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[Fan-Fiction]; Mass Effect 3, le Final : Projet Phénix.


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#1
Mirlina

Mirlina
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Bonjour ! Et bien, je vous partage ma seconde fiction ! Et ce coup ci, elle est chapitrée.

Bonne lecture.




Projet Phénix.



Chapitre 1 : Pour le bien de tous.



"- Je vous aime, Shepard.
- Moi aussi, Liara."

"- Promettez-moi de toujours revenir."

"Si je vous écris cette lettre..."



" Ils nous détruisent, ou on les détruit !"

" Vous pouvez nous détruire. Mais d'autres seront aussi anéantis. Le Creuset ne fera aucune distinction et détruira tous les synthétiques."

"- Je ne vous crois pas...
- Je ne vous demande pas de me croire."

" Il va peut-être falloir faire des calculs froid. Accepter de sacrifier dix milliards de vie ici pour en sauver vingt là bas."

" Cette unité a t-elle une âme ?"


" Je peux les contrôler, Shepard ! Je le sais !"

"- L'homme Trouble avait donc raison après tout...
- Oui, mais il n'aurait jamais pu prendre le contrôle puisque nous le contrôlions déjà !"

" Comment je les contrôle, si je meurs ?"'

" Vous faites fausse route Shepard. Détruire les Moissonneurs n'est pas du tout dans mes intérêts. "

" Contrôler les Moissonneurs, et vous, si nécessaire."



"- Il faut nous allier avec les machines !
- Vous avez laissé Sovereign vous poser des implants ? Vous êtes fou !"

" La réaction en chaîne combinera vie organique et synthétique pour former un nouveau système, un nouvel... ADN."

" Comment mon énergie sera t-elle associée au Creuset ?"

" C'est la solution idéale ! Faites le."

"Vous me demandez de changer tout, tout le monde..."

" C'est ça, IDA, le libre arbitre."

" Tu as la possibilité de choisir."

" Nous avons choisit de rejeter les anciennes machines."




Mirlina se tenait là, devant les trois voies, totalement perdue. Elle regarda tour à tour les trois chemins, n'osant pas avancer, bouleversée au fond d'elle même. Les révélations du Catalyseur la troublait au plus haut point et la rendait indécise. Que devait-elle faire ? Quel choix faire ? Elle jeta un regard à l'apparition, avec un mélange de haine et de tristesse. Tous les combats qu'elle avait menée n'avaient servit à rien. L'injustice du choix la frappait et lui faisait perdre pied. Détruire les Moissonneurs ? Mais également les Geths et IDA... Les contrôler ? Au risque de perdre son âme... La synthèse ? Etait-ce le meilleur choix ? Il ne semblait pas avoir de mauvais coté. Un sacrifice pour le bien de tous, pour la paix. La synthèse mettrait un terme définitif au risque des créations qui détruisent leur créateur. Elle fit un pas vers le rayon, puis un deuxième. Le meilleur des choix.
Ses pensées se tournèrent vers Liara. Elle ne tiendrait pas sa promesse. Il n'y aurait pas de petites filles bleues. Des larmes roulèrent le long de ses joues.
" Ce serait facile pour un petit vaisseau isolé de se perdre là dedans, n'est-ce pas ? Pour trouver un endroit tranquille où vous pourriez passer le reste de vos jours en paix, et heureuse."
- J'aurais tant voulu le faire, mon amour. Rien que nous deux, et l'immensité de l'espace...
Elle se détourna de pensées aussi douloureuse pour se concentrer sur sa mission. Elle allait faire un choix d'une importance capitale. La galaxie comptait sur elle. Des soldats de toutes les races se battaient en ce moment même pour lui offrir cette occasion. Elle ne devait pas la gâcher. En prenant sa décision, elle mettrait un terme à la guerre. Une décision qui ne laisserait pas le choix à ces mêmes soldats, ainsi qu'à toutes les autres personnes de la galaxie. Elle se figea à mi chemin, puis recula d'un pas. Le libre arbitre... Comment pouvait-elle le bafouer ainsi ? Etait-ce vraiment le meilleur choix ? Pouvait-elle réellement faire confiance à cette apparition ? Tout risquer ainsi sans savoir si cela marcherait ? Non, elle ne pouvait pas. Mais que devait-elle faire ? Les détruire ? Ainsi qu'IDA, et les Geths ? Non ! Elle refusait ! C'était une trahison, envers eux, mais également elle même. Alors il ne restait qu'une seule solution... Elle déglutit et fit demi tour, jetant un regard haineux à l'apparition.
Tu vas mourir, pensa t-elle rageusement en prenant le chemin de gauche, avec difficulté. La bataille continuait de faire rage au loin, et elle accéléra l'allure. Shepard claudiqua jusqu'à la machine et s'arrêta à un pas. Il y avait quatre manettes, deux en haut et deux en bas, face à elle, reliée par deux faisceaux électriques. L'humaine laissa tomber son arme et regarda ses mains. Les poignées semblaient avoir été faite pour des mains humaines... Elle attrapa celle de droite et une vibration secoua son corps. Le rayon lécha sa peau sans lui causer le moindre dommage. Elle tendit la main gauche, hésitante. Il n'y aurait pas de retour en arrière. Une larme roula sur sa joue.
- Adieu mon amour... (Murmura t-elle, gagnée par le chagrin.)
Elle attrapa la poignée. Aussitôt, une puissante décharge énergétique s'échappa de la machine et l'enlaça. Des éclairs parcoururent son corps par dizaine, passant dans chaque fibre de son être, dans chaque nerf. Shepard poussa un gémissement, sa peau s'effritant par endroit. Ses genoux se dérobèrent alors que l'énergie gagnaient en puissance. Son corps s'oxyda. Elle pensa à ses compagnons ayant perdu leur vie, ayant lutter à ses cotés, au courage dont ils avaient fait preuve, à leur ténacité, ainsi qu'à la galaxie qui comptait sur elle. Elle vit le visage de Liara, si beau, avec ses tâches de rousseurs, si étincelant de vie, pétillant d'amour... Elle poussa un grognement et se redressa. Elle devait y arriver. Mirlina attrapa les poignées avec fermeté, le flot d'énergie continuant de s'accentuer, son corps se dispersant à chaque instant. Sa peau s'effrita et s'envola ainsi que ses cheveux. Elle eut une dernière pensée pour les siens. Les éclairs convergèrent vers elle et son corps se dématérialisa jusqu'à pleinement disparaître, absorbé par le faisceau qui se dissipa. Le Creuset s'arma.





L'énergie palpitait avec de plus en plus de force, prenant une teinte bleutée. Joker faisait courir ses doigts sur son écran, prêt à prêter assistance à Shepard. La voix de Hackett résonnait dans le vaisseau, ordonnant l'évacuation. Le bras de Garrus se posa sur l'épaule de l'humain qui se figea.
- Joker... Il faut qu'on y aille.
Le pilote hésita un instant, tiraillé entre sa loyauté et le sort de l'équipage, l'ordre qu'il avait reçut. L'énergie croissait à chaque instant et s'échappait de la Citadelle, menaçant d'engloutir le vaisseau.
- Bordel... (Lâcha t-il avec résignation.)
A contrecoeur, Joker engagea les manoeuvres d'évasion, non sans adressé une prière muette pour son amie. Le Normandy s'éloigna de la bataille avant de faire un bond spatial, imité par toute la flotte. Le flot bleutée continuait de croître, englobant l'espace proche et les Moissonneurs. La vague balaya la Terre. Les endoctrinés considérèrent les organiques un instant avant de fuir. Les machines s'envolèrent, rejoignant la Citadelle dont les bras se fermaient. La vague atteignit le relais le plus proche qui s'activa, libérant un rayon qui se propagea à travers les autres relais dans toute la galaxie, touchant chaque planète, chaque Moissonneur.
Le Normandy fuyait à travers l'hyperespace la vague bleuté qui ne cessait de gagner du terrain. Les secondes devinrent des minutes alors que la course folle se poursuivait. La vague se rapprochait à chaque instant. Puis, elle le rattrapa. Un courant électrique traversa le vaisseau, provoquant de multiples avaries un peu partout, principalement dans les moteurs. Joker commença à perdre le contrôle et le Normandy tangua. Le pilote jura et dirigea son vaisseau vers une planète proche où il procéda à un atterrissage en catastrophe.



"Rapport d'avaries multiples !"

" Les moteurs ne répondent plus..."

" Réinitialisation des systèmes..."



" Joker ! Vous ne pouvez pas l'abandonner !"

" Liara, on a pas le choix !"

" Non !"

" Elle vous a laissé quelque chose."

" Oh, mon amour... Vous ne pouvez pas me laisser seule..."



" Tous sauvés... Organiques, Synthétiques... Un sacrifice pour le bien de tous..."



" Communication entrante..."





Le visage gonflé par les larmes, Liara déposa la plaque de Shepard sur le monument aux morts. Il n'y eut pas un mot échangé avec ses compagnons. Tous partageaient sa peine, sa souffrance, sa perte. Shepard avait été plus qu'un commandant, plus qu'un compagnon d'arme. Elle avait été une amie pour eux, une amante et un amour pour elle. Jamais ils ne l'oublieraient. Jamais elle ne pourrait être remplacée. Liara déglutit, retenant à grande peine ses larmes. Jamais elle ne pourrait vivre sans elle. Elle était totalement perdue, livrée à elle même, sans espoir.
Des rapports étaient parvenus, sur la fin des combats et la disparition des troupes Moissonneurs endoctrinées. Les machines, quant à elle, étaient occupée un peu partout à réparer les relais. La guerre était, semble t-il, fini. Mais à quel prix ?


Eternel. Infini. Immortel.
La femme que j'étais employait ces mots, mais je ne saisis que maintenant leur vrai sens.
Et je ne saisis que maintenant la vraie valeur de son sacrifice.
Je suis née de ses cendres. Ma venue à libéré sa pensée. Depuis elle me guide. Me donne une raison. Un but.
Comme elle a donné un but à ceux qui l'ont suivie. Ceux qui l'ont aidée à atteindre son objectif.
Désormais le mien !
Redonner aux gens, confiance en l'avenir.
Pour qu'à l'avenir, chacun puisse faire entendre sa voix.
La femme que j'étais savait qu'elle n'y parviendrait qu'en devenant quelque chose de plus grand.
Le contrôle, c'est le pouvoir. Mettre la force de son ennemi sous son propre joug n'est que sagesse.
Je rebâtirai, ce que beaucoup ont perdu.
Je créerais un futur aux possibilités infinies.
Je protégerais et j'aiderai. Je serai la gardienne du peuple.
Et malgré tout ça... Je me souviendrai.
Je me souviendrai de ceux qui ont sacrifié leurs vies pour que la foule puisse survivre.
Et je veillerai sur ceux qui ont survécu.
Ceux qui entretiennent aussi la mémoire de la femme que j'ai été, jadis.
La femme qui a sacrifié sa vie pour devenir celle qui sauverait le peuple.

Modificata da Mirlina, 22 novembre 2012 - 09:21 .


#2
Mirlina

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Chapitre 2 : Prendre le contrôle.



"-Vous mourrez. Vous nous contrôlerez... Mais vous perdrez tout ce que vous avez.
- Comment je peux les contrôler, si je meurs ?
- Votre forme physique se désintégrera, mais vos pensées, vos souvenirs, survivront. Votre lien avec les vôtres sera rompu, mais vous aurez toujours conscience de leur existence. "


" Vous êtes tout pour moi, Liara, et vous le serez toujours."

" Je suis à vous."

" Le contrôle c'est le pouvoir."

" Liara ! Liara, revenez !"

" Garrus ! Tali ! Joker ! Où êtes-vous ?"


"Acceptez l'éternité."

" Je ne suis pas comme vous ! Un monstre !"

" Il n'y a pas d'alternative..."




La douleur s'était estompée, les souvenirs étaient moins vivaces. Elle se tenait au milieu d'un vide éclatant, seule et nue. Il n'y avait pas un bruit, pas un souffle de vent. Tout était calme et paisible. Elle s'avança avec lenteur, goûtant des sensations qu'elle ne reconnaissait pas, comme ténue et appartenant à quelqu'un d'autre. Elles demeuraient à l'orée de sa perception, étrangère à son univers. Elle essaya de se souvenir de quelque chose, et l'image fugace d'un visage passa dans sa mémoire pour disparaître aussitôt.
De légers picotements parcouraient son être à certains moments et un mal de crâne s'empara d'elle. Sa peau la démangeait affreusement. Elle se posa une main sur le front et découvrit qu'il n'y avait rien. Elle porta ses mains devant ses yeux. Elle en voyait vaguement la forme, en devinait le contour. Mais il n'y avait plus de forme physique. A la place, elle voyait des contours bleuté qui n'étaient pas sans lui rappeler une certaine apparition. Un courant électrique la traversa et un nombre incalculable de pensées la saisirent. Elle poussa un hurlement en tombant à genou, une violente douleur s'emparant d'elle.
- Je refuse de perdre le contrôle ! (Tonna une voix sombre et vibrante.)
Mirlina n'arrivait plus à ordonner ses pensées alors que la douleur s'intensifiait. Une étrange créature apparut face à elle sous une forme éthérée. Elle ne possédait qu'un seul oeil et pas de doigts, mais plusieurs bras, tous très fins. L'image changea pour devenir un Prothéen. D'autres races, certaines qui lui étaient connues, d'autres non, apparurent sous les yeux de la jeune femme. Puis, ce fut un jeune garçon. Le Catalyseur.
- Vous n'êtes pas capable de me supplanter. (Poursuivit-il sur le même ton froid.) Vous n'auriez jamais dû essayer. La synthèse était la seule voie possible. La Moisson reprendra.
Mirlina se concentra, repoussant la souffrance avec difficulté.
- Pourquoi m'avoir fait cette proposition, si c'était en vain ?
Le Catalyseur l'observa un instant et ses traits s'adoucirent.
- Je pensais que vous accepteriez notre fusion. ( Dit-il avec la voix de l'enfant.) Mais vous vous accrochez à votre humanité.
- C'est ce qui me caractérise.
- Non. C'est ce qui vous rend faible, et inapte.
- C'est ce qui me rend humaine !
- Mais vous ne l'êtes plus.
- Je le serais toujours.
Le Catalyseur la considéra un instant avec un mélange d'intérêt et de mépris.
- La Moisson reprendra. (Finit-il par dire.)
Et il se détourna. Mirlina essaya de se relever, sans succès. Elle sentit l'appel du Catalyseur qui touchait les Moissonneurs à travers la galaxie et elle se sentit faible et impuissante. L'enfant leva les mains et l'écho des machines frémit. Partout, les endoctrinés sortaient de leurs trous. Mirlina vit des images confuses passer dans sa mémoire, provenant d'endroits divers : Une rue abandonnée, des égouts, des coursives... Elle aperçut même un humain, regardant dans sa direction, l'inquiétude peint sur son visage. La jeune femme ferma les yeux et poussa un gémissement de rage en se coupant des autres.
- Pourquoi ? (Hurla t-elle.)
Le Catalyseur se retourna lentement et la dévisagea sans comprendre.
- Pourquoi reprendre la Moisson ? La guerre est finie !
- ça ne durera pas. Vous avez stoppé la Moisson, mais rien n'a changé. Et tout recommencera.
Shepard essaye de se redresser, mais sa forme spectrale ne lui obéissait plus.
- Je ne vous laisserai pas faire ! Je ne vous laisserai pas bafouer tout ce que j'ai accompli et sacrifié... (Lâcha t-elle d'un ton hargneux.)
- Cette décision ne vous appartient plus.
Et il toucha de nouveau chaque entité des Moissonneurs. Mirlina concentra sa volonté pour faire barrage. Elle ne pouvait pas le laisser faire. Il y a un instant de flottement et la douleur éclata au fond d'elle. Elle hurla. Elle ne devait pas abandonner ! Tous les êtres pensant, toute la galaxie, comptaient sur elle ! Elle revit le visage de ses anciens compagnons d'armes, de ses amis. Jamais elle ne flancherait. Dans un effort surhumain, elle parvint à se redresser. Sa forme spectrale se brouilla un instant et elle retrouva son corps. Le Catalyseur poursuivait son action, les milliers d'êtres sous son contrôle, prêt à reprendre la Moisson. Déjà, certaines escarmouches avaient eu lieu, amenant quelques morts. Mirlina pouvait les voir. Dans l'espace, près de Thessia, un Moissonneur venait d'anéantir deux vaisseaux, dont un de civil. Sur Palaven, des endoctrinés avaient surgit dans une ville et sauvagement agressé tous les êtres vivants à proximité. Un peu partout, la guerre reprenait. Mirlina se précipita sur l'apparition et lança ses mains en avant pour les refermer sur sa tête. Mais elle passa au travers.
- Vous n'êtes rien ! (Tonna l'apparition de sa voix sombre.)
Il jeta la main vers elle et la propulsa plus loin.
- Il est temps de disparaître.
Une puissante douleur explosa dans le crâne de Shepard. Elle se prit la tête entre les mains en poussant des hurlements. Sa vue se brouilla ainsi que ses autres sens. Elle s'écroula au sol, incapable de penser. Peu à peu, son corps reprit une forme spectrale et commença à se disperser. La douleur venait par vague de plus en plus violente et la noyait dans un océan de souffrance. Le Catalyseur l'effaçait, purement et simplement, anéantissant ce qu'elle était, le programme qu'elle était devenue.
Je ne suis plus un être de chair, pensa t-elle.
Elle se concentra sur cette pensée, oubliant la douleur ainsi que la peur. Elle passa outre ce qu'elle connaissait, ce qu'elle savait, ce qu'elle était. Pas entièrement synthétique, mais plus tout à fait humaine. Elle dirigea sa rancoeur et son désir de protéger la vie pour dresser un bouclier contre l'assaut du Catalyseur. La douleur s'amoindrit jusqu'à s'estomper presque complètement. Shepard se redressa, reconstituant son corps, et une arme apparut dans ses mains. Elle la considéra un instant, se remémorant les paroles de Légion. Pouvait-elle passer outre tout ceci ? Créer elle même ? Elle se concentra, sous le regard intrigué du Catalyseur. L'arme disparut. Elle tendit la main et un rayon d'énergie s'en échappa, frappant l'apparition qui recula d'un pas en grognant. Elle recommença, mais cette fois-ci, son adversaire contra l'attaque.
- Vous apprenez vite. Mais une humaine ne peut pas me vaincre. ( Déclara le Catalyseur de sa voix sinistre.)
Shepard sentit sa colère monter et la douleur revenir. Sa concentration vacillait. Elle jura, le corps secoué par de puissantes vibrations. Le petit sourire confiant du Catalyseur gonfla sa rage. Elle repoussa ses émotions au fond d'elle, se forçant à les couper, rejetant les pensées envers ses amis. Deux rayons d'énergies s'échappèrent de ses mains et frappèrent l'apparition avec force. Le combat s'engagea, maîtrise contre volonté, machine contre ex organique. des rafales d'énergies tournoyaient dans la zone. Le Catalyseur s'avança et Shepard fit de même. La distance entre les combattants se réduisit jusqu'à ne plus exister. Le Catalyseur prit l'offensive, brisant le contact et lança son bras en avant. Mais Shepard l'avait prévu. Elle dévia le coup et porta le sien, son poing brillant d'un éclat rouge et passa au travers de l'apparition. Celui-ci ouvrit de gros yeux ronds, un trou rougeâtre au milieu du corps. Shepard regarda autour d'elle et remarqua le changement du monde, teinté de rouge. Des lignes de codes dansaient autour d'elle ainsi que des fils, reliés à des ensembles jaunes. Il y en avait des milliers. L'apparition elle même était devenu plus qu'une simple forme spectrale, disposant d'un réseau interne particulier et très complexe. Elle constata qu'elle tenait dans son poing une ligne capitale. Le Catalyseur la regarda d'un air dubitatif alors qu'elle arrachait la ligne, la détruisant de sa simple volonté. Le corps tomba à genou.
- Le contrôle, c'est le pouvoir. (Dit-elle d'un ton monocorde.) Et moi seule contrôle.
Elle fit un geste de la main et l'apparition se cabra, son enveloppe se volatilisant lentement. Il la regarda sans y croire. Elle ne montra aucune émotion et l'effaça totalement.




Des centaines de pensées chaotiques, parfois primaires et sans cohérences, l'assaillirent. Elle s'ouvrit à elles et les toucha toutes. Ils étaient tous là, et attendaient ses ordres. Aucun ne bougeait. Sa armée personnelle. Des images diverses lui parvenaient. Ils étaient tous ses yeux et ses oreilles, des plateformes reliées à elle, faisant partie intégrante de son être. Des forces armées s'approchaient de certaines troupes. La guerre était sur le point de reprendre, et les organiques n'avaient aucune chance. Leur sort était scellé. Mais elle n'avait pas prit le contrôle pour les détruire. Là n'était pas sa volonté, là n'était pas son but. Créer un avenir, voilà la raison qui l'animait. D'un ordre mental, elle ordonna de ne rien faire.
Les troupes Moissonneurs mirent genou à terre, sous le regard stupéfait des organiques. L'une des machines se posa sur Palaven. Un voile de peur passa dans l'armée Turienne, rapidement balayé par une discipline de fer. Tous attendaient, prêt à vendre chèrement leur peau.
- La guerre est terminée. La Moisson est terminée. (Déclara l'immense machine de sa voix vibrante.)
Des regards sceptiques furent échangés. Les soldats Turiens ne bougèrent pas, leurs opposants toujours en joue.
- Nous ne vous attaquerons pas.
- Alors pourquoi avoir massacré les gens qui reconstruisaient ? (Hurla un officier.)
Le Moissonneur marqua un instant de silence.
- C'était une erreur. (Finit-il par dire.)
- Je ne vous crois pas ! Nous avons déjà bien trop perdu par votre faute !
- Si vous attaquez, vous mourrez. (Répondit simplement la machine.)
Les Turiens restèrent silencieux, conscient de la vérité dans les mots du Moissonneur.
- Que proposez-vous ?
- Un problème interne fut la source du conflit. Nous vous proposons d'aider à reconstruire.
- Nous reconstruirons sans vous !
- Alors nous partirons.
- Je ne vous retiens pas.
Le Moissonneur émit une série de bip. Des traînées de feu illuminèrent le ciel après quelques secondes. De petits engins se posèrent derrière les endoctrinés qui se levèrent. Ils montèrent dans des transporteurs creux sous le regard méfiants des Turiens. Les appareils s'envolèrent et quittèrent la planète, imité par le Moissonneur. Des scènes semblables se déroulèrent dans toute la galaxie.
Shepard vérifiait chaque rencontre, chaque échange, prête à intervenir. A certains endroits, elle dut retenir les Moissonneurs et forcer la retraite. Quelques endoctrinés furent massacrés, mais elle ne s'en souciait pas. Ils n'étaient que de la chair à canon, des monstruosités qu'elle n'appréciait guère. Elle ne savait pas encore comment faire accepter aux organiques la présences de ces machines qui avaient massacré tant des leurs.
Un problème à la fois, songea t-elle.
Mirlina compulsa des données échangées entre Moissonneurs, dans une banque virtuelle. Des milliers d'informations qu'elle n'aurait jamais pu soupçonner et qu'elle comprenait, comme faisant partie intégrante d'elle. Tant à faire, tant à découvrir. Elle avait l'éternité devant elle, et une armada pour parer à toute éventualité. Elle voulait changer la face de la galaxie, la rendre plus juste et plus sûre. Mais avant toute chose, elle avait un travail à accomplir. Les relais cosmodésiques, saturés par l'énergie du Creuset, étaient tombés en morceau à travers toute la galaxie. Et sans eux, le voyage spatiale était quelque chose de long, rigoureux et difficile. Elle toucha les Moissonneurs du bout de sa pensée avec l'ordre de les remettre en état. Ceux-ci s'exécutèrent sans discuter.





Cela faisait maintenant quelques semaines que le Normandy avait atterri sur cette planète. La plupart de ces avaries avaient été réparés, et d'après IDA, ils pourraient repartir dans un jour, deux au maximum. L'IA n'avait pas ménagée sa peine pour remettre le vaisseau en état, aidée par tout l'équipage. Elle ne s'était accordée que très peu de pause, toujours en compagnie de Joker. Leur idylle croissait chaque jour. Depuis la fin de la guerre, le pilote prenait plus de temps pour elle. Dans tout le vaisseau, des couples s'étaient formés. Garrus et Tali passaient tout leur temps libre ensemble, Chakwas et Adams étaient souvent aperçus ensemble dans les couloirs. Même Ahsley et James s'étaient rapprochés, mais certains estimaient que ce n'était qu'une simple histoire de sexe éphémère. Se retrouver au milieu d'autant de couple, même temporaire, ne faisait que rappeler son immense solitude à Liara. Elle ne voulait toujours pas croire à la mort de Shepard, même après avoir posé la plaque. S'il y avait bien une chose pour laquelle son amante était douée, c'était échapper à la mort. Sur Akuzé, contre les récolteurs, dans leur base... Elle secoua tristement la tête et accéléra l'allure, serrant l'objet dans ses bras avec un peu plus de force. Elle fuyait les regards de ses compagnons, ne supportant plus l'empathie et la pitié dans leur regard. Elle ouvrit la porte de sa cabine et la verrouilla. Une boule de lumière bleutée s'envola d'un coin de la pièce et alla lui tourner autour.
- Bonjour, Dr T'Soni. Comment vous portez-vous, aujourd'hui ?
- Bonjour Glyphe. Comme tous les autre jours.
- Vous n'êtes pas revenu de la nuit. Avez-vous dormi ?
- Non, Glyphe.
- Toujours vos cauchemars ?
- Tu passes un peu trop de temps avec le Docteur Chakwas... Désactive.
La petite boule scintillante retourna sur son support et se mit en veille. Liara se dirigea vers son lit et y déposa l'objet qu'elle tenait : Une boîte noire. Elle passa la main au dessus, activant son omni-tech et tapota sur quelques touches. Son visage était creusé par la fatigue et la tristesse, et de larges cernes noircissait ses yeux. Elle se massa le front. Des cauchemars... Oui, elle en faisait. Chaque nuit. Et toujours le même...

" L'Asari avançait aux cotés de Garrus, suivant Shepard comme son ombre. Tout explosait autour d'eux, et la mort fauchait les gens à chaque seconde sous les traits d'une machine implacable. Le Moissonneur tirait à vue dans ce no man's land, détruisant tout sur son passage. Shepard accéléra soudain alors qu'un Mako était touché. Elle se laissa glisser pour éviter l'épave et se dissimula derrière, reprenant son souffle. Un autre engin explosa juste devant le duo. Les flammes léchèrent le corps de Liara alors qu'elle sautait sur le coté. Tout fut confus par la suite, seule la douleur était présente. La voix de Shepard résonna à ses oreilles et la jeune femme se sentit soulevée puis traînée.
- ...mandy, évacuation d'urgence ! Je répète, Normandy, évacuation d'urgence.
Mirlina posa une main sur l'épaule de l'Asari.
- ça va aller ? (Demanda t-elle avec inquiétude.)
Liara opina, le corps perclus de douleur. Après quelques secondes, Shepard passa un de ses bras derrière son cou et l'aida à rejoindre la navette.
- Prenez la.
Garrus attrapa Liara par un bras et la taille et l'aida à monter dans le vaisseau.
- Shepard ! (Dit Liara d'une voix suppliante.)
- Vous devez vous tirer d'ici.
- Je vais bien, Shepard...
Sa voix était à peine plus qu'un murmure. Du sang coulait sur son visage depuis ses nombreuses blessures.
- Cessez de discuter, Liara.
- Vous, ne m'abandonnerez pas... Vous m'avez fait une promesse... (Répondit Liara, avec difficulté.)
Shepard lui sourit tendrement et se rapprocha, la main tendue pour caresser son visage.
- Quoi qu'il arrive... Vous êtes tout pour moi, Liara. Et vous le serez toujours. (Dit-elle tendrement.)
Liara dévisagea son amour, les larmes aux yeux. Elle voulait dire quelque chose, l'empêcher de repartir. Elle voyait la détermination dans le regard de l'humaine, mais également la peur et une certaine résignation.
- Shepard, je...
Les mots se bloquèrent dans sa gorge. L'humaine lui sourit et recula.
- Je suis à vous... (Déclara l'Asari dans un souffle, la main tendue.)
Shepard se retourna vers le rayon et secoua tristement la tête. Elle lança un regard entendu à Garrus qui fit un bref signe de tête avant de croiser le regard de Liara. A ce moment, elles échangèrent des mots d'amours silencieux.
- Filez ! (Cria Shepard avec tristesse.)
Et elle fila vers le rayon. Liara la regarda partir, la main toujours tendue. Elle voulait la rejoindre, se tenir à ses cotés jusqu'au bout. Mais elle ne pouvait pas. Son amante s'éloignait, et elle laissa sa main retomber, trop fatiguée pour pouvoir la garder tendue. Garrus la traîna à l'intérieur et les portes se refermèrent tandis que le Normandy prenait son envol. Liara fut emmenée à l'infirmerie. Le Docteur Chakwas se pencha au dessus d'elle et l'examina attentivement avant de lui faire une piqûre tout en murmurant des mots réconfortant.
A son réveil, Liara se sentit barbouillée. Elle se redressa maladroitement, les muscles endoloris, exténuée. Elle avait une vague impression de flottement assez désagréable, mais décida de passer outre. Elle regarda autour d'elle avec lenteur, la tête lui tournant. Il n'y avait personne, nul signe du Docteur Chakwas. L'Asari appela, mais seul le silence lui répondit. Elle se mit debout et quitta l'infirmerie. Les couloirs étaient désert et un bourdonnement inquiétant résonnait. Liara rejoignit l'ascenseur et se dirigea vers le pont. Quand les portes se rouvrirent, elle se trouvait dans la salle du conseil de la citadelle. Elle avança au milieu de la pièce, pas surprise le moins du monde et observa les alentours. Les arbres brûlaient et des corps étaient allongés au sol, dans des mares de sang. Un large rayon s'élevait vers le toit depuis une estrade. Une ombre furtive passa dans son champs de vision et l'emprunta, suivie d'une autre. Liara courut à leur suite avec des mouvements lents, comme ralentis. Le rayon la dématérialisa et elle se retrouva dans des coursives de la Citadelle qu'elle reconnaissait vaguement. Elle suivit de long couloirs durant des minutes interminables avant de déboucher sur une petite pièce. Un corps jonchait le sol. Elle s'en approcha, les lèvres sèches et le retourna pour découvrir le visage d'Anderson.
- Amiral... (Laissa t-elle échapper dans un sanglot.)
La Courtière se détourna, le coeur lourd et détailla l'endroit. Il semblait flotter une étrange brume qui l'empêchait de distinguer les détails. Il y avait un petit passage sur le coté et elle l'emprunta avec prudence. Il y eut un cri, puis des bruits de lutte. Liara se mit à courir vers l'origine de ces sons et aperçut Shepard du coin de l'oeil. Elle bifurqua et l'appela, mais l'humaine continua sa course sans se retourner. L'Asari la poursuivit, forçant l'allure malgré la douleur. A deux reprises, elle crut l'avoir perdu avant de l'apercevoir de nouveau. A nouveau, un cri brisa le silence. Liara s'avança pas à pas, tremblante, le souffle court. Le couloir débouchait dans une petite pièce où des veilleurs allaient et venaient. A l'autre bout, il y avait une grande vitre éclaté dont les débris étaient balayés par les étranges créatures. Et au centre, se tenait Shepard. Elle ne bougeait pas. Liara l'appela, mais elle n'eut aucune réaction. L'Asari franchit la distance les séparant avec inquiétude et posa une main sur l'épaule de son amante. Aussitôt, un rayon rouge entra dans la pièce et frappa l'humaine, balayant la Courtière et l'envoyant contre un mur. Celle-ci se redressa mollement et chercha Shepard du regard. L'humaine était au centre d'un brasier gigantesque. Elle tourna son regard vers elle, des larmes roulant sur ses joues et ouvrit la bouche. Elle prononça des mots que Liara ne put entendre. Et ce fut le néant."

Liara se réveillait toujours à ce moment là, tremblante et en sueur, parfois en hurlant. La vivacité de son cauchemar l'effrayait. Mais elle savait ce qu'il signifiait. Elle refusait tout simplement d'y croire. Comment pouvait-on aimer quelqu'un aussi fort et simplement accepter sa disparition ? Elle soupira et continua de tapoter sur son omni-tech. Après quelques secondes, la boîte s'anima, et un faisceau de lumière s'en échappa. Une image grandeur nature de Shepard se matérialisa face à elle et lui sourit.
- Je vous aime, Liara. (Déclara t-elle doucement.)
L'image grésilla et s'éteignit.
- Moi aussi... (Dit-elle dans un soupir.)
Elle savait qu'une telle chose ne l'aidait pas à oublier. Mais elle avait modifiée son projet, y ajoutant une plateforme de sa bien aimée, au cas où. En parallèle, elle fouillait de nombreuses bases de données sur les Prothéens et interrogeait régulièrement Javik. Mais celui-ci restait silencieux. Elle ne savait pas réellement ce qu'elle recherchait. N'importe quoi pouvant lui donner de l'espoir.
Les lumière s'éteignirent durant quelques secondes avant de se rallumer. Les moteurs grondèrent.
- Redémarrage système. Nous sommes prêt à décoller ! (Annonça fièrement la voix de Joker dans les hauts parleurs.)
- Ce fut plus rapide que prévu.
Liara sortit de sa chambre et monta sur la passerelle, rejoignant le pilote et IDA. Ses autres compagnons avaient eu la même idée. Ils la saluèrent poliment. Le Normandy s'ébranla et s'envola lentement. IDA consultait les rapports tandis que Joker manoeuvrait le vaisseau, légèrement tendu.
- Allez, doucement mon beau...
Le Normandy tangua un instant avant de se stabiliser. Puis, ils quittèrent l'atmosphère de la planète pour arriver en orbite. Joker activa les systèmes de communications et diffusa un message en boucle sur toutes les fréquences.
- Et maintenant, que fait-on ? (Demanda Ashley.)
- On cherche un endroit à rallier. (Répondit Jeff.)
- Et s'il n'y en a pas ?
- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? On va pas rester indéfiniment sur cette planète !
- Joker ? ( Dit Ashley d'un ton légèrement plus sec.)
- Désolé, Lieutenant.
Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'une série de bip ne résonne.
- Le scanner a détecté quelque chose.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je sais pas encore, c'est trop loin... Une minute !
- Moissonneur ! (Cria Garrus.)
Joker poussa un juron et engagea des manoeuvre d'évitement.
- On va voir si vous avez réparé correctement le canon !
- Et si vous savez visé avec ! (Répliqua Garrus.)
- Je les croyais détruit ! (Lança Liara.)
- Les boucliers ne sont pas encore à pleine puissance. (Déclara IDA.)
Le Moissonneur se dirigeait vers le vaisseau à vive allure, les pattes repliés. Un vrombissement sortit par les hauts parleurs du Normandy, reconnaissable entre mille.
- Je sais pas ce que ça dit, mais ça m'a pas l'air sympathique !
- On doit fuir !
Le Normandy changea de trajectoire et la machine se mit en position d'interception, dépliant ses tentacules. Un autre vrombissement résonna, et trois autres Moissonneurs sortirent de l'hyper espace face au Normandy. Joker poussa une série de juron et coupa les moteurs pour les réactiver aussitôt afin de faire un virage serré. Mais le premier synthétique les avait déjà rattrapé, coupant toute retraite. Il pointa l'un de ses tentacules vers le Normandy et un rayon s'en échappa. La peur s'empara de l'équipage alors que le faisceau les touchait.

Modificata da Mirlina, 21 novembre 2012 - 05:12 .


#3
Mirlina

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Nouveau chapitre ! Bonne lecture ! La suite ? On verra ! :P




Chapitre 3 : Retour sur Terre.




" Humain, vous n'avez rien changé. Vous avez l'attention de ceux qui vous sont infiniment supérieur. Ceux que vous nommez Moissonneurs, sont votre salut par l'anéantissement."

" Ils ne s'arrêteront pas avant d'avoir exterminé toute vie dans la galaxie."

" Impossible. Vous ne faites pas le poids."

" Cette guerre est perdue d'avance."

" Pourquoi ne pas avoir donné l'alerte, humaine ?!"

" On sourit, on menace et on sacrifie tout ce que l'on a, jusqu'à ce que la galaxie réalise qu'elle a un chef digne d'elle."

" - Votre civilisation est condamnée, Shepard.
- Vous avez peut-être raison. Nous sommes peut-être condamné. Mais nous nous battrons jusqu'au bout. Nous ne baisserons pas les bras. Nous ne reculerons devant aucun sacrifice pour vous vaincre ! Nous trouverons un moyen. Les humains ne renoncent jamais.
- Votre heure est venue. Votre espèce aura bientôt disparue de la galaxie."

" Impact imminent !"

" Ce n'est pas comme d'habitude ! "

" Attention !"

" Je veillerais sur ceux qui ont survécu."



L'instant sembla se figer. Shepard ressentit un picotement à la base de sa nuque et tourna son regard vers la source de son malaise. Elle resta interdite un court instant, les récepteurs du Moissonneur lui montrant un vaisseau qu'elle avait connu. Le Normandy. Quelque chose bougea au fond d'elle, et elle sentit la mélancolie l'envahir. Mais elle la repoussa bien vite. Trois autres appareils surgirent face au vaisseau humain et le premier chargea ses rayons avant de faire feu. Mirlina prit le contrôle direct de la machine, pénétrant ses circuits et sa conscience pour la stopper. L'attaque toucha le Normandy, détruisant ses boucliers et raclant contre le blindage. Le Moissonneur émit l'équivalent d'un grognement mais ne se débattit pas. Alors que le Normandy allait faire feu, elle envoya un message sur les fréquences du vaisseau, utilisant ses codes d'accès pour le pirater un court instant, passant outre IDA.
- Normandy, ne tirez pas.
Elle ressentit les tentatives de l'IA pour la repousser. Connaissant ses capacités d'adaptation, elle savait qu'elle n'avait pas énormément de temps avant de devoir utiliser un autre procédé de communication. Elle s'assura d'avoir bien dissimulé ses traces ainsi que son point d'accès avant de poursuivre, sous la voix de la machine.
- Nous allons vous escorter jusqu'au relais le plus proche afin d'assurer votre évacuation.
- Après avoir essayé de nous tuer ? (Demanda Garrus sur la défensive.)
Shepard eut une seconde d'hésitation.
- Il ne s'agissait que d'un disfonctionnement. La guerre est finie.
- Conneries ! (Renchérit Joker.)
- Si nous avions voulu vous détruire, vous seriez déjà mort.
Un silence pesant s'installa dans le cockpit.
- Il dit vrai... (Finit par dire Ashley.)
- Ce n'est pas comme d'habitude ! (Renchérit Liara.)
- Que fait-on, Lieutenant ?
Ashley poussa un soupir, le poids du commandement pesant lourd sur ses épaules. Elle hésita durant de longues secondes avant de rouvrir le canal.
- Escortez-nous jusqu'au relais.
- Suivez-nous.
Les Moissonneurs se mirent en route et le Normandy les suivit. Shepard observa la scène jusqu'à ce qu'ils atteignent le relais. Le vaisseau l'emprunta, mais pas les machines qu'elle envoya dans d'autres régions en vol luminique pour réparer les autres relais. Shepard ne comprenait pas ce qui s'était passé. En voyant le vaisseau, les Moissonneurs étaient passés outre sa volonté et ses ordres, essayant de le détruire et l'obligeant à prendre un contrôle direct. Elle trouvait cela étrange et inquiétant.
Je veillerai sur ceux qui ont survécu, pensa t-elle. Elle n'arrivait plus à se souvenir de leurs noms, ou de leurs visages. Simplement un vague sentiment de famille et d'appartenance qui ne dura pas. Elle avait été comme eux, autrefois. Un être de chair et d'émotions. Cette vie s'effaçait progressivement et les souvenirs s'estompaient. Elle regarda son corps, représentation de chair dans cet environnement électronique. Pourquoi le conservait-elle ? Pourquoi refusait-elle de l'abandonner et d'apparaître sous une forme spectrale ou codés ? Elle allait le détruire, réduire en cendre ce souvenir de sa vie passée, mais son geste se figea. Elle revit des moments oubliés, des moments de bonheur et de joie : Une partie de Poker entre amis, l'échange d'un baiser, la nomination au statut de spectre, les retrouvailles avec des amis... Une relation intime.
Elle n'arrivait toujours pas à voir les visages, à se souvenir des noms. Elle tomba à genou et l'équivalent d'une micro larme roula sur sa joue. Ce corps faisait partie intégrante d'elle. Elle ne s'en débarrasserai pas. Elle se redressa et reprit ses recherches dans les bases de données, réfléchissant déjà à la prochaine partie de son plan.




Le Normandy sortit de l'hyperespace dans le système Hélios. A son arrivée, la surprise frappa son équipage, mêlée à une légère peur. Des centaines de Moissonneurs étaient affairés dans l'espace, récoltant les débris de la dernière bataille pour les rassembler. Ils ne firent pas attention à eux. Joker manoeuvra prudemment le vaisseau entre les énormes machines, prenant la direction de la Terre. La Citadelle était là, dans tout sa splendeur, mais totalement fermée. Quelques Moissonneurs étaient agglutinés dessus sans qu'il soit possible de savoir ce qu'ils faisaient.
On dirait des parasites, songea tristement Liara. Ils arrivèrent dans l'orbite terrestre et constatèrent avec stupeur et plaisir qu'un nombre important de vaisseau y étaient déjà stationnés, certainement en quête de ravitaillement.
- C'est le vaisseau de l'Amiral Hackett ! (S'exclama Ashley.)
- Il pourra peut-être nous expliquer ce qu'il se passe. (Dit Joker tout en ouvrant un canal de communication.) Terre, ici Normandy, de retour au bercail. Demande autorisation d'atterrir.
Il y eut quelque seconde de flottement, puis, les hauts parleurs grésillèrent un instant et une voix s'éleva.
- Normandy, heureux de vous revoir. Ici le Major Coats. Nous vous croyions perdu.
- Nous avons eu quelques ennuis technique. Impossibilité d'émettre et de voler, entre autre.
- Je vois. (Il marqua une pause.) Amarrage hangar dix neuf.
- Reçu. Comment ce fait-il que vous soyez chargé des droits d'amarrage ?
- Il n'y a personne d'autre pour le faire.
Joker se retrouva sans voix un instant.
- Nous voudrions voir l'amiral Hackett. (Enchaîna Ashley.)
- Je suis persuadé que lui aussi, voudra vous voir. Je le préviens.
- Merci.
Joker coupa la communication et se dirigea vers le hangar qui leur était attribué où il posa le Normandy. Près de deux heures s'écoulèrent avant que quelqu'un ne vienne les voir.
- L'Amiral Hackett veut vous voir. (Indiqua le messager.) Il se trouve dans la zone de reconstruction dix sept.
- Et où est-ce ? (Demanda Ashley, perplexe.)
- Le No man's land.
Il salua, tourna les talons et les laissa seul. L'évocation du No man' land plongea la troupe dans la mélancolie. Les regards se tournèrent vers Liara. L'Asari détourna le sien, entre mélancolie et fureur avant de sortir du hangar. Les autres lui emboîtèrent le pas après quelques secondes. Un véhicule tout terrain vint les chercher pour les emmener au lieu de rendez-vous. Le voyage ce fit dans un silence sombre. Les cahots de la route rendait le trajet fort désagréable et plus d'une fois, quelqu'un manqua tomber de son siège. Finalement, ils arrivèrent à la tombée de la nuit. Hackett les accueillit en personne.
- Lieutenant, c'est un plaisir de vous revoir.
Il serra la main d'Ashley et fit un signe de tête à chaque personne présente.
- Je suis sûr que vous avez beaucoup de chose à raconter.
Ashley expliqua ce qui leur était arrivé depuis l'armement du Creuset jusqu'à leur retour sur Terre. L'Amiral ne la coupa que rarement, demandant parfois une explication plus poussée, opinant ci et là.
- C'est pareil pour un peu tout le monde, je dois dire. Mais il semblerait que vous ayez subit plus de dégâts que nous autre. Mais vous dites que les Moissonneurs vous ont attaqué ?
Ashley opina gravement et Hackett se gratta le menton, pensif.
- C'est étrange. Les Moissonneurs ont secouru nos vaisseaux sans qu'il y ait de conflit.
- Il n'y a pas eu d'autres attaques de ce genre ?
- Pas que je sache. Mais nous n'avons pas encore pu prendre contact avec le reste de la galaxie. La Citadelle servait à la fois de récepteur et de transmetteur, mais elle semble désormais muette. Et beaucoup de nos stations ont été détruites. Nous sommes sourd et muet pour l'heure.( Il marqua une pause.) Cela dit, quelques faits bizarres nous sont parvenu. La population nous a communiqué des mouvements de troupes inquiétants il y a quelques semaines. Mais depuis, plus rien. Nous n'avons pas retrouvé trace des endoctrinés.
- C'est inquiétant. Voulez-vous que nous menions l'enquête ?
- J'aimerais bien. Mais nous ne sommes pas en état de survivre à un nouveau conflit. Je ne peux prendre le risque que les Moissonneurs nous voient comme hostiles et reprennent l'offensive.
Ashley opina.
- Je comprend. Par contre, comment en sommes-nous venus à être allié avec les Moissonneurs ?
- C'est un mystère. Je ne sais pas ce que Shepard a fait là haut, mais... (Il se pinça la lèvre et fit face à Liara.) Je suis sincèrement désolé. Sa disparition est une tragédie, et je ne peux qu'imaginer votre souffrance.
- Je vais bien. (Déclara t-elle d'un ton monocorde.)
Hackett acquiesça.
- Je vous offrirai bien de prendre du repos, malheureusement, nous avons besoin de tous les bras disponibles. La reconstruction s'avérera longue.
- Nous comprenons, Amiral. Que pouvons-nous faire ?
- Regardez autour de vous. Il y a énormément à faire. Je vous laisse voir tout cela avec le colonel Iatus, dans la tente, là bas.
Ashley et James firent le salut militaire. Hackett le leur retourna.
- C'est un plaisir de vous revoir. Vous tous.
Et il tourna les talons. L'équipage du Normandy se rendit dans la tente et apporta son aide à la reconstruction. Parfois, des bruits inquiétant se firent entendre, les amenant à rester sur leurs gardes.




Le vaisseau faisait une inspection de routine. Le SSV Litoral était un croiseur moyen avec un armement de moyenne portée et des boucliers standard. Il venait de quitter le système Hélios en vitesse luminique. La présence des Moissonneurs dans le système mettait l'équipage sur les nerfs, tout comme les dirigeants sur Terre. Personne ne pouvait oublier les horreurs de la guerre et encore moins les pardonner. Côtoyer ces immenses monstre de métal était difficile, malheureusement, ils n'avaient pas le choix.
- Vous croyez que c'est par choix qu'ils sont encore en vie ? (Demanda Luc, le pilote.)
- Aucune idée. (Rétorqua Tania, le capitaine du vaisseau.) Tout ce que je sais, c'est que j'ai la chair de poule, chaque fois que j'en croise un.
- Faut croire qu'on en sera jamais débarrassé.
- De toute manière, nous n'avons aucune chance contre eux. (Renchérit Mike, médecin en chef.)
- Vous nous donnez perdant ?
- Je suis simplement réaliste. Vu les horreurs que nous avons vécu, s'il me faut les tolérer pour éviter que la guerre reprenne et assurer la paix, je ferais avec.
Tania opina. Elle savait que Mike disait vrai. Cette guerre leur avait énormément coûté, pour ne pas dire tout. La présence des Moissonneurs n'était pas rassurante, mais elle préférait les savoir de leur coté plutôt que contre eux. Le commandant Shepard, l'humaine la plus célèbre de la galaxie avait lutté jusqu'au bout pour les contrer. Au vu de tous les exploits qu'elle avait réussit, la non disparition des Moissonneurs signifiait peut-être qu'ils étaient impossible à vaincre. Tania ne pouvait imaginer le genre d'accord que la Spectre avait pu passer pour mettre un terme à cette guerre. Sa vie avait-elle été le sacrifice nécessaire ? Elle secoua doucement la tête pour repousser ses pensées quand une série de bip résonna dans le vaisseau.
- Hum... Alors ça, c'est étrange.
- Comment ça ? Qu'est-ce que c'est ?
- Je ne sais pas, justement. Le radar longue portée à détecté quelque chose qui a immédiatement disparut.
- Comme si c'était devenu invisible ?
- Comme les systèmes du Normandy, vous voulez dire ? Non, je ne crois pas. On dirait plutôt qu'une radiation extérieure bloque le signal. Là, vous voyez ? (Demanda Luc en montrant un point du doigt sur son écran qui disparut après une seconde.) C'est reparti.
- Vous savez où chercher ?
- Non. Il va me falloir du temps.
- Prévenez moi dès que vous saurez.
- A vos ordres, Capitaine.
Tania le laissa seul et alla dans sa cabine. Elle se massa les temps et se déshabilla avant de se glisser sous la douche. Elle n'avait qu'une envie, dormir. Cela faisait des heures qu'elle était debout et veillait. Ce qui ne devait qu'être une mission de routine lui apparaissait maintenant comme beaucoup plus. Elle se demanda ce qu'était ce signal tandis que l'eau glissait sur sa peau et la revitalisait.
Rien de telle qu'une bonne douche chaude, pensa t-elle. Son intercom s'activa.
- Merde.
Elle sortit en trombe de la douche et pressa le bouton clignotant.
- Que se passe t-il ?
- Vous devriez venir voir. (Répondit Luc d'un ton évasif.)
- J'espère pour vous que c'est important.
- ça l'est.
Elle coupa la communication et se sécha avant de s'habiller en toute hâte. Elle rejoignit le cockpit en moins de cinq minutes. Ceux déjà présent regardait avec intérêt une masse sombre face à eux, dont l'image se dessinait à travers les rayons du soleil devant lequel elle était.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
- On dirait un Moissonneur.
- Un Moissonneur ? C'est impossible !
- Il n'y a aucune réponse. C'est peut-être le champ du soleil qui dissimule sa signature.
- Il est en activité ?
- Je pense qu'il est en veille.
Elle se massa le crâne, perplexe.
- Depuis combien de temps est-il là ?
- Il faudrait l'étudier pour le savoir. (Déclara Jean, le scientifique de bord.)
- N'est-ce pas dangereux ?
- Si. (Admit-il.)
Elle poussa un profond soupir tout en réfléchissant à la meilleure conduite à adopter. Le plus sûr était de retourner sur Terre pour prévenir l'Amiral Hackett, mais il voudrait plus d'information.
- Luc, rapprochez-nous. Nous allons vérifier s'il est actif ou non.
- Vous vous rendez compte, Capitaine ? Si ce Moissonneur est là depuis... La dernière Moisson, imaginons, nous sommes passés à coté de quelque chose d'essentiel !
Elle opina, consciente que ce n'était que vérité. Le Litoral entra dans le champ anti gravité du Moissonneur et se prépara à l'amarrage. Le vaisseau déplia un bras sonde qui toucha la structure de métal. Divers relevés envahirent les écrans de contrôle.
- A première vue...
Un éclair parcourut la surface de l'imposante machine. Un vrombissement résonna et elle vibra un instant. Puis, ses récepteurs s'allumèrent, d'un orange vif, et ses pattes s'activèrent.
- Qu'est-ce qui se passe ?!
- Je crois qu'il se réactive, Capitaine !
- Comment est-ce possible ?
- Peut-être que notre arrivée dans son champ à déclencher une sécurité ! (Lança Jean.)
- Nos réserves d'énergies sont presque à plat, Capitaine ! ( Déclara Luc avec inquiétude.)
- Quoi ?! Comment ça se fait ?
- Je crois que c'est notre sonde. Il en a tiré de l'énergie.
Le Moissonneur se tourna vers le vaisseau, brisant ainsi le bras métallique. Ses récepteurs brillèrent avec plus d'intensité, éblouissant à moitié les humains.
- Vous n'avez fait que retarder l'inévitable ! (Tonna t-il de sa voix caverneuse.)
- Lancez l'aler...
Il tira un rayon d'énergie qui transperça la coque d'un seul coup. La dépressurisation du vaisseau créa la panique. Le Moissonneur s'avança en poussant un grondement puissant, et referma ses pattes sur le vaisseau, le détruisant.

Modificata da Mirlina, 22 novembre 2012 - 03:39 .


#4
Mirlina

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Avant dernier chapitre ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez :)





Chapitre 4 : Eveil.





"Bruits de lutte. Cris."

"Alerte ! Alerte !"

"Coup de feu."

"C'est impossible..."

"Ils l'ont enlevé ! "


"Nouveaux bruits de lutte."

"Prévenez le QG !"

"Ils enfoncent les lignes ! "


"Cris d'agonie."

"Abandon du contrôle. "



"L'endoctrinement est un processus long et subtil. La plupart des victimes n'ont même pas conscience de son emprise sur elle. Quand ils s'en rendent compte, il est trop ******."

"Personne ne devrait maîtrise un tel pouvoir !"

"Me contrôler moi, c'est pas comme contrôler un Moissonneur !"


"Sans émotion, la vie n'est rien."

"Il n'y a que deux forces capable de changer l'univers : La haine et l'amour."

"On ne peut pas lutter contre ce que l'on est."





Mirlina avançait plus vite que prévu dans son plan. Si les Moissonneurs lui avaient au début opposés une certaine hostilité, ne suivant pas toujours correctement ses directives, ils étaient maintenant entièrement disciplinés. Elle avait rouvert la Citadelle, l'utilisant comme le centre du gouvernement galactique, comme ce fut le cas avant la guerre. Elle avait reconstruit énormément, comme les satellites et les station de carburant. Les organiques, bien que toujours très méfiant, avait tolérés la présence des immenses machines, leur permettant d'avancer les reconstructions des villes. Mirlina surveillait les communications, déplaçant ses troupes là où il y avait du grabuge. Dès qu'un groupe de mercenaire attaquait un convoi, qu'une série de meurtre inexpliquée apparaissait dans les médias, ou que deux peuples étaient à couteaux tirés, elle intervenait. Parfois, ses manières étaient pour le moins radicales. De nombreux vaisseaux et bases de mercenaires avaient été tout simplement réduites à néant.
A travers tous les systèmes de surveillance que possédait la Citadelle, elle pouvait voir les organiques et suivre leurs déplacements. Il n'y avait pas un endroit qui soit hors de sa portée. Elle les observait avec intérêt, essayant de se rappeler de ce qui fut sa vie. Il y avait un Turien au SSC, consultant des rapports; un Humain, accoudé au bar, buvant de l'alcool; un Krogan en train de regarder une danseuse se déhancher, et... Shepard sentit une étrange chaleur, mêlée à de la douleur là où fut autrefois son coeur. Elle avait aperçut d'autre personnes qu'elle connaissait, tel des réminiscences de sa vie passée, mais elle seule réussissait à réveiller ses sentiments. Chaque fois qu'elle la voyait, elle la suivait de caméra en caméra, notant le moindre de ses déplacements, la moindre de ses rencontres, le plus petit échange ou détail. Elle était comme hypnotisée, incapable de détourner le regard, attachée à chacun de ses pas, chacun de ses gestes, chacun des mouvements de ses lèvres. Parfois, elle avait envie d'apposer les siennes dessus. Mais elle savait la chose impossible. C'était une Asari d'une beauté à couper le souffle. Shepard se demanda ce qu'elle avait bien pu représenter pour elle, autrefois. La tristesse se lisait souvent dans son regard alors qu'elle déambulait dans la Citadelle, et l'unique envie de Mirlina était de la réconforter. L'Asari se dirigea vers les hangars et quitta la station, échappant ainsi à la vigilance de Shepard qui se sentit une nouvelle fois emportée par la mélancolie. Le retour à la réalité lui donna l'équivalent d'une migraine, comme si, d'un seul coup, elle se reconnectait à son environnement. Les milliers de pensées assaillirent son esprit. Son ouïe et sa vue se démultiplièrent, prenant ainsi appuis sur tous les êtres composants son armée, disséminés à travers la galaxie.
Elle ne remarqua pas la perte de signal de deux Moissonneurs. Deux de plus que la veille. Cela en faisait maintenant huit. Seule l'Asari occupait ses pensées, réveillant en elle d'étranges émotions d'un passé qu'elle pensait révolu. Shepard resta figée un long moment dans son univers virtuel, sans rien faire. Elle fouilla parmi les archives vidéos qu'elle avait et afficha une image de l'Asari.
- Lia... ra... (Murmura t-elle.)




L'Asari sortit du vaisseau Kodiak pour rejoindre le Normandy. Elle marcha d'une démarche légèrement rapide, mais pas trop afin de ne pas attirer l'attention. C'est une habitude qu'elle avait prise depuis son rôle de Courtière, afin de se dissimuler et d'éviter la fuite d'informations sensibles. C'était presque devenu une seconde nature. Elle rentra dans ses quartiers après avoir salué ses compagnons présent. La plupart étaient en train d'aider à la reconstruction. Elle se posa derrière son écran et vérifia les dernières données que ses agents lui avaient envoyés. Liara était reconnaissante aux Moissonneurs d'avoir rétablit les communications à travers la galaxie : Son rôle de Courtière en était largement facilité. Et cela lui permettait de penser à d'autres choses. Il y avait une demande de rencontre d'un homme sur la Citadelle. L'un de ses informateurs qui disait que c'était urgent. Mais cet informateur n'avait jamais été des plus doués et elle doutait de lui.
- Hum, rien de réellement intéressant... (Finit-elle par marmonner pour elle même.)
Elle se leva et alla sur son second ordinateur, vérifier ses messages. Elle était en étroite relation avec Thessia, sa planète natale. Elle pensait y retourner dans quelques temps, peut-être pas pour toujours, mais pour un temps du moins. Se retrouver auprès des siennes lui permettrait peut-être de se remettre.

" Liara,

Thessia se remet plus lentement que prévu. Maintenant que vous le savez, inutile de vous le cacher. La perte de l'IV Prothéenne est un coup dur qui va nous causer bien du tord en diminuant notre puissance et notre savoir. Bon nombres de ses secrets n'ont jamais été notés, car nous la pensions en sécurité. Mais les Asaris sont unies et nous reconstruirons. Vous serez toujours la bienvenue."

Liara prit un instant pour réfléchir à ce qu'elle venait de lire. L'IV Prothéenne était perdue pour autant qu'elle sache. Elle l'avait vu de ses propres yeux sur la base de l'Homme Trouble qui était aujourd'hui détruite. Il n'y avait plus rien à récupérer. Mais... L'organisation, bien que normalement démantelée, disposait peut-être encore de ressources intéressantes. Liara retourna sur son terminal, passant sa main au dessus d'une boîte noire.
- Je vous aime, Liara. (Déclara la voix de Shepard avec tendresse.)
Liara sursauta. Elle posa le regard sur le visage holographique de sa bien aimée qui lui sourit avant de disparaître. L'Asari sentit la tristesse s'emparer d'elle. Elle hoqueta, essayant désespérément de retenir les larmes. Elle n'y parvint pas. Elle se laissa tomber sur sa chaise et sanglota. De longues minutes s'écoulèrent avant qu'elle ne réussisse à reprendre le pas sur le chagrin. Elle prit la boite avec précaution et l'emporta vers une étagère vide de son armoire.
- Désolée, Shepard... Je dois faire mon deuil. (Dit-elle, la voix brisée.)
Et elle fit coulisser les portes. Elle prit de profondes inspirations pour faire refluer les larmes qui menaçaient de revenir et se donner du courage. Elle devait cesser d'y penser, essayer d'aller de l'avant, même si c'était dur. Horriblement dur.
- Jamais je ne vous oublierais, Shepard.
Elle retourna sur son poste de travail, désireuse de se plonger à corps perdu dans son statut de Courtière pour se détacher, ne serait-ce que quelques heures ou même minute, de sa peine. Elle fouilla dans ses archives pour trouver les restes de Cerberus. Mais l'organisation avait été particulièrement méthodique pour se dissimuler. Cela dit, le Coutier de l'ombre n'était pas sans ressource. Avant la guerre, elle avait eu plusieurs milliers d'informateurs, disséminés à travers la galaxie. Bien que leur nombre avait certainement diminué, elle comptait très certainement encore plusieurs dizaines voir centaines de contact. Ils attendaient juste sa demande.
"Ordre prioritaire.
Recherche informations sur Cerberus.
- Ressources.
- Centres.
- Données.
- Projets.
Tout ce qui peut être utile. Dans les plus brefs délais."

Liara envoya sa demande à ses agents et sourit, satisfaite. Elle s'étira, dénouant ses muscles légèrement douloureux. Ses yeux se posèrent sur l'armoire et elle eut un pincement au coeur tandis que la mélancolie revenait. Le son de son intercom la détourna de son chagrin.
- Oui ? (Demanda t-elle d'une voix distraite.)
- Liara, ici Ashley. Venez dans le centre de commandement s'il vous plait. (Elle marqua une pause.) C'est urgent.
- J'arrive tout de suite.
L'Asari sortit de sa chambre et rejoignit le Lieutenant cinq minutes plus ******. Quand elle arriva dans la salle, elle constata que toute l'équipe était réunie et attendait, l'air grave.
- Que se passe t-il ? (Demanda t-elle avec inquiétude.)
Ashley se pinça la lèvre.
- Il y a des mouvements de troupes non autorisés. L'Amiral Hackett nous a demandé de mener l'enquête.
- Je croyais que nous devions éviter d'attirer l'attention des Moissonneurs.
- Ce sont nos propres troupes qui se comportent bizarrement. Un Moissonneur ne cesse de tourner autour des camp depuis quelques temps, et ce n'est pas rassurant. Des escouades disparaissent quelques heures pour revenir. Et quand on leur demande où elles étaient, ils répondent qu'ils faisaient une ronde.
- Endoctrinement ?
- Ce n'est pas impossible. (Répondit Ashley avec sérieux.)
- Alors c'est grave.
Elle opina. Elle ouvrit la bouche pour dire autre chose quand la voix de Joker résonna dans les hauts parleurs.
- Le Major Coats demande à monter à bord. Il dit que c'est d'une importance capitale.
- Faites le monter et dites lui de nous rejoindre dans le centre de Commandement.
- Tout de suite, Lieutenant.
Ils échangèrent des regards inquiets et attendirent l'arrivée de l'humain. Quand celui-ci les rejoignit, il avait l'air en état de choc.
- Vous êtes tous là, très bien. (Dit-il, le souffle court.)
Il s'essuya le front, la sueur lui coulant dans les yeux.
- Vous avez l'air fatigué, Major. Que se passe t-il ?
- L'Amiral Hackett a été enlevé. (Annonça t-il sans préambule.)
La surprise et l'incompréhension frappa l'escouade.
- C'est impossible ! (S'exclama Liara.)
- Qui aurait pu faire ça ? (Demanda Garrus.)
- Vous êtes sûr de vous ? (Renchérit Ashley.)
- Il n'y a pas de doute possible. Ecoutez plutôt.
Il tapota sur son omni-tech et lança la lecture d'un enregistrement. Il n'y avait pas d'image et le son était parfois entrecoupé. On percevait des bruits de luttes et des cris, ainsi que des jurons. Des coups de feu retentissaient.
"-Alerte ! Alerte !
- Ils enfoncent les lignes !
- Pourquoi vous faites ça ?!
- Mettez l'Amiral à l'abri !
- Mike, sur ta gauche... Aaaah !"

Le son cracha à de nombreuses reprises et durant de longues secondes.
"- Prévenez le QG !
- Pitié, non !
Le silence s'installa un instant.
- Abandon du contrôle."
Et il n'y eut plus rien, seulement le crépitement de la bande. Le Major arrêta la lecture et coupa son omni-tech.
- J'ai reçu ça il y a moins d'une heure. Je suis venu immédiatement.
Le groupe resta muet. Ashley semblait prête à s'effondrer. Elle secoua la tête pour se ressaisir.
- Mais c'était quoi ça ? (Jura James.)
- Endoctrinement... (Déclara Tali.)
- Bien... Nous... Nous devons agir au plus vite. Avez-vous une idée des responsables ?
- Sûrement des gars de chez nous. Cinq escouades ne répondent plus à nos appels.
Le Lieutenant jura.
- Nous devons le retrouver et mettre tout le monde en état d'alerte. (Intervint Garrus.)
- Je doute que ce soit une bonne idée. Nous ne savons pas à quoi nous avons affaire. Et si ce sont les Moissonneurs, nous sommes à leur merci. (Répondit Coats.)
- Pendejo ! On va les laisser nous contrôler comme bon leur semble ?
- Pas d'actions irréfléchies. Si nous fonçons tête baissée, nous risquons de nous faire tuer et ça ne changera rien. (Renchérit Liara.)
- Liara, vous n'auriez pas des informations ? (Demanda Ashley.)
- Pour l'heure, non. (Elle marqua une pause, réfléchissant à ce qu'elle avait vu sur son terminal.) Mais j'ai un contact sur la Citadelle qui pourrait peut-être m'en dire plus.
Elle se mordit les lèvres.
- Qu'y a t-il ?
- Je ne rencontre jamais mes contacts en personne, et vu l'urgence de la situation, nous ne pouvons nous permettre de perdre de temps.
- Vous ne pouvez pas déroger à votre règle ?
- Si mon identité venait à être découverte, je ne garderais pas longtemps ma place.
- Faites-vous passer pour l'un de vos propres agents ? (Proposa Garrus.)
- Non. Il me faut un intermédiaire.
- Pourquoi pas James ?
- Mauvaise idée. Tout le monde sait qui il est. Être à bord du Normandy, ça vous rend célèbre.
- Y a les muscles et les récits de mes victoire aussi. (Déclara James avec une pointe de défi et d'amusement.)
- Je vous trouverais quelqu'un. (Assura Coats.)
- Merci.
- Je retourne au QG. Rejoignez moi là bas avant la tombée de la nuit.
- Entendu.
Il salua et repartit.
- Bon. De notre coté, nous allons fouiller.
- Vous pourrez me contacter sur mon omni-tech. Je vous dirais ce que j'ai découvert dès demain.
- D'accord. Allons-y. Et pas d'imprudence.
Ils opinèrent et s'en allèrent, laissant l'Asari seule. Liara rejoignit son bureau et vérifia les rapports de ces contacts mais n'y trouva aucune information intéressante sur le sujet la concernant. Elle prit une douche avant de rejoindre le Major. La nuit tombait déjà.




Les odeurs étaient fortes et désagréables et lui donnaient la nausée. Il avait un mal de crâne épouvantable. De petits bruits retentissaient autour de lui, dont le clapotis de l'eau. Quelque chose de touffu, munis de griffe, passa rapidement sur sa main avant de filer. Hackett rouvrit les yeux, émergeant lentement d'un sommeil sans rêve. Il se massa le crâne et constata que sa vue était légèrement brouillée. Des bruits de pas et de discussions lui parvinrent au loin, comme étouffés. Il attendit que sa vue lui revienne pour détailler son environnement. Il était à la sortie d'un tunnel, quasiment plongé dans l'obscurité. De la moisissure recouvrait les murs et le sol. De l'eau s'écoulait depuis une grille dans le mur sur sa gauche et continuait sa route dans une petite travée pour quitter la zone par un minuscule conduit. Un rat s'y engouffra. L'Amiral se redressa, l'air dégoûté. Face à lui se trouvait une porte fermée. Il s'y rendit et tenta de l'ouvrir, sans succès. Il abattit alors ses poings dessus, tambourinant avec force.
- Il y a quelqu'un ? (Hurla t-il.)
Il y a eut deux secondes de flottement.
- Oui, Amiral. Ici l'officier Simons.
- Ah ! Vous êtes venu me secourir ? (Demanda t-il, un brin de soulagement dans la voix.)
- C'est ce que nous avons fait. (Répondit l'homme d'un ton assuré.)
- Vous pouvez ouvrir la porte ?
- Il serait préférable que vous restiez à l'intérieur. Vous serez plus en sécurité, Amiral.
Hackett fronça les sourcils, inquiet.
- Qu'entendez-vous par là ?
- Ils ne vous trouveront pas ici, Amiral. On... On vous a sauvé. (Répondit Simons avec hésitation.)
L'Amiral se mordit la lèvre.
- Et à quand remonte ce sauvetage ?
- Moins d'une journée.
Il jura entre ses dents. Les hommes derrière la porte étaient donc ses kidnappeurs.
- Officier... (Il s'humecta les lèvres.) Pourquoi m'avoir enlevé ?
L'intéressé resta silencieux un instant.
- Pour vous sauver, Amiral !
- Mais de qui ?
- Des soldats à la botte des Moissonneurs !
- Mais qui ? Qui est à la botte des Moissonneurs ?
- Ils le sont tous !
Hackett intégra l'information et réfléchit à la meilleure façon de se sortir de ce merdier.
- Fiston... Ecoute. Je...
- Vous avez besoin de quelque chose, Amiral ? Nourriture, vêtements ? (Le coupa Simons.)
- Non. Mais par contre, j'aimerais vous parler.
- On parle, Amiral.
- En face à face.
Simons hésita un instant.
- Je ne peux pas vous faire sortir. (Finit-il par dire.) C'est trop risqué.
Hackett se passa la langue sur les lèvres, légèrement nerveux. Il sentait une ouverture avec son interlocuteur, mais craignait qu'elle ne se referme s'il s'y prenait mal.
- Alors venez à l'intérieur. (Proposa t-il d'une manière légèrement impérieuse.)
Le silence s'installa et les secondes parurent semblable à des minutes. Finalement, quelqu'un ouvrit le verrou et la porte s'ouvrit. Hackett recula prudemment et analysa rapidement la situation. Il voyait trois soldats, armés de fusil d'assaut Avenger. Etait-il tous là ? Simons pénétra dans la pièce d'une démarche hésitante et fit un signe de tête aux autres derrière. Ils refermèrent la porte.
- Me voilà, Amiral.
- Comment ça va ? (Demanda Hackett sur le ton de la conversation, afin d'alléger un peu la tension.)
- ça dépend des jours, Amiral.
- Par exemple, aujourd'hui.
- Beaucoup de maux de tête. (Répondit Simons en se frottant le front.)
Hackett le dévisagea un instant. Le soldat était en nage et de larges cernes creusaient ses yeux. Il était livide. L'Amiral détourna les yeux avant de paraître trop insistant.
- Tu es malade ? (Demanda t-il.)
- Oui. Non.. Je... (Il grimaça.) Je sais pas trop, Amiral. Je crois que ce sont eux.
- Qui donc ?
- Les Moissonneurs ! Ils essayent d'entrer dans ma tête. Mais je résiste.
Hackett déglutit.
- Et ceux qui m'accompagnaient ?
- Ils y ont succombé, Amiral. On l'a tout de suite vu.
L'Amiral opina légèrement et le silence s'installa. Le soldat se massa le crâne et poussa un petit gémissement qui n'était pas du tout rassurant.
- On a bien fait, n'est-ce pas, Amiral ? (Demanda t-il d'un ton légèrement suppliant.)
Le vieil homme déglutit. Il avait soudain la gorge sèche. Il se força à sourire.
- Bien sûr, fiston. Très bien fait.
Simons sourit, visiblement soulagé. Un cri retentit dans le couloir et des bruits de pas résonnèrent. Simons se colla à la porte.
- Jeck ? Samuel ? Qu'est-ce qui se passe ? (Cria t-il, inquiet.)
- C'est Samuel, chef ! On dirait.... On dirait qu'il a une attaque !
- Ouvrez !
La porte s'ouvrit et coulissa. Hackett fut tenté de se précipiter sur l'officier pour le maîtriser, mais il s'abstint en voyant l'éclat de folie dans ses yeux.
- Vous êtes en sécurité ici ! ( Répéta Simons.)
Et il quitta la pièce puis la verrouilla. Hackett colla son oreille contre le métal et écouta. Les sons étaient déformés et amoindrit, mais il perçut l'essentiel.
- Que t'arrive t-il, soldat ? (Demanda Simons en se penchant au dessus du malheureux.)
- J'ai mal, officier ! J'ai mal au crâne ! J'entends les voix ! (Geignit Samuel.)
- Laisse pas ces fils de pute te posséder ! Résiste !
- Je peux pas ! J'ai mal ! Je les vois ! Vous les voyez pas ? Ils sont là !
- Qui est là ?
- Eux ! Les laissez pas m'emmener ! Non !
Samuel se débattit contre un adversaire invisible et ses camarades le regardèrent avec pitié. Simons le mit en joue et retira le cran de sécurité de son arme.
- Désolé, mon garçon.
- Aaaah ! Aidez-moi !
L'officier fit feu. Il n'y eut qu'un seul coup. La balle entre dans la tête de Samuel qui mourut sur le coup. Les cris cessèrent. Les soldats secouèrent la tête avec tristesse.
- Enterrez-le proprement. Et assurez-vous que personne ne vous voie.
- A vos ordres. (Répondirent-ils.)
Deux soldats attrapèrent le cadavre et l'embarquèrent dans un tunnel. Simons les regarda partir et se massa le front, essuyant la sueur qui dégoulinait sur son visage. Il entendit de vagues murmures, guère plus que des sifflements.
- Tuez moi ces rats ! J'en ai assez de les entendre siffler ! ( Cria t-il avec colère.)
Les deux soldats restant se regardèrent, intrigués. Finalement, ils opinèrent et se précipitèrent dans les tunnels à la recherche des vermines. Eux aussi étaient en sueur et livide. Simons se colla à la porte.
- C'est bon, Amiral. N'ayez crainte. On gère la situation. On vous donnera à manger d'ici deux ou trois heures. Et le docteur passera après.
- Le docteur ?
- Ouais. Vous verrez, il est compétent. Il sait ce qu'il se passe lui. Il vous immunisera contre ses saletés !
- Et pourquoi ne l'a t-il pas fait pour vous ?
- Il ne dispose pas d'assez de sérum. Vous êtes plus important.
Hackett ne dit rien, tendu. Il se demanda comment il allait se sortir de ce mauvais pas et à qui se fier. Si ce docteur était de mèche, alors la situation était plus grave que prévu.
Manifestement, la guerre venait de reprendre.




Liara n'avait pas bougé depuis près de deux heures. Accoudée à un balcon, elle surveillait son contact et son intermédiaire. Munie d'une oreillette, elle ne perdait pas une seconde de l'échange, notant la moindre information dans un coin de sa tête. Pour l'heure, ce n'était pas très probant. L'homme lui parlait avant tout des pots de vins que recevaient certaines unités pour accélérer la reconstruction à tel ou tel endroit ou pour éviter de patrouiller ici et là.
- Mais il y a également...
L'homme regarda autour de lui, méfiant. Même à cette distance, Liara pouvait voir qu'il était mal à l'aise, stressé.
- Des bruits de couloir.
- C'est à dire ? (Demanda l'intermédiaire.)
- Oh, vous savez ce que c'est. (Il se passa nerveusement la langue sur les lèvres.) Une unité qui disparaît, par ci par là. Des murmures à peine audible...
- Que se passe t-il, sur Terre ?
- Pas que sur Terre ! Partout ! Des escouades entières qui disparaissent, des enlèvements de personnes influentes... J'sais pas vous, mais moi, je trouve que ça pue.
- Qui a disparut ?
- Votre Amiral, non ?
- Mais, dans la galaxie. Qui d'autre ?
- Deux dignitaires de Thessia,, le Primarque Turien, quelques Galariens...
- Victus aussi ?
- Ouais, aussi.
- Qu'est-ce qui se trame ?
- ça, je saurais pas dire. Tout ce que je sais, c'est que ça n'a rien à voir avec des mercenaires ou des pirates. C'est plus... Dangereux.
Le soldat poussa un petit soupir de lassitude. Il en avait marre de ce travail et n'en comprenait toujours pas l'intérêt. Mais il avait à coeur de bien le faire.
- Il me faut plus d'information ! Vous croyez que tout ceci servira au Coutier ?
- C'est pas mon problème ! Payez moi ! Deux cent milles crédits, que je puisse me payer un vaisseau et me tirer.
Le soldat plissa les yeux, méfiant.
- Que voulez-vous fuir ?
Le contact se raidit.
- Moi ? Mais rien du tout !
L'informateur jetait des regards anxieux autour de lui.
- Ecoutez, disons cent cinquante milles, d'accord ?
- Que-Cherchez-Vous-A-Fuir ? (Demanda l'intermédiaire, articulant chaque mot avec fermeté.)
Le contact recula d'un pas, apeuré. Le soldat lui sauta dessus avant qu'il n'ait l'idée de s'enfuir. Il le plaqua contre un mur, appuyant son bras contre sa gorge. Il le maintint fermement, au dessus du sol. L'informateur poussa un petit gémissement, tremblant.
- Dis moi ce qu'il se passe ! (Gronda l'intermédiaire.)
- Je sais pas ! Pitié...
Liara jura entre ses dents. Le soldat de Coats allait attirer l'attention et se faire repérer. Si son réseau venait à découvrir qu'elle travaillait avec des marines de l'Alliance, elle perdrait tout.
- Allez-y mollo. (Dit-elle dans son micro.)
L'intermédiaire n'en tint pas compte et appuya un peu plus sur la gorge de son interlocuteur.
- Si tu ne me dis pas ce que je veux savoir, tu vas étouffer.
Le contact avait le visage tout rouge et les yeux injectés de sang. Il opina vivement. Le soldat relâcha la pression, lui permettant de reprendre son souffle.
- C'est des endoctrinés ! (Dit-il d'une voix nasillarde.)
- Qui ?
- Les escouades qui disparaissent. C'est à chaque fois après un contact avec des endoctrinés. Ils reviennent et enlèvent ensuite des hauts placés.
- Dans quel but ?! (Tonna le marine.)
Des regards s'étaient tournés vers le duo et il entendit les murmures dans son dos. Il jura. D'ici deux minutes, les forces de sécurité seraient sur place. Il devait filer avant leur arrivée. Il appuya de nouveau sur la gorge de son interlocuteur.
- Réponds moi ! (Gronda t-il avant de relâcher la pression.)
- Moi- Moissonneur ! (Déclara l'homme, apeuré.)
Liara resta stoïque. Les Moissonneurs repassaient donc à l'attaque ?
- On décroche. (Dit-elle d'un ton sec dans son micro.)
Le marine opina et laissa retomber le contact avant de filer. Liara repartit par un couloir presque désert. Des agents de sécurité passèrent à coté d'elle sans la voir. Elle s'engagea dans une coursive. Il y avait un socle d'Avina face à elle. L'IV lui sourit avant de disparaître. Les lumières du couloirs s'éteignirent et les portes se verrouillèrent.
- Merde.
Un faisceau bleuté s'échappa du socle. Liara se mit à couvert derrière une caisse. Une voix légèrement vibrante s'éleva, mais aux inflexions humaines. Une voix que Liara ne connaissait que trop bien.
- Liara...
L'Asari se redressa lentement, les poils de sa nuque se hérissant. Face à elle se tenait un hologramme de Shepard.
- Mais... Comment est-ce.. (Commença t-elle, gagnée par l'émotion.)
- Je me souviens. (Déclara la voix.)
Une larme coula sur la joue de l'Asari qui resta immobile.
- Mais je ne devrais pas. (Poursuivit la voix.) Du moins, pas ainsi.
- C'est impossible... (Répondit Liara, la voix brisée.)
Shepard inclina légèrement la tête de coté puis regarda son corps, détaillant sa main. Dans le monde virtuel, elle ne l'avait pas vu ainsi. Là, elle le trouvait beau et parfait. Mais il restait une simple projection.
- Je n'arrive pas à comprendre. (Poursuivit Shepard.) Pourquoi ?
Elle plongea son regard dans celui de Liara, et l'intensité de ce contact troubla l'Asari. Elle s'avança lentement.
- C'est bien vous ? (Demanda t-elle avec espoir.)
- J'étais Shepard. Je ne devrais plus l'être.
- Que vous est-il arrivée ?
- J'ai fait un choix. J'ai choisit de sauver tout le monde, contre ma vie. J'aurais dû devenir autre chose. Mais je n'y arrive pas.
- Je ne comprend pas ce que vous dites...
- Je devais devenir la conscience Moissonneur. En prenant le contrôle, je devais les diriger et perdre ce que j'étais, en conservant pensées et souvenirs. Mais j'ai conservé plus. J'ai refusé de perdre mon identité, mon humanité. Pourtant, j'ai dû m'en défaire pour vaincre le Catalyseur.
Liara dévisageait son amour sans comprendre. Vaincre le Catalyseur ?
- Le Catalyseur, c'est la citadelle !
- Non. Le Catalyseur était un programme qui occupait ma place auparavant. Une machine.
Shepard plongea son regard dans celui de Liara, et une multitude d'émotions se reflétèrent sur son visage. Une série de souvenir s'empara d'elle, lui montrant divers moments de sa vie. Ils furent rapidement remplacés par d'autres, ceux partagés avec Liara. Un début de sourire se dessina sur ses lèvres. Un sourire tendre.
- Mais malgré cela, je n'ai jamais cessé.
Liara ravala les larmes qui menaçaient de couler.
- Quoi ? (Demanda t-elle, sa voix n'étant guère plus qu'un murmure.)
- De penser à vous. De vous aimer. Vous êtes la seule chose qui me raccroche à mon humanité.
- Shepard, je...
Mirlina perdit son sourire.
- Mais je ne suis plus humaine.
Elle regarda ses mains.
- Je ne suis plus là, pour vous. J'ai...
Elle hésita. Un autre souvenir remonta. Elle se tenait avec Liara, dans sa cabine, à bord du Normandy. L'Asari portait une robe qui épousait parfaitement ses formes, ne faisant que la rendre plus belle et désirable encore.
"- Promettez-moi de toujours revenir.
- Je reviendrais toujours pour vous, Liara."

- J'ai faillit à ma promesse. (Déclara t-elle, la tristesse dans la voix.)
Liara fit doucement non de la tête, tendant la main vers sa bien aimée, ne désirant qu'une chose, lui caresser le visage. Ses doigts passèrent au travers de l'hologramme, mais elle dissimula sa déception.
- Non. Au contraire. Vous êtes là, maintenant.
- Mais je ne suis plus humaine.
- Shepard, je trouverais un moyen ! Même si je dois y passer toute ma vie ! Je vous ramènerais ! Je vous le jure !
- Il n'y a aucun moyen. (Répondit l'intéressée avec mélancolie.)
Des larmes roulèrent sur le visage de Liara et Shepard sentit comme une boule dans sa gorge. Une larme roula sur sa joue. La douleur de voir l'Asari pleurer était forte et réveillait en elle plus de choses. Elle pouvait toucher son humanité perdue du bout des doigts, presque la sentir.
- J'en inventerais un ! Shepard, je vous en prie, je...
Des alarmes s'enclenchèrent un peu partout dans la Citadelle. L'hologramme se voilà durant une demi seconde.
- Que se passe t-il ? (S'écria Liara avec inquiétude.)
- Perte de contrôle Moissonneur. Signal faiblissant. Armée fonctionnelle à 75 %. (Déclara Shepard d'un ton synthétique.)
Liara dévisagea son amante avec horreur. Les informations qu'elle avait recueillit plutôt lui revinrent en mémoire.
- Shepard ! Hackett a été enlevé ! Dites-moi que vous n'y êtes pour rien.
- Perte de contrôle. Armée fonctionnelle à 67.5 %.
Shepard se tourna vers Liara.
- Enlevé ?... (L'image vibra.) Ils échappent à mon contrôle...
- Depuis quand ?
- Il n'y en avait que quelques uns jusqu'à présent. Je les pensais simplement détruits ou en veille. Mais ils disparaissent par dizaines, par centaines.
- Pourquoi ? Que font-ils ?
- Perte de contrôle. Signal faiblissant. Armée fonctionnelle à 55 %.
- Shepard ?!
- Ils préparent la Moisson.
Shepard ferma les yeux et compulsa les données envoyées par les Moissonneurs. Elle perdait peu à peu des fichiers au fur et à mesure que leur nombre diminuait. Le visage d'Hackett passa furtivement dans un transfert de fichier avant de disparaître. Elle ne savait pas où il était. Trop occupée à observer Liara, à rester humaine, Shepard avait perdu une partie du contrôle. Bon nombres d'informations lui avait échappée. Elle se demandait à présent ce que l'Asari regardait sur le balcon un peu plus tôt. Mais aussi, quel était l'identité de celui piratant les Moissonneurs.
- Pourquoi enlever Hackett et les autres ?
La voix de Liara la ramena à l'hologramme. L'Asari disposait d'un pouvoir énorme sur elle, capable de réveiller un tas de chose au fond d'elle.
- Je ne sais pas. Peut-être veulent-ils retourner les armées les unes contre les autres.
- C'est affreux... Vous devez les en empêcher, Shepard !
Il y eut une seconde de flottement. La perte de contrôle venait de se figer à 51.3 %. Mais maintenir les autres sous son commandement lui demandait énormément d'énergie et de concentration.
- Je ferais mon possible.
Elle plongea son regard dans celui de Liara.
- Je dois y aller. (Elle hésita.) Je vous aime.
Et elle déconnecta. Les lumières se rallumèrent et les portes se rouvrirent. Liara resta figée quelques secondes. Elle n'était pas réellement sûre que tout ce qu'elle avait vécu soit vrai. Shepard était encore en vie ! Sous une autre forme, mais en vie. Et elle l'aimait toujours. L'Asari sentit son coeur battre plus vite et une intense chaleur se diffuser dans son corps. Elle pensait chaque mot, et elle aussi l'aimait toujours. Elle trouverait un moyen, dès que cette crise serait passée ! Shepard avait tenu sa promesse, elle tiendrait la sienne.
Des agents de sécurité pénétrèrent dans le couloir et une main attrapa son bras.
- Mademoiselle, tout va bien ?
Elle secoua la tête pour revenir à la réalité.
- Je... Oui. (Dit-elle en opinant pour se donner confiance.)
- Que c'est-il passé ici ?
- Je ne sais pas. Peut-être une panne de courant temporaire. Les portes et les lumières, tout a arrêté de fonctionner.
- Nos relevés nous indiquent au contraire un pic d'intensité ici ! Et pourquoi ce socle est-il éteint ?
Liara dévisagea l'agent sans rien dire, prise au dépourvu.
- Si vous l'avez trafiqué... (Commença t-il d'un ton menaçant en se dirigeant vers le socle.)
Liara ne savait plus quoi faire. Le second agent se plaça derrière elle et elle ne fit pas le moindre geste. L'homme alluma son omni-tech pour scanner le socle. C'est alors que celui-ci s'anima et que l'image d'Aviana apparut.
- Réinitialisation des systèmes terminées. Veuillez m'excuser pour ce léger dysfonctionnement. (Elle se tourna vers l'homme.) Bonjour agent Rick. Que désirez-vous savoir ?
- Euh... Rien Avina, c'est bon. Merci.
- A votre service.
Rick fit un signe de tête à son compagnon tout en éteignant son omni-tech. Celui-ci répondit de la même manière et dépassa Liara pour le rejoindre.
- Désolé du dérangement, Mademoiselle.
Et ils s'en allèrent.
- Je vous en prie.
Liara attendit d'être seule avant de pousser un franc soupir de soulagement. Elle avait les jambes légèrement flageolantes. Mais elle n'avait pas le temps de se reposer. Aussi se mit-elle en route pour le hangar où elle prit la navette Kodiac.
- Cortez, j'ai un message pour le Lieutenant Ashley.
Le pilote opina.
- Je vous la passe.
Le petit écran à l'arrière s'alluma après quelques secondes et le visage casqué du Lieutenant apparut.
- Lieutenant !
- Liara, qu'y a t-il ?
- J'ai du nouveau pour vous !




Ashley écouta le rapport en opinant, l'air grave.
- Donc, la guerre contre les Moissonneurs reprend. Mais je n'ai pas bien comprit, c'est votre contact à la Citadelle qui vous a dit tout ça ?
- Non. Mais ce serait trop long à expliquer. Pour l'heure, sachez simplement que tous les Moissonneurs ne sont pas contre nous.
- Et comment sait-on ceux qu'il faut tuer ?
- ça, je ne sais pas. Je vous demande simplement de me faire confiance.
- C'est le cas. Sinon, vous le sauriez, croyez-moi.
Elle lui offrit un petit sourire que l'Asari lui rendit.
- Nous sommes au point de disparition d'Hackett. Je vous tiendrais au courant. Pendant ce temps là, contactez le major Coats et informez le de tout.
- A vos ordres.
Ashley coupa la communication et prit une profonde inspiration. Elle se tenait au milieu d'un tas de cadavres. Près de six escouades étaient allongées au sol.
- Lieutenant, venez voir. (Dit Tali.)
Ashley rejoignit la Quarienne qui était penchée au dessus d'un cadavre en piteux état. Son armure avait fondu et sa chair semblait brûlée à de nombreux endroits. Et que dire de ses yeux. Ils étaient éclatés et opaque.
- Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Garrus se pencha lui aussi au dessus du cadavre et renifla avec dégoût.
- ça me rappelle quelque chose...
Tali opina.
- Et ce n'est pas bon signe. (renchérit-elle.)
Ashley les dévisagea tous les deux sans comprendre.
- L'Augure. (Annonça tristement Tali'Zorah.)

#5
Mirlina

Mirlina
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Finalement, celui-ci ne sera pas le dernier... Mais que ça ne vous empêche pas d'en profiter :P
Bonne lecture !





Chapitre 5 : Manipulation.




"Je ne peux pas. J'ai essayé, Shepard ! Ils sont trop forts !

"Vous avez changé la donne."

"Vous êtes une anomalie."

"Nous irons jusqu'au bout ! Et nous les vaincrons !"

"Vous n'êtes plus seule dans ce combat, Shepard, c'est une source de force."

"Jamais je ne l'accepterais. Je ne vous abandonnerais pas !"


"Annihilation des barrières. Libération des protocoles. Reprise du contrôle."


...
...
...

"Humaine..."

"Jamais je ne céderais."





La gigantesque machine posa son regard incandescent sur tous ceux qui l'entouraient. Près de la moitié des siens étaient réunit dans cet endroit isolé, attendant ses ordres. Mais nombreux étaient encore ceux sous la coupe de l'imposteur. Tout comme la majeure partie des endoctrinés, ils n'arrivaient pas à se défaire de son contrôle. Il savait que la bataille à venir serait rude. Mais il avait préparé son attaque. Diviser pour mieux régner était un dicton bien connu des humains ainsi qu'une stratégie puissante. Stratégie qu'il avait mise à profit. Réunis, les organiques constituaient une menace, qui plus est, soutenu par une armée de Moissonneur. Mais séparés, ils ne représentaient rien ! Le monstre de métal toucha l'esprit des siens et communiqua avec eux.
"- L'heure approche. (Annonça t-il.)"
"- Nous terminerons la Moisson. (Poursuivit un autre.)"
Il ressentit l'approbation des autres.
"- Ne détruisez pas les antennes de communications. (Ordonna t-il de sa voix suffisante avant de poursuivre.) Le Turien Victus a été amélioré."
"- L'Asari Niera également. (Répondit un autre.)
"- Et qu'en est-il du Galarien ? (Tonna t-il.)"
"- Ce n'est qu'une question de temps. Mon pion avance déjà vers lui. Lirrahe sera bientôt rallié."
Satisfait, le monstre de métal se mit en route. Quatre dirigeants des quatre grandes races avaient été enlevés pour être convertit à la cause Moissonneur. Ce faisant, ils deviendraient leurs agents, empêchant toute alliance et précipitant ainsi la chute des organiques. Les Geths et les Quariens étaient trop éloignés pour représenter une menace directe, et les Krogans, trop affaiblit. D'un ordre mental, il envoya son armée vers la Citadelle. La relique du passé était devenue un danger à écarter. Il se chargerait lui même de l'endoctrinement d'Hackett une fois arrivé dans le système Hélios. L'Augure s'élança via le relais, suivi par des centaines de Moissonneurs.




Le Lieutenant et son équipe avançaient prudemment dans la rue ravagée. Cette zone était encore en ruine, se dressant en vestige de la dernière guerre.
Et si ça se trouve, le reste sera bientôt dans le même état, songea amèrement Ashley.
Tali'zorah et IDA scannaient la rue de concert, analysant chaque trace qu'elles pouvaient trouver à l'aide de leur omni-tech. L'appareil passait sur tous les spectres connus pour relever la moindre emprunte ou le plus petit résidu.
- Rien ici non plus. (Déclara Tali d'une voix sombre.)
Ashley jura. Ils avaient quadrillés le secteur dans un rayon de dix kilomètres, mais ils ne trouvaient nulle trace d'Hackett ou de ses ravisseurs. Soit ces derniers avaient été particulièrement méthodique, soit ils ne cherchaient pas où il faut.
- Que fait-on, Lieutenant ? (Questionna Garrus.)
L'intéressée poussa un petit soupir de détresse.
- Je ne sais pas. Une suggestion, IDA ?
- Je pourrais toujours utiliser les systèmes du Normandy dans l'espoir de capter des transmissions suspectes.
- Cela prendrait longtemps ?
- S'ils ne communiquent avec personne, cela sera sans effet.
- Alors il faut trouver autre chose. (Rétorqua le Leieutenant d'un ton sec.)
- Peut-être qu'on ne s'y prend pas comme il faut. (Proposa Garrus.)
- Comment ça ?
- S'il n'y a pas de trace, c'est peut-être qu'ils n'ont jamais quitté la zone.
Ashley regarda les nombreux bâtiment en ruine autour d'elle.
- Si on doit fouiller tout ça, on a pas fini...
- J'pensais pas à ça. (Répondit-il tout en indiquant la plaque d'égout sous ses pieds.)
- Garrus, vous êtes un génie ! (S'exclama Ashley après une seconde.)
- Je l'admet. (Répondit le Turien avec amusement.)
Tali se pressa dans son dos pour murmurer à son oreille.
- Attention à ce que ça ne vous monte pas à la tête, Vakarian. (Lui susurra t-elle langoureusement.)
- Je... J'ai de quoi la garder où il faut. Enfin je crois.
Garrus rougit jusqu'au yeux et toussa pour mettre un terme à la gêne. Ashley fit comme si de rien n'était, jetant un vague coup d'oeil vers James qui ricanait. Elle soupira et souleva la plaque avant de descendre dans le conduit. La lumière de son arme éclaira les ténèbres, dévoilant de longs tunnels sordides. Elle remonta.
- On en a pour un moment là dedans. Garrus, vous et Tali, allez voir Coats et aidez le à mettre en place la résistance.
- La résistance ?
- Oui. De la guérilla urbaine, au cas où les endoctrinés reviendraient.
- Oh, ça, je sais faire. Mais, vous allez vous en tirer ?
- Pas de crainte. Tali, il paraît que leurs canons sont encore en pannes.
- Je suis plutôt spécialisée dans les vaisseaux, mais je ferais de mon mieux.
- Parfait. James, IDA, avec moi. On garde le contact radio. (Elle se prépara à entrer dans le tunnel et croisa le regard du Turien.) Faites gaffe. Tous les deux.
Ils opinèrent. Le Lieutenant se laissa tomber dans le trou, rapidement suivie par IDA et James. Garrus et Tali prirent la direction du centre de commandement principal.
- C'est la renaissance d'Archangel ! (S'amusa Garrus.)
- Doucement Vakarian, vous allez vous fatiguer. Et vous n'allez encore pas tenir la distance. (Nargua t-elle.)
- Vous êtes méchante ! Encore.

- Lieutenant, pourquoi ne pas m'avoir envoyée pour réparer les canons ? J'ai des connaissances que l'Amiral Tali'Zorah n'a pas en ce domaine.
- Je préfère te savoir avec nous. Ces tunnels sont longs. Mais toi, tu pourras repérer l'Amiral et ses ravisseurs grâce à tes scanners.
- Je comprend.
Le silence s'installa un court instant.
- Et puis... Si c'est vraiment la reprise de la guerre... Je ne voulais pas les séparer. (Elle regarda l'IA.) Tu préférerais être avec Joker, n'est-ce pas ?
- Si cela devait être notre fin ? (Elle parut réfléchir à la question.) Oui. Mais je comprends la nécessité de ce que nous faisons.
Ashley opina sombrement.
- Je suis désolée. (Conclut-elle.)
James écouta la conversation avec sérieux. Quand IDA finit par partir en éclaireur, il se rapprocha du Lieutenant.
- Et vous ? Avec qui voudriez-vous être ?
Elle lui jeta un regard, entre surprise et amusement.
- C'est une proposition ?
- Peut-être bien, querida.
Elle le dévisagea avec un sourire.
- C'est nouveau, les petits mots doux ?
- Faut bien s'y mettre.
- Peut-être... (Répondit-elle d'un air mystérieux.) Mais on verra ça plus ******, soldat.
- A vos ordres !
IDA revint à ce moment précis.
- J'ai trouvé quelque chose. Sept signes vitaux à moins d'une dizaine kilomètres au nord.
- Allons-y.




Des dizaines de rapports parvenaient à l'entité. Elle les consultait les uns après les autres, sentant l'angoisse monter. Il s'agissait de disparitions non répertoriée. Des dirigeants des quatre grandes races avaient été enlevés de manières suspectes et l'information n'avait pas filtrée. Mais depuis le piratage, son système avait été mise à nu, et des données qu'elle ne soupçonnait même pas lui parvenaient. Mais toujours rien sur l'emplacement des victimes ni sur la raison de leur enlèvement. Depuis lors, deux d'entre eux étaient revenus parmi les leurs. Le premier avait déjà rassemblé une immense foule pour faire une grande annonce. Mirlina plongea dans le corps d'un endoctriné non transformé. Il en restait un grand nombre qui seraient à jamais sous contrôle partiel des Moissonneurs. Des soldats, des scientifiques, et même des politiques, qui étaient désormais des agents dormant, inconscient de leur propre nature, prêt à trahir tout le monde sans le savoir et sans discuter. Elle répugnait à ce genre de méthode, mais n'avait pas le choix. Elle avait glissé dans le corps d'un Turien, supplantant sa conscience et l'enfermant pour un temps. Le retour du Primarque Victus sain et sauf était célébré sur Palaven. Elle s'approcha de lui, consciente qu'elle n'aurait que peu de temps avant d'être repérée. Elle n'avait pas le comportement type d'un Turien. Et son hôte risquait de ne pas supporter le choc très longtemps.
- Primarque, c'est un soulagement de vous savoir de retour. (Déclara un général.)
- Avez-vous idée des responsables de cet enlèvement ? (Questionna un autre.)
Victus fut soudain très sérieux et une flamme bleue dansa un instant dans son regard. Mirlina s'approcha encore, tendue. Elle inspecta le Primarque et remarqua que quelque chose glissait sous sa peau au niveau de sa nuque.
- Oui. Il s'agit des Asaris. Elles nous déclarent la guerre. (Annonça le Primarque avec force.)
Il y eut un instant de silence. Le choc de la nouvelle se répandit parmi les Turiens.
- Quoi ? Mais c'est impossible ! Les Asaris n'ont jamais été nos ennemies.
- Me traiteriez-vous de menteur ? (Demanda Victus avec froideur.)
- Non, Primarque ! Que faisons-nous ?
- Nous nous préparons à la guerre. Nous allons attaquer Thessia !
- Pouvons-nous l'emporter ? La dernière guerre nous a énormément affaibli !
- Nous ne pouvons laisser cette tentative sur ma personne sans réponse ! Les Asaris sont faibles, nous les écraserons !
Shepard écarquilla les yeux, n'en croyant pas ses oreilles. Une guerre entre Turiens et Asaris était la pire des nouvelles et diviserait les forces pour lutter contre les Moissonneurs. Elle scruta sa cible et nota que sa peau continuait d'onduler légèrement.
- Préparez nos armée immédiatement ! Nous partons avant la tombée de la nuit ! (Tonna Victus.)
Le temps se figea. Consciente qu'elle ne pouvait attendre plus longtemps, Mirlina se précipita sur lui. D'un coup de coude, elle bouscula un Turien puis passa dans le dos de Victus. Ses bras se refermèrent autour de sa gorge , bloquant ses mouvements. Elle le maintint avec fermeté, l'utilisant comme bouclier vivant. Tous la dévisagèrent un instant, étonnés, avant de la mettre en joue. Mais la vie du Primarque était en jeu, ce qui lui donnait un peu de répit. Elle ouvrit la bouche.
- Je... (Elle hésita.) Je les entends ! Pas vous ? Ils m'ont dit de ne surtout pas le toucher ! Pourquoi ?! (Hurla t-elle en bluffant, avec un brin de folie.)
En même temps qu'elle prononçait ses mots, elle tâta la peau de Victus et planta un ongle dedans. Puis, elle pinça l'épiderme avec force, arrachant un grognement au Primarque. Les Turiens s'agitèrent et tentèrent de l'encercler. Elle recula, se collant dos à un mur.
- Ils disent qu'il faut le protéger ! Que tous doivent mourir, mais pas lui ! Pourquoi ? (Renchérit-elle pour gagner un peu de temps.)
- Relâche-le Gerk, et tout ira bien. (Déclara un officier.)
- Gerk ? (Dit-elle en réalisant que c'était le nom de son hôte.) Vous... Ils... Aidez-moi, s'il vous plait...
Elle se détestait pour cette comédie, mais c'était nécessaire. Quelque chose bougea dans sa main et chercha à pénétrer sa peau. Elle regarda les doigts de son hôte. Le sang de Victus fourmillait de parasites. De quoi pouvait-il bien s'agir ?
- Mais qu'est-ce que vous attendez pour le tuer ? Vous ne voyez pas que c'est un agent Moissonneur ?! Peut-être même envoyé par les Asaris !
Mirlina entendit le bruit distinct d'une arme sur le point de faire feu. La blessure du Primarque se referma sous ses yeux et brilla d'un éclat bleuté un instant. Sa peau ondula fortement avant de s'apaiser.
Des nanites, pensa t-elle.
Victus avait été un allié fidèle dans la guerre, presque un ami. Mais elle n'avait plus le choix. Elle devait empêcher les rebelles Moissonneur d'arriver à leurs fins.
- Tuez le ! (Aboya le Primarque.)
Elle affirma sa prise sur la gorge du Turien et, d'un coup sec, lui brisa la nuque au moment où les soldats faisaient feu. L'hôte tomba au sol en même temps que le Primarque, morts tous les deux.
Mirlina resta figée un instant en reprenant pied. L'expérience avait été particulièrement éprouvante. Elle consulta d'autres données. Sur Thessia, la matriarche Niera était accueillie par les siennes et les rassemblait pour un discours. Shepard jura. Elle ne savait pas si son action précédente avait permit d'empêcher la guerre ou si, au contraire, elle l'avait précipitée. Et elle était obligée de recommencer. Elle ferma les yeux, prête à prendre de nouveau le contrôle d'un organique touché par l'endoctrinement quand ses détecteurs l'avertirent. Elle tourna son regard vers le relais Hélios. Celui-ci s'activa et toute une armée de Moissonneur sortit de l'hyper espace avec l'Augure à leur tête. La sensation de son sang se figeant la dérangea. Elle commença à angoisser. Les Moissonneurs sous son contrôle étaient dispersés dans la galaxie, à des années lumière d'elle. Mirlina savait déjà ce que manigançait l'Augure. C'était bien trop évident. Elle prit une profonde inspiration et ferma les yeux, reliant son esprit à toutes les stations de transmissions, toutes les télévisions, tous les omni-tech de la galaxie. Elle pirata et toucha chaque système de communication, infiltrant leurs systèmes. Son secret allait s'évanouir. Shepard avait réussit un exploit de son vivant, réunir la galaxie. Et elle seule pouvait y parvenir encore une fois.




Liara tournait en rond dans sa chambre, se rongeant les sangs. Elle venait de faire son rapport au major Coats et demeurait sans nouvelle de l'escouade. Elle ne cessait de penser à Shepard. Rester sans rien faire lui donnait la nausée et ne faisait qu'accroître son angoisse. Quelque chose se tramait et elle ne pouvait rester inactive. Ses contacts de Courtière demeuraient également silencieux. Finalement, elle décida de rejoindre la Citadelle et Shepard.
Alors que la porte de sa chambre s'ouvrait, elle tomba nez à nez avec le Docteur Chakwas. L'humaine la dévisagea, légèrement surprise et baissa le bras.
- Bonjour, Liara. Justement, je venais vous voir.
- Docteur Chakwas. Je n'ai pas vraiment le temps là...
L'humaine rentra dans la chambre.
- Prenez le. S'il vous plait. (Demanda t-elle doucement.)
Liara hésita un instant avant d'opiner à contrecoeur. Elle invita l'humaine à entrer et referma la porte.
- Nous n'avons pas eu beaucoup l'occasion de nous parler, ces derniers temps.
- Je dois admettre que je vous évite un peu.
- Oui, je peux le comprendre. Je fais un petit peu pareil. (Avoua Chakwas.)
Liara commença à nouer ses doigts, anxieuse, jetant de temps à autre un regard à l'heure sur son écran.
- Liara, est-ce que vous dormez ?
La question prit l'Asari au dépourvu. Elle se rendit compte qu'elle n'avait pas fermée l'oeil depuis plus de trente heures.
- Oui. (Mentit-elle.)
- C'est la vérité ?
- Docteur, écoutez, je suis assez pressée, et...
- Je ne vais pas vous retenir plus longtemps que nécessaire, Liara. Mais je me fais du soucis pour vous. Depuis la mort de Shepard, vous semblez... absente, déconnectée.
L'Asari tourna lentement la tête vers l'humaine et la dévisagea en silence. Elle eut soudain l'envie de lui dire que son amante était toujours en vie, sous une autre forme. Peut-être même qu'elle pouvait l'aider, avoir une solution pour la ramener. Mais elle s'en abstint, consciente que c'était une idée ridicule.
- Je vais bien (Lança-elle un peu sèchement.)
Chakwas poussa un petit soupir et opina.
- Bien. Je vous laisse donc. Mais, quand vous aurez le temps, passez me voir, d'accord ?
- Oui, docteur. (Elle se releva et se dirigea vers la porte avant de se figer.) Vous savez que ça recommence ?
L'humaine acquiesça sombrement.
- Fermez en partant.
Et elle sortit de la pièce pour rejoindre les navettes. Le docteur Chakwas la regarda s'en aller, démunie. Elle passa la porte quand l'ordinateur de Liara bipa. Elle resta figée sur le seuil, hésitante. Elle eut la folle envie de fouiller l'ordinateur pour savoir ce qu'y faisait l'Asari et ainsi trouver un moyen de l'aider. Mais la curiosité était un vilain défaut. Elle secoua la tête et se retourna quand un autre bip résonna.
- Tant pis. (Lâcha t-elle.)
L'humaine se plaça derrière le terminal et découvrit qu'un nouveau message était arrivé. Elle l'ouvrit et le survola du regard. Un passage retint son attention.
"Quatre projets reliés dans les bases de données. Incomplets. Projet Lazare. Projet Eve. Projet Suprématie. Projet Phénix."
Les trois premiers étaient familiers au docteur. Shepard avait été le sujet du premier et avait contré les deux autres. Mais pour le dernier... Elle releva le nom et retourna dans l'infirmerie faire des recherches. Il n'y avait rien concernant un projet, mais le mot lui donna un résultat.
- Phénix... Oiseau de feu légendaire capable de renaître de ses cendres... Pour ainsi dire, immortel. (Lut-elle.)
Elle se laissa aller dans son siège, songeuse.




Liara courrait dans les couloirs de la Citadelle. Elle était impatiente de revoir Shepard. L'Asari se sentait coupable de l'avoir laissée seule, abandonnée, au moment critique lors de l'ultime bataille. Si elle avait été présente, peut-être que... Les alarmes de la Citadelle rugirent et la firent sursauter. La voix d'Avina résonna dans les couloirs.
- Alerte à toute la Citadelle. Attaque imminente. Evacuation d'urgence recommandée. Veuillez suivre le personnel de la station pour rejoindre les vaisseaux. Alerte à toute la Citadelle. Attaque imminente...
Liara accéléra l'allure. Avina continuait de répéter le message en boucle. L'Asari n'était pas sûre de ce qu'il se passait, mais elle avait une vague idée. Les Moissonneurs... Elle retrouva le passage dans lequel Shepard lui était apparut et se posta devant le socle. Avina était là, ses circuits ayant prit une teinte rouge assez inquiétante.
- Bonjour Dr T'Soni. Je vous recommande d'évacuer la Citadelle. (Déclara t-elle sans préambule.)
- Je dois parler à Shepard !
- Un moment s'il vous plait. (Deux secondes passèrent.) Je ne trouve pas cette personne. Les informations à son sujet la déclare décédée. Je vous recommande d'évacuer la Citadelle.
- Shepard ! (Hurla Liara.) Je sais que vous m'entendez ! Je dois vous parler !
Il n'y eut aucune réponse. Le message d'Avina continuait de résonner un peu partout. Puis, il s'arrêta. Les écrans de la Citadelle grésillèrent en s'allumant. L'image d'une armée de Moissonneur apparut, s'avançant dans l'espace vers la Citadelle.
- La Citadelle est la cible des Moissonneurs. Pour votre sécurité, veuillez l'évacuer immédiatement. Le verrouillage d'urgence aura lieu dans moins de vingt minutes. (Déclara une voix synthétique.)
Liara entendit des bruits de course et des cris de terreur au loin. Elle perçut également les tentatives maladroites et inutiles des agents de sécurité pour ramener le calme. Elle commença à scander le nom de Shepard, s'époumonant. Les secondes s'écoulèrent et elle s'arrêta, haletante. Finalement, les lumières du couloir s'éteignirent un instant et Avina disparut, laissant place à l'hologramme de Shepard.
- Liara ? (Demanda t-elle avec surprise.) Que faites-vous ici ?
- Je venais vous voir et... Alors, ça y est ? La guerre recommence ? Combien sont-ils ?
- Des centaines. Je dois évacuer la station. Vous devriez partir.
- Non ! Cette fois-ci, je resterais avec vous, jusqu'au bout.
- Liara, c'est trop dangereux.
- Je le sais. Mais je ne me cacherais pas. Ma place est ici, avec v... toi. Je refuse de t'abandonner, de te perdre encore une fois.
Shepard la dévisagea un instant, puis un sourire se dessina sur son visage.
- D'accord.
Les portes du couloir se verrouillèrent.
- Je suis heureuse que tu sois ici, avec moi. (Poursuivit-elle.)
- Comment comptes-tu combattre les Moissonneurs ?
- Je rappelle déjà mon armée et j'ai connecté toutes les antennes de la galaxie pour transmettre un message aux organiques.
- Quel message ?
- Vivante, j'ai unifiée la galaxie. Je vais le refaire aujourd'hui.
Liara dévisagea son amante un instant, perplexe.
- Tu... Tu comptes dire ce que tu es devenu ? (Mirlina hocha la tête.) Tu ne peux pas faire ça !
Shepard inclina la tête sur le coté.
- Pourquoi ?
- Ils ne le comprendront pas. Ils perdront espoir !
L'intéressée considéra son amante un instant, troublée.
- Je ne comprends pas. (Finit-elle par avouer.)
- Mirlina... Tu étais un symbole. Le symbole d'un combat. L'espoir. S'ils voient ce que tu es devenu, comment crois-tu qu'ils réagiront ? Certains te suivront. Mais d'autres te craindront. Ils pourraient perdre confiance, perdre espoir...
- Ce n'est pas ton cas. (Répondit simplement Shepard.) Tu ne m'as pas rejetée.
- C'est différent, Mirlina. Moi, je t'aime. Je t'aime et je te fais confiance. Je sais qui tu es, au fond de toi. Je sais que tu as fait ça pour nous tous, parce que c'était nécessaire.
Mirlina resta silencieuse un instant.
- Sans unification, la galaxie est perdue. Qui mieux que moi pourrait l'unir ? Je l'ai déjà fait. Et je suis déjà revenue une fois d'entre les morts.
- Mais ce n'est pas la même chose. Quelqu'un d'autre doit le faire.
- Qui ?
Liara réfléchit à la question. Elle ne savait pas. Tout d'un coup, elle se demanda si son amante n'avait pas raison. Etait-ce un simple désir égoïste qui la poussait à l'empêcher de se dévoiler ? La peur de ce qui pourrait arriver, de la perdre ? Elle déglutit, prête à lui dire de le faire, quand une idée lui traversa l'esprit.
- Hackett... (Murmura t-elle.)
Shepard la dévisagea.
- Hackett ? Vous l'avez retrouvé ?
- Non. A l'heure actuelle, Ashley et les autres sont à sa recherche. Lui aussi est un symbole, Mirlina ! Lui pourrait réussir !
- Le temps nous est compté, Liara.
L'Asari opina avec gravité et activa son omni-tech pour contacter le Lieutenant Williams. Mais elle n'eut aucun signal de réponse. Elle essaya avec les autres membres de l'escouade. Tali'Zorah répondit à l'appel.
- Liara ? Que se passe t-il ? (Demanda t-elle, surprise.)
- C'est compliqué. Où est le Lieutenant ?
- Dans les égouts, à la recherche de l'Amiral Hackett.
- Je n'arrive pas à la contacter, pouvez-vous lui transmettre un message ?
- Je regrette, mais je ne suis pas avec elle. Je me trouve aux cotés de la résistance humaine.
L'Asari poussa un juron.
- Merci Tali.
- Je vous en prie, Coutier de l'ombre.
Liara coupa la communication et croisa le regard de son amante.
- Je n'ai aucune nouvelle. (Avoua t-elle, gênée.)
- Alors c'est décidé.
Liara se pinça la lèvre inférieure et cria le nom de Shepard avec angoisse au moment où celle-ci disparaissait. Elle réapparut immédiatement.
- Liara... (Commença t-elle doucement.)
- Peux-tu prendre une autre forme ? (Coupa l'Asari.)
Mirlina la dévisagea, intriguée.
- Oui.
- Une autre voix ?
Elle opina.
- Prends la forme de l'Amiral Hackett alors.
- Pourquoi refuser que je me dévoile ? (Demanda t-elle avec scepticisme.)
- Je.. (Liara déglutit.) Je t'en prie. Fais-moi confiance.
Shepard acquiesça et disparut.




Mirlina retourna dans son monde numérique et reconnecta sa pensée dans tous les systèmes de transmissions. Le premier message qu'elle avait passé n'avait été diffusé que dans la Citadelle. Mais cette fois-ci, il le serait dans toute la galaxie. Les Moissonneurs approchaient dangereusement. Ils seraient là dans moins d'une heure. Son armée était déjà sur le chemin du retour. Elle prit une profonde inspiration et commença. Les écrans de toutes sortes s'allumèrent un peu partout à travers la galaxie, et l'image d'Hackett apparut. Tous les regards se posèrent sur lui et tous écoutèrent quand sa voix s'éleva.
- A tous les peuples de la galaxie, ici l'Amiral Hackett, de la Terre. L'heure est grave. Il y a encore peu, nous avons mené une guerre en nous unissant contre un ennemi commun et surpuissant. Et celle-ci s'est terminée sur un cessez le feu. Nous croyions tous en avoir fini, nous l'espérions. Mais les Moissonneurs eux, n'en ont pas fini. Il existe aujourd'hui deux factions qui se battent. L'une nous soutient, mais l'autre cherche à reprendre la guerre.
" La Citadelle est menacée. Sans elle, tout espoir de voir ces monstres vaincus sera irrémédiablement perdu. Je sais que la dernière guerre est encore proche. Que ces séquelles sont encore fraîches. J'ai conscience que ce que je vais vous demander sera pénible. Vous, comme moi, voulons vivre en paix. Mais cela ne sera pas possible tant qu'ils ne seront pas vaincus. C'est une promesse qui a été déjà faite, mais je vous garantis que cette fois-ci, nous l'emporterons. Regardez autour de vous, pensez à vos amis, à vos proches, à votre famille. Ce sont ces sentiments qui font de vous ce que vous êtes. Les Moissonneurs ne le comprennent pas. Ils refusent ce coté émotionnel et ne vivent que dans leur logique. Il n'y a pas de compromis possible. On ne peut pas les raisonner. Il nous faut nous battre. Car si nous baissons les bras, alors ils détruiront tout. Nous devons nous unir. N'écoutez pas ceux qui vous parlent de guerre entre les races, de ceux qui cherchent à vous faire voir un autre ennemi. Les Moissonneurs ont infiltré la société. L'endoctrinement a touché certains de nos plus hauts dirigeants. La vraie menace, ce sont ces machines sans coeur. Pour construire un avenir, il nous faut les vaincre, et nous ne pourrons y parvenir qu'en nous unissant. C'est a chacun d'entre vous que revient cette possibilité, en vous levant et en vous battant. Le système Hélios sera le théâtre de l'affrontement final. Les Moissonneurs sont déjà là. (Il marqua une pause.) Hackett, terminé."
L'image trembla puis disparut. Mirlina prit un instant pour retrouver ses repaires. Elle venait de perdre le contrôle de trois Moissonneurs supplémentaires. Elle jura et utilisa la majorité de ses ressources pour conserver celui des autres. Elle observa quelques secondes les réactions suite à son discours et nota que le scepticisme, le défaitisme et l'ardeur se côtoyaient. Elle ne pouvait rien faire de plus. Elle réactiva le socle d'Avina pour faire face à Liara.
- Espérons que cela fonctionnera. (Déclara t-elle.)
Liara opina.
- Tu as fait ce que tu pouvais, mon amour. (Elle marqua une pause.) Où sont-ils ?
- Ils arrivent. La bataille commencera avant l'arrivée des renforts. Et il se pourrait qu'elle se termine avant. La station n'est pas encore totalement évacuée.
Shepard relança les mesures d'évacuation. Les alarmes résonnèrent dans la Citadelle, et le message d'évacuation tourna en boucle.
- Aucun d'entre eux ne pourrait t'aider ?
- Si, sûrement. Mais à qui faire confiance ?
L'Asari soupira et prit un instant pour réfléchir.
- Il y a un poste de contrôle ? (Finit-elle par demander.)
- Oui. Je vais t'y guider.
Les portes se rouvrirent et Liara partit dans la direction indiquée par Shepard. Elle courut à travers les couloirs striés de rouge, évitant la foule aussi souvent que possible. Finalement, elle pénétra dans une salle de surveillance. Shepard apparut sur un écran.
- Je vais te donner le plein contrôle.
Elle disparut. Un pic d'énergie inonda la salle et les écrans vacillèrent avant de s'allumer. Différentes vues, aussi bien extérieure qu'intérieure, apparurent à Liara. Elle étudia rapidement l'espace proche puis lointain et se familiarisa avec les commandes. Elle remarqua que l'armée de Moissonneur venait de se scinder en deux. Une partie était retournée vers le relais et se plaçait en position d'interception. L'autre groupe poursuivait son approche de la Citadelle, l'Augure à leur tête. Son omni-tech bipa et elle ouvrit un canal de communication.
- Dr T'Soni, ici le Major Coats. (Déclara une voix.)
- Major, vous tombez bien.
- Nous venons de recevoir une transmission pour le moins troublante.
- Je sais.
- Alors c'est vraiment reparti ?
- Oui.
- Vous êtes consciente que l'Amiral est toujours porté disparut ?
- Combien sont au courant ?
- Très peu. J'ai voulu éviter la panique autant que possible.
- Vous pourrez rallier l'armée ?
- Je ferais de mon mieux.
- Alors écoutez. Des Moissonneurs se dirigent vers la Citadelle. Il faut les intercepter où il la détruiront !
- Nous n'avons pas assez de vaisseau pour ça. Certains sont toujours en réparation et n'ont pas bougé depuis que nous les avons amarrés à la Citadelle.
La voix de Shepard résonna aux cotés de Liara, guère plus qu'un murmure, pour qu'elle seule puisse l'entendre.
- Je pourrais utiliser ces vaisseaux pour protéger la Citadelle. Mais il faut empêcher les Moissonneurs de détruire les renforts en provenance du relais.
Liara opina.
- Dans ce cas, Major, la flotte devra faire diversion. Un groupe de Moissonneur tient le relais et détruira tous renforts entrant dans le système. Il faut les en éloigner.
- ça ne sera pas facile. Il y aura beaucoup de pertes.
- Je le sais... (Déclara Liara avec tristesse.)
- Je ferais mon possible. Coats, terminé.
Liara poussa un petit soupir.
- Je viens de les envoyer à la mort.
- Pas nécessairement.
Liara secoua tristement la tête et examina les écrans. Son regard se posa sur l'armée de Moissonneur en approche. Celle-ci s'était arrêtée. Elle observa les imposantes machines, inquiète. L'Augure était immobile et irradiait d'une lumière aveuglante. Des ombres huileuses dansaient autour de lui et les autres Moissonneurs l'encerclaient comme pour le protéger. L'énergie commençait à se propager entre eux, les rendant luminescent. L'Asari poussa un juron.
- Shepard ! Je crois qu'ils s'en prennent à Hackett !




Garrus scrutait l'horizon, pensif. Tali'Zorah était plus loin, en train de bidouiller le dernier canon qui refusait de se mettre en fonction. Finalement, furieuse, elle jeta la lampe qu'elle tenait et se redressa d'un bond.
- Bosh'tet ! (Cria t-elle avec colère.)
- Que se passe t-il ?
- Je n'arrive pas à réparer ce canon ! (S'emporta t-elle.)
Le Turien se releva et déposa son fusil.
- Holà, doucement.
Il s'approcha d'elle et posa ses mains sur ses épaules.
- C'est pas grave. On a tout ce qu'il faut pour les tenir. On est préparé.
Elle le regarda dans les yeux.
- Nous pensions être prêts la dernière fois ! ( Rétorqua la Quarienne avec froideur.)
- Vous l'avez vraiment pensé, vous ?
- Non... (Admit-elle.) Mais nous sommes seuls cette fois-ci. Pas de galaxie derrière nous, pas de soutien. (Elle marqua une pause avant de reprendre d'une voix brisée.) Je n'ai même pas prit le temps de contacter les miens.
Garrus émit un petit râle et la prit maladroitement dans ses bras, mal à l'aise.
- Vous n'êtes pas seule. (Dit-il doucement.)
Elle se blottit contre lui un instant.
- Merci, Garrus. (Soupira t-elle.)
Quelqu'un se racla la gorge et le couple se sépara rapidement. Garrus toussa pour se redonner de la contenance.
- Désolé. (Fit le nouvel arrivant.)
- Ce n'est rien, Major. Que ce passe t-il ?
- Apparemment, les Moissonneurs sont en train d'arriver. Le combat devrait avoir lieu dans l'espace. Le colonel a décidé de laisser une garde ici au cas où. Les civils sont en train d'être ramené derrière nos lignes.
- D'accord. Et nous, que faisons-nous ? (Questionna Garrus.)
- Et bien, je ne sais pas. Directement, aucun de vous n'est sous mon commandement ou celui du colonel. Vous êtes donc libre de rester ici ou de rejoindre le Normandy.
Tali et Garrus échangèrent un regard.
- Nous ne sommes pas aptes à le commander. Et nous n'avons pas de nouvelles du Lieutenant.
- Il faudrait pourtant qu'il participe au combat.
- Quel est l'objectif des Moissonneurs ?
- Ils veulent détruire la Citadelle.
- ça n'a pas de sens !
Coats haussa les épaules.
- Est-ce que quoi que ce soit en a encore ? On les affronte, on met un terme à la guerre, puis ils reviennent et on reprend les armes. Je ne sais pas si ça aura une fin un jour.
- Il ne faut pas désespérer, Major. (Intervint Tali.)
- Je sais bien. (Il poussa un soupir.) Peut-être devriez-vous rejoindre le Lieutenant. Nous avons besoin du retour de l'Amiral Hackett.
Ils opinèrent. Coats se détourna et alla rencontrer d'autres soldats pour transmettre les ordres. Garrus récupéra son arme.
- Bon, on devrait pas en avoir pour longtemps à retrouver leur point d'entrée là dessous.
Il commença à s'éloigner et s'arrêta en constatant que Tali'Zorah ne le suivait pas.
- Que vous arrive t-il ? (Demanda t-il d'un ton fatigué.)
La Quarienne pointa une zone du doigt au loin, où de la fumée s'élevait en spirale.
- Dites moi que ce n'est pas ce que je pense... (Dit t-elle tout doucement, gagnée par le désespoir.)
Garrus regarda par la lunette de son fusil dans la direction indiquée et laissa échapper un juron.
- Ils arrivent. (Déclara t-il sombrement. Il poursuivit en haussant la voix.) Forces Moissonneurs en approche !
L'alerte résonna dans la base et les soldats qui étaient sur le départ laissèrent tomber les paquetages pour se mettre en position.
- Finalement, on va rester encore un peu. (Lança le Turien à l'adresse du Major.)

#6
Black_Cerbere

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Super ta Fan-Fic, j'attends la suite avec impatience ! Continue comme sa :D

#7
Mirlina

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Un lecteur <3

Merci ! Elle est en cours d'écriture en ce moment même :) J'espère pouvoir la poster d'ici Mardi, mais je préfère ne pas me précipiter pour éviter les fautes (Trop nombreuses dans les précédents ^^)

#8
Herge88

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Vivement la suite!!!

#9
Mirlina

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Deux lecteurs <3

Et bien, voilà la suite ! On approche de la fin de cette fiction. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, ce que vous en imaginez même :P



Chapitre 6 : Face à l'Augure.



"Prise du contrôle."

"Peut-être que nous sommes condamnés. Mais nous nous battrons jusqu'au bout."


"Il n'y a qu'en nous unissant que nous pourrons vaincre les Moissonneurs."

"Nous vous sommes infiniment supérieur."


"Je suis juste derrière vous, Shepard."

"On arrive à rien tout seul."


"Je sais pas si le paradis des Turiens est le même que le votre, mais si c'est le cas, rejoignez moi au bar."

"Votre espèce est insignifiante."

"Vous n'avez fait que retarder l'inévitable."

"Si j'ai encore la force de me battre, c'est grâce à vous. Je vous aime."

"Promettez-le..."

"- C'est ce qui me caractérise.
- Non. C'est ce qui vous rend faible et inapte.
- C'est ce qui me rend humaine !"


"Sans vous, tout cela n'aurait aucun sens..."

"Lia...ra..."





    Des bruits se faisaient entendre dans le couloir. Hackett se colla à la porte et perçut des gémissements et des cris.
- Non... Non !
Un coup de feu retentit et le silence se fit. Il secoua tristement la tête. La porte s'ouvrit moins de cinq minutes plus ******, et Simons entra prudemment dans la salle en tenant un plateau de victuailles. Il le posa sur une caisse en piteux état avec attention.
- Je sais que c'est maigre, mais on a fait ce qu'on a pu, Amiral.
Le vieil homme le considéra un instant avant d'opiner.
- J'ai entendu un coup de feu tout à l'heure.
Simons baissa les yeux, la mine sombre.
- Ouais... Jeck aussi a succombé à ces pourritures.. (Déclara t-il amèrement avant de poursuivre.) Je les libère !
Hackett déglutit discrètement.
- Je n'en doute pas.
- Le docteur arrivera sous peu. Mangez. (Lança Simons d'un ton impérieux.)
Et il quitta la pièce, laissant le vieux militaire seul. L'Amiral considéra le plateau quelques secondes et l'inspecta minutieusement. A première vue, la nourriture semblait tout à fait normale, composée de rations militaires communes. Mais il n'avait pas confiance pour autant. Aussi décida t-il qu'il était plus prudent de ne pas y toucher. Hackett fit de nouveau le tour de sa cellule, vérifiant chaque zone à la recherche d'une quelconque brèche qui lui aurait échappée lors de ses passages précédents. Et comme les autres fois, il ne trouva rien. Son ventre grognait et sa gorge était sèche. Il lorgna sur le plateau et poussa un profond soupir. Etait-on à sa recherche ? Quelqu'un viendrait-il le sauver ? Il l'espérait et trouva cela étrange. Sa vie avait été longue et bien remplie, et il n'avait pas peur de la mort. Mais il ne voulait pas que cela se finisse ainsi, ici, dans cet endroit insalubre, à cause de soldats devenus paranoïaques et fous. Il voulait finir sa vie dans sa maison, en profitant de sa retraite ou bien sur le pont d'un vaisseau, au combat.
Les minutes s'écoulèrent, accompagnée du son de l'eau gouttant de manière régulière. La température avait baissée de quelques degrés et Hackett commençait à frissonner. Il supposa que la nuit était tombée. Du bruit résonna dans le couloir et il se rapprocha de la porte. Il y avait des pas et deux hommes discutaient.
- Vous l'avez enfermé dans une pièce vide, n'est-ce pas ? (Demanda le nouvel arrivant.)
- Quasiment. Pourquoi ? (Répondit un homme qui ne pouvait être que Simons.)
- Vous savez, si les Moissonneurs essayaient de s'en prendre à lui, ils pourraient l'exalter à se suicider.
- C'est pour ça que vous devez utiliser votre sérum. Il sera protégé !
Il y eut un instant de silence.
- Vous étiez plus nombreux d'après vos dires.
- Certains n'ont pas pu résister.
- Je vois. Il est heureux que vous y parveniez. Menez-moi à lui.
- Par ici.
Hackett sentit son coeur accélérer. Le fameux docteur était là, lui et son sérum mystérieux. L'Amiral ne savait pas ce qu'il contenait et il n'avait aucune envie de le découvrir. Il retira le plateau de la caisse et plaça celle-ci à coté de la porte. Il monta dessus et se tint prêt. Il aurait pu essayer de bloquer la porte avec, mais cela n'aurait pas été probant. L'objet n'était pas assez lourd et il aurait finit par céder. Les bruits de pas s'arrêtèrent et il retint son souffle. Le verrou fut retiré et la porte s'ouvrit lentement. Simons regarda à l'intérieur, interloqué.
- Amiral ? (Appela t-il, inquiet.)
Il fit un pas dans la pièce. Hackett attendit le bon moment et se laissa tomber sur lui de tout son poids, lui assénant un violent coup de coude derrière la tête. Le soldat s'écroula avec un grognement et lâcha son arme. Hackett se redressa et fit face au docteur. Celui-ci recula précipitamment.
- L'Amiral est contrôlé ! (Hurla t-il.)
Il y eut des bruits de courses, et deux autres soldats débarquèrent, l'arme au poing. Ils mirent l'Amiral en joue.
- Ne bougez pas Amiral ! (Conseilla le premier.)
- Oui, restez sage. Nous allons vous aider. (Continua le médecin.)
Hackett recula d'un pas, les mains en l'air. Lentement, il se dirigea vers le corps de Simons, évitant les mouvements brusques. Une fois à proximité, il se laissa tomber pour attraper l'arme de l'officier. Son genou se bloqua et lui arracha un gémissement. Ses doigts se crispèrent sur l'arme et une violente douleur éclata à l'arrière de son crâne. L'Amiral perdit ses repères. Il se sentit soulevé de sol. La tête lui tournait. On le maintint fermement. Hackett rouvrit les yeux et vit le médecin avec une seringue à la main, en train de la remplir d'un étrange liquide bleuté. Le vieil homme plissa les yeux et constata que le liquide bougeait. Il essaya de se défaire de l'étreinte des soldats, mais ils étaient plus fort que lui. Intérieurement, le militaire maudit son corps vieillissant qui venait de lui faire défaut.
- Là. Ne bougez pas. Vous irez mieux après ça. (Déclara le médecin d'une voix charmeuse tout en s'approchant avec la seringue.)




    Le trio avançait dans les tunnels depuis maintenant près de trois heures. Leur progression s'était faite sans heurt au début, mais après quatre kilomètres, ils étaient tombés sur des tunnels effondrés ou bouchés. Ils avaient dû rebrousser chemin à de nombreuses reprises, fouiller pour trouver des chemins détournés et même déblayer deux passages. Et ils n'avaient parcourus que sept kilomètres. James finit par laisser sa colère éclater.
- Mierda, j'en ai marre ! (Lâcha t-il.)
- James ? ( Fit Ashley d'un ton réprobateur.)
- ça fait des heures qu'on tourne en rond !
- IDA, quelle distance ?
- Encore deux kilomètres vers l'est.
Elle pointa la direction d'un tunnel et James s'y engouffra le premier. Après quelques mètres, il poussa un cri de rage.
- Bouché ! (Gronda t-il.)
Alors qu'elles le rejoignaient, il sortit son fusil à pompe.
- Qu'est-ce que vous faites ? (L'interrogea Ashley, craignant la réponse.)
- Je déblaye. (Déclara t-il avec froideur.)
- James, non !
Trop ******. Le marine fit feu, libérant un obus explosif qui frappa la barricade et la réduisit en morceaux. Vega fit barrière de son corps pour protéger le Lieutenant.
- Et voilà, y a plus qu'à avancer. (Annonça t-il fièrement.)
- Bordel, Vega ! (Cracha t-elle entre ses dents.) Ils nous ont sans doute repéré !
- Pas forcément. (Intervint IDA.) Nous sommes encore assez éloigné d'eux. De plus, le revêtement des tunnels assure une bonne isolation phonique. Cela ne sera certainement plus qu'un vague bruit très faible à leurs oreilles.
James et Ashley dévisagèrent un instant l'IA sans comprendre. Puis, le marine offrit un sourire charmeur au Lieutenant.
- Voyez le bon coté des choses, on aura gagné du temps.
- La prochaine fois, pas de démonstration de testostérone. (Elle marqua une pause et reprit en murmurant avec gêne.) Pas en public néanmoins...
Ils reprirent leur marche en silence. James conserva durant près d'un kilomètre un petit sourire en coin qui n'était pas sans déplaire à Ashley. Ils ne rencontrèrent aucune autre barrière. A certains endroits, quelques caisses entravaient encore légèrement le chemin, mais ils avaient tôt fait de les écarter. Ils marchaient depuis une demi heure quand ils perçurent l'écho d'un coup de feu.
- Cinq cent mètres. (Annonça IDA.)
Ils accélérèrent l'allure, et avalèrent la distance en peu de temps. Ashley ferma le poing en se positionnant à la sortie d'un tunnel pour signifier l'arrêt. Elle jeta un coup d'oeil et ne vit rien. Elle étouffa un juron, et s'avança à l'intersection suivante, IDA et James sur les talons. Elle se pencha légèrement pour regarder et aperçut un corps au sol. D'un petit geste, elle demanda aux deux autres de la suivre en silence. Elle se pencha au dessus du corps et nota le trou dans sa tête. Il s'agissait d'un jeune soldat de l'Alliance. Elle poussa un petit soupir.
- Ce n'est pas Hackett. (Murmura t-elle, rassurée.) On continue.
Ils avancèrent, l'arme au poing. Après quelques mètres, la voix d'un homme leur parvint.
- Là. Ne bougez pas. Vous irez mieux après ça.
Ashley se précipita vers la source de cette voix et arriva devant une porte ouverte. Elle pointa son arme à l'intérieur et se figea une micro seconde. Cinq personnes se tenaient dans la pièce. Hackett était tenu par deux soldats et un homme était penché vers lui, une seringue à la main. Une autre personne était au sol, visiblement inconsciente.
- Lâchez-le ! (Ordonna t-elle.)
Les soldats se raidirent, conscient qu'ils ne pouvaient rien faire. Le médecin tourna lentement la tête vers le Lieutenant.
- Vous arrivez au mauvais moment. Nous étions occupés. (Déclara t-il d'une voix froide.)
- Posez ça. Tout de suite. (Lança t-elle d'un ton menaçant.)
- Quoi ? Oh ça ? (Demanda t-il en indiquant la seringue.) Ce n'est pas ce que vous croyez.
- Posez la !
James et IDA arrivèrent derrière Ashley, pointant chacun une personne de leur arme.
- Et relâchez Hackett. (Déclara Vega.)
Le vieil Amiral regarda l'équipe de sauvetage et se retint de pousser un soupir, soulagé. Il tourna son regard vers le médecin et nota que sa peau ondulait légèrement. Celui-ci bougea rapidement la tête d'un geste nerveux. Une flamme orangée dansa dans ses yeux et de la sueur roula sur son front.
- Prise de contrôle. (Fit le médecin avec une voix qui n'était pas la sienne.)
Le docteur poussa un gémissement. Sa peau ondula fortement et devint incandescente. Ses yeux n'étaient plus que deux fentes oranges luminescentes. Il se tourna vers l'Amiral, la seringue à la main. Ashley fit feu. Le docteur trembla et du sang coula d'une blessure à sa poitrine, près de son coeur. Mais il ne s'arrêta pas. Il leva le bras, prêt à planter l'aiguille. Simons rouvrit les yeux et les posa sur le médecin. Au début, il se sentait nauséeux. Mais en voyant l'état de l'homme, il émergea aussi sec. Son pire cauchemar prenait vie devant ses yeux.
- Non ! (Hurla t-il.)
Il se redressa en moins d'une seconde et plaça son bras pour intercepter l'aiguille qui se figea dans sa chair. Il poussa un cri alors que le liquide pénétrait dans ses veines. Sa peau le démangea horriblement, mais il n'en tint pas compte.
- Vous... Vous êtes avec eux ! (Tonna t-il.)
Malgré son état de faiblesse avéré, il éloigna le docteur de l'Amiral, l'empoignant sauvagement. L'officier referma ses mains sur la gorge de l'homme, mais celui-ci se défit de son étreinte. La douleur explosa dans le crâne de Simons et il tomba à genou en hurlant.
- Non ! Non ! Pitié ! (Fit-il en gémissant.)
L'escouade fit feu sur le docteur sans craindre de toucher Hackett. L'homme poussa un cri inhumain avant de tomber, le corps criblé de balle. Ses yeux reprirent une teinte normal et il se désintégra sous leurs yeux. Les hommes de Simons échangèrent un regard avant de relâcher l'Amiral et de reculer, les mains en l'air. L'officier quand à lui hurlait toujours. Son corps se cabra et il s'écroula. Il haletait fortement, le corps secoués de violents spasmes. Sa peau ne cessait d'onduler et donna la nausée à Ashley. Hackett se pencha au dessus de l'officier et posa une main sur son épaule.
- Mon garçon... Je... (Il ne trouva pas ses mots.)
- Je... Je suis désolé Amiral... Désolé... (Il se cambra.) J'ai mal... Pitié...
Hackett opina et se tourna vers ses kidnappeurs en tendant la main. Le plus proche sortit son arme avec lenteur et la tendit à l'Amiral avant de reculer, les mains en l'air.
- Je suis fier de vous, officier Simons. (Dit l'Amiral d'un ton solennel.)
L'intéressé sourit malgré la douleur et opina, reconnaissant. Hackett fit le salut militaire avant d'appuyer sur la gâchette. L'homme cessa de bouger. Ils conservèrent le silence durant une minute. Puis Hackett se tourna vers l'escouade.
- Lieutenant, je suis vraiment heureux de vous voir.
- Heureuse d'être arrivée à temps.
Il opina et lâcha l'arme qui tomba avec un bruit mat.
- Il faut qu'on vous sorte d'ici. Les choses ont pas mal changée dehors Amiral. Et il n'est pas impossible qu'elles aient encore changée. L'Alliance a besoin de vous.
- Comme toujours. Allons-y.
Ashley pointa son arme vers les deux soldats.
- Et eux, on en fait quoi ?
Hackett les considéra un instant.
- On va les mettre aux arrêts. Prenez leurs armes et surveillez les. (Il marqua une pause et regarda le corps de Simons à ses pieds.) Ils n'avaient pas conscience de ce qu'il se tramait réellement.
Ashley opina et fit un signe à James. Le marine s'exécuta.
Ils sortirent moins d'une heure plus ******, empruntant le point d'entrée du groupe de Simons.
- IDA, contacte le major. Amiral, nous allons vous escorter jusqu'à la base.
- Entendu.
IDA activa son omni-tech et attendit que le canal s'ouvre.
- Major Coats. L'Amiral Hackett est avec nous.
Il n'y eut aucune réponse.
- Major Coats ?
Il y eut des bruits de coups de feu, des cris, et des ordres données à la va vite. Ashley et Hackett échangèrent un regard tendu.
- Le Major est à terre ! Le Major est à terre ! (Hurla une voix par l'omni-tech.)
- Repli ! Retranchez-vous derrière la ligne deux ! (Ordonna une autre.)
Puis le signal se brouilla. Ashley poussa un juron.
- On dirait que la guerre a débutée. IDA, contacte Joker ! Dis lui de venir nous évacuer !
- A vos ordres.
IDA s'exécuta. Son compagnon répondit assez rapidement.
- IDA ! Je m'inquiétais ! Où est-tu ? Tout va bien ?
- Je vais bien Jeff. Nous avons retrouvé l'Amiral Hackett, mais il semblerait que le Major Coats soit mort. Nous avons besoin d'une évacuation immédiate.
- C'est un peu la merde ici aussi. La flotte s'est envolée. Apparemment, les Moissonneurs visent la Citadelle, mais j'en sais pas plus. On m'a pas donné d'ordre direct.
- On a pas le temps, Joker ! (Fit Ashley de manière un peu véhémente.) On a besoin d'une évacuation.
- J'arrive !
IDA tapota sur son omni-tech.
- Données envoyés.
- Temps d'arrivée estimée à... (Il marqua une courte pause.) Dix minutes.
- Bon, parfait, en attendant... (Commença Ashley.)
Des bruits gutturaux résonnèrent autour d'eux et lui donnèrent des frissons. Elle se retourna lentement et vit des dizaines de zombis et de maraudeurs se diriger vers eux. Elle poussa un juron.
- Repliez-vous vers les bâtiments ! IDA, escorte l'Amiral et les prisonniers ! Vega, flanc gauche !
Ils commencèrent à faire feu tout en reculant tandis qu'IDA et l'Amiral partaient en avant. Les balles fusaient dans tous les sens et une frôla le Lieutenant qui émit un juron. Elle jeta un rapide coup d'oeil vers Hackett et opina.
- On recule, James !
- Compris !
Ils se couvrirent l'un l'autre tout en se repliant. Les troupes adverses tombaient sous leurs coups de feu mais continuaient d'avancer, ignorant la peur et le concept d'échec ou de tactique. Il en arrivait toujours plus. Ashley jura.
- Je sais pas si on va tenir dix minutes... (Marmonna t-elle, les dents serrées.)




    Le premier Moissonneur qui sortit du relais se fit réduire en pièce, tout comme le second. Le troisième parvint à tenir un instant, permettant ainsi aux suivants de se regrouper pour riposter. Mais leur nombre était insuffisant pour tenir face à l'armada ennemie qui les réduisait méthodiquement en pièces avec peu de pertes. Shepard toucha mentalement ses unités et ordonna la cessation du passage.
- Je dois obtenir un accès au relais. (Fit-elle d'un ton las.)
Liara allait contacter la flotte de l'Alliance quand son omni-tech bipa. Elle ouvrit le canal de communication et tomba sur Joker.
- Joker ? Que se passe t-il ? (Demanda t-elle, étonnée.)
- Liara, Ashley a retrouvé Hackett, mais les forces ennemis convergent vers eux en ce moment même. Je ne peux pas les évacuer. Et le Major Coats a semble t-il été tué.
Un voile de tristesse passa dans les yeux de l'Asari durant une demi seconde.
- Vous avez essayé Garrus ou Tali ?
- Ils ne sont pas avec le Lieutenant ? (Demanda t-il, perplexe.)
- Non, ils ont rejoint Coats.
- Ah. Mais s'il est mort, je suppose que ça barde pour eux. Ils doivent être pas mal occupé. Où êtes-vous ?
Elle se mordit la lèvre.
- Sur la Citadelle.
- Hein ?! Mais qu'est-ce que vous faites là bas ?
- Ce serait trop long à expliquer. Disons juste que je suis la bataille de très près. Mais je ne peux pas vous aider, Joker.
- Je m'en occupe. (Déclara Shepard.)
- Euh, c'était quoi ça ?
- Rien du tout, Joker.
- C'était la voix de Shepard !
- Tenez-vous simplement prêt ! (Rétorqua t-elle, un brin agacée.)
- Faudra qu'on en discute. (Dit-il avant de couper la communication.)
Liara poussa un soupir, exaspérée.
- Comment comptes-tu faire ? (Demanda t-elle.)
Mais il n'y eut aucune réponse. Elle attendit quelques instants avant de retourner à ses écrans. Elle contacta la flotte de l'Alliance pour coordonner leurs forces.
Mirlina concentra sa volonté et l'envoya sur Terre. Elle ressentit chaque endoctriné encore sous son contrôle. Leur nombre diminuait sans cesse et elle jura. L'Augure était en train de les pirater. Elle lança sa conscience et rassembla les siens avant de les faire sortir de leur cachette. Ils déferlèrent dans les cités ravagées, partout à travers le monde. Il y en avait des milliers. Elle savait qu'ils n'étaient que des monstres, des aberrations sans âmes, perversion même de la vie. Mais elle les avait conservé au cas où, comme si une partie d'elle même avait toujours redouté que ce jour n'arrive. Elle n'en avait pas parlé à Liara. Elle ne l'aurait peut-être pas compris. Mirlina se focalisa sur les ondes émises par les créatures pour les guider vers leurs congénères. Le combat entre troupes Moissonneurs s'engagea partout sur Terre, donnant un souffle nouveau aux défenseurs. Ces derniers se réorganisèrent en profitant de la confusion, évacuant les blessés, reformant les rangs, récupérant des cartouches. Mirlina vérifia chaque combat et constata que la plupart du temps, les humains reprenaient rapidement le dessus. Finalement, elle aperçut Ashley et James. Ils se tenaient à l'entrée d'un bâtiment, essuyant des tirs nourris. Ils essayaient tant bien que mal d'empêcher leurs ennemis de s'approcher de l'immeuble. D'un ordre mental, Shepard envoya ses troupes faire diversion. Les deux forces s'affrontèrent avec férocité sous le regard interloqué des humains. Très vite, des cadavres s'amoncelèrent au sol. Ashley secoua la tête pour se ressaisir et appela Joker.
- Je sais pas ce qui se passe, mais autant en profiter !
- J'arrive, Lieutenant.
Le Normandy descendit dans une zone éloignée des combats suffisamment vaste et demeura à un mètre du sol.
- Je vous conseille de faire vite. La seconde armée de Moissonneur est en train de diminuer rapidement.
Ashley et James escortèrent le petit groupe jusqu'au vaisseau. Le marine fit feu sur les ennemis pour couvrir la fuite de ses compagnons. Puis, il sauta sur la passerelle et le Normandy décolla. Joker fit faire demi tour à son appareil et tira plusieurs salves, démolissant quelques bâtiments tout en décimant les troupes ennemis. Satisfait, il engagea le vaisseau pour quitter l'atmosphère. L'escouade le rejoignit dans le cockpit.
- Amiral, content de voir que vous vous en êtes tirés.
- Joker. (Répondit le vieil homme d'un ton solennel.) Où en sommes-nous ?
- Je sais pas trop. Mais... (Il tapota rapidement sur quelques touches.) Je connais quelqu'un qui saura.



    Mirlina observa les altercations entre ses forces et celles de ses ennemis avec attention. Les combats étaient plutôt équilibrés dans l'ensemble. Elle poussa un franc soupir quand elle aperçut Hackett, sain et sauf, monter à bord du Normandy. Elle tourna son regard vers la zone tenue par Garrus et Tali. Pour l'heure, ils étaient sauf. La voix de Liara la ramena au monde physique.
- Mirlina, l'Augure bouge !
L'intéressée réapparut sous forme d'un hologramme et constata elle même sur les écrans. Bien sûr, elle n'avait pas besoin de ça pour le voir, mais regarder les choses comme une humaine lui faisait du bien, la raccrochait à son ancienne vie. Et à Liara.
- Je vais fermer la Citadelle. Les vaisseaux de l'alliance qui étaient en réparation sont sous mon contrôle. Mais ils ne tiendront pas plus de quelques minutes.
L'Asari opina, l'air grave.
- La flotte de l'Alliance se regroupe. Ils seront bientôt à portée de tir. Qu'en est-il ailleurs ?
Mirlina disparut un instant et consulta des données venant de toute la galaxie avant de réapparaître.
- Ils se préparent à venir. Mais il sera trop ******. Mon armée doit à tout prix passer le relais.
- Et les agents de l'Augure ? Comment ont-ils réagit ?
- Ils ont essayé d'arrêter les défenseurs. Ils sont morts.
L'Asari déglutit et baissa le regard quand son omni-tech bipa.
- C'est le Normandy.
Elle ouvrit le canal et aperçut Joker au premier plan, ainsi qu'Hackett, Ashley et James derrière.
- Amiral ! (Dit-elle avec espoir.)
- Dr T'soni. D'après Joker, vous auriez des informations sur la guerre que nous menons.
Elle opina.
- Oui. Je suis en ce moment même à la Citadelle et j'essaye de coordonner nos efforts pour repousser les Moissonneurs.
- Une tâche ambitieuse. Faites-moi un topo rapide. (Demanda t-il.)
L'Asari s'humecta les lèvres, légèrement nerveuse.
- L'armée Moissonneur s'est scindée en deux factions. Celle qui se trouve dans notre espace à pour but de reprendre la Moisson en détruisant la Citadelle. L'autre faction est toujours de notre coté, mais ne peut pas passer le relais. Pas plus que les armées alliées.
Hackett réfléchit un instant, assimilant les informations.
- Quelle est votre stratégie actuelle ? (Demanda t-il enfin.)
- La flotte doit faire diversion au niveau du relais pour permettre aux autres de passer. Nous pourrons alors protéger la Citadelle.
- Un plan audacieux. Et probablement la meilleure chose à faire. Sans renforts, nous courrons droit à la catastrophe. Mais la protection de la Citadelle, malgré le symbole qu'elle représente, n'est pas notre priorité.
- Au contraire, Amiral. Sans la Citadelle, nous n'aurons plus de soutien Moissonneur. Sans la Citadelle, cette guerre est perdue.
Hackett intégra les paroles de son interlocutrice avec gravité, la mine sombre.
- Alors nous devons à tout prix les empêcher de l'atteindre.
- La Citadelle devrait pouvoir résister un moment, mais il nous faut du soutien.
- Je vais m'occuper de la diversion. Dites aux autres flottes de se préparer à passer.
- Bien compris !
- Hackett, terminé.
Liara coupa la communication et tourna le regard vers son amante.
- Maintenant, c'est eux ou nous. (Déclara t-elle.)
- Ils approchent. (Dit Mirlina, tendue.) Tu es sûre de vouloir rester ?
- Je ne te quitterais pour rien au monde.
Mirlina lui sourit et opina légèrement, reconnaissante.
- Tu pourrais déplacer la Citadelle ? (Demanda l'Asari après une minute.)
- J'ai déjà pensé à cette éventualité. Mais, non, je ne peux pas. Du moins, pas suffisamment pour que cela fasse une différence.
Liara poussa un juron.
- Il va falloir encaisser alors. (Répondit-elle sombrement.)




    Hackett s'adressa à la flotte de l'Alliance depuis la passerelle du Normandy et donna un plan d'attaque détaillé. L'opération était simple mais néanmoins très risquée. Les vaisseaux se placèrent de manière à porter leur assaut tout en restant hors de portée des Moissonneurs. Une cinquantaine de machine  rompirent le contact pour venir les cueillir. La flotte humaine se scinda et partie dans deux directions opposées. Les Moissonneurs firent feu sur le groupe de droite. Un rayon racla contre la coque d'un croiseur, surchargeant ses boucliers. Le groupe de gauche fit aussitôt demi tour pour faire feu, imité par une partie du groupe de droite.
- Concentrez vos tirs sur le même ! Les ordinateurs sont tous réglés en réseau. (Déclara Hackett.) IDA, marque les Moissonneurs.
- A vos ordres, Amiral.
Un croiseur explosa, broyé par un Moissonneur et un autre fut coupé en deux par un rayon. Deux escadrilles de globes passèrent entre les vaisseaux humains, rapidement prit en chasse par les chasseurs. Deux Moissonneurs virent une partie de leurs tentacules arrachés sous la force des canons humains. L'espace était éclairé par de nombreuses explosions. Une partie de la flotte fit feu sur les machines gardant le relais. Ces dernières contre-attaquèrent, détruisant trois croiseurs en l'espace d'une dizaine de secondes. Les humains commencèrent les manœuvres d'évitement pour fuir le combat. Trois Moissonneurs furent détruit pendant la retraite et une dizaine donna la chasse aux vaisseaux. Ceux-ci tournèrent autour du relais et repassèrent à l'attaque, harcelant l'ennemi pour repartir aussitôt. Cette danse macabre dura une dizaine de minutes, mais déjà, l'armée humaine arrivait à bout de souffle. Les pertes étaient lourdes et nombreuses. La puissance des Moissonneurs était sans commune mesure. Trop peu de machines étaient tombées.
- On ne tiendra pas ainsi indéfiniment, Amiral !
- Il faut les éloigner du relais !
- Avaries multiples !
L'Amiral regarda la flotte se réduire à chaque instant avec un pincement au coeur et se mit à prier pour la venue d'un miracle. Il voulait sonner la retraite, mais il savait qu'il n'y en avait pas de possible. Ils devaient tenir ! Hackett indiqua deux cibles en mauvaise posture qui furent détruites en peu de temps. Mais la bataille tournait tout de même en leur défaveur. Soudain, le relais s'activa et une dizaine de Moissonneur arrivèrent. Il y eut un instant de battement, une longue seconde où le coeur du vieil homme s'arrêta, dans l'attente et l'angoisse. Les machines se ruèrent en avant, pattes dépliées et firent feu.  Des rayons bleus s'en échappèrent et frappèrent l'armée Moissonneurs. Trois furent détruits avant que les autres ne se rendent compte de leur arrivée. Hackett sentit un frisson d'excitation parcourir son échine. Les Moissonneurs se détournèrent de la flotte humaine. Celle-ci se regroupa rapidement et reprit ses attaques.
- Amiral, d'autres arrivent. (Annonça la voix de Liara par les hauts parleurs.)
Le vieil homme opina pour lui même et relaya l'information. Les renforts étaient déjà réduit de moitié quand d'autres arrivèrent par le relais. Au début, il n'y en avait que trois, puis cinq, et rapidement, ils furent une trentaine. Toujours pas assez nombreux pour lutter contre la faction adverse, ils n'en restaient pas moins de formidables atouts qui rééquilibraient les chances. Et étrangement, ces Moissonneurs là agissaient différemment des autres, adoptant une tactique plus militaire, des assauts coordonnés, mais également de la protection, entre eux et envers la flotte humaine. Comme s'ils étaient guidés par un seul être au potentiel quasi illimité. Hackett observa la bataille et commença à entrevoir un espoir lorsque d'autres renforts passèrent le relais.
- Flotte Turienne au rapport ! (Annonça une voix.)




    L'Augure s'approchait de la Citadelle. Un rayon s'échappa de son être et frappa l'immense station sans causer de réel dommage. Les autres machines l'imitèrent. Les attaques convergèrent toute vers un même point et frappèrent avec force.
- Que font-ils ? (Demanda Liara, perplexe.)
- Ils tentent de forcer l'ouverture pour atteindre le centre de la station.
L'Asari connecta les tourelles de la Citadelle, prête à faire feu en cas de passage ennemi, même si elle savait que ça n'aurait que peu d'effet.
- Mirlina, qu'est-ce que tu attends ?
- Qu'ils approchent.
Shepard conservait son attention fixée sur le groupe ennemi et comptait mentalement la distance les séparant de la station. Quelque part, presque à l'orée de sa conscience, elle perçut les échos de la confrontation autour du relais. Après l'arrivée de la flotte Turienne, celle des Galariens venait de franchir le relais. D'autres Moissonneurs sous son contrôle avaient également prit pied dans le système. Les pertes étaient nombreuses des deux cotés. Elle s'assurait d'offrir toute son expertise et son soutien pour que le cours de la bataille ne lui échappe pas. Elle approchait de la cinquantaine de pertes, ce qui lui permettait de relâcher légèrement sa vigilance. Elle remarqua que d'autres échos résonnaient légèrement au fond d'elle, quasiment imperceptible. Elle fouilla dans le système virtuel pour les localiser. Des signaux Moissonneurs... Un large sourire s'empara d'elle. D'une manière ou d'une autre, la faction menée par l'Augure était affaiblie. Peut-être même l'Augure lui même. Elle concentra une partie de sa volonté et dénicha deux signaux plus puissants que les autres dans le groupe du monstre. Elle les força et pénétra à l'intérieur, outrepassant leurs protocoles défensifs. Elle rencontra une brève résistance qu'elle annihila bien vite.
Une patte de métal s'abattit violement sur l'Augure, brisant son rayon. L'énorme machine fit volte face et un rayon le frappa de coté, le repoussant légèrement. Il émit un son métallique puissant et horrible. Ses tentacules s'activèrent, transperçant la coque du Moissonneur proche. Les autres machines soutinrent l'Augure, réduisant les deux renégats en charpie. Mirlina profita de la confusion pour avancer ses vaisseaux, dissimulés derrière la Citadelle. Les batteries de canon en état firent feu. Un destroyer ennemi vacilla avant d'exploser. Shepard envoya les croiseurs sans boucliers ou canons sur ses ennemis, faisant tourner les moteurs à plein régimes. Les machines firent aussitôt feu pour les stopper. La flotte de Mirlina répondit avec des missiles dérivé du Thanix. Trois Moissonneurs se les prirent de plein fouet dans leurs globes, subissant de lourds dommages. Les autres s'en protégèrent. Trois croiseurs furent détruits avant d'arriver au but. Le reste entra en collision avec les imposantes machines. Deux furent mit hors d'état.
- Insignifiant ! (Tonna l'Augure, sa voix se répercutant dans toute la Citadelle.)
Les derniers vaisseaux de Shepard furent rapidement anéantis par les Moissonneurs qui reprirent leurs assauts de la Citadelle.
De nouvelles forces passèrent le relais. Les combats s'en étaient peu à peu éloignés, se rapprochant légèrement de la Citadelle. Le Normandy rompit le combat, suivi par d'autres croiseurs et se dirigea vers l'immense station. Des Moissonneurs alliés firent de même. Mirlina tenta d'infiltrer l'Augure, mais l'imposante machine la repoussa violement. De nombreuses explosions secouèrent la Citadelle. De violents tremblements la traversèrent, faisant chuter Liara. Les lumières vacillèrent et les écrans menacèrent de s'éteindre. L'Asari se remit debout et dériva l'alimentation.
- On ne va pas tenir longtemps ! (Hurla t-elle, tendue.)
Mirlina ne répondit rien. Des traits d'énergies bleutés illuminèrent l'espace et frappèrent les rangs des Moissonneurs. L'Augure et les siens émirent d'horribles sons et la moitié fit volte-face pour contenir les assaillants. De nombreuses explosions apportèrent mort et destruction des deux cotés. La pression sur la Citadelle diminua fortement. Les secousses se réduisirent. Liara utilisa les écrans pour constater les dégâts. L'extérieur de la station était bien entamé et ne tiendrait plus très longtemps.
- Ils vont passer... (Dit-elle sombrement.)
Elle poussa un long soupir, consciente que la fin approchait. Soit la sienne et celles des habitants de la galaxie, soit des Moissonneurs.
- Mirlina... (Murmura t-elle.)
L'humaine l'entendit mais ne dit rien. Son regard était ailleurs. Elle regardait la Terre et le combat qui y était mené.




    Garrus visa un cannibale avec son fusil et fit feu. Mais la balle ricocha sur les plaques de métal recouvrant son corps. Il poussa un juron. Une seconde après, la créature explosait sous l'effet de l'incinération de Tali'Zorah.
- Vous êtes redoutable ! Rappelez-moi de ne jamais vous mettre en colère. (Lança t-il pour détendre l'atmosphère.)
La Quarienne tourna la tête vers lui mais ne dit rien. Malgré son masque, il pouvait voir qu'elle n'avait aucune envie de rire. Il sentait sa fatigue, qu'il partageait, sa tristesse et son sentiment de désespoir. Il voulait la réconforter, trouver les mots, mais il ne savait pas quoi dire ou faire. Et le combat était déjà suffisamment prenant. Il repoussa donc ses pensées pour se concentrer sur sa tâche. Les troupes endoctrinés affluaient vers les défenseurs. Le Major Coats était mort plus d'une heure auparavant, et le colonel l'avait suivit une demi heure plus ******. Désormais, le commandement reposait sur Garrus et le Turien ne savait pas trop quoi penser de ce rôle. Il jeta un rapide coup d'oeil circulaire sur la zone et aboya des ordres en faisant de grands signes pour reformer les rangs et rétablir la ligne de défense. Mais la moitié se perdirent dans le vacarme ambiant et il décida de ne pas réitérer. Si les forces Moissonneurs alliées avaient été un véritable soulagement et une aubaine au début, désormais, leur soutien était plus qu'inutile. Elles se faisaient tailler en pièce et étaient sur le point d'être anéanties. Garrus fit feu à plusieurs reprises, tuant un ennemi à chaque coup. Mais cela ne fit que les ralentir légèrement. Un hurlement retentit. Une furie attrapa le dernier maraudeur allié et le transperça de sa main difforme. Les forces Moissonneurs se tournèrent alors entièrement vers les organiques. Garrus poussa un juron.
- Préparez-vous ! On ne lâche rien ! Restez à couvert autant que possible ! (Hurla le Turien pour que tout le monde l'entende.)
La peur transpirait parmi les soldats, mais aucun n'eut l'envie de fuir. Ils tinrent leur position, l'arme au poing et firent feu. Les projectiles fusaient sans discontinuer d'un coté et de l'autre. Trois organiques mourraient pour quatre Moissonneurs. Mais leur nombre était largement supérieur. Le groupe de Garrus commença rapidement à se réduire de façon drastique. Ils n'avaient plus de ligne de repli. Lui et Tali échangèrent un long regard et ils opinèrent. Ils savaient ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. Il n'y avait rien à dire qui n'aurait gâcher ce moment. Ils se placèrent l'un à coté de l'autre. La Quarienne était si proche qu'il pouvait l'entendre respirer et marmonner des jurons quand ses techniques échouaient. Une balle ripa contre sa combinaison et elle tomba au sol en poussa un gémissement. Garrus sortit immédiatement des médicaments de sa ceinture et lui fit une piqûre avant de poser une bandage sur sa blessure.
- Vous devenez prévenant, Vakarian ? (Dit-elle dans un souffle pour dissimuler sa peur.)
- Je crains que vous n'ayez le temps de vous habituer. (Lança t-il avec une pointe d'ironie, la voix sombre.)
Elle effleura son visage du bout des doigts. Le Turien regarda autour de lui. C'était fini. Ils n'étaient plus assez nombreux pour tenir. Il secoua doucement la tête et pensa à Shepard.
- Rendez-vous au bar, mon amie... (Murmura t-il pour lui même.)
Il opina en direction de son amante puis se redressa et fit feu dans le tas. Tali se releva, ignorant la douleur qui s'insinuait en elle et déclencha une matrice défensive pour repousser les balles sur le Turien. Celle-ci se brisa en très peu de temps. Elle programma une sonde qui fut détruite dans la seconde. Une grenade ricocha à ses pieds. Le couple se regarda et sauta sur le coté de concert. Les flammes léchèrent leur corps avec avidité. Un cri couvrit le bruit de la bataille et de nouveaux coups de feu retentirent. Des explosions résonnèrent un peu partout et Garrus perçut distinctement les hurlements des troupes ennemies qui se faisait réduire en bouillie. Il se redressa mollement et poussa un cri de triomphe, submergé par la joie. Des troupes N7 étaient arrivées et semaient la mort parmi leurs assaillants. Les survivants se regroupèrent et apportèrent leur aide. En moins d'un quart d'heure, les forces Moissonneurs avaient été stoppées. Garrus poussa un franc soupir de soulagement et regarda Tali avec un sourire.
- Je vous aime. (Lâcha t-il sans réellement s'en rendre compte.)
- Moi aussi. (Répondit-elle doucement.)
Le couple s'enlaça une seconde avant de se séparer. Garrus sauta par dessus les barricades et salua la compagnie.
- Garrus ? (Demanda une voix.)
Le Turien se figea. Les rangs s'écartèrent et quelqu'un s'avança vers lui.
- ça alors, Javik ! (S'exclama t-il.) Vous n'êtes pas sur le Normandy ?
- Et rater une occasion de me battre ? (Dit-il avec scepticisme.) Je préfère être au sol et les réduire en morceau que de voir d'autres le faire en étant impuissant.
- ça fait plaisir de vous voir.
- Un Prothéen a du vous sauver. (Fit-il remarquer avec une très légère pointe d'ironie.)
- ça vous donne l'impression d'être encore utile. (Rétorqua le Turien avec dérision.)
Javik poussa un grognement mais ne répondit rien. La flamme du combat dansait dans ses yeux.
- Comment nous avez-vous trouvé ?
- Certains des vôtres ont passés des appels radio. Dès qu'on a pu, nous sommes venu à la rescousse.
Le Turien opina.
- Vous êtes arrivés juste à temps.
Les omni-tech de Garrus et Tali s'activèrent soudainement. Ils les regardèrent avec surprise et intérêt alors que des données s'affichaient.
- Qu'est-ce que c'est ? (Demanda le Turien.)
- Je ne suis pas sûre... (Répondit la Quarienne.) On dirait une arme.
Elle consulta les infos avec intérêt. Elle se demanda un instant d'où elles venaient et ne s'en soucia plus, absorbée par l'étude des plans.
- Je sais de quoi il s'agit. (Lança une voix.)
Un homme sortit des rangs et s'approcha. Il regarda les infos d'un rapide coup d'oeil.
- Caporal Tims. (Il salua.) Ce que vous avez entre les mains sont les plans d'une arme anti-Moissonneur. Mais il ne s'agit que d'un prototype. Comment les avez-vous eu ?
- A quoi sert-il ? (Rétorqua Garrus en éludant la question dont il ne connaissait de toute façon pas la réponse.)
- C'est un canon sol-air et sol-espace qui envoie des rayons d'énergie concentré de grande puissance.
- Et il fonctionne ?
- Nous ne l'avons pas encore essayé. Il est alimenté, mais je crois que son coeur est fortement instable. Le projet était sur le point d'être abandonné.
- Pourquoi ne pas nous en avoir parlé avant ?
Il haussa les épaules.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut demander ça.
- L'Amiral était au courant ?
Le Caporal hésita.
- Non. (Finit-il par dire.) Le colonel Iatus l'était néanmoins. Il était à l'origine du projet et comptait le garder secret tant qu'il ne serait pas prêt. Et vu qu'il voulait abandonner...
Garrus poussa un soupir exaspéré.
- Si ce canon peut servir, il nous le faut. (Il marqua une pause.) Et il semblerait que quelqu'un veuille qu'on l'active.
Le Caporal ne fit pas le moindre geste.
- Montrez-nous où il est. (Menaça le Turien.)
- Ceci ne relève pas de votre commandement !
- On est en guerre, bordel !
- Vous n'avez pas idée des sommes qui ont été mises en jeu ! (Couina Tims.)
- Parlons-en, de l'argent ! Comment avez-vous financé ça ? Avec l'argent de la reconstruction de votre planète ?
- Cela ne vous regarde pas ! Mais sachez que nous avons été financé !
- Par qui ?
Le Caporal lança un regard de défi au Turien et se mura dans le silence. Tout le monde les observa, la tension était palpable. Javik renifla avec mépris et sauta sur l'humain. Il posa sa main sur sa tempe et prit une profonde inspiration. Les soldats hésitèrent un instant, l'arme au poing mais ne firent rien, curieux. Le Prothéen ferma les yeux et connecta leurs esprits. De micro expressions passèrent sur son visage jusqu'à ce qu'il rouvre ses yeux.
- J'ai la position. (Déclara Javik en se redressant.) Il travaillait pour Cerberus.
Javik prit un instant pour comprendre les informations qui parcouraient son cerveau.
- Ils ont utilisé les restes d'un Moissonneur et ont tenté de canaliser le rayon qu'ils tirent. (Il se détourna.) Allons-y.
Il partit en éclaireur, suivi de Tali'Zorah. Garrus fit face aux soldats d'élite.
- Prenez soin de ces gars là. (Dit-il en indiquant les survivants de son régiment.) Et... Mettez ce tas de merde aux arrêts.
Ils acquiescèrent.
- Soyez prudent. Et détruisez ces saloperies. (Déclara l'un d'eux.)
Le Turien opina et rejoignit ses compagnons. Ils marchèrent en silence, évitant les quelques rescapés Moissonneurs qui se baladaient ci et là. L'entrepôt du canon était désert et ils le trouvèrent sans peine. Javik entra les codes d'accès pompés dans la mémoire de l'humain et ils pénétrèrent à l'intérieur. Tali'Zorah alluma les lumières et se rendit dans la salle de contrôle. D'autres données arrivèrent sur son omni-tech : Des données de visée.
- Alors, beauté. Vous pouvez le faire fonctionner ?
- Ce n'est pas ma spécialité. Mais je pense que oui. (Lança t-elle d'un ton qui se voulait neutre.)
Elle tapota sur quelques touches et l'arme s'alluma.
- Il faut que ça chauffe. (Elle se tourna vers le Turien.) Alors, Vakarian. On le pensait ? (Demanda t-elle avec amusement.)
Le Turien se détourna.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. (Dit-il, gêné.)
La Quarienne secoua tristement la tête en poussant un petit soupir et se détourna. Garrus posa son regard sur elle, la boule au ventre. Il réalisa soudain qu'il pouvait la perdre et qu'il ne le souhaitait pas. Après une lutte interne, il décida de laisser ses sentiments sortir et posa une main sur l'épaule de la Quarienne.
- Je... Je le pensais. (Dit-il, la voix enrouée.)
Elle se blottit contre lui et il se tendit.
- Pas trop souvent, ça.
- On verra. (Susurra t-elle.)
Après quelques minutes, les ordinateurs lancèrent une série de bip indiquant la pleine charge du canon. Tali'Zorah entra les données qu'elle avait reçu plus tôt et attendit le calcul du tir. Elle n'avait aucune idée de la provenance de l'information, mais, quelque part au fond d'elle, elle savait que c'était un allié. L'arme tourna et le toit de l'entrepôt s'ouvrit. Elle pointa vers le ciel et des éclairs parcoururent le métal. Le canon chauffa et prit une teinte rouge incandescente. Des alarmes retentirent dans la zone et la Quarienne se précipita sur les ordinateurs.
- Surchauffe du coeur ! (Elle pianota sur les écrans et poussa un juron.) ça va exploser ! ça ne s'arrête pas !
- On évacue ! (Hurla Garrus.)
Il attrapa Tali'Zorah par le bras et la traîna dehors tout en hurlant le nom de Javik. Le Prothéen les suivit et l'entrepôt explosa derrière eux, les propulsant au sol. Au même moment, une décharge s'échappa du canon et fila vers les cieux. Garrus se redressa et tendit la main vers Tali'Zorah. La Quarienne le regarda avant de s'écrouler. Sa combinaison était perforée à la jambe et du sang s'en échappait. Il jura et la souleva.
- Vous allez bien ? (Demanda t-il rapidement à Javik.)
Le Prothéen opina.
- Et elle ? (Lança t-il d'un ton neutre.)
- Je dois l'emmener à l'infirmerie !
Il opina à nouveau.
- Je vais vous aider.




    Les forces Moissonneurs sous le contrôle de l'Augure s'étaient peu à peu regroupées et la bataille venait de prendre une autre tournure. Les affrontements étaient des plus sanglants et meurtriers. La quasi totalité des renforts avait fini par arriver et le combat s'était équilibré. Mirlina le regarda un instant, anéantie. Elle avait voulu faire au mieux, sauver tout le monde, et la seule chose qu'elle avait réussit, c'était offrir une autre guerre à la galaxie. Les morts se comptaient par milliers. Elle avait déjà réussit à reprendre le contrôle d'un nombre conséquent de Moissonneur, remplaçant ainsi ceux qui avaient été détruit et affaiblissant le camp ennemi. Mais cela demeurait encore insuffisant pour assurer la victoire. Un rayon d'énergie rougeoyant traversa l'espace et frappa les Moissonneurs ennemis de plein fouet. L'un d'entre deux fut désactivé momentanément par la puissance du choc, ce qui permit à Mirlina d'en prendre le contrôle. Elle tourna son regard vers l'entrepôt et poussa un juron. Il avait été détruit. En fouillant dans les données terrestres, elle était tombée sur ce projet secret. Elle espérait ne pas avoir envoyé ses amis à la mort. Son plan avait encore échoué. Elle réapparut devant Liara.
- Mirlina,j 'étais si inquiète ! (S'écria l'Asari.)
Shepard tourna son regard vers elle, les yeux empli de tristesse.
- Je suis désolée. (Dit-elle.)
Liara dévisagea son amante sans comprendre et sentit sa gorge se nouer.
- Qu'y a t-il ?
- Je pensais avoir agit pour le mieux. Je pensais être capable d'assurer un avenir.
La station fut secouée par de nombreuses petites explosions et des alarmes retentirent. Mirlina secoua la tête avec mélancolie. Liara se força à regarder les écrans.
- Ils ont percé la coque... (Murmura t-elle, gagnée par le désespoir.)
Shepard opina.
- Ils arrivent. J'ai échoué à vous protéger tous. (Elle ferma le poing.) Mais je n'échouerais plus.
- Que comptes-tu faire ?
- Ce qui sera nécessaire. J'ai essayé d'établir la paix, ils l'ont refusé. J'ai fait preuve d'humanité, de pitié, et ils en ont profité. Je vais faire ce que j'aurais dû faire la première fois. Je vais les détruire ! (Elle se tourna vers l'Asari et son visage s'adoucit.) Je suis désolée. Tu te souviens de ce que je t'ai dis, quand on t'a évacuée face à l'Augure, juste avant la fin de la première guerre ?
L'Asari opina, la gorge sèche. Elle sentit les larmes monter.
- Vous êtes tout pour moi, Liara, et vous le serez toujours. (Récita t-elle doucement.)
- Il n'y a pas de plus grande vérité, mon amour. La preuve. Je suis là, devant toi.
- Mirlina, je...
- Et cela restera vrai, peu importe où je serais. (Elle sourit.) Je t'aime, Liara, aujourd'hui et à jamais. (Elle marque une courte pause.) Vit, mon amour.
Les larmes roulèrent sur les joues de l'Asari.
- Mirlina... attends !
L'hologramme disparut. Les portes de la salle se verrouillèrent et les écrans s'arrêtèrent. Liara resta interdite un instant.
- Mirlina ! (Hurla t-elle.)
Il n'y eut aucune réponse. Ses doigts glissèrent sur les écrans de contrôle, mais ceux-ci ne réagirent pas. Elle se laissa tomber dans sa chaise et pleura.
- Ne m'abandonne pas... (Murmura t-elle.) Pas une nouvelle fois...




    Mirlina se détacha de Liara avec énormément de douleur. Elle n'eut qu'une envie, retourner auprès d'elle et se fit violence pour ne pas le faire. Elle quitta sa représentation physique et se laissa porter par le courant électrique. Elle étendit sa conscience et s'ouvrit pleinement au faisceau de données, se noyant dans la masse. Jamais les choses n'avaient été aussi claires dans son esprit. Elle ressentit très nettement chaque pulsation énergétique émises par les Moissonneurs, alliés comme ennemis. Elle faillit un instant perdre ce qui la caractérisait, devenir un être de logique, sans émotion ni sentiment. Mais elle résista. Elle ne devait pas laisser ce coté d'elle en retrait sans pour autant pleinement l'incarner. Elle devait devenir autre chose, un autre être. Elle toucha chaque Moissonneur du bout de sa conscience, décelant la moindre faille, la moindre faiblesse qu'elle pourrait exploiter. D'une simple pensée, elle prit le contrôle d'une partie et envoya des flux de données corrompues dans le système. ça lui semblait tellement évident maintenant... Elle satura les flux de données, incorporant des probabilités supplémentaires, des informations fausses ou falsifiées, imposant des images de destruction. Elle sentit la volonté de certains Moissonneurs vaciller un court instant, une perte de concentration. Elle en profita alors et les imposa sous son contrôle. La bataille durait depuis des heures, mais elle ne ressentait aucune fatigue, tout comme eux. Mais son intégrité n'était pas compromise, elle n'était pas affaiblie, contrairement à eux. Elle profita de chaque faiblesse, de chaque seconde de relâchement pour imposer sa volonté sur ces machines sans âme et les retourner contre les leurs. Plus leur nombre diminuait, plus elle avait du mal à contourner leurs défenses. Les flottes des organiques s'étaient rassemblées et firent feu de concert, déversant leurs projectiles comme un raz de marée sur les Moissonneurs. L'Agure frappait de gauche et de droite, tuant alliés comme ennemis sans distinction avec des coups précis et mortels. Ses tirs étaient d'une puissance destructrice et d'une précision redoutable. Chaque fois qu'un Moissonneur était détruit, Mirlina sentait sa propre conscience faiblir. Dans les premiers moments de la bataille, elle avait à peine ressentit les pertes. Cela n'avait été guère plus qu'un malaise profond et indistinct, quelque chose qui était en dehors d'elle même. Mais désormais, elles lui entaillaient l'âme et brouillaient ses pensées. En s'éloignant de Liara, Mirlina avait accepté ce qu'elle était dans son entièreté. Grâce à ça, elle pouvait en finir avec les Moissonneurs. Elle était entièrement tournée vers ce seul but. Elle refoula ses sentiments pour l'Asari qui risquaient de la détourner de son objectif. La flotte Moissonneur se réduisait petit à petit en même temps que les forces de l'entité. L'Augure poussa un rugissement et se précipita à l'intérieur de la Citadelle, son corps raclant contre la coque qu'il tordit et ouvrit. L'immense machine s'avança à grande vitesse, ses rayons armées. Mirlina délaissa la bataille, laissant les restes des Moissonneurs aux bons soins des armées.
- L'Augure est entré dans la Citadelle. (Déclara un Turien.)
- Nous devons achever les autres Moissonneurs avant toute chose ! (Répondit Hackett.)
Les Moissonneurs restèrent un long moment sans bouger, retrouvant peu à peu leurs libres pensées. Ils essayèrent de riposter, mais la puissance de la flotte organique assemblées était si grande qu'ils ne parvenaient pas à se regrouper. L'espace s'illuminait de milliers d'explosions et les machines étaient détruites les unes après les autres.
L'Augure fit feu sur le centre de la Citadelle.
- Nous avons des moyens de détruire la station. Croyez-vous que nous l'aurions construite sans plan pour nous en débarrasser ? (Tonna t-il, furieux.)
Une explosion tonitruante secoua la Citadelle et des flammes s'engouffrèrent dans les couloirs de la station. L'Augure se tourna et visa d'autre points, détruisant d'autres zones. Puis, il se connecta de l'autre coté de la plateforme qui avait accueillit le Creuset.
- Le Catalyseur était lié à moi. Sa disparition m'a affaiblit momentanément. Vous avez réussit à retarder la Moisson, mais même seul, je pourrais la finir. (Déclara l'Augure.)
Des éclairs orangés traversèrent l'imposante machine pour s'infiltrer dans la Citadelle. Shepard poussa des cris de douleurs muets. Son système nerveux était saturé. Elle commençait à perdre le fil de ses pensées. Seule la douleur signifiait encore quelque chose. Au prix d'un effort extrême, elle parvint à infiltrer le Normandy. Elle alluma les écrans et diffusa un message d'une voix synthétique.
- Evacuation du Dr T'Soni demandée. Autorisation 8-9-3, couloir d'accès 34, point 42.
Et elle se tu. Elle rouvrit les portes de la salle de contrôle et indiqua le chemin à Liara en l'éclairant. Peu rassurée au début, l'Asari suivit le couloir, consciente du danger. De nombreuses explosions se produisaient tout autour d'elle et les flammes léchaient de temps à autre son corps en lui arrachant des cris de douleurs. Le jeune femme appela souvent Mirlina, mais celle-ci demeura silencieuse. Le Normandy arriva quelques minutes après elle. Une combinaison et un casque de maintenance se trouvaient dans un petit couloir. Elle les prit et fut soulagée de constater qu'ils étaient à sa taille et fait pour les Asaris. Elle monta à bord du vaisseau qui s'éloigna de la Citadelle. Les secondes devinrent des minutes et elle retint son souffle, l'inquiétude peinte sur le visage.
Des explosions secouèrent la surface de la station et des morceaux s'en détachèrent. Puis, au bout de quelques minutes, ses bras finirent par s'ouvrir lentement. Le Normandy se mit de façon à voir l'intérieur. Tous avaient les yeux rivés à travers la baie du cockpit. Le corps de l'Augure était là, flottant dans le vide de l'espace, manifestement mort. La Citadelle vibra intensément. Des explosions la secouèrent sur toute sa structure. Elles gagnèrent en intensité et en nombre et déchiquetèrent la station, arrachant ses bras. Seul son centre demeura à peu près intact, bien que troué en son milieu. Liara la regarda avec horreur, le corps secoués de spasmes, les yeux rougies par les larmes. Elle s'avança vers Joker et tapota sur son écran. Le pilote la dévisagea mais ne dit rien. Tous la regardaient en silence.
- Citadelle, répondez... (Fit-elle d'une petite voix.)
Seul un crachat lui répondit.
- Mirlina, je t'en prie... (Dit-elle, la voix brisée.)
Il n'y eut aucune réponse. Les autres la dévisagèrent sans comprendre. Elle sentit ses jambes se dérober et tomba à genou en sanglotant.
- Non... Non, pas encore...




    L'Augure tirait dans tous les sens, détruisant des composants vitaux de la Citadelle, enclenchant des séries d'explosions qui fragilisaient l'ensemble. Puis, il se connecta au réseau pour enclencher une mesure finale. Après s'être assurée que Liara était saine et sauve, Shepard concentra tout son être face à l'imposante machine. Elle projeta son esprit et investit son corps de métal. Le monstre se débattit et la repoussa avec violence. Mais elle sentit sa détermination faiblir légèrement. Elle repassa à l'attaque. Des souvenirs remontèrent dans son esprit. Elle revit sa première mort, face aux récolteurs, elle revit les horreurs provoqués par Sovereign, puis par les autres Moissonneurs. Sa première confrontation face à l'Augure lui revint en mémoire suivi du tir devant le faisceau... D'autres images envahirent son esprit. Des images de guerres et de morts, d'annihilation d'espèce, d'esclavagisme. Elle se souvint de ceux qui avait attaqué Mindoir... La colère s'empara d'elle et se mua en rage. Des millénaires de tueries vécut et perpétrés par l'Augure filtraient dans sa tête. Elle ressentit une sorte de plaisir malsain, un sentiment de supériorité, de toute puissance.
"Prise de contrôle.
Abandon du contrôle.
Moisson de la race.
Début du protocole d'endoctrinement."

Tant de choses qu'elle crut perdre le fil. Mirlina réduisit les défenses de l'être à néant et prit le contrôle de son corps.
- Ce n'était pas juste pour la survie de la vie. (Dit-elle d'un ton froid.) Il y avait plus. Vous aimez vous emparer des autres. Vous aimez semer la mort et la destruction. Moi aussi, je vais prendre du plaisir.
L'Augure poussa un rugissement métallique et se débattit férocement. Mirlina le laissa s'épuiser sans jamais perdre pied. La créature de métal n'était plus en état de la repousser. Les prises de contrôles successifs et les combats l'avaient affaiblit. Elle produisit une douleur immense dans son être, bien que la chose soit relative. Elle déconnecta un à un ses programmes, ses protocoles et ses systèmes, le rendant esclave de son propre corps. L'entité faiblissait elle aussi. L'Augure avait entré un programme dans la Citadelle qui allait la détruire et lui pompait toute son énergie. Elle frémit.
Je ne mourrais pas seule, pensa t-elle. L'humaine s'incarna dans son ennemi, supplantant sa conscience avant de détruire tout son être. Elle découpa ce qu'il était en morceau et détruisit chaque programme. Des éclairs parcoururent la surface de la créature. Mirlina effaça ses données avec lenteur, annihilant tout ce qu'était la créature. Elle se matérialisa en elle et la fit apparaître sous la forme du Catalyseur.
- Terminons-en, monstre. (Déclara t-elle d'un ton froid.)
- Vous n'êtes rien. Nous sommes tout. Eternels. Infinis. Immortels.
Mirlina fondit sur la machine, son poing s'illuminant et frappa. Elle passa au travers et tourna le poing lentement, tordant les lignes de codes. La créature vibra et commença à disparaître légèrement. Mirlina fit durer l'instant. Puis, elle dissipa ses lignes de données, annihilant ses systèmes et ses fonctions avant d'effacer toute trace de son existence. Seulement alors, elle le délaissa. L'Augure poussa un dernier gémissement métallique avant de se figer. Mirlina réintégra la Citadelle et en ouvrit les bras. L'Augure flottait face à elle, à jamais désactivé. Elle vérifia une dernière fois les signaux Moissonneurs. Il n'y en avait plus. Les endoctrinés aussi étaient désactivés. Elle s'autorisa l'équivalent d'un sourire. La Citadelle s'ouvrit totalement et vibra. Mirlina ne fit rien. Elle était las, son énergie quasiment dissipée. Elle regarda le Normandy qui se tenait face à elle, au loin. Elle se sentait heureuse, en paix. Sa mission était accomplie. La menace des Moissonneurs n'était plus. Une série d'explosions secoua la Citadelle. La puissance du souffle détruisit les couloirs et les coursives, fit sauter les immeubles et les ponts. Les bras de la Citadelle furent arrachés et réduit en morceaux. Des débris dérivèrent tout autour de son noyau. Mirlina sentit une violente douleur s'emparer d'elle. Puis, ce fut le néant. Le serveur central s'éteignit. Un seul voyant demeurait allumé et clignotait rapidement. Il ralentit rapidement, tel les battements d'un coeur qui s'arrête.

#10
SerZaltor

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Trois :P
Je m'étais dis que je ne posterais qu'à la fin, mais je vais quand même te féliciter pour le travail que tu as fait jusque là !
Vraiment prenant comme histoire !

#11
Mirlina

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Merci <3

#12
Mire85

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J'apprécie réellement ta vision de tes fan-fiction, très bon travail. Vivement la fin de cette histoire. :)

#13
Mirlina

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Je suis en cours d'écriture ! :)

#14
Mirlina

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Vous l'avez attendu, et bien le voilà ! L'ultime chapitre. Manque plus que l'épilogue ;)




Chapitre 7 : Un amour plus fort que tout.




Liara se réveilla en sursaut, tremblante. Elle frissonna, le corps couvert de sueur, et se leva pour rejoindre la salle de bain. Elle se trouvait dans la chambre d'un hôtel, réquisitionné par le gouvernement terrien. L'Asari fit couler de l'eau et contempla son reflet. Elle nota les cernes qui creusaient ses yeux, la mélancolie dans son regard, l'inclinaison de sa bouche et son manque de couleur. Une paire d'yeux apparut dans la glace et la fit reculer précipitamment avant de disparaître. De la buée s'élevait en spirales autour d'elle et collait à la glace, si bien qu'elle ne fut pas sûre de ce qu'elle avait vu. L'Asari secoua la tête.
Je deviens folle, pensa t-elle. Elle se rinça longuement le visage, essayant de savourer le contact du liquide chaud sur sa peau. Mais elle ne ressentit rien. Finalement, elle mit le robinet sur position froide et se servit un verre qu'elle vida d'une traite avant de rejoindre son lit. Allongée dans le noir, Liara essaya de ne penser à rien et de s'abandonner au sommeil. Mais dès qu'elle fermait les yeux, le visage de Shepard lui apparaissait. Dès qu'elle s'endormait, l'humaine s'invitait dans ses rêves. Celle-ci l'attendait, un sourire sur les lèvres, les bras tendus avec espoir. Liara courait dans sa direction avec espoir, n'espérant qu'une chose, la serrer contre elle. Le sol se mettait alors à trembler et s'ouvrait en deux, les séparant. Le Normandy arrivait juste après, se tenant derrière l'Asari. Celle-ci jetait des regards anxieux autour d'elle, à la recherche de son amante. Mais elle ne la voyait pas. L'humain avait semble-t-il disparue. Anéantie, Liara montait à bord du Normandy. Et alors que le vaisseau s'élevait dans les cieux, l'Asari apercevait son amante. L'humaine était seule, et apeurée. Tout autour d'elle, le sol explosait et les flammes jaillissaient. Elle tournait son regard vers l'Asari et hurlait des choses que celle-ci ne pouvait entendre. Malgré les cris de protestation de Liara, le Normandy s'éloignait de Shepard. Puis, une violente explosion se produisait, ne laissant que des cendres.
Liara poussa un soupir et se releva. Elle n'arriverait pas à dormir. La destruction de la Citadelle remontait à deux jours à peine et la plaie était encore fraîche, hantant ses nuits. Elle s'habilla sans se presser et sortit. L'Asari déambula dans les rues désertes à cette heure tardive avec morosité. La zone était à peu près en état comparé au reste de la cité, mais cela ne l'empêchait pas de voir partout les ravages de la guerre. Tout lui rappelait Shepard. Elle rejoignit le hangar à vaisseau. Le Normandy n'était pas là, mais Cortez oui, à bord de son Kodiak. Elle toqua contre la cloison et l'appela. Il n'y eut aucune réponse. Liara insista et l'humain finit par ouvrir, les yeux bouffis, à moitié endormi.
- Liara ? Que faites-vous ici ? (Il regarda sa montre.) A trois heures du matin.
- Je... Je voudrais rejoindre le Normandy.
- ça ne peut pas attendre qu'il fasse jour ?
Elle se mordilla la lèvre inférieure.
- Je... Non. (Mentit-elle.)
- D'accord. Laissez moi le temps de me préparer et je vous dépose.
L'humain retourna à l'intérieur en laissant la porte ouverte. Liara pénétra dans le Kodiak et attendit le retour de Cortez. Celui-ci revint moins de cinq minutes plus ******, habillé, une tasse de café à la main. Il lança les moteurs pour faire chauffer la navette.
- On aura besoin d'une autorisation, mais je doute qu'il y ait un soucis. (Il fit face à l'Asari.) Bon, pourquoi voulez-vous monter à bord du Normandy ?
- J'ai des... Choses à régler.
- Hin hin. (Fit-il, peu convaincu.)
- Ecoutez Steve, je...
- Vous ne voulez rien me dire, d'accord Liara. Mais ne me mentez pas.
Elle ne répondit rien et baissa les yeux. Cortez tapota sur son écran et attendit l'autorisation de décollage, qui arriva en peu de temps. Il s'installa dans son siège et fit décoller la navette, direction le Normandy. Ils arrivèrent à destination en moins d'une heure. Le vaisseau était en vol stationnaire aux abords des restes de la Citadelle, sur ordre de l'Amiral Hackett. Le vieil homme avait chargé IDA de scanner les serveurs à la recherche de la moindre chose d'importance qui aurait pu être sauvée. Mais pour l'heure, celle-ci n'avait rien trouvé. Liara sortit de la navette et remercia son pilote avant de se diriger vers sa chambre. Elle marcha d'un pas lent et discret, se faisant la plus silencieuse possible. Elle allait rentrer dans sa cabine quand quelqu'un dans son dos se racla la gorge, la faisant sursauter. Elle se retourna lentement.
- Docteur Chakwas. (Dit-elle avec surprise.)
- Liara. Il est un peu ****** pour vous balader ainsi dans les couloirs. Vous n'étiez pas sur Terre ?
- Si. Mais je n'arrivais pas à dormir.
L'humaine sourit avec douceur et compréhension.
- Vous avez tiré Cortez du lit ?
Liara ne répondit pas, légèrement gênée. Chakwas poussa un petit soupir, entre peine et amusement.
- Ecoutez, Liara... Je sais que vous avez vécu un grand choc. La guerre que nous venons de menée à réveillée de nombreuses choses, à rouvert des plaies, qui n'étaient pas forcément fermées.
L'Asari la dévisagea sans comprendre.
- Que voulez-vous dire ?
- Votre amour pour Shepard est grand. Très grand. Vous vous êtes raccrochée à elle avec force. Et désespoir. Je pense que son premier retour de la mort vous a marquée et vous pousse à croire qu'elle pourra encore le faire.
- Vous pensez que je suis folle ? Que j'ai tout inventé ? (Demanda Liara, incrédule.)
- Je pense que vous vouliez y croire. Vous vous sentez responsable de sa mort, vous me l'avez dit. C'est la signification même de vos cauchemars. Et quand on vit de lourds traumatismes... (Elle marqua une pause, puis finit par reprendre d'une voix compatissante.) L'esprit a un pouvoir immense, Liara. Et celui-ci peut parfois être bien cruel.
Liara secoua la tête avec tristesse et une pointe de dégoût.
- De toutes les personnes que je connaisse, je pensais que vous, au moins, vous me croiriez. Que vous essayeriez de m'aider.
- C'est ce que je fais Liara. Croyez-le ou non, mais j'ai vécu quelque chose de similaire moi aussi. Je sais ce que ça fait.
- Non, vous ne savez pas ! (S'emporta l'Asari.) Pouvez-vous imaginer, ne serait-ce qu'un instant, d'aimer quelqu'un plus que votre propre vie ? De vouloir vivre avec cette personne toute votre vie, tout en sachant que ça ne sera pas possible ? Car son espérance de vie est dix fois moindre que la vôtre ? De l'avoir perdue, pleurée et d'avoir essayé de vous reconstruire pour la voir réapparaître, tout ça pour la reperdre une nouvelle fois ? Et voir ce cycle infernal se répéter encore ? Savez-vous ce que ça fait ?! (Hurla -t-elle d'une voix dure.)
Chakwas ouvrit la bouche, mais Liara ne lui laissa pas le temps de parler.
- Non, vous ne pouvez pas savoir ! Car vous n'avez jamais été amoureuse ! Vous ne savez pas ce que ça fait ! (Cria t-elle avec colère.)
Chakwas laissa l'Asari extérioriser, encaissant les remarques. Elle essaya de garder un visage impassible, de ne pas montrer sa douleur.
- Je l'ai été, Liara. (Finit-elle par dire. Elle se tu un instant, bouleversée.) Je veux juste vous éviter de souffrir.
Liara la regarda et se calma soudain, regrettant les paroles qu'elle avait prononcée.
- Je suis désolée...
L'humaine opina et un court silence s'installa.
- J'ai vu le message que vous avez reçu. (Dit-elle doucement après un instant.)
- Quel message ? (Demanda l'Asari, surprise.)
Chakwas hésita.
- Sur... Votre terminal. Il est arrivé après notre dernière discussion et...
- Vous avez osé fouiller dans mon ordinateur ?!
- Liara, essayez de garder votre calme...
- Au revoir, docteur. (Répondit-elle avec froideur.)
Elle ouvrit la porte de sa cabine et la referma avant de la verrouiller. Une fois seule, elle poussa un long soupir et se laissa tomber au sol, exténuée. Elle avait soudain très sommeil. Elle attendit d'entendre les bruits de pas de Chakwas s'éloigner avant d'essayer de se lever. Sa vision se troubla et elle tomba dans un sommeil sans rêve.




Garrus se gratta la tête et se leva pour prendre une boisson. Devant le faible choix qui lui était proposé, il se contenta d'un verre d'eau. Il le vida d'une traite et retourna s'installer dans la salle d'attente. Il attendait là depuis deux jours. Accompagné de Javik, le turien avait ramené Tali'Zorah jusqu'au camp. De là, elle avait été transférée à l'hôpital. Elle s'était évanouie en route. Garrus ne l'avait pas tout de suite remarqué, mais un morceau de métal avait pénétré la chair de la Quarienne, infectant grandement son corps. Depuis lors, elle avait contractée une fièvre tenace et était très faible. Elle avait également perdue beaucoup de sang. Les humains l'avaient plongé dans un coma artificiel pour purger son système.
Il poussa un soupir. Il était inquiet. Très inquiet. Il commençait enfin à comprendre ce qu'elle était pour lui. Et il parvenait enfin à comprendre ce que ressentait Liara. Il leva les yeux au ciel et pensa à Shepard. Elle lui avait dit qu'elle veillerait sur lui depuis là haut.
- C'est votre influence, Shepard, qui m'a rendu comme ça... (Marmonna t-il pour lui même.)
Il n'éprouvait aucun regret à ce sujet, il était simplement étonné.
Le regard du Turien se perdit sur les murs blancs de l'hôpital. Cela faisait plusieurs heures qu'on ne lui avait donné aucune nouvelle et l'attente l'irritait au plus haut point. Finalement, il se leva et partit faire un tour. Il passa devant de nombreuses chambres fermées. A travers la vitre quasiment opaque, il pouvait apercevoir de vague silhouettes qui allaient et venaient. Parfois, il percevait des gémissements ou des ordres données à la va vite. La guerre avait fait beaucoup de blessé. Il poursuivit sa route, changeant d'aile pour arriver vers les chambres de repos. Certaines étaient ouvertes d'autres non. Il passa sans s'arrêter.
- Vakarian ? (Fit une voix féminine.)
Le Turien se raidit et recula de quelques pas. Dans une chambre, sur sa droite, allongée dans un lit, se trouvait Miranda Lawson. Garrus la dévisagea, surprit et entra dans la pièce.
- Miranda. Si je m'attendais !
- C'est le dernier endroit où je pensais vous trouver. (Répliqua-t-elle avec un sourire.)
- Moi aussi.
Le Turien l'examina un instant : Elle avait une vilaine coupure au visage qui avait été recousue et un bras dans le plâtre. Mais il se doutait qu'il y avait plus, sinon, elle ne serait pas restée.
- Vous avez été en première ligne ? (Dit-il d'un ton légèrement narquois.)
- Même pas. C'est ce qui est le plus triste.
- Boh, vous vous en remettrez vite, je ne m'inquiète pas pour ça.
Elle opina.
- Mes gênes m'aideront. (Elle marqua une pause.) Et vous alors, je suppose que vous y étiez, non ?
- Affirmatif.
- Pas trop de dégâts.
- Deux-trois coupures et brûlures, mais j'ai pas à me plaindre.
- C'était dur ?
Il acquiesça.
- Pourquoi êtes-vous ici ? Vous n'avez pas besoin de rester. (Demanda t-elle doucement.)
- C'est... Je... (Bafouilla Garrus.) Tali a été blessée, alors je...
Miranda sourit.
- Elle va bien ?
Le Turien poussa un soupir.
- Ils l'ont plongé dans le coma pour la purger... (Déclara t-il avec douleur tout en s'installant sur une chaise à coté de l'humaine.) Et j'attend.
Miranda se pinça les lèvres, compréhensive.
- C'est une battante.
Il opina avec peu d'enthousiasme. Les minutes s'écoulèrent dans un silence gêné. Des cris de joies s'élevèrent à l'extérieur et ils tournèrent la tête vers la fenêtre.
- Première commémoration. (Déclara doucement Miranda.)
- Ouais... Ils ont bien des raisons d'être heureux.
Elle opina.
- C'est fini. Enfin. (Elle marqua une pause.) Mais le coût fut particulièrement élevé.
Elle se tourna vers Garrus. Ils restèrent silencieux un long moment. Finalement, le Turien opina puis se releva.
- ça me fait plaisir de vous savoir en bonne santé, Miranda. Enfin, à peu près. (Il sourit.) A une prochaine fois.
- Merci de m'avoir tenue compagnie, Garrus.
Le Turien hocha la tête et sortit. L'humaine le regarda s'éloigner et fit une grimace. La douleur se réveillait.




Liara se réveilla dans son lit. Elle jeta un coup d'oeil au réveil, encore à moitié assoupie. Il était onze heures passé. Elle s'étira et une question traversa son esprit. Comment était-elle arrivée là ? L'Asari se redressa lentement, avec scepticisme, et engloba la pièce du regard. Il n'y avait personne. Elle haussa les épaules et se leva. Elle n'avait pas aussi bien dormi depuis longtemps. Aucun rêve, aucun cauchemar n'étaient venus la perturber. Elle se dirigea vers son terminal et on frappa à la porte.
- Oui ?
La porte s'ouvrit et IDA pénétra dans la pièce.
- Bonjour docteur T'Soni.
- Oh, bonjour, IDA. (Répondit l'Asari, surprise.)
- Je vous dérange peut-être ?
- Non, du tout. Que puis-je pour toi ?
- J'ai analysé les restes de la Citadelle et ai noté un fait étrange. Peut-être serez-vous à même de m'éclairer.
Le coeur de Liara accéléra légèrement.
- J'écoute...
- Au début de mes analyses, je n'ai rien trouvé. Mais, après avoir entendu votre conversation avec le docteur Chakwas cette nuit et ce que vous avez dit lors de la destruction de la Citadelle, je me suis mise à chercher de manière plus large.
- Et qu'as-tu trouvé ?
- Des signaux électriques, mais semblable à ceux parcourant un cerveau humain.
Liara haleta légèrement et déglutit.
- Humain ?
- Oui.
- Est-ce... vivant ? (Demanda t-elle avec espoir.)
- Je ne sais pas si c'est le mot qui convient. Mais si vous avez raison et qu'il s'agit bien de Shepard... Alors je dirais qu'elle est toujours là.
Des larmes roulèrent sur le visage de l'Asari.
- Elle est vivante... (Murmura t-elle.)
- Mais elle semble plongée dans une sorte de sommeil.
Liara dévisagea l'IA sans comprendre.
- Comment ça ?
- Elle est en veille.
- Est-ce un problème ?
- Non. Il suffit de lui redonner de l'énergie pour la réactiver.
- Avons-nous ce qu'il faut à bord ?
- Oui.
- Alors ne perdons pas un instant ! (S'écria l'Asari en se dirigeant vers la porte.)
Elle s'arrêta en constatant qu'IDA ne la suivait pas.
- Qu'y a t-il ?
- Normalement, l'Amiral Hackett devrait être tenu informé.
Liara déglutit et se tortilla les doigts, mal à l'aise.
- IDA, je... Je préférerais que l'Amiral ne sache rien... Pour le moment.
- Je m'en suis doutée. C'est pourquoi j'ai attendu votre réveil en vous transportant dans votre lit.
- C'était toi ?
- Oui.
- Merci, IDA.
- C'est grâce à Shepard et à Jeff si je peux dire que je me sens vivante aujourd'hui. Si je peux l'aider, je le ferais.
Elle quitta la pièce, invitant l'Asari à la suivre. Elles montèrent sur le pont. IDA expliqua les choses à Joker qui, bien que peu enthousiaste, les aida. Ils positionnèrent le Normandy à quelques mètres de la Citadelle et déployèrent un bras pour s'y accrocher. IDA revêtit une combinaison de spationaute afin d'avoir des bottes adhérentes et sortit du vaisseau, avec un mini générateur de Kodiak. Elle rejoignit le noyau et y brancha son fardeau avant de retourner à bord du Normandy. Elle se plaça derrière son écran dans le poste de pilotage et tapota dessus. Le générateur était relié au Normandy via des câbles en cas de manque d'énergie. Elle enclencha la mise en route. Mais rien ne se produisit. L'IA insista, passant par des chemins détournés, mais à chaque fois, cela échouait. Aucune énergie ne partait du générateur.
- Qu'est-ce qui se passe ? (S'enquit Liara, inquiète.)
- Rien.
- C'est justement ça le problème. (Renchérit Joker.)
- Comment ça, rien ?
- L'énergie nous revient continuellement, comme si la Citadelle ne l'acceptait pas.
- Tu es sûre d'avoir branché comme il faut ? (Demanda Joker avec ironie.)
IDA tourna la tête vers lui.
- Oui. (Dit-elle simplement.)
- IDA, c'était...
- Une blague. (Coupa t-elle.) Désolée, Jeff, je suis préoccupée.
Joker opina et l'IA se tourna vers Liara.
- Que peut-on faire ? (Demanda l'Asari.)
- Je ne sais pas. Je dois faire des recherches.
- Vous êtes sûres que Shepard est là dedans ? (S'enquit Joker.)
- Oui. (Répondirent-elles en coeur.)
- Est-elle en danger ? (Poursuivit Liara.)
- Je ne sais pas. Mais j'ai constaté que les signaux avaient faiblit.
Liara déglutit.
- Nous devons mener des recherches, docteur T'Soni. Mais je ne peux dissimuler mes découvertes à l'Amiral plus longtemps.
- Je comprend.
Elle se détourna pour sortir du cockpit et s'arrêta à la porte.
- Dis lui... Que je lui demande de conserver ça secret. Pour l'instant...
Et elle s'en alla.





Liara retourna dans sa cabine, essayant de garder la tête haute. Le retour de Shepard était si proche et loin à la fois... Elle ne devait pas se déconcentrer, perdre pied. Elle prit une profonde inspiration pour calmer les battements de son coeur, entre peur et excitation. L'Asari se dirigea vers son terminal et l'ouvrit. Elle avait trois nouveaux messages dont un ouvert.
Certainement le docteur Chakwas, songea t-elle, légèrement amère. Elle décida de ne plus y penser et ouvrit les mails. Le premier parlait de quatre projets sans réel détail. Le second donnait la localisation de deux laboratoires de Cerberus, malheureusement vides et donc sans intérêt. Le troisième était quand à lui plus intéressant. Il y était question de spécification sur le projet Phénix.
"Découverte sur le projet Phénix.
Alternative au projet Lazare en cas d'échec de ce dernier.
Une partie des ressources Lazare envoyée vers Phénix après réussite du premier.
Détails du projet manquant. Travail sur matériel génétique de Shepard.
Abandon du projet. classé comme échec flagrant.
Raccordement au projet Suprématie. Possibilité de reprise.
Projet Eve rend projet Phénix caduc.
Abandon du prototype. Coquille vide."

Liara lut le message avec intérêt, en partie plongée dans l'incompréhension. Elle frémit en lisant le mot abandon.
Alternative au projet Lazare en cas d'échec de ce dernier; Coquille vide... Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Une pièce jointe était attachée au message.
"Coordonnée du projet Phénix introuvable. Base dissimulée."

Si l'Asari avait eu le moindre espoir, celui-ci venait de s'envoler. Elle jura et tapa du poing sur le terminal. La machine émit une série de bip et afficha un message d'erreur en rouge. Liara prit un instant pour tenter de se calmer et sortit de la pièce. Elle se dirigea vers l'ascenseur, s'arrêta, retourna vers sa cabine puis repartit vers l'ascenseur avant de se figer. Elle ne savait plus quoi faire, où aller. Son esprit était dispersée, elle se sentait perdue. Elle inspira profondément et fit le vide en elle pour s'apaiser. Elle resta immobile durant de longues secondes, les yeux clos. Quand elle les rouvrit, Chakwas se tenait à proximité de l'ascenseur.
- Liara. (Fit-elle, légèrement mal à l'aise.) Je ne voulais pas vous déranger.
- Ce n'est rien.
Un silence gêné s'installa.
- Ecoutez, pour tout à l'heure... (Commença Chakwas, embarrassée.)
- Oublions, voulez-vous ?
L'humaine opina.
- Où alliez-vous ? (S'enquit Liara pour combler le vide.)
- Je comptais demander à Cortez de me déposer sur Terre pour rendre visite à Tali'Zorah.
- Comment va t-elle ? (Demanda Liara qui avait oublié la Quarienne et se sentait coupable.)
- C'est ce que je comptais découvrir. Voulez-vous venir ?
L'Asari hésita, jetant un coup d'oeil vers sa cabine. Elle n'avait toujours pas abandonné son idée de ramener Shepard. D'un autre coté, elle ne savait pas comment faire. Cela pouvait bien attendre quelques heures de plus.
- Oui, je viens. (Dit-elle en se tournant vers l'humaine pour lui offrir un petit sourire.)
Peut-être que se changer les idées lui ferait du bien après tout ! Les deux femmes rejoignirent le hangar et le pilote qui accepta de les emmener. Le voyage se fit avec de longs regards tendus. Chakwas fut tentée plus d'une fois de revenir sur sa discussion avec Liara, mais s'en retint. Et l'Asari lui en fut reconnaissante.
- IDA m'a parlé. (Finit par déclarer l'humaine après de longues minutes.)
Liara la regarda, légèrement tendue.
- A quel propos.
- Ce qu'il se cache dans la Citadelle.
- Docteur, écoutez, je...
- Je tenais à m'excuser, Liara. (La coupa Chakwas.) Elle a confirmé vos dires.
L'Asari se retrouva sans voix. Elle cligna des yeux et secoua doucement la tête.
- Merci. (Dit-elle simplement.)
Chakwas opina et se tu. Le reste du voyage se fit dans le silence. Une fois sur Terre, elles rejoignirent l'hôpital et trouvèrent Garrus. Le Turien les salua avec un sourire et enlaça l'Asari.
- ça me fait plaisir de vous revoir.
- Moi aussi, Garrus. (Elle le regarda dans les yeux.) Comment va t-elle ?
- Mieux. Elle est en réanimation. Ils vont bientôt la faire sortir du coma. Normalement, elle est hors de danger.
- Je suis contente pour vous.
- Je vais aller obtenir d'autres infos. (Fit Chakwas.)
Et elle les laissa seuls. Liara et Garrus s'installèrent sur des sièges.
- ça m'étonne que les Quariens ne l'aient pas emmenés pour la soigner.
Le Turien toussa légèrement.
- Disons que... J'ai peut-être... Par mégarde, bien sûr, omis de leur signaler ses blessures.
Liara secoua la tête en souriant.
- Vous êtes incorrigible.
Il ricana en réponse.
- Ce fut un sacré merdier hein ? (Dit-il après quelques secondes, la tête rejetée en arrière.) Mais quelle belle victoire... J'aurais aimé que Shepard soit là pour le voir.
Liara se tortilla légèrement sur sa chaise et détourna le regard. Garrus jura à voix basse.
- Et vous, vous tenez le coup ?
Elle baissa les yeux, regardant ses doigts qu'elle entremêlait.
- Je m'accroche.
Il opina avec gravité et le silence s'installa.
- Au fait, j'ai croisé Miranda un peu plus tôt. (Finit par dire le Turien.)
- Que venait-elle faire ici ? (S'enquit Liara, soudain intéressée.)
- Elle est dans une chambre de repos. Un mauvais coup.
- Où ?
- Au bras et au visage. Peut-être ailleurs aussi, je n'ai pas vu.
- Non, pas ça. Où est-elle ?
- Oh ! Et bien...
Chakwas revint à ce moment précis et interrompit la discussion.
- Tali'Zorah est réveillée.
Garrus se leva d'un bond.
- On peut la voir ?
Le docteur opina en souriant et Liara ravala sa déception. Elle les conduisit dans la chambre de la Quarienne. Garrus essaya de se montrer aussi détaché que possible. Tali était fatiguée, mais semblait radieuse, autant qu'on puisse en juger à travers son masque. Elle avait une nouvelle combinaison, blanche, qui ne lui allait pas vraiment. Liara échangea quelques mots avec elle, ravie de la voir hors de danger. Puis, elle recula et laissa le couple parler. Les minutes s'écoulèrent et un docteur vint dans la chambre leur annoncer que la visite était terminée, au grand dam de Tali'Zorah. Le trio sortit en silence en promettant de revenir aussi vite que possible.
- Je vous remercie d'être venues toutes les deux. (Fit Garrus, légèrement irrité d'avoir dû sortir aussi vite.)
- Ce fut un plaisir Garrus. Je m'inquiétais pour elle, me voilà rassurée. (Répondit Chakwas avec un sourire.)
Garrus opina et se tourna vers Liara.
- Moi aussi, Garrus. Je suis contente qu'elle se remette. Pour elle et pour vous.
- Merci, Liara.
Il allait retourner dans la salle d'attente, mais l'Asari posa une main sur son bras. Il la dévisagea.
- Hum ?
- Miranda ?
- Oh, oui. C'est par là. (Dit-il en indiquant un couloir sur sa gauche.) Vous continuez tout droit et vous arriverez dans l'aile de repos. C'est la chambre... (Il fouilla sa mémoire.) 319 je crois.
Un sourire illumina le visage de Liara.
- Merci, Garrus !
- Ce n'est rien.
Elle le lâcha et fila dans la direction indiquée sous le regard intrigué du Turien et de l'humaine.




Joker observait IDA en train de travailler, penchée sur son écran. De temps à l'autre, l'IA fermait les yeux pour fouiller dans ses banques de données. Il admira ses courbes et son visage sans honte. Il savait que sortir avec elle n'était pas sans risque à cause de sa maladie. Mais il s'en fichait. Sa présence lui était nécessaire désormais. IDA se figea.
- Elle meure. (Déclara t-elle sombrement.)
Joker la dévisagea sans comprendre. Il se leva maladroitement et se plaça dans son dos, posant ses mains sur ses épaules. Il ne pouvait pas la masser, mais il était sûr qu'elle apprécierait le geste.
- Shepard ?
IDA opina.
- Ses signaux ne cessent de faiblir, et je perçois de moins en moins sa présence. Elle perd de l'énergie en continue.
- Et tu n'as pas idée de ce qui la tue ?
- C'est le manque d'énergie justement. Mais je ne trouve aucune donnée indiquant comment lui en fournir. La Citadelle était gérée par les veilleurs. Personne n'avait besoin de s'occuper de l'énergie.
Joker regarda l'IA se morfondre dans la défaite avec un pincement au coeur.
- Je ne pensais pas que ça te toucherait autant.
- Et vous, Jeff ? Ne voulez-vous pas du retour de Shepard ?
- Bien sûr que si ! Mais je suis totalement impuissant.
- Shepard et vous êtes les premiers à m'avoir traité comme une personne à part entière. Elle est là, prisonnière ! Et je ne suis pas en mesure de l'aider.
Joker considéra la chose un instant.
- C'est peut-être parce qu'il n'y a plus les veilleurs justement.
IDA se retourna et dévisagea l'humain avec surprise.
- Quoi ? (Demanda-t-il, ayant peur d'avoir dit une bêtise.)
- Jeff, vous êtes un génie !
Elle se mit à tapoter sur son écran et lança des analyses avec le Normandy. Joker la regarda, perplexe.
- Sans les veilleurs, il n'y a rien pour entretenir la station et donc conserver l'énergie. Voilà pourquoi elle se meurt. On ne sait rien des veilleurs, mais si je pouvais déterminer très clairement comment ils réussissaient à entretenir la station... (Elle marqua une courte pause.) Je pourrais réussir à maintenir Shepard en vie.
Joker la regarda faire, impressionné. IDA était concentrée sur sa tâche, allant et venant entre son terminal et le vaisseau même. Finalement, elle se figea, dans l'attente. Une série de bip résonna dans le vaisseau.
- ça ne marche pas.
- Pourquoi ?
- Car la Citadelle n'a plus ce qu'il faut pour s'alimenter. C'était un tout. (Elle se tourna vers Joker.) Shepard ne survivra pas. Sauf si...
IDA inclina légèrement la tête sur le coté.
- Sauf si quoi ? (Demanda Joker, perdu.)
Un petit sourire s'afficha sur le visage de l'androïde.
- Ne m'en veux pas, Jeff.
Et elle se déconnecta.




Liara toqua à la porte de la chambre et jeta un coup d'oeil à l'intérieur. Elle était vide. Elle fit la moue et vérifia les chambres proches. Miranda n'y était pas. Alors qu'elle se dirigeait vers le poste des infirmières, l'humaine apparut sous ses yeux au détour d'un couloir.
- Liara. (Dit-elle, surprise.)
- Bonjour, Miranda.
- Vous cherchez quelqu'un ?
- Oui. Vous.
L'humaine ne répondit pas immédiatement.
- Me permettrez-vous de m'allonger sur mon lit avant ? Quoi que vous vouliez faire.
Liara opina et aida la jeune femme à marcher. Elle se tenait le coté et semblait avoir des soucis de souffle. L'Asari la soutint et l'aida à s'allonger. Elle la couvrit de ses draps avec douceur et bienveillance.
- Que vous est-il arrivé ?
- Disons que j'étais au mauvais endroit au mauvais moment.
L'Asari ne chercha pas à en savoir plus.
- Alors, que puis-je pour vous ? (Demanda Miranda.)
- Je voudrais des informations sur les projets de Cerberus.
L'humaine poussa un petit soupir.
- Cerberus est détruit non ? De plus, je ne suis plus membre de l'organisation depuis un moment.
Liara ne releva pas.
- Je cherche des informations sur un projet en particulier, qui a été lancé quand vous y étiez encore.
- Quel est son nom ?
- Le projet Phénix.
L'humaine ne tiqua pas.
- Jamais entendu parler.
- Vous êtes sûre ?
- Absolument.
Liara poussa un soupir et se laissa aller au désespoir.
- Alors c'est sans espoir... (Murmura t-elle.)
Miranda la dévisagea un long moment en silence, intriguée.
- En quoi consistait ce projet ?
- Je comptais sur vous pour me le dire, en réalité.
- Pourquoi pensiez-vous que je le connaissais ?
- D'après mes informations, c'était une alternative au projet Lazare.
L'ex Cerberus se figea.
- Une alternative ?
- Oui. En cas d'échec. Après la réussite de votre projet, les fonds ont tout de même été envoyés vers Phénix. Mais l'Homme Trouble a, semble t-il, subit des revers car le projet a été abandonné, puis relancé avec les données du projet Suprématie. Et ils ont complètement laissé tomber après la réussite du projet Eve. (Elle marqua une pause, lui laissant le temps d'assimiler les informations.) Il y a eu un prototype. Une coquille vide d'après les dires de Cerberus.
Miranda réfléchit un instant.
- Le but du projet Lazare était de ramener Shepard à la vie. Si le projet Phénix était une alternative, le but était certainement le même, mais les moyens autres.
- Et j'ai besoin de savoir où ça se déroulait.
Miranda secoua lentement la tête d'un air désolé.
- Je ne pourrais vous le dire. Ce projet n'était pas sous ma directive, je n'en avais même pas entendu parler. J'ignore tout de son emplacement, s'il existe encore.
Liara opina sombrement.
- Mais... (Poursuivit Miranda.) IDA le saurait peut-être. Elle a eu un accès complet à Cerberus. S'il y a la moindre info à ce sujet, elle devrait être à même de vous aider.
- Mais oui ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? (S'écria l'Asari en se donnant une tape sur le front.) Merci, Miranda !
Liara s'apprêtait à partir quand l'humaine l'interpella.
- Liara ! Pourquoi cet intérêt soudain ? Qu'essayez-vous de faire ?
L'Asari demeura silencieuse de longues secondes.
- Vous n'avez pas une petite idée ?
Miranda opina.
- Bien sûr que si. Mais je voulais être sûre. Pourquoi vouloir la ramener ?
- Parce que je l'aime. (Répondit simplement l'Asari.)
- Elle pourrait ne plus être pareil. Le projet Lazare était déjà un miracle.
- Je dois essayer.
Miranda opina une nouvelle fois.
- Je comprend. Si je peux vous aider, n'hésitez pas.
- Merci pour tout, Miranda.
L'Asari offrit un sourire à l'humaine avant de filer. Elle quitta l'hôpital sans même dire au revoir à Garrus et rejoignit Cortez pour retourner sur le Normandy. Une fois à bord, elle grimpa sur le pont pour aller à la rencontre d'IDA. Le cockpit était désert. Elle frissonna. Ce n'était pas normal. Elle se retourna et vit Joker. L'humain avait les yeux légèrement bouffis.
- Que vous est-il arrivé ?
- C'est compliqué.
Jeff s'installa dans son siège et renifla bruyamment.
- Où est IDA ?
- A l'infirmerie. D'ailleurs, vous devriez vous y rendre sans tarder.
Liara fronça les sourcils.
- C'est grave ?
Il y eut une seconde de flottement.
- ça dépend du point de vue.
Et il se tu. Liara fut tentée de lui poser d'autres questions mais se ravisa et descendit à l'infirmerie. La pénombre régnait dans la pièce. L'Asari fit un pas, peu rassurée, et les lumières s'allumèrent. Au premier abord, l'endroit semblait désert, mais en y regardant mieux, Liara aperçut IDA, allongée sur un des lits. L'androïde semblait dormir. L'Asari s'approcha d'elle et l'appela.
- IDA ?
- Je suis là, Docteur T'Soni.
Le corps n'avait pas bougé, les lèvres étaient restées immobiles, les yeux, clos. Son visage était légèrement tendu, crispé. La voix de l'androïde venait de partout et nulle part à la fois.
- Un problème avec ton corps, IDA ?
- Non, il est en parfait état.
- Alors pourquoi ne plus l'utiliser ?
- Je l'ai... (Elle marqua une courte hésitation.) Cédé à quelqu'un d'autre. Pour un temps.
- Cédé ? (Répéta l'Asari, perplexe.)
- C'est compliqué.
- On verra ça plus ******. J'ai besoin que tu me recherches des informations dans les bases de données de Cerberus sur un projet nommé : Phénix.
- Un instant. (Elle reprit après quelques secondes.) Je viens de trouver un fichier crypté faisant mention de ce projet.
- As-tu les coordonnées ?
Elle resta silencieuse une demi seconde.
- Oui.
- Quel était l'objectif de ce projet ?
- Ramener Shepard à la vie.
- Comment ?
Il n'y eut aucune réponse.
- IDA ?
- En la clonant.
Liara sentit un frisson parcourir son échine, entre horreur et espoir.
- Si le projet Lazare avait échoué, Cerberus voulait essayer de la cloner. Mais d'après les dossiers, ce fut un échec.
Liara déglutit.
- Ils n'ont pas réussit ?
- Le clonage en lui même semble avoir été un succès. Mais le prototype n'avait aucune personnalité. Ils l'ont qualifié de coquille vide.
L'Asari opina sombrement.
- C'est ce que j'ai entendu dire. On peut se rendre là bas ?
- Oui.
- Pourquoi ne pas m'en avoir parlé plus tôt ?
- C'était un fichier crypté que je n'avais pas ouvert. (Répondit-elle simplement.)
L'Asari opina, peu convaincu.
- Alors en route.
- Il nous faudra l'autorisation de l'Amiral Hackett.
- Alors obtient là ! (Lança Liara d'un ton sec. Elle soupira.) Désolée.
- Il n'y a pas de mal.
Liara ouvrit la porte de l'infirmerie. La voix d'IDA la retint.
- Docteur T'Soni ?
- Quoi, IDA ?
- J'ai à vous parler. (Elle marqua une pause.) C'est important.
Liara referma la porte et s'installa sur une chaise.
- Je t'écoute.
- Si mon corps est étendu là, ce n'est pas sans raison.
- Et donc ?
- Vous devez comprendre que je n'avais pas le choix.
Liara fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu as fait ?
- Shepard mourrait par manque d'énergie. J'ai donc transféré sa conscience afin de la sauver. Et je l'ai placée dans mon corps.
L'Asari regarda l'androïde étendu un peu plus loin, troublée. Elle se leva lentement et s'en approcha, tendant la main vers son bras.
- Shepard est là ? (Demanda t-elle à voix basse.)
- Oui.
- Je peux la réveiller ?
- J'ai déjà essayé. Elle semble plonger dans une sorte de coma. Le choc de la dernière guerre et la privation d'énergie ont dû être une rude épreuve pour elle.
- Elle se réveillera un jour ?
- Je l'espère. Et peut-être dans son corps.
Liara opina et laissa des larmes rouler sur ses joues. Elle était si proche d'y parvenir. Elle quitta la pièce et rejoignit sa cabine, non sans demander à IDA de la prévenir une fois qu'ils seraient arrivé.




Le Normandy ne partit que le lendemain matin et malgré sa nervosité, l'Asari finit par s'endormir. Et une fois de plus, elle rêva. Mais son songe fut agréable. Elle était face à son amante, au moment crucial de la guerre. Le Normandy arrivait derrière elle, et elles s'enfuyaient toutes deux à son bord. Liara se réveilla en milieu de matinée avec un léger sourire, reposée. Tout la journée, elle resta enfermée dans son bureau, ne sortant qu'un court instant pour manger et aller aux toilettes. Elle fit de même les deux jours suivants, fouillant les données qu'IDA partageait avec elle. Finalement, la voix de l'IA annonça l'arrivée dans le système ciblé. Liara quitta sa cabine pour rejoindre le hangar. Elle ne put dissimulée sa surprise en y retrouvant Miranda et le docteur Chakwas. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit.
- Je me suis permise d'inviter le docteur Chakwas et Mademoiselle Lawson afin de profiter de leurs connaissances. (Déclara IDA.)
Liara se contenta d'hocher la tête et salua les deux femmes. Elle monta à bord du Kodiak et elles la rejoignirent.
- Merci. (Murmura t-elle à leur égard.)
- Je vous en prie. (Répondit Chakwas.)
Miranda se contenta de lui offrir un sourire.
Le Kodiak s'élança vers la petite station spatiale. Celle-ci était en partie dissimulée dans un champ d'astéroïdes, bâtie sur l'un des plus gros.
- Cerberus avait vraiment la folie des grandeurs. (Commenta Cortez.)
- C'est peut-être une bonne chose pour le coup.
Le pilote ne répondit rien. Il posa la navette et les trois femmes débarquèrent. Liara prit une mitraillette Locust et passa devant. Miranda avait toujours de menu difficultés à marcher. L'Asari en conclut qu'elle avait prit une balle dans le ventre. Elles marchèrent en silence, éclairant la zone à l'aide de leurs lampes. La base était immense et sentait le renfermé. Il y avait toujours de l'oxygène, ce qui était une chance. Elles finirent par trouver le disjoncteur général et purent ainsi remettre l'électricité. Elles fouillèrent l'endroit durant deux heures avant de trouver la salle de clonage. Liara ouvrit un canal vers le Normandy. Le champ d'astéroïde provoquait des perturbations rendant les communications compliquées voir impossible par moment.
- IDA, je te connecte aux ordinateurs.
- Entendu.
L'Asari alluma les ordinateurs et les scanna avec son omni-tech, permettant ainsi à l'IA de les pénétrer. Pendant ce temps là, elle poursuivit son inspection des lieux. Chakwas aida Miranda à s'asseoir et lui prodigua de menu soin à base de médi-gel.
- Je ne suis pas sûre que votre venue ait été une bonne idée.
- J'ai plus d'une dette envers Shepard. Si je peux l'aider...
La vieille femme conserva le silence et termina son traitement.
- C'est une vilaine blessure. Ne forcez pas trop.
- Ils m'ont dit la même chose à l'hôpital.
- Restez tranquille un moment. Je vais voir Liara.
- Ne vous en faites pas, je ne bougerais pas.
Chakwas la laisse seule et rejoignit Liara. Celle-ci se tenait devant des dizaines de cuves, remplie d'un liquide verdâtre. Mais aucun signe de corps.
- Ils ont peut-être tout détruit. (Proposa Chakwas.)
- J'en doute.
- Liara, j'aimerais vous dire un mot.
L'Asari fit un vague oui, les yeux fouillant les alentours.
- Croyez-vous que ce soit une bonne idée ?
Liara tourna lentement la tête vers l'humaine et la dévisagea intensément, comprenant peu à peu ce qu'elle venait de dire, le sens de sa question.
- Shepard a déjà ressuscité une fois. Et je sais que cette expérience l'a profondément troublée au fond d'elle même. Depuis, elle est devenue autre chose. Croyez-vous vraiment que la faire revenir soit une bonne idée, Liara ?
Une colère froide s'empara de l'Asari.
- Shepard ne méritait pas ça. Elle a encore toute la vie devant elle.
- On a pas toujours ce que l'on mérite.
- Je l'aime ! Vous comprenez ?
- Est-ce de l'amour ? Ou de l'égoïsme ?
Liara la dévisage avec horreur avant de baisser les yeux.
- Pourquoi ? Pourquoi me tourmentez-vous ? (Finit-elle par demander, la voix brisée.)
- Je veux que vous ayez bien conscience de ce que vous vous apprêtez à faire, Liara. Il ne s'agit pas d'une chose anodine. Vous voulez cloner Shepard, la ramener d'entre les morts. Pour lui offrir votre amour, bien sûr, mais également pour ne pas être seule. Mais la question que je me pose est : Acceptera t-elle ce retour ? Le comprendra t-elle ?
L'Asari dévisagea son interlocutrice en silence. Il y avait de la vérité dans ces mots. Mais elle ne pouvait pourtant pas tout simplement se résoudre à abandonner. Une larme roula sur sa joue.
- Je l'aime trop. (Murmura t-elle.)
Chakwas posa une main compatissante sur son épaule.
- Je sais. Et je ne veux pas que vous souffriez. Juste que vous ayez bien conscience des enjeux.
L'intéressée opina.
- Je sais. (Elle prit une profonde inspiration pour se redonner de la contenance.) Mais je le ferais. Je le lui dois.
Le docteur ne répondit pas et un silence gêné s'installa entre elles. IDA le brisa en prenant contact avec Liara.
- Docteur T'Soni ?
- Je t'écoute.
- Cerberus n'a fait qu'un seul prototype. Il a été conservé. D'après les plans de la base, il devrait être face à vous.
Une lumière s'alluma face aux deux femmes, dévoilant une cuve dans laquelle baignait le corps d'une humaine qui n'était autre que Shepard. Tout du moins son clone. Liara demeura immobile, observant ses traits si particuliers et si beau à ses yeux. Elle se mit une main sur la bouche pour tenter de dissimuler son émoi, son bouleversement.
- Il est bien là... (Murmura t-elle d'une voix brisée.) IDA, c'est possible ?
- Pas avec ce prototype. Il est cliniquement mort.
- Combien de temps pour reconstruire un corps ?
- Des années.
Liara se laissa aller aux larmes.
- Alors c'est peine perdue ?
- Il y a peut-être un autre moyen. (Intervint Miranda par communicateur.) Un corps purement organique ne fera pas l'affaire. Mais en y incorporant des implants synthétiques, c'est possible. On pourrait même ramener celui-ci à la vie.
- Comme pour le Projet Lazare ?
- Oui.
- IDA ?
- C'est tout à fait possible. A condition d'avoir les fonds nécessaires. Fort heureusement, Cerberus disposait d'encore quelques liquidités qui nous seront fort utile.
- Alors, mettons-nous au travail ! (Déclara-t-elle avec un sourire comme l'espoir renaissait.)




Les semaines passèrent, et le groupe travailla avec rigueur. Finalement, après quelques temps, Miranda décréta que le prototype était inutilisable, au grand dam de Liara. Celle-ci chercha sans relâche une autre solution, y passant des nuits blanches, ne mangeant presque plus. Le docteur Chakwas veilla sur elle et la soutint avec ardeur. Toutes les quatre, elles parvinrent à trouver une alternative. Elles se mirent à la tâche.
Shepard ne se réveilla que deux fois. Elle ne sortit pas de l'infirmerie et ne parla à personne. Elle retomba rapidement dans le coma. IDA en conclut qu'elle ne supportait pas le transfert et qu'il lui fallait un corps organique et une raison de vivre. Et Liara promit de les lui apporter.
Moins d'une année plus ******, le clone était prêt. Ses fonctions vitales étaient stables, mais il demeurait vide. Liara se trouvait dans l'infirmerie, tenant sa main. Les corps de Shepard et d'IDA étaient reliés par des fils.
- On y est... (Murmura t-elle.)
Joker était là, les yeux rivés sur le corps d'IDA.
- ça ne devait qu'être provisoire. (Déclara t-il sombrement.) Et ça fait maintenant un an.
- Ce sera bientôt terminé, Jeff. (Fit l'IA.)
L'intéressé opina légèrement, le visage grave.
- Début du transfert. Docteur T'Soni, il serait peut-être préférable que vous lui lâchiez la main.
Elle secoua négativement la tête.
- Je refuse.
- Je comprend. Transfert en cours.
Les lumières de l'infirmerie se mirent à clignoter et à gagner en intensité, éblouissant le petit groupe. Le vaisseaux trembla intensément et un gigantesque grondement résonna. Deux ampoules explosèrent et tout s'éteignit.
- Redémarrage des systèmes. (Annonça IDA.)
- C'est normal ? (S'enquit Liara.)
Mais l'IA ne donna aucune réponse. Liara constata que son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine. Dans la semi pénombre, elle conservait les yeux fixés sur le corps inanimé de Shepard, ne parvenant plus à s'en détacher. Toutes ses pensées étaient tournés vers elle, et elle priait intensément. Les lumières se rallumèrent et le grondement reprit. Un petit arc électrique fusa entre les deux corps. Liara sentit une légère contraction de la main de Shepard, qui serrait maintenant la sienne de plus en plus fort. Les appareils notèrent une accélération du pouls et une activité cérébrale naissante qui devint rapidement intense. Elle se cabra en poussant un gémissement au moment où la voix d'IDA résonnait.
- Transfert terminé.
IDA réintégra son corps et se leva lentement en regardant sa main. Joker se précipita vers elle.
- Comment te sens-tu ?
- Très bien, Jeff. Mais ça fait bizarre de le retrouver après tout ce temps.
Elle lui sourit et il fit de même.
Shepard était toujours endormie. Liara vit sa mâchoire de contracter une fois ou deux, mais il n'y eut pas d'autres signes de réussite. Elle se tourna vers l'IA.
- Tu es sûre que ça a réussit ?
- Oui. Mais le processus est éprouvant, et elle est dans le coma depuis presque un an. Je note déjà une amélioration. Il faudra lui laisser du temps.
- Je confirme. (Renchérit Chakwas, en auscultant Shepard.) Soyez patiente Liara.
L'Asari contempla le visage de sa bien aimée, et, malgré la douleur, opina. Elle veilla sur elle jour et nuit durant une semaine, ne s'accordant que très peu de repos. Régulièrement, l'équipage du Normandy venait voir Shepard. Le vaisseau était depuis lors retourné sur Terre. La présence du commandant avait été conservée secrète. Seul Hackett était au courant. Le vieil homme ne fit aucun commentaire quand il passa à son chevet.
Liara se massa les yeux et s'étira en se relevant, baillant avec force. Une nuit blanche de plus. Elle regarda son amante et sentit son coeur se serrer. Et si elle restait comme ça pour toujours ? Avait-elle vraiment bien fait ? Elle se pencha au dessus du corps de Shepard et y déposa un baiser sur ses lèvres. Elle ne l'avait pas encore fait. Il n'y eut aucune réaction.
Ce n'est pas comme dans les fables, pensa-t-elle amèrement. Les pensées de la jeune femme s'éloignèrent un moment. Elle repensa à une mission vécue avec son amante, sur un vaisseau, dont aujourd'hui, le nom lui échappait totalement. Celui-ci était à première vue désert, et pourtant, un homme y vivait encore, maintenu en vie par des machines, sans activité cérébrale. Shepard avait voulu le désactiver pour lui permettre de s'en aller et la femme de ce dernier, désespérément amoureuse leur avait alors sauté dessus. Elle avait tué tout l'équipage dans sa folie. Liara se souvenait encore de la folie habitant son regard et de la tristesse qui avait été celle de Shepard face à une telle détresse. L'Asari déglutit. Etait-elle en train de devenir ainsi ? Une folle prête à tout pour retrouver son amour, un danger pour les autres ? Elle secoua doucement la tête. Non. Elle n'était pas comme ça, elle le savait. Son estomac grogna et elle se dirigea vers la cantine pour apaiser sa faim. A ce moment là, Shepard poussa un petit gémissement. Les moniteurs indiquèrent une accélération du rythme cardiaque. Liara se précipita vers elle et lui caressa le visage.
- Mirlina ? (Murmura t-elle.)
L'humaine fit une étrange grimace et se cabra légèrement avec un autre gémissement. Ses yeux bougeaient rapidement sous ses paupières.
- Je suis là, Mirlina, je suis là.
L'humaine ouvrit légèrement la bouche, mais aucun son n'en sortit. Puis, elle se calma. Liara caressa son front en tenant sa main, retenant ses larmes. Elle avait tellement cru... Le souffle de Shepard était désormais régulier.
- Je t'aime... (Murmura l'Asari.)
Shepard inspira profondément, comme pour la première fois. Et elle ouvrit les yeux.



"- Sera-t-elle humaine ?
-Elle devra réapprendre."

" Je pense qu'elle a le droit au repos. Et vous le lui avez retiré."

" Il n'y a pas de repos dans la mort."

" Bienvenue parmi nous."

" Tout va bien."

" Rythme cardiaque normal, activité cérébrale normale."

" Elle est en pleine forme."

" Vous êtes vivante."

" Bon retour parmi les vivants."

" Je t'aime, et je serais à tes cotés à chaque instant..."

Modificata da Mirlina, 10 dicembre 2012 - 10:17 .


#15
poyo

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Bon ben je vais pouvoir m'y mettre avec l'épilogue ;)

#16
Mirlina

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Alors sans plus attendre, le voilà ! Merci à tout ceux qui m'auront lu, qui m'auront dit ce qu'ils en pensaient. J'espère que vous aurez eu autant de plaisir à lire cette fiction que j'en ai eu à l'écrire. J'avais ma version de la fin rouge, celle-ci est ma version de la fin bleue. Courant 2013, je pense (Si j'ai toujours la volonté et que l'inspiration vient) écrire une troisième fiction (normalement la dernière.) sur une autre fin.

Bonne lecture :)



Epilogue.




L'humaine se réveilla avec lenteur, émergeant avec difficulté. Les derniers vestiges de son songe s'évanouissaient et lui donnaient une étrange impression de malaise. Elle était dans une chambre au décor assez simple. Les murs étaient d'un blanc cassé agréable. Au dessus du lit se trouvait un tableau représentant un vaisseau : Le SSV Normandy SR2. Les draps étaient en satin et doux sous ses doigts. La jeune femme était vêtue d'une simple nuisette ainsi que d'une culotte, toutes deux blanches et en satin. La sensation sur sa peau était loin d'être désagréable. Elle examina rapidement la pièce, ne se souvenant que vaguement des détails de son arrivée ici. Il y avait une table de nuit sur sa gauche, avec un vase contenant des roses rouges et blanches. Face au lit se trouvait une fenêtre quasiment opaque, ne laissant filtrer que peu de lumières. La jeune femme s'assit au bord du lit et se prit la tête entre les mains un long moment.
Pourquoi ?, fut la seule pensée qui traversa son esprit. Elle se leva et fit un bref mouvement devant la fenêtre, sans réellement s'en rendre compte. Le verre ondula légèrement et des images s'animèrent. Une femme se tenait à l'écran et parlait face à la caméra. Derrière elle, une foule était assemblée et faisait la fête. Des banderoles longeaient les bâtiments, des confettis volaient dans les airs. En bas de l'écran était inscrit la phrase suivante : Première commémoration de la victoire sur les Moissonneurs.
- Et maintenant, écoutons le discours fait par l'Amiral Hackett, il y a un an jour pour jour.
La journaliste disparut et l'image du vieil homme apparut. Il regardait la caméra d'un air solennel et se passa la langue sur les lèvres avant de prendre la parole.
- Chers compatriotes et alliés... La guerre est enfin finie. Elle fut douloureuse et coûteuse. Mais nous avons gagné. C'est grâce à notre alliance à tous, tous les peuples, que cette victoire fut possible. Nous ne devons jamais oublier ce qui s'est passé, ce que cette guerre nous a coûté et comment nous avons pu en finir. Car aucun d'entre nous n'aurait pu y parvenir seul. Les Moissonneurs ont tenté de nous diviser, de nous détruire de l'intérieur. Mais nous avons tenu. Les liens que nous avons tissé sont plus solides que tout. Et c'est ensemble que nous devons reconstruire et penser à l'avenir. Jamais nous n'oublierons ceux qui sont tombés pour que celui-ci soit possible. Des amis, des proches, de la famille... Tous ont combattus avec bravoure pour permettre à nos espèces de survivre et de bâtir le futur, libéré de l'oppression des Moissonneurs. Shepard était une de ces personnes. Cette femme s'est battue jusqu'au bout pour vaincre ces machines. Jamais elle n'a abandonnée, jamais elle n'a flanchée. Elle a toujours...
Mirlina éteignit la télévision en soupirant. La fenêtre s'éclaircit, laissant les rayons du soleil filtrer dans la pièce. De qui l'Amiral avait-il parlé ? D'elle ? Ou de quelqu'un d'autre ? Elle regarda ses mains comme pour la première fois. Elle fit jouer ses doigts, ferma le poing et le rouvrit. Les sensations étaient étranges, presque indescriptibles. Quelques souvenirs emplissaient son esprit, mais la plupart demeuraient noyés dans un brouillard sombre et noirâtre. Ils lui revenaient de temps à autres, par bribes : Un son, des odeurs, un visage ami, une caresse... Elle éprouvait des difficultés à se remémorer sa vie. Parfois, elle se voyait luttant contre des créatures de cauchemars, monstrueuses et difformes. D'autres fois, c'était en tant qu'entité. Elle se souvenait vaguement avoir eu un pouvoir immense, des capacités hors du commun. Mais elle n'arrivait pas à différencier le réel de l'imaginaire. Elle se massa doucement le front.
Pourquoi ?
La porte d'entrée s'ouvrit et une Asari pénétra dans la pièce. Elle vint se poster devant Shepard, un sourire plein de douceur sur les lèvres. La beauté de la créature frappa Mirlina et la dérouta un instant. Elle se sentit attirée.
- Liara. (Dit-elle doucement, après un instant d'hésitation.)
La jeune femme acquiesça.
- Mirlina...
Elle s'assit à coté d'elle et caressa sa main.
- Comment te sens-tu ?
- Je... Je ne sais pas...
- Ils voudraient te voir. D'accord ?
Mirlina opina sans conviction. Liara retourna à la porte et l'ouvrit. L'équipe de Shepard pénétra dans la pièce et ils s'installèrent autour de l'humaine en la dévisageant.




Ils restèrent près de deux heures. Mirlina nota la gêne omniprésente ainsi que les regards échangés. Elle remarqua la façon dont Garrus se comportait envers Tali'Zorah, James envers Ashley... Liara les raccompagna dehors et échangea quelques mots avec eux.
- Merci d'être venus. ça compte pour moi. ça compte pour elle.
- Je ne sais pas trop, Liara. Elle semblait distante... Ailleurs. (Fit Garrus.)
Les autres opinèrent.
- Il lui faudra du temps. Mais j'ai espoir.
Le Turien haussa les épaules. L'Asari savait que la plupart d'entre eux n'approuvaient pas ce qu'elle avait fait. Notamment Ashley qui était farouchement contre. Mais cela lui était égal. Le groupe se sépara en silence. Liara retourna à l'intérieur et rejoignit Shepard. Elle s'installa à coté d'elle et prit sa main entre les siennes, l'embrassant doucement. L'humaine la dévisagea un long moment. Divers émotions passèrent sur son visage qui se crispa légèrement.
- Pourquoi ? (Demanda t-elle doucement après un moment.)
Liara la regarda sans comprendre.
- Pourquoi, quoi ?
L'humaine plongea son regard dans le sien.
- Pourquoi m'avoir ramenée ?
L'Asari se figea. Elle contempla le visage de son amante en silence, la douleur et la peine se lisant dans ses traits.
- Qu'aurais-je dû faire ? (Finit-elle par demander d'une voix gagnée par l'émotion.) Te laisser mourir ?
Mirlina baissa les yeux et regarda son corps.
- Je ne sais pas... Je ne sais pas ce que je suis. (Elle déglutit.) Qui je suis.
- Tu es Mirlina Shepard, une humaine originaire de Mindoir, une franc tireuse N7. Et plus important encore, tu es la femme que j'aime.
- Suis-je réellement humaine ? (S'enquit l'humaine d'une petite voix.)
Liara opina et serra son amante contre elle avec tendresse.
- Tu l'es. (Lui assura t-elle d'une voix réconfortante.)
- Je ne retrouve pas les sensations que je connaissais. Je me sens...Bizarre.
Liara la regarda dans les yeux, dissimulant au mieux sa douleur.
- Tu dois laisser du temps au temps, mon amour.
Mirlina ne dit rien et contempla son amante, détaillant ses yeux, embués de larmes, ses traits d'où s'échappaient la tristesse, ses lèvres, si pleines et attirantes. Elle hésita un long moment avant de finalement déposer un timide baiser dessus. Liara le lui rendit avec tendresse, une main caressant ses cheveux, l'autre son bras. Le contact donna quelques frissons à l'humaine. Celle-ci sentit quelque chose bouger, se briser, au fond d'elle. Comme si une barrière venait de se détruire. Elle se rapprocha de Liara et toucha sa peau du bout des doigts. Son coeur accéléra et une douce chaleur envahit son être. Elle se fit plus entreprenante. Elle serra l'Asari avec force, collant son corps au sien. Elle goûta la douceur de ses lèvres, la tendresse de sa peau, la chaleur de son corps et s'en abreuva. Diverses émotions s'éveillèrent en elle. Elle s'autorisa à sourire.
- Je me sens mieux... (Dit-elle tout bas.)
- Je serais à tes cotés, à chaque instant. Jamais je ne t'abandonnerais. Peu importe le temps que ça mettras. (Promit l'Asari.) Je t'aime.
Mirlina la regarda un long moment sans rien dire ou faire. Elle ne savait pas réellement comment décrypter ce qui lui arrivait, les sensations qu'elle ressentait. C'était chaud, agréable et entêtant. Ce dont elle était sûre, c'est que ça lui plaisait, qu'elle voulait plus, que ce moment s'éternise. Elle sentait la vie se propager dans son être, via son coeur qui battait plus fort, son sang qui coulait rapidement dans ses veines, la chair de poule qui gagnait sa peau au contact de son amante, sa respiration qui s'accélérait... Elle se blottit de nouveau contre l'Asari, collant son corps contre le sien et déposa des baisers dans son cou. Elle la sentit frémir légèrement et pousser de très légers soupirs de plaisirs. Mirlina poursuivit son entreprise, laissant ses mains caresser les épaules puis le dos de son amante. Elle sentit son désir et son excitation croître.
- ça, j'aime... (Lâcha t-elle dans un souffle.)
Liara émit un petit rire au son cristallin qui ravit Mirlina. Elles échangèrent un baiser passionné.
- Je t'aime, Liara.
L'Asari sourit.
- C'est ça l'important. (Elle caressa le visage de l'humaine avec tendresse avant de reprendre.) Moi aussi, je t'aime.
Mirlina se redressa et se mit à genou sur le lit, une jambe de chaque coté de sa compagne. Elle colla son front contre le sien, laissant ses cheveux retomber pour caresser le visage de l'Asari. Puis, elle déposa de doux baisers sur ses joues et sur ses lèvres.
- Montre-moi. (Dit-elle dans un murmure.)
Liara dévisagea l'humaine avec curiosité, goûtant ses lèvres, laissant ses mains courir sur sa peau.
- Quoi ? (Demanda t-elle doucement.)
- Montre-moi... (Répéta l'humaine en l'embrassant.)
Elle se laissa glisser contre elle et les deux femmes s'allongèrent sur le lit où elles donnèrent libre cours à leur passion et leur amour.

#17
dioss71

dioss71
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Très bonne fanfic, bien écrite et émouvante (LiaraPosted Image), elle a même failli me réconcilier avec la fin bleu Posted Image.

Mais je préfère une promesse, qui correspond tout à fait à ma vision de la fin.

Merci

#18
SerZaltor

SerZaltor
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Tout a déjà été dit. En un mot : splendide :D

#19
Mirlina

Mirlina
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Merci à vous pour les commentaires et pour m'avoir lu, ça me touche sincèrement :)

La fin rouge est ma préférée sur le fond. La bleue ma préférée sur la forme. (Je trouve la mise en scène vraiment très belle, et j'ai la larme à l'oeil en entendant ma Shepard faire son discours, à la fin.
"Et je veillerais sur ceux qui ont survécu.
Ceux qui entretiennent aussi la mémoire de la femme que j'ai été jadis.
La femme qui a sacrifiée sa vie pour devenir celle qui sauverait le peuple."
Tout en voyant Liara poser la plaque... J'ai toujours le cœur et la gorge qui se serrent. Très émouvant pour ma part :)

Et je suis particulièrement fier de mon épilogue pour le coup :)

J'ai une autre idée de fic, même si j'ai peur de la redondance (Une autre fin. Donc, ça partirait encore une fois du même point.) Mais pas avant 2013 (Et quand je dis ça, c'est pas Janvier :P). Car j'ai du boulot en écriture :) (Un roman à terminer que j'ai laissé de coté, ça va pas !)

Encore merci :)

#20
Mire85

Mire85
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Tout est bien qui finit bien! :)
Merci pour l'histoire, j'ai pris plaisir à la lire.

#21
Mirlina

Mirlina
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:)

#22
Herge88

Herge88
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J'ai beaucoup aimé ta fanfic,du coup je vais me faire un plaisir de lire la première.Bonne continuation!!!

#23
Mirlina

Mirlina
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Merci ! Savoir que c'est lu et apprécié est un énorme cadeau pour moi :)

Pour la peine, je vais vous mettre des petits textes que j'ai écris hier soir. Il s'agit de morceaux del a prochaine fiction que j'ai couché sur "papier" car ils me prenaient un peu la tête :P



"L'humaine regardait l'immensité de l'espace, secoués de violentes explosions, les larmes aux yeux. Le désespoir s'empara d'elle. Les bruits d'un moteur la tirèrent de ses rêveries. Elle tourna le regard. Le vaisseau était là. Elle se dirigea vers lui, à bout de souffle. Un rayon racla le métal sous ses pieds et manqua la découper. Elle chuta et reprit sa course. Les portes étaient ouvertes. Elle voyait ses compagnons qui l'encourageaient. Elle sauta. Ses pieds se posèrent sur la trappe. Et une violente douleur explosa à l'arrière de son crâne.
- Vous avez échoué ! Ce cycle s'achèvera ! (Tonna une voix à l'intérieur de son crâne.)
Elle poussa un hurlement et se prit la tête entre les mains. Elle se cambra violemment et manqua tomber. Le vaisseau s'éloignait doucement de la station. Elle sentit une main sur son épaule, une autre sur son bras, et percevait des voix qui la hélaient.
- Mais nous ne vous tuerons pas. Vous verrez cette fin. Voici votre punition !
La douleur s'intensifia. Elle hurla, les yeux exorbités. Puis, tout devint noir."


"Les armes faisaient feu avec fureur, faisant tomber un déluge d'énergie et de balles sur les ennemis. Les soldats se tenaient en rang serrés, se couvrant les uns les autres. Les vaisseaux commençaient à s'allumer, les moteurs rugissaient. Des cris retentirent.
- On va pas avoir le temps ! (Hurla un Turien.)
- Vous devez tenir ! (Rétorqua un autre.)
Des civils tentaient de fuir poursuivit par des monstres difformes. Ceux-ci ne cessaient de gagner du terrain. L'un d'entre eux sauta sur le plus proche et lui taillada le dos jusqu'à attraper sa colonne vertébrale qu'il arracha sauvagement. D'autres connurent le même sort. La cohue s'installa rapidement parmi les cris et les pleures. Les armes s'arrêtèrent. Les vaisseaux décollèrent.
- Une autre colonie... (Déclara amèrement une voix.)"


"- Pourquoi ? (Demanda la femme, les yeux rougis.)
- Je l'ignore.
- Combien ?
L'autre haussa les épaules.
- Elle doit savoir.
- Pour l'heure, elle ne peut rien savoir. (Rétorqua le docteur.)"


"Shepard se tenait dans sa chambre, seule. Elle se leva pour se diriger vers la douche. Elle se déshabilla et se plaça sous le jet d'eau. L'eau ruissela sur sa peau et la déchargea de son fardeau. Elle avait de larges cernes et son visage avait perdu de ses couleurs. Elle ferma les yeux. La porte coulissa et quelqu'un se plaça dans son dos. Elle sursauta et poussa un cri, la terreur déformant ses traits. Liara la serra contre elle et la rassura.
- Encore ?
L'humaine opina et se blottit contre elle. L'Asari était encore habillée et la tristesse habitait son regard. Elle sortit de la petite salle et revint avec une serviette qu'elle enroula autour de son amante en coupant l'eau. Elle la conduisit ensuite vers le lit. Shepard semblait sans volonté. Liara caressa doucement son visage, cherchant à attirer son regard.
- Mirlina, je t'en prie...
L'humaine tourna vers elle son regard, les larmes au bord des yeux.
- Tout le temps... (Murmura-telle.)
- ça va aller... (Répondit l'Asari.)
Shepard secoua lentement la tête.
- Aide-moi... (Dit-elle d'une voix suppliante.)
L'Asari fronça légèrement les sourcils, continuant de caresser le visage de son amante, le cœur brisé de la voir ainsi.
- A quoi ?
- Aide-moi à oublier..."

#24
Dedalus25

Dedalus25
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Pas mal, j'aime bien : Juste un petit regret, la mise en page sur le forum n'aide pas à une bonne lecture. Par contre, l'histoire est très bien.

#25
Mirlina

Mirlina
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Ah ça, la mise en page... Malheureusement, je fais comme je peux :P

Heureux que ça t'ai plu :)