Je suis assez sceptique sur ton raisonnement lié au paradoxe, surtout en rapport avec la fin.
A propos de ME 1 et 2 l'utilisation de paradoxe et de phrases contradictoires sont pour moi avant tout utiliser pour caractériser les Moissonneur. Il faut créer un ennemi qui impressionne. Dans la veine de Cthulhu, l'idée c'est de créer une menace lointaine et absolu mais surtout quasi divine. Tellement différente que même la logique n'est pas la même pour eux et nous. Là dessus on est plus ou moins d’accord. Quand on dit "Je suis une entité nation" "Je suis votre salut par l'anéantissement" "Je n'ai ni commencement ni fin", on a deux antithèse et un renoncement au bon sens commun. Ça permet d'avoir des antagonistes qu'on ne comprend pas et donc qui est bien plus terrifiant.
Quand certain soulevaient l'idée de ne pas avoir de réponses quand aux but et motivations des moissonneurs, je pense que c'était pour conserver ce statut. En effet un adversaire dont on connait les but et les motivation (même si ils nous semblent illogiques) est un adversaire que l'on comprend, et donc qui fait moins peur.
Je pense que c'est aussi parce qu'on a pas besoin de les comprendre. C'était Vigil qui disait "Votre réussite dépend de votre capacité à les combattre pas à les combattre" et que les Moissonneur pouvaient rester des antagonistes pour ce qu'ils représentaient (une sorte d'épée de Damoclès ultime) plus que pour ce qu'ils défendaient.
De mon point de vue la fin n'est en rien paradoxale, ni même dure à comprendre. Pour moi le principale problème c'est que le raisonnement qui est à la base de toutes les actions du catalyseur est truffé de failles. Et pas des micro failles mais plutôt des canyons. Je fais faire un résumer simple de la logique du Catalyst:
-Les êtres organiques sont imparfaits
-Pour combler ces imperfections ils ont recours à la technologie.
-Par la technologie ils créent des synthètiques
-Ces synthétiques pour évoluer doivent dépasser leurs créateurs.
-En résulte le conflit, les organiques sont exterminés.
-Pour éviter cette extermination on moissonne les civilisation avant qu'il ne soit trop ******.
Le problème est que chaque étape du raisonnement est contestable, quand il n'est pas tout simplement réfutable. On peut contester l'imperfection naturelle des organiques, la perfection étant a mon sens une notion bien trop subjective, mais encore passons. Le recours à la technologie par contre est totalement faux, les êtres vivants ont bien des moyens de s'améliorer: l'évolution, la sélection naturelle bref le darwinisme. De plus c'est un raisonnement très occidentale, de voir ainsi l'Histoire comme un progrès technologique continu, de nombreuses cultures et civilisation n'ont pas participé à cette course en avant de la technologie. Rien que dans l'univers de Mass Effect ont peut voire des contre exemples: les Rachnis et les Leviathans.
Par extension l'évolution technologique n'implique pas du tout la créations d'IA de robots ou d'êtres synthétiques. Il y a pas mal d'exemples d'univers de SF dans lesquels ce genre de technologie n'existe pas ou est prohibé. Dans Mass Effect déjà la création d'IA était interdit dans l'espace concilien avant même la création des geths. Pour le conflit et son résultat là encore affirmer que les synthétiques détruiront systématiquement la vie organique" c'est un raccourci très grossier que rien en permet de valider. Dans l'univers de ME là encore les rares exemples de ce type n'ont pas abouti à ce résultat.
Quand à la moisson, j'ai déjà expliquer mes doutes quand au fait que Shepard survive à travers GodShepard, j'ai de plus grand doutes encore quand à la survie réel des espèces moissonnées dans les moissonneurs. L’espèce est biologiquement éteinte, il n'y a plus ni culture ni interaction sociale. Pour moi ils survivent autant à travers les moissonneurs que les dinosaures dans nos voitures. Pétrole ou bouillie organique, tout ce qui reste d'eux c'est un souvenir.
J'entends bien l'argument que c'est lié à ma logique de simple humain, que si je me libère de ces contraintes ... Justement la logique de la moisson est toujours contenu dans le cadre de la réflexion humaine. Basiquement "la vie organique doit être protégée de l’extinction" c'est un point de vue très humain. Quand je prends de la hauteur, que je fais fis de la morale, mon raisonnement devient "Pourquoi tenter de sauver la vie organique ?". C'est la survie du plus adaptée, Les espèces sont détruites par leurs créations ? Et alors ? Elles ont eu leur chance, place aux suivantes. Et quand bien même toutes vie venait à s'éteindre, ça n'aurait rien de triste.
A travers la fin les auteurs ont tenté de traduire le paradoxe de l'Augure dans ME 2 "Je suis votre salut par l'anéantissement" par un raisonnement logique, mais en confondant l'un et l'autre : la moisson est ici le salut et l'anéantissement. Sauf que justement trouver une logique à ça devient tout de suite bancal et si c'est surement fait pour relativiser la notion d'anéantissement de la moisson, ça a aussi (et surtout, pour moi) l'effet inverse, celui de relativiser la notion de salut.
Pour ce qui est de l'énergie noire, déjà la propagation de l'énergie noire de créerait pas de Big Crunch, c'est même tout l'inverse. Ça a le mérite de présenter la moisson comme moyen plus que comme but. Si elle ne fait pas s’interroger le joueur sur la nature même de la moisson, ses buts deviennent alors plus claire. Pour reprendre le paradoxe de l'Augure "Le salut par l'anéantissement" l'anéantissement est là dissocié du salut, l'un précède l'autre et la problématique devient alors "la fin justifie-t-elle les moyens", le salut cosmologique justifie-t-il l'anéantissement d’espèces, on peut même voire le choix de la moisson collective comme un sacrifice volontaire, ce qui rendrait l’hypothétique choix de laisser les moissonneur moissonner la Terre très intéressant d'un point de vue de joueur.