Titre:Too bad for me
Chapitre III:I will always return
Notes de l’auteur:Youhou la motivation n’empêche ! Il est 02 :10 et j’entame un troisième chapitre ! Les dialogues du jeu sont en Italiques, le reste est ajouté/modifié par mes soins.
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Mes yeux s’ouvrent sur un plafond que je connais. Il y a des tentures qui couvrent le bois de l’Aravel. Je suis dans la maison de l’Archiviste. Je me redresse et je regarde autour de moi. Je suis allongé sur le lit réservé aux malades. Alors tout ça n’était pas qu’un cauchemar. J’ai l’esprit embrouillé, j’ai du mal à réfléchir. J’enfile machinalement mon armure de cuir et mes bottes avant de sortir. La lumière du soleil m’agresse et je monte ma main à mes yeux. Quelqu’un s’adresse à moi, je le regarde… Fénarel.
- « Par les faiseurs, tu vas mieux »
- « Qu’est-ce que… »
- « Du calme, tu es de retour au clan. Tout le monde s’inquiète pour toi. Comment te sens-tu ? »
- « Où est Tamlen ? »Fénarel baisse les yeux un court instant, je sens venir la mauvaise nouvelle…
- « Nous ne le savons pas… le Shem qui t’as ramené n’a pas trouvé de trace de lui. »
- « Un Shem m’a ramené ? »La colère me monta au corps, telle une hydre monstrueuse, il s’empare de tout mon être. J’aurai préféré mourir sur place, proche de Tamlen, plutôt que d’être touché, ramené au camp par un … un….
- « Un Shem t’as ramené, oui. Un humain…. Il y a deux jours de cela. Tu ne te rappelle pas de lui ? »
- « Deux jours !!! » Deux jours et toujours aucune trace de Tamlen ! Mais nos chasseurs sont vraiment si mauvais que ça ? Non mais parce que sinon on va être bien embêté si je suis le seul chasseur valable restant dans tout le campement !
- « C’est un Garde des Ombres, en fait. Il a débarqué de nulle part, ton corps jeté sur son épaule. Tu délirais
de fièvre, il a parlé d’une caverne et il a dit t’avoir trouvé seul et sans connaissance. »
- « Je dois parler à l’Archiviste sans tarder ! »
- « Je vais la chercher. »Je suis… dépité… j’ai été ramené princièrement à mes compagnons juché sur l’épaule d’un humain barbu, Garde des Ombres de surcroit, sans mon meilleur ami, qu’on a abandonné dans une caverne infestée d’araignées géantes et de morts vivants….. Et on me fait la conversation à la sortie de ma convalescence… Faiseurs, si vous m’entendez, foudroyez moi maintenant, que je meurs avant d’avoir à remercier ce maudit Shem… Quoi que… Après tout c’est un vulgaire Shem, je ne lui dois rien. Attendez un peu avant de
me foudroyez.
Fénarel s’en va au pas de course et revient quelques instants plus ****** avec notre archiviste, notre chef de clan en quelque sorte.
- « Finduilas, tu es enfin sorti de ta torpeur… Je ne sais quel sombre pouvoir s’est abattu sur toi, mais il
s’en est fallu de peu qu’il te conduise au trépas. J’ai bien cru que ma magie ne ferait jamais reculer ce fléau. »- « On peut penser que Tamlen estmalade, quelque part dans la forêt ? »
- « C’est surement le cas si vous avez été confronté à la même source de cette maladie. Si Duncan ne t’avait pas trouvé tu serais mort à l’heure qu’il est.»
- « Pourquoi prêter l’oreille à ce que raconte un vulgaire Shemlen ? »
- « Les Gardes des Ombres sont un ordre ancien et vénérable, et nous autres Dalatiens avons assez d’ennemis comme cela. Réponds-moi, à présent. »[/i]
Je lui raconte alors presque tout. Je mens en disant que nous avons trouvé ces ruines par hasard, mais je ne cache rien de mon angoisse et de mes tentatives de ramener Tamlen à la raison. Je veux juste éviter à l’Archiviste le souci des trois humains que nous avons tués. Je lui décris les monstres que nous avons rencontrés. Je lui parle du miroir, que Tamlen a touché.
- « Je pensais que ton témoignage apporterait des réponses, malheureusement il ne fait que multiplier les questions. Mais peu importe, nous devons retrouver Tamlen au plus vite, s’il est aussi malade que tu l’étais alors il est peut-être déjà mort, mais sa survie importe plus que tout le savoir que peuvent apporter ces ruines. Te sens-tu capable d’y retourner Da’len ? Toi seul connait le chemin qui mène à ces ruines et je ne peux pas demande à Duncan de prendre sur lui pour retrouver l’un de nos chasseurs. »
- « Je vais bien. Je vais le retrouver. »
- « J’ai ordonné au camp de partir vers le nord… ne me regarde pas ainsi, Da’len, je sais que tu aimes cette forêt comme si elle était la tienne mais nous devons partir au plus vite. »
- « Pardonnez-moi. »
- « Guide Merrill jusqu’à la caverne et trouvez Tamlen si vous le pouvez. Mais hâtez-vous. »
- « Quoi ? pourquoi dois-je emmener Merrill avec moi ? »
- « Je l’ai initié à la magie et à la médecine, si vous trouvez Tamlen il aura plus de chance de survivre si elle
peut s’occuper de lui. En outre je voudrais qu’elle examine ces ruines et ce miroir, peut être trouvera-t-elle le sens de tout ceci. »
- « C’est compris. Priez pour moi, Archiviste. »Elle hochela tête avec douceur, son inquiétude est palpable, mais ce n’est rien comparé à
la mienne. Tamlen et moi n’avons jamais été séparés. Il n’est né que quelques jours après moi et c’est naturellement que nous avons grandi ensemble. Nous avons fait nos premiers pas ensemble, avons échangé nos premiers mots, tenu nos premières armes de concert, sommes partis réussir notre première chasse
ensemble. Tamlen a toujours été un peu derrière, par manque de confiance en lui. Je n’ai jamais cessé de le pousser vers l’avant de la scène et ainsi, dans notre clan, Finduilas et Tamlen sont devenus inséparables. On ne parle jamais de l’un sans parler de l’autre… C’est pourquoi je sens le malaise dans les yeux des autres chasseurs. Sa disparition a des implications pour le groupe bien sûr : nous perdons un très bon chasseur, un ami, un frère, une part du « tout » que représente notre petit univers. Mais la disparition de Tamlen signerait la fin d’un duo que l’on connait même dans certains autres clans de Dalatiens… Je dois retrouver Tamlen. Fénarel, notre ami à tous les deux, ne suffira jamais à le remplacer.
-
« Je veux t’accompagner. Je veux aider à retrouver Tamlen. »
- « Tu as écouté ma conversation avec L’Archiviste ? »
- « Je suis désolé, c’est juste que… »
- « Je doute qu’elle me laisse emmener qui que ce soit d’autre que Merrill mais demande lui et retrouve nous à la sortie du camp, d’accord ? »
- « Tout de suite. »
Je quitte Fénarel le temps de rejoindre Merrill. Tamlen aura beau dire, je suis persuadée qu’il est amoureux d’elle. Elle a passé son enfance à tenter d’entrer dans nos jeux de garçons, jusqu’à ce qu’elle soit choisie comme apprentie par l’archiviste. Ce jour-là en plus d’être une fille, elle avait droit à un respect hautement placé et cela ne lui laissait plus le loisir de jouer à avec nous. Son temps libre était alors consacré aux exercices de la magie, ce dont Tamlen et moi étions incapables et sourds. Les fossés n’ont cependant pas empêché un lien de se créer entre nous trois. Elle a toujours été celle qui tentait de faire entrer du plomb dans nos tête, de nous
avertir du danger. Celle vers qui nous revenions couverts de boue et de pluie pour se faire sermonner de notre manque de prudence. Plus je jette un regard sur ma vie, plus je me dis que vivre sans Tamlen me sera impossible. Le clan s’en relèvera, moi non. Il faut absolument le retrouver. J’aperçois Merrill et arrive vers elle à petites foulées.
- « Finduilas ! »
Je m’arrête et me retourne pour voir qui m’a interpellé ainsi. Il s’agit de Maître Ilen, notre « forgeron » comme dirait un Shem. Mais Maître Ilen en bien plus que cela. Il taille nos arcs les plus robustes, nous apprend à nous battre, forge nos couteaux et nos épées et son Aravel regorge de toutes sortes de produits qui me sont encore inconnus.
- « Je suis soulagé de te voir guéri, mon enfant. »
-
« Merci pour cet arc, Maître Ilen, il est léger et robuste, bien supérieur à celui que j’ai taillé l’an passé. » dit l’elfe qui l’accompagne.
-
« Mon propre père l’a taillé et porté au combat. »
- « J’en userai avec honneur, Maître Ilen. »
Il en va ainsi. Je sais que les Shems considèreraient cela comme une insulte à la mémoire du père de Maître Ilen que de donner un arc de si grande valeur à un chasseur quelconque. Mais il en va autrement chez les Dalatiens, notre communauté forme un tout. Chacun d’entre nous est une seule personne, unique et précieuse, mais reliée aux autres. C’est un peu comme un puzzle, chaque pièce s’emboite parfaitement pour donner un ensemble… et quand une pièce manque, on en trouve jamais une identique pour remplacer…
- « Je voulais te donner ça, avant ta dernière chasse mais il a semblé que tu étais parti plus tôt qu’un coq Shem. » Sa plaisanterie aurait pu être amusante si les conséquences de ce départ matinal n’avaient pas engendré un si grand malheur. «
Tiens, cet arc n’a pas encore d’histoire mais tu lui en forgeras une bien assez tôt. Il est bien meilleur que ton arc en orme, bien que je sois conscient que tu y es très attaché. »
Et comment, Tamlen et moi avions taillé nos arcs dans le même arbre et nous avions passé la journée perchés dans les branches à chercher la forme parfaite à l’aide de nos couteaux de chasse. Nous n’en avions pas changé depuis presque cinq ans maintenant…
- « Merci Maître Ilen. Je pars à la recherche de Tamlen. »
- « Que les faiseurs veillent sur toi, Finduilas. Reviens nous vivant. Aussi accablante que pourrait être la mort de Tamlen, le clan n’aurait pas la force de pleurer un autre mort parmi nos rangs. Chacun de nous qui disparait est un enfant enlevé à sa mère. »
- « Je vous promets de revenir vivant, Maître Ilen, faîtes-moi confiance. »
Je m’éclipse, non sans regarder l’arc que m’a donné Maître Ilen. Il a fier allure mais… Je soupire de lassitude. Il faut que jeunesse se passe, ce n’est pas un arc qui va changer mes chances de retrouver Tamlen, par contre être bien équipé me permettrai d’augmenter mes chances de survie. Je dépose donc mon arc près de mon Aravel et accroche mon nouvel équipement dans mon dos. Il faudra lui donner un nom. Je reprends ma course vers Merrill, Fénarel est déjà là. Merrill semble contrariée.
- « Fénarel vient avec nous ? »
- « Et alors ? »
- « L’archiviste a donné son accord ? »- « Mais puisque je te dis que oui ! » s’emporte Fénarel, sa figure rouge de colère contrastant avec ses cheveux blonds.
- « Je n’en vois pas l’utilité mais soit. »
- « Tu en verras l’utilité lorsqu’on rencontrera les araignées géantes qui ont l’amabilité de nous accueillir là-bas. » dis-je avec assurance.
La jalousie de Merrill me parait mal placée dans un tel moment mais je ne fais pas de commentaire.
- « Allons-y pendant qu’il fait encore jour. »
Notre petit cortège se met en route en silence. Je sais que ni l’un ni l’autre n’ose engager une véritable conversation avec moi. Ils savent que je les enverrai paître avec les Hahls… Je suis en train de réaliser que je vous raconte mon histoire sans m’être présenté… Je manque à tous mes devoirs, mais vous comprendrez que la situation m’excuse d’oublier les politesses.
Je m’appelle Finduilas, comme vous avez dû le comprendre assez rapidement. Je suis un Dalatien. J’imagine que certains d’entre vous ont entendu parler de nos coutumes soit disant barbares : torture des enfants, viol des femmes des peuples soumis, rituels de sacrifices… Par pitié éloignez tous ces contes de vos esprits. Autrefois nous étions immortels, et nous vivions en Arlathann. Mais lorsque nous rencontrions pour la première fois les humains, alors ceux-ci se révélèrent belliqueux et impatients. Nous les nommèrent « Shemlens » les « Etres vifs ». Mais les fréquenter nous apporta le malheur. Les maladies, la mort par le fer et surtout… la vieillesse. Car leur contact nous déchut de notre longue vie. Les nôtres considérèrent alors les humains comme des parasites, comme les Shems le font aujourd’hui avec ceux de notre race qui vivent dans les cités.
La cité D’Arlathann fut fermée aux humains pour se préserver de leur fléau. Alors même que les Elvhenan –les elfes- sommeillaient et vivaient leur vie lente et paisible, les royaumes humains se forgèrent. Et lorsque l’empire Tevintide marcha sur Arlathann avec ses mages, ses démons et ses dragons ; les elfes s’enfuirent plutôt que de prendre les armes. Ils étaient trop craintifs du fléau des hommes pour risquer leur immortalité à les combattre. Ainsi les Tevinter n’eurent aucune résistance, ils détruisirent Arlathann. Ceux qui furent capturés furent réduits en esclavage et devinrent mortels inéluctablement. Tout fut détruit. Notre peuple n’eut plus jamais accès à la culture et à l’art que renfermait leur royaume, si bien que les coutumes commencèrent à se perdre au fil des années. Mais lorsque les royaumes humains tomberont et que les elfes se réuniront pour vivre ensemble alors nous, Dalatiens, qui conservons les coutumes et les traditions avec ferveur, réapprendrons à nos frères des cités ce que signifie être un elfe.
« Tels sont les Dalatiens, Archivistes du savoir perdu, errants du chemin solitaire.
Nous sommes les derniers Elvhenan. Plus jamais nous ne courberons l’échine. »
Tel est le serment que nous avons prêté.
Mais ce n’est pas le moment de promouvoir l’histoire Elfique, revenons-en à nos Hahls. Notre marche nous mena jusqu’à une de ces larges crevasses dans lesquels il ne fait pas bon tomber mais qui servent de piège pour les embuscades ou pour coincer le gibier. A peine avons-nous tourné l’angle d’un chêne particulièrement somptueux et large, qu’une flèche me siffle au visage. Je recule brusquement, bousculant Fénarel qui me suivait de trop près. La flèche s’est plantée dans le rideau de mousse qui couvrait le mur terreux d’une butte. Elle suinte d’un poison noir qui dégage une odeur âpre. Je fais un signe à Merrill et je montre trois doigts à Fénarel. Il hoche la tête et bande son arc. Pour ma part je sors mon poignard d’une main, je tiens mon arc de l’autre, je dois en abattre un avant de pouvoir tirer le second, pour l’empêcher de blesser Fénarel tandis qu’il tuera le dernier. Merrill nous protègera par magie si besoin est. Je sors de ma cachette et tout se passe comme prévu. Tamlen aurait été plus rapide que Fénarel mais ne soyons pas injustes : il est rapide et talentueux… c’est juste que ce … n’est pas Tamlen… Nous rejoignons le corps de ces créatures. Leur apparence est affreuse, leur peau d’un gris presque vert et leurs dents pourries sortent de leur bouche par dizaines. Merrill retient un haut-le-cœur comme elle peut, Fénarel détourne le regard.
- « Qu’est-ce que cela peut être ?? » demande Merrill avec un air dégouté. « Des Engeances ? »
- « C’est une question ? » Le sarcasme n’arrange rien mais il a le mérite de faire reprendre pieds à Fénarel.
- « Je n’en n’avais jamais vu, qu’est-ce qu’elles font là ? »
- « Elles ont surement suivi ce Shemlen jusqu’ici. »-
« Ce peut être l’inverse. »
- « Peu importe, sa venue ne nous cause que des problèmes. » Ma tête me tourne légèrement, je tente d’ignorer ce malaise.
- « Tu es sûr que ça va ? » S’inquiète Merrill.
- « Cesse donc de me harceler, Tamlen ne va pas se retrouver tout seul ! »
- « Finduilas. » reprends Fénarel d’un ton plus doux. « Tu es vraiment pâle, tu es sûr que tout va bien. »
- « Je suis juste un peu las, Fen’. Ce n’est rien. »
- « Je garde un œil sur toi. » décide Merrill. « Après tout tu sors juste de convalescence. »Je lève les yeux au ciel et je reprends la marche avec Fénarel. Qu’est-ce qu’elle peut m’agacer quand elle prend ses airs de mère par procuration. Elle est pire qu’une dragonne veillant sur sa couvée. Bref avançons. Quelques minutes plus ****** nous rencontrons les reste d’un feu de camps… pff ce Shem l’a surement laissé là sans nettoyer. Décidément, je ne sais même pas qui il est mais il m’énerve déjà. Je regarde Merrill de travers lorsqu’elle me demande si j’ai déjà vu ce campement et si je sais à qui il appartient. Fénarel lui chuchote de réfléchir avant de poser des questions, même pertinentes. Sinon je vais finir par être vraiment désagréable. Merci Fen’, j’ai cru qu’elle ne se tairait jamais.
La forêt n’émet aucun son, c’est inquiétant. Pas de chant d’oiseau, pas même le bruissement des arbres, pas un rampement dans les feuilles, rien. Je ne sais pas ce que nous avons réveillé dans cette caverne… mais ce n’était que corruption et malveillance. L’entrée de la cavité apparait au bout du chemin, je réprime fermement un frisson. Le miroir est encore là, je le sens… Je dois retrouver Tamlen au plus vite. Je m’engage de nouveau dans la caverne, en prévenant les deux autres qu’ils feraient mieux de surveiller le plafond.
-
« Nous devons trouver Tamlen… ou sa dépouille… sa survie relèverai du… »- « Tu n’en sais RIEN, Merrill[/i]. L’Archiviste a elle-même dit qu’elle ne connaissait pas cette maladie, Nous ne savons pas comment elle a infectée Tamlen ou même s’il l’a contractée ! »
- « Oui… oui bien sûr… excuse-moi. » se reprend-elle en reculant légèrement face à mon accès de colère.
« Nous devrions commencer à chercher… »
Au fil des couloirs, les engeances nous assaillent par petits groupes, mais beaucoup d’entre elles gisent déjà au sol qu’il n’y avait pas lors de ma première venue. Quelqu’un s’est battu ici. Probablement ce Shem. Il n’est donc pas capable de nettoyer un couloir correctement ? Ou peut-être a-t-il trouvé ça drôle de laisser des ennemis en vie pour le voyage de retour ? Tss… quelle pitié. Nous passons assez facilement, la rage guide mes flèches mieux que la concentration, je fais mouche à chaque coup. La pièce du miroir est bientôt à notre portée. Je pousse la lourde porte de métal… le Shem est là, il observe le miroir. Le sol est jonché de cadavres d’engeances.
- « Ah, c’est donc vous qui vous battiez au dehors, il me semblait bien que j’avais entendu la clameur d’un
combat. » Son presque-sourire m’exaspère. « Vous êtes l’elfe que j’ai trouvé dans la forêt, je suis surpris de vous voir en si parfaite santé. »Je rêve ou ce mec est en train de me faire la conversation devant la cause de la disparition d’un membre de mon clan, le tout saupoudré de cadavre de monstres encore tièdes ?
- « Je ne vous connais pas, Humain, et je ne vous dois rien. » - « Même s’il ne t’avait pas ramené au clan, les Gardes des Ombres méritent le respect ! » - « Il ne me doit rien, Merrill, il était de mon devoir de ramener un Dalatien blessé à son campement, nous sommes liés par d’anciennes alliances. » - « La plupart des humains ne méritent même pas qu’on leur adresse la parole. » dis-je, buté. - « Je devrais donc m’enorgueillir de cette conversation ! »Et en plus il a l’air fier de son trait d’esprit… C’est décidé, je déteste ce Shem. Il m’insupporte !!
- « Nous venons chercher notre frère, Tamlen. » - « Donc, vous et votre ami Tamlen êtes entrés ici, et vous avec tous deux vu ce miroir. »Merci d’exposer l’évidence, c’était fort utile. Il en a d’autres des tours de force comme ça dans sa barbe, le Shemlen ?
- « Vous saviez, pour le miroir ? » - « Je m’en suis douté dès que je vous ai trouvé, la Garde des Ombres est familière de ce genre d’artefacts. Mais il m’a paru plus pressant de vous ramener près des vôtres. Ceci servait de moyen de communication sous l’empire Tevintide, il a été souillé par le même mal que les engeances et c’est ce mal qui vous a rendu malade, lorsque votre ami a, je suppose, touché le miroir. »- « Il faut donc le détruire. »
- « C’est chose entendue. Mais ne croyez pas que vous êtes guéri, la corruption vous ronge de l’intérieur. Votre Archiviste peut en atténuer les effets, mais elle ne peut guérir l’engeance. »
- « Je n’ai pas envie de croire un humain. »
- « Vous poserez la question à l’archiviste, pour l’heure nous devons détruire ce miroir. »L’humain sort son épée, peut-être un peu sottement, je mets la main à la garde de mon poignard. Mais c’est au Miroir qu’il s’attaque. Il le brise en mile morceau et quelque chose en moi hurle de douleur… Je n’ai pas envie de lui donner raison, mais je la sens, la corruption en moi. Plus que l’hydre de la colère, elle a investi mon corps et je pressens que je mourrai lentement au fil des années. Peu importe. Je mourrai auprès de mon peuple, après tout. Et je rejoindrai Tamlen. Ce n’est pas si terrible.
- « C’est terminé » Sa voix rocailleuse résonne dans la pièce. « Quittons cet endroit maudit au plus vite, je dois m’entretenir avec votre Archiviste au sujet de votre affliction. »
- « Et Tamlen ? »
- « Nous ne pouvons rien faire pour lui. »
- « Pas question de partir sans l’avoir retrouvé ! »
- « Soyons clairs : la souillure le tourmente depuis déjà trois jours. Vous ne devez votre survie qu’à votre volonté et aux soins de votre Archiviste, Tamlen n’a pas eu cette chance. Croyez-moi quand je vous dis qu’il n’y a plus rien à faire. »Je le regarde dans les yeux, la haine en bouclier face à son autorité tranquille. Je refuse de lui obéir comme un de ses sous-fifres. Ma voix tremble de colère.
- « Je n’abandonnerai pas les recherches. »
- « Ça ne sert à rien de s’attarder ici. Je peux vous attendre dehors si tel est votre souhait, mais ne vous éternisez pas, vous êtes malade, que vous vouliez me croire ou non. Il n’est pas bon que vous restiez ici à vous vider de vos forces. »
- « Allez donc attendre dehors. »Merrill émet un couinement outrée au ton impérieux de ma voix mais je n’en ai cure, Fénarel a envie de rire, je le sens, mais il s’en empêche pour ne pas paraitre irrespectueux. Duncan pousse un soupir et sort de la pièce sans plus un mot. Fallait pas venir se frotter à moi, ou alors il fallait retrouver Tamlen et le sauver aussi… ou nous laisser crever tous les deux.
- « Tu crois pas que tu pousses le bouchon un peu loin, Finduilas ? » Me chuchote Fen’ avec un certain amusement.
- « Il s’est cru où ce Shem ? il est dans notre forêt, on cherche un de nos frères et il nous fait la causette au milieu des cadavres fraichement terrassés de monstres hideux qui auraient pu attaquer notre campement… Il n’a aucun respect pour notre peine ou notre détermination, je n’en aurai donc aucun pour lui. Il nous prend pour qui ? ses larbins ? on n’est pas des elfes des cités ! »
- « Si tu le dis. » Rit-il devant ma verve belliqueuse. « Allez viens, on continue les recherches. »
Je murmure quelque chose de grossier en Elfique qui fait s’écrier Merrill et rire Fénarel. En langage commun on pourrait traduire ça par « petit con, va ! » mais dans notre langue c'est autrement plus vulgaire. Nous avons continué à chercher, mais tout ce que nous avons fait, c’est déclencher le réveil de plusieurs morts vivants… Il faut se rendre à l’évidence … Tamlen n’est plus là. Probablement sa dépouille a-t-elle été emmenée par un monstre. Je demande à sortir de là, avant que les larmes ne me montent aux yeux. Une fois dehors, je m’assois sur un rocher et je cache mon visage dans mes mains pour souffler un coup. Fénarel s’assoit à côté de moi, Merrill part devant, pour rejoindre Duncan qui marche plus loin sur le sentier. Lorsque Fen’ et moi nous remettons en marche, Duncan et Merrill sont déjà arrivés au campement depuis quelques temps. Je n’ai pas pleuré. Je ne pleurerai pas. Mais je n’arrive pas à croire que j’ai définitivement perdu Tamlen. Quelque chose me crie, en moi, que je n’ai pas mis le doigt sur ce qui s’est passé… Que Tamlen est quelque part, vivant, qu’il souffre et qu’il doit attendre que je vienne le chercher… Et le clan… le clan qui s’en va en le laissant sur place…
Je ne me rends même pas compte que nous sommes déjà rentrés. Les chasseurs savent que nous n’avons rien trouvé et n’osent pas croiser nos regards. Fénarel me passe une main dans le dos et je m’avance vers l’archiviste.
- « Oserai-je parler de Tamlen ? l’avez-vous retrouvé ? » - « Non… il a disparu… »murmurai-je - « Et le miroir, Merrill as-tu pu en tirer quelque chose ? » - « A cela je puis répondre, Archiviste, j’ai détruit le miroir. » Explique le Shem. - « J’imagine qu’il n’y avait aucun espoir d’en tirer le remède de cette maladie… » - « J’en sais plus long que la dernière fois que nous nous sommes vus. » - « Il me tarde d’entendre ce que vous avez à me dire. Merrill, que le camp soit prêt à se défendre au cas où l’engeance attaquerait. Et toi, Finduilas. Va voir l’Hahren Païvel et demande lui d’organiser les funérailles de Tamlen. » - « Bien, Archiviste. »Je rejoins Païvel près du feu de camps, abattu et fatigué. La rage de retrouver mon ami me maintenait droit dans mes bottes, mais maintenant j’ai l’impression que le ciel vient de me tomber dessus et tente de m’obliger à m’enfoncer dans le sol. Je m’assois devant le feu, à côté de Païvel.
- « Vous revenez avec le Garde des ombres, mais sans Tamlen, que devons-nous conclure ? est-il perdu à jamais ? » - « C’est ce que veut nous faire croire le Shem… mais je n’en suis pas sûr… » - « Il faut croire que c’est la volonté des faiseurs que j’enterre ceux que j’ai jadis bercé de ma voix… Je comprends pourquoi les ancêtres s’adonnaient au sommeil… ce jour funeste… »« Les étoiles tracent un chemin de feu dans les cieux,
afin de poser un dernier baiser sur tes yeux
La terre s’ouvre tendrement à tes rêves,
tandis qu’au loin, l’orage s’apaise
Dague au fourreau, arc défait,
en ta dernière heure, le silence se fait. »J’écoute le poème funéraire avec le cœur serré. Le feu de bois crépite et donne à la voix de Païvel une touche mystique qu’est celle qu’il utilise pour nous parler de la Dalatie et d’Arlathann… J’ai l’impression que mes yeux vont se fermer à nouveau. J’ai au moins gardé de mon enfance l’habitude de m’endormir lorsque Païvel nous racontait des histoires. Peu importait leur contenu, nous écoutions jusqu’à la dernière phrase, avant de nous endormir dans les bras de nos parents. Et c’étaient toujours de doux rêves qui nous étreignaient ces nuits là…
- « L’Archiviste… voudrait que vous organisiez ses… funérailles. »
- « Bien sûr, et bien que nous n’ayons pas de corps à enterrer, nous chanterons pour Tamlen. Ce sera fait avant que nous ne soyons prêts à partir. »
- « Merci, Hahren. »
- « hmmm… tu sais, il est important, encore plus aujourd’hui, de transmettre notre savoir aux jeunes. Contons-leur la chute de la Dalatie, tu m’honoreras en prenant part à la narration. »
Je ne peux m’empêcher de sourire. J’espère juste être à la hauteur des talents de conteur de Païvel. Je hoche la tête et les enfants, qui nous écoutaient déjà, viennent prendre place autour du feu de camp.
- « Les enfants, écoutez cette histoire, elle est la vôtre, elle fait partie de vous. Da’len, veux-tu commencer ? »
- « Bien sûr. »Je me lève, comme le fait toujours Païvel, qui m’imite avec un sourire amusé. Cette histoire est celle de notre peuple, peu d’entre nous savent la raconter, beaucoup se contentent de la connaitre et de l’écouter chaque fois qu’elle franchit les lèvres du Hahren. Peut-être qu’un jour, moi aussi je serai Hahren, qui sait ?
- « Jadis, nous étions esclaves des humains. »
- « Oui, esclaves d’un empire forgé par une magie funeste. Mais cet empire tomba, et nous fûmes libérés. Nous avons reconstruit notre pays, la Dalatie. La seconde terre d’attache des elfes. Nous y vénérions à nouveau les faiseurs et nous étions appliqués à faire renaitre les anciennes coutumes, la culture et l’histoire émoussée par de longues années d’esclavage. »
- « Mais les humains s’y opposèrent. Ils honnissaient nos Dieux car nous n’adorions pas les leurs. Ainsi les nations se liguèrent contre la Dalatie. »
- « A leurs yeux les nôtres n’étaient que blasphémateurs et tyrans. Alors les humains nous déclarèrent la guerre. Ainsi tomba la Dalatie, ils prirent nos terre et nous forèrent à vivre dans leurs cités et à abjurer nos Dieux. Mais certains d’entre nous résolurent de se disperser aux quatre vents et de vivre en nomades dans les traditions qui sont les nôtres. »
- « Alors, les clans se dispersèrent jusqu’au jour où nous aurons à nouveau une terre d’attache. Alors, nous rétablirons les anciennes coutumes parmi les nôtres qui les ont oubliées. » - « Tels sont les Dalatiens, Archivistes du savoir perdu, errants du chemin solitaire. » - « Nous sommes les derniers Elvhenan. Plus jamais nous ne courberons l’échine. » Je récite ces dernières paroles les yeux fermés, comme pour m’en imprégner. Les enfants sont pendus à nos lèvres. Certains ne connaissaient visiblement pas cette histoire, d’autres en ont saisi l’importance. Je me souviens de la fois où j’ai compris que mon peuple avait été profondément blessé. Païvel avait raconté cette histoire juste avant que nous ne quittions l’endroit où j’étais né. Je devais avoir six… peut-être sept ans, et j’étais allé lui confier que j’avais l’impression d’être arraché à mon foyer, moi aussi. Païvel m’avait alors expliqué le mon foyer, c’était mon clan, que partout où le clan irait, je serai chez moi. Quelque part, cela m’avait rassuré. Mais le manque d’un endroit où je sais que je peux revenir me faire bercer par les miens, un endroit fixe où toujours revenir, me manque. Si un jour je me perdais… Comment retrouverai-je le clan ? Comment Tamlen le retrouverait-il s’il ne revenait pas avant la nuit ? Avant que nous ne partions pour le nord…[
- « Je suis heureux de voir que tu n’as rien omis de notre histoire, ni de notre serment. Je te laisse retourner à tes affaires, à présent. Puissent les Dieux guider tes pas Da’len. »
- « Ainsi que les vôtres, Hahren. »Je le salue brièvement, j’ai le cœur plus léger bien que mélancolique. Je dois retourner auprès de l’archiviste à présent. La vue de Duncan ne m’insupporte plus que légèrement. Je n’ai pas envie de haïr qui que ce soit à présent, je veux que cette histoire se finisse pour pleurer Tamlen en paix. Plus vite ce sera tiré au clair, plus vite cet humain partira.
- « Archiviste Marëthari ? »
- « Votre Archiviste et moi avons conclu un accord. J’ai besoin d’excellents guerriers, et vous avez besoin d’un remède. J’escompte donc que lorsque sonnera l’heure de mon départ, vous vous joindrez à moi. Vous avez l’étoffe d’un Garde des Ombres. »J’étais sur le point de lui dire « merci » lorsque je réalise qu’il vient de me dire qu’il m’emmène avec lui, loin de mon clan et qu’en plus je suis sensé devenir garde des ombres… Non mais il s’est pris pour la Déesse Andruill celui-là ? Quoi ? Quoi j’ai dit que je n’avais pas envie de détester les gens ? IL ME CHERCHE ! Je croise les bras sur ma poitrine, la colère froide dans le regard.
- « Je refuse d’abandonner mon clan. »
- « Je n’y aurais jamais consenti si les enjeux n’étaient pas si graves, Da’len. »
- « La souillure vous ronge, elle finira par vous tuer, ou pire encore. La Garde peut l’empêcher, mais cela veut dire qu’il faut que vous vous joigniez à nous. »
- « Je refuse votre charité. »
- « Je vous propose d’entrer dans la Garde parce que vous en êtes capable et digne. Soyons clair, votre exil sera sans doute irrévocable, mais nous avons besoin de gens comme vous face à l’engeance. »
- « Je préfère encore mourir parmi les miens, c’est non. »Je sens la colère me monter aux dagues… ce Shem ne m’arrachera pas à mon clan ! Je ne partirai sous aucun prétexte !
- « Une grande horde d’engeance se dirige vers le sud, Da’len. Nous avons promis aux Gardes des ombres de les aider autre fois, en cas d’enclin. C’est ton devoir et ta planche de Salut que Duncan t’apporte. »
- « J’ai toujours vécu ici ! c’est mon foyer ! »
- « Ton exil… me brise le cœur Da’len, enlever un de nos enfants à son clan me déchire, mais je sais que tu accompliras le destin que te réservent les Dieux avec honneur. Où que tes pas te guident, tu restes un Dalatien, ne l’oublie jamais. »
- « Non… vous ne pouvez pas… »L’Archiviste me bannit… je n’arrive pas à y croire, je vais me réveiller… C’est un cauchemar, un affreux cauchemar. Tamlen sera là à mon réveil, ce Garde des ombres disparaitra… Tout reprendra son cours, comme il se doit. En attendant l’éveil, je sens les larmes me monter aux yeux, la colère et le désespoir, la peur peut-être aussi, m’empêche de réagir. L’idée de tuer Duncan pour préserver tout ce qui m’est cher m’effleure, mais je sais que le clan me rejettera formellement après une telle atrocité. Je suis dans l’impasse…
- « Je suis désolée… Da’len… »
- « Vous me voyez obligé d’utiliser le droit de conscription. »
- « Et en ma vertu d’Archiviste, je vous reconnais ce droit, Duncan de la Garde. »
- « Je suis désolé de braver ainsi votre volonté, mais l’engeance est une menace par trop redoutable. »
- « Vous ne pouvez pas m’enrôler contre mon gré ! » hurlai-je en sachant très bien que le droit de conscription permettait même d’enrôler de force des nobles et des rois… alors un simple elfe sans terre d’attache ne pesait pas grand-chose dans la balance.
- « De gré ou de force, vous me suivrez à Ostagar. »
- « Fais honneur à ton clan, Finduilas. Prends cet anneau, il te revient par droit d’héritage et te protègera des ténèbres à venir. »
- « Un riche présent s’il en est. Êtes-vous prêt à partir ? »Je détourne la tête, les jointures de ma main blanchissent tant je serre le petit anneau d’argent que me donne l’archiviste. Mes yeux rejoignent le sol et je murmure que je veux assister aux obsèques de Tamlen.
- « Nous avons une longue route à faire mais… c’est entendu, faîtes vos adieux, puis nous partirons. » ************************************************************************************************************
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Edited by finduilas1008, 06 May 2011 - 04:32 PM.