Ardro wrote...
N30795 wrote...
Doctor Effectivement Ardro, mon usage du terme de tragédie est peut-être un peu rapide en ce sens que la tragédie varie entre les époques, auteurs, histoire etc.
Là où on s'en rapproche, et c'est ce que je voulais dire, c'est qu'on peut voir Hawke comme écrasé par la fatalité, des événements extérieurs, et incapable de s'en sortir.
J'aime beaucoup les tragédies, mais je crois que ça ne marche pas comme modèle de narration dans le cadre du jeu vidéo.
En effet, la fatalité, le coté tragique est une des bonnes idées de DA2 malheureusement bâclées ou mal exploitée (la trame narrative sur 7 ans est elle aussi une très bonne idée de scénario pas suffisamment exploité).
Je pense que tu as raison, le tragique est quelque chose de très difficile à transposer au jeu vidéo. En grande partie parce que l’échec, la chute ou l'impuissance du héro devient l'impuissance du joueur, c'est donc très frustrant. Il y a bien sur quelques moyens de s'arranger: privilégier le gameplay sur l'histoire ce qui crée une distanciation entre le joueur et le personnage, mais l'histoire devient également anecdotique, créer une mini-victoire dans le malheur, faire un tour de force dans la narration et la mise en scène pour émouvoir le joueur au delà de tout ce qu'il peut trouver frustrant.
Dans le cas de DA2, aucun de ces point n'est rempli: la narration, l'écriture et la mise en scène n'arrive pas à faire éprouver de l'empathie pour Hawke (la VF n'arrange rien).
La fin de ME3 souffre à mon sens du même problème.
P.S: "Doctor Effectivement" ?
En fait, c'est pire que ça. dans Dragon Age 2. La "fatalité" narrée, développée, est juste à chier.
Meredith nous dit de récupérer trois mages et par là même de constater par nous même ce qu'il en est.
Ok. Pour le mage dans le cloître des elfes, la femme du mage en question, on lui promet de la protéger.
Je me tire dans la maison de Meryl à un mètre. Je ressors, cinématique.
Et là, je vois mon groupe qui sort, qui voit le mage se pointer et faire absolument tout ce qu'il veut, sans qu'à aucun moment il ait a possibilité d'agir. AUCUN putin de moment.
La force de la fatalité made in Bioware qui nous tient paralysé. On a le temps de se faire un café, puis après on demande gentillement au mage s'il a bien éviscéré sa compagne,histoire qu'on le dérange pas trop avant de décider, éventuellement, après un courtoise requête, de s'inviter une fois que tout est terminé pour ensuite le tuer.
Possibilité d'action Zéro.
C'est pas de la fatalité, c'est juste de la merde. Et tout Dragon Age 2 en est bourré de ce procédé à chier. On le retrouve même dans Mass Effect 3 et la scène où on est face au conseiller gallarien. Alors, t'as sauvé Thane, cool alors tu peux regarder(oui oui prend un fauteuil bien moelleux) ton pote agonisant se sacrifier pour le conseillé.
Thane a pas survécu à la mission suicide ? Ah bah c'est balooo, tu peux toujours regarder le conseiller se faire tuer par le guignol de service, à deux mètres de toi. Ah et bien sûr, t'es paralysé par la fatalité Bioware, qui a même fait s'enrayer tes armes qui fonctionnent pas à la poudre ni avec des balles, quand aux pouvoirs biotiques ou technologiques j'en parle même pas.
C'est simple à chacune de ces scènes dans ces jeux, j'ai pensé "c'est de la merde".
Et ça résume assez bien la mise en oeuvre déplorable de cette ''fatalité" dans les derniers jeux Bioware, de la merde.
Car ça a déjà été dit, on est censé être dans un RPG. Ca veut pas dire qu'on est tout puissant non. Mais ça veut dire que quand on se prend un missile patriote dans le cul on doit se dire :
La vache, j'ai tout tenté j'ai rien pu faire, je me suis fait avoir. Toutes les actions que j'ai choisies d'entreprendre m'ont emmené jusque là, et rien aurait pu changer ce qui se passe.
C'est ça la fatalité.
C'est pas :
Tu as tout bien fait, du moins ce que le jeu te permettait de faire (car dans DA2 tu laisses courir un assassin durant des années, mais c'est pas grave hein, après tout c'est pas comme si t'avais le droit de penser) et au final, POUCEEEE, ceci est un instant Kodak. Souriez devant l'objectif. C'est la grosse fatalité qui vous tombe sur le coin de la figure.
"ouais enfin techniquement je peux lancer un sort de glace, le mage est givré et il a le temps de rien faire avant que je le neutralise, en plus si je le capture, y a moyen que je le raisonne et..."
"STOP malheureux. F A T A L I T E qu'on te dit. Donc, tu poses ton derrière, t'attends que le mage tue sa femme, répande ses tripes tout autour du cloître, fasse trois fois le tour du paté de maison s'il le faut, MAIS quoi qu'il arrive, tu vas devoir le combattre et le tuer. Point'."
"Je pensais que j'étais dans un RPG et que j'incarnais pas un personnage avec deux de tension et l'intelligence d'un bigorneau"
"Bah tu t'es trompé"
"Je me disais aussi. Je me suis gouré de jeu en effet. Pour le prochain, faudra prévenir histoire que je le l'achète pas, que vous vous le carriez bien profond. Quand je joue à un RPG c'est pas pour me taper un niveau d'interactivité digne du solo de COD, avec la narration catastrophique, et les émotions préfabriqués à la truelle en plus"
"C'est ton deeeestin !"