Jeff Moreau wrote...
On peut aussi voir la fin comme l'aboutissement des questionnements évoquées tout au long de la saga, sur laquelle le joueur a pu développer une réflexion et une position. A ce moment, la fin est bien une conclusion finale: le choix final est dicté par tout ce qu'on a vu, par tous les choix qu'on a fait, par la vision personnelle que l'on a développé de l'univers et des problématiques qui ont pu y être abordées.
Non, la fin de ME3 n'a rien à voir avec le jeu.

A quel moment le problème synthétique / organique est décortiqué ?
Dans ME, on en parle très peu. Uniquement avec Tali (codex vivant) et sous la forme d'une mission présente uniquement pour donner au joueur l'occasion d'explorer le système solaire. Il y a très peu de "grands thèmes" dans ME, qui est plus une aventure SF qu'un débat quelconque.
Dans ME2, on nous présente certes Legion et EDI, mais avec l'un comme l'autre, on parle plus de l'aspect technique (comment une vie organique perçoit une vie synthétique, et l'inverse) que l'impossible cohabitation entre les uns et les autres.
D'ailleurs, pour une certaines (majorité) de joueurs paragon, la plus grosse révélation du jeu sur les synthétiques... est leur ressemblance, et donc les possibilités d'entente, avec les organiques (Legion après la mission des Geths hérétiques). Et cela n'est qu'une partie infime du jeu, qu'il n'est pas obligatoire de jouer - le gros du jeu, c'est une band of brothers qui fait tout péter.
Dans ME3, la plus grosse partie consacrée aux synthétiques... c'est EDI. Et qu'est-ce qu'on nous dit d'EDI ? Qu'elle ne cherche qu'à comprendre, qu'elle acquiert une personnalité, une humanité - on peut l'encourager ou la décourager, mais le fond est là: la différence avec le synthétique et l'organique disparait. Le peu que l'on voit des Geths nous délivre le même message: la vie, l'espoir, l'intelligence... ne sont pas que des concepts organiques.
Les deux derniers jeux nous conditionnent à voir la différence entre les organiques et les synthétiques comme une simple considération matérielle - et c'est d'ailleurs ce que la plus grande partie des joueurs ont vu, puisque la majorité des joueurs sont des Paragon (+70%).
Puis arrive comme un cheveu sur la soupe le Catalyst, qui explique aux joueurs qu'ils doivent prendre une décision qui conditionnera le futur de la galaxie, en partant du principe qu'il est impossible de parvenir à un consensus (

) organiques - synthétiques. C'est stupide par rapport à ce que le jeu montre, et c'est tellement minoritaire par rapport à ce que le jeu est...
Mass Effect, c'est l'histoire d'un combat contre les choses définies. Il n'y a pas d'humains spectres ? Shepard sera la première. Personne n'a jamais passé le relais Omega 4 ? Shepard sera la première. Personne n'a jamais battu les Moissonneurs ? Shepard sera la première.
C'est ce qui se dégage de la majorité des missions : à chaque fois que quelque chose semble graver dans le marbre, le jeu mets le joueur en position de taper dans la fourmillière, et de changer les choses. Pour le bien ou pour le mal, Shepard "ne se laisse jamais abattre", et "trouve toujours une solution".
C'est pire dans ME3 où, merci l'autodialogue, Shepard ne cesse de répéter à ceux et celles qui lui disent que le cycle ne peut s'interrompre, qu'elle trouvera un moyen.
Ça, c'est la lecture de base; normal pour un héros comme Shepard de briser les codes.
Mais on parle plus dans tout ME de lutte et de réconciliation qu'on ne parle de singularité technologique. D'ailleurs, l'idée que toutes les choses sont cycliques, à l'exception des Moissons, ne fait sa première apparition que dans ME1 (sur... Thessia, principalement).
ME, c'est aussi, comme dans la majorité des œuvres de SF Space Opéra, une histoire de cohabitation, d'acceptation de la différence (extraterrestre, synthétique) [edit: pour créer un parallèle avec notre monde contemporain, de l'homme à la femme, aux personnes de différents pays, religions etc. - les mondes humains du futur sont "parfaits", on reporte la question de l'autre... sur un quelque chose "d'extraterrestres"] - ce qui est par ailleurs, là aussi en opposition avec la fin Synthèse.
Sauf qu'à la fin arrive le Catalyst et son... " c'est comme ça et puis c'est tout: les synthétiques sont méchants. "
Et on s'étonne que ça ne passe pas ?
Si encore le Catalyst apparaissait dès le début du ME3, si le jeu nous préparait à l'idée: d'accord. Après tout, c'est vrai, on parle un peu des synthétiques et des organiques dans ME. Mais non, on nous balance ça à la fin du jeu, et on doit s'en contenter ? C'est suicidaire.
Mon avis est le suivant: ils ne savaient pas comment terminer leur série. Avant la sortie de ME3, j'avais dit que je craignais plus une mauvaise explication que pas d'explication... devinez ce qu'on a eu.
Ils ont crée un ennemi invincible, aux motivations incompréhensibles, ils l'ont laissé de côté dans ME2... et puis ils se sont rendus compte qu'ils développaient ME3,
la fin... et donc qu'il faudra à pourquoi? comment?
Résultat, la storyline la plus faible de toute la série (et c'est beaucoup dire, quand on voit ME2):
_une grosse 'arme' de la mort qui tue planquée sur Mars (... OLOL)
_une super entité déité qui a réponse à tout
_une explication simple et qui tourne en rond : la singularité technologique
Sovereign, Harbinger, le Moissonneur sur Rannoch, et les personnages annexes (TIM, Saren) nous ont expliqué que l'on ne pouvait pas comprendre, que l'existence des Moissonneurs, le pourquoi et le comment "dépass[aient] notre compréhension".
BW a réduit ça une explication grotesque:
" J'ai crée des synthétiques pour protéger les organiques des synthétiques qu'ils vont immanquablement créées.
Rouge - vert - bleu - blanc ? "
Modifié par N30795, 30 juin 2012 - 10:33 .