. »

-          « Vous ne pouvez pas m’enrôler contre mon gré ! »
hurlai-je en sachant très bien que le droit de conscription permettait même d’enrôler de force des nobles et des rois… alors un simple elfe sans terre d’attache ne pesait pas grand-chose dans la balance.

-          « De gré ou de force, vous me suivrez à Ostagar. »

-         « Fais honneur à ton clan, Finduilas. Prends cet anneau, il te revient par droit d’héritage et te protègera des ténèbres à venir. »

-          « Un riche présent s’il en est. Êtes-vous prêt à partir ? »


Je détourne la tête, les jointures de ma main blanchissent tant je serre le petit anneau d’argent que me donne l’archiviste. Mes yeux rejoignent le sol et je murmure que je veux assister aux obsèques de Tamlen.

-          «  Nous avons une longue route à faire mais… c’est entendu, faîtes vos adieux, puis nous partirons. »


 
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Modifié par finduilas1008, 06 mai 2011 - 04:32 .