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[Fan-Fiction]; Mass Effect 3.5 : Descendance.


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#1
Mirlina

Mirlina
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(Prévue en deux parties, je connais la première, j'ai plus de mal sur la seconde. A voir donc... ça mettra le temps que ça mettra. Bonne lecture :P
PS : Les "flashs" du début ne continueront probablement pas (Sauf si ça plait, je sais pas.) C'est plus un récap des événements précédents et importants ou marquant. Je trouve que j'en abusais avec la fiction précédente ^^
Je remets la vidéo pour ceux qui ne l'auraient pas vu... :P
)



Première partie : Les conséquence d'un choix.


Chapitre 1 : Le prix à payer.





"- Ce serait facile pour un vaisseau isolé de se perdre là-dedans, n'est-ce pas ? (Lança l'Asari en regardant l'humaine, un sourire aux lèvres.) Pour trouver un endroit bien éloigné, où vous pourriez passer le reste de vos jours... en paix. Et heureuse.
Elle reporta son attention sur la grande vitre au dessus d'elles, admirant la beauté indescriptible de l'espace. L'humaine dévora l'Asari du regard, ses yeux pétillants d'amour, un petit sourire aux lèvres. Elle déposa un baiser sur la joue de son amante avant de se redresser.
- A l'instant, c'est ici que je veux être. (Déclara-t-elle doucement.)
L'Asari se redressa également et dévisagea intensément son amante.
- Et moi aussi.
Elles échangèrent un baiser plein de tendresse.
- Je vous aime, Shepard. (Lâcha-t-elle dans un souffle.)
- Moi aussi, Liara.
L'Asari se fendit d'un sourire coquin.
- Prouvez-le... (Murmura-t-elle dans un souffle.)
Mirlina l'embrassa et l'allongea sur le lit. Sa main glissa le long de la fermeture de la combinaison de l'Asari, dévoilant petit à petit son corps au teint bleu. Elle la caressa du bout des doigts, et sourit, ravie des frissons qu'elle procurait à son amante. L'Asari glissa hors de ses vêtements avant de se redresser. Elle embrassa langoureusement l'humaine, son corps glissant contre le sien, et la déshabilla en humant son parfum."


"Mirlina se redressa et commença à se rhabiller lentement. Plusieurs choses traversaient son esprit et l'encombraient. La main de Liara caressa sa peau et ce contact lui plut. L'Asari poussa un léger soupir, se leva et imita sa compagne.
- Vous me quittez toujours trop rapidement. (Déclara-t-elle d'une petite voix légèrement boudeuse.)
Mirlina dévisagea son amante un moment avant de l'enlacer.
- Nous aurons plus de temps pour nous quand tout sera terminé. (Elle plongea son regard dans le sien et poursuivit.) L'éternité ?
- Vous le promettez ?
Elle opina.
- Dites-le... (Demanda l'Asari dans un souffle.)
- Je vous le promets, Liara.
Elles s'embrassèrent et l'Asari quitta la chambre une fois habillée. Mirlina garda les yeux fixés sur la porte un long moment. Puis elle se détourna et se posta sur son terminal afin d'écrire une lettre, la gorge serrée."


"Amour. C'est le mot qui me décrit le mieux. Un sentiment fort, un sentiment puissant, un sentiment qui étreint mon coeur et nourrit mon âme. L'amour de la vie, envers mon peuple, mais également les autres races. L'amour de la liberté...Pour mes compagnons. Pour elle... C'est ce qui anime mon combat. Elle est la flamme de mon être, l'étincelle de mon esprit, celle qui détient mon coeur. Je l'aime. C'est grâce à elle que j'ai encore la force de combattre. Liara."


"- Vous avez le pouvoir de nous détruire. Mais je vous préviens, d'autres seront aussi exterminés. Le Creuset ne fera aucune distinction et détruira tous les synthétiques. Vous même, vous êtes en partie synthétique. (Lâcha-t-il d'un ton entendu.)
- J'ai fait tout ce chemin... On vous détruira sans le Creuset.
- Impossible, vous ne faites pas le poids. (Il marqua une pause.) Il y a cela dit une autre solution. Vous pouvez toujours utiliser l'énergie du Creuset pour prendre le contrôle des Moissonneurs.
- Qu'est-ce qui m'arrivera ?
- Vous mourrez, vous nous contrôlerez, mais vous perdrez tout ce que vous avez. Votre forme physique se désintégrera, mais vos pensées, vos souvenirs, survivront. Votre lien avec les vôtres sera rompu, mais vous aurez toujours conscience de leur existence.
- Je n'ai pas mené ce combat pour abandonner tout ce que j'ai.
- Oui, il existe une autre solution. La synthèse.
- Et c'est ?
- Ajouter votre énergie au Creuset. La réaction en chaîne combinera vie organique et synthétique pour donner un nouveau système, un nouvel... ADN.
- Mais comment mon énergie sera associée au Creuset ?
- Votre énergie organique, l'essence même de ce que vous êtes, sera décomposée, puis dispersée. L'énergie du Creuset, ainsi libérée, transformera la matrice de toute la vie organique de la galaxie. Les organiques seront perfectionnés en étant entièrement intégrés à la technologie synthétique. Quant aux synthétiques, ils obtiendront une compréhension complète des organiques. C'est la solution idéale. Maintenant que nous savons que c'est possible, nous arriverons à la synthèse, c'est inévitable. Optez pour cette solution. (Termina-t-il d'un ton impérieux.)"


"Nous sommes éternels, infinis, immortels."

"Votre défaite est inéluctable."


"Ceux que vous nommez Moissonneurs, sont votre salut par l'extermination."

"Il n'y a pas de guerre, il n'y a que la moisson."


"- Et maintenant, nous payons tous pour votre erreur...
- Ce n'était pas une erreur. L'intelligence fait exactement ce pour quoi elle a été programmée."

"- Qu'est-ce qu'on fait ?
- La seule chose qu'on puisse faire est de se battre ou de mourir !"

" Ce n'est pas une guerre... Mais... Une extermination."


"Le groupe avançait dans les couloirs de pierre, se taillant un chemin sanglant parmi les Krogans et les Geths qui leur barraient la route. Shepard comptait les mètres parcourut vers Ashley et le commando Galarien quand un vaisseau passa au dessus d'elle. La voix de Williams résonna alors dans son communicateur.
- Un convoi Geth se dirige droit sur vous, Lieutenant !
- Vous pensez pouvoir les retenir, Kaidan ? (Renchérit Shepard.)
- Non, ils sont trop nombreux. Je vais activer la bombe ! (Il marqua une pause.) C'est fait.
- Qu'est-ce que vous faites, Lieutenant ?
- Je m'assure que ce truc explose. Vous, allez sauver Williams et Kirrahe, et foutez le camp d'ici.
- Négatif, on pourra se débrouiller ! (Rétorqua Ashley.)
Shepard resta interdite un instant, sentant le poids du commandement peser sur ses épaules. Elle savait qu'il lui fallait faire un choix et ferma les yeux avant de prendre une grande inspiration pour chasser son stress.
- Ashley, dites à Joker de nous retrouver sur la tour anti-aérienne.(Dit-elle d'une voix légèrement rauque.)
- Je... Compris Commandant.
- C'est ce qu'il y a de mieux à faire. (Approuva Kaidan.)
- Kaidan, je suis désolée, je...
- Pas moi, commandant. Ce fut un honneur.
Shepard opina puis reprit sa route, le coeur lourd. Elle déchaîna sa rage contre les quelques ennemis qu'elle rencontra en chemin et rejoignit la tour. Malgré l'arrivée de Saren et sa fuite, elle parvint à sauver Ashley et Kirrahe. Le groupe embarqua à bord du Normandy et Shepard retrouva Joker. Le pilote engageait le vaisseau dans l'espace, loin du Lieutenant Alenko et de la bombe. La mâchoire de Mirlina se contracta à de nombreuses reprises alors que le vaisseau s'éloignait de la planète, ses pensées tournées vers Kaidan. Une violente explosion déchira l'air à la surface de la planète, et la jeune femme ferma les yeux, attristée."

" Kai Leng menaçait le conseiller Galarien de sa lame. Shepard se tenait derrière ce dernier avec son équipe, tenant en joue l'humain, prête à tirer à la moindre menace.
- Trois contre un, vieux, c'est la fin. (Lâcha-t-elle.)
- Non. On va s'amuser.
Un petit sourire se dessina sur le visage de Leng et disparut aussitôt quand une arme cliqueta à son oreille. Il reconnut le bruit, un M-5 Phalanx. Et celui qui tenait l'arme n'était autre que Thane Krios, l'Assassin Drell. Kai dévia l'arme d'un revers de la main, évitant ainsi la mort in-extrêmis. Krios lâcha son arme et envoya un direct du droit que son ennemi évita avant de répliquer, écrasant son avant bras dans la figure du Drell. Thane encaissa et riposta aussi sec. Les combattants échangèrent quelques coups, se jaugeant l'un l'autre, cherchant une faille à exploiter. Kai avait pour lui la jeunesse, Thane, l'expérience. L'assassin de Cerberus trouva une faiblesse et agrippa le bras du Drell avant de le faire tomber au sol. Celui-ci fit une roulade et se remit sur pied en empoignant son arme au passage avant de faire feu. Mais Leng avait activé son champ de camouflage. Thane et Shepard cherchèrent l'homme du regard. Celui-ci réapparut à la droite du Drell, l'épée à la main et engagea le combat. Thane contra un coup de taille avant de faire tomber Leng au sol grâce à ses pouvoirs biotiques. Le jeune homme se releva bien vite et s'élança vers son adversaire. Il feinta, ramena son arme et passa sous la défense du Drell avant de lui enfoncer son arme dans le thorax. Thane resta figé un instant avant de s'écrouler.
- Thane ! (Cria Shepard avec horreur.)"

"Légion manipulait le paquet de données, entièrement concentré dans sa tâche. Shepard et Tali'Zorah étaient en retrait, négociant avec la flotte Quarienne.
- Erreur : Copier le code ne suffit pas. Diffusion directe de personnalité requise.
Le Geth cessa son action et se tourna vers l'humaine.
- Administrateur Shepard. Je dois y aller. Par... Pardonnez-moi. C'est le seul moyen.
- Légion, la réponse à votre question était "oui". (Déclara doucement Tali'Zorah en s'approchant.)
- Je sais Tali. Mais merci. Keelah se'lai.
L'être synthétique s'avança de quelques pas avant de tomber à genou puis de s'écrouler. La lumière animant ses circuits et ses récepteurs s'éteignit à jamais.
- Adieu, Légion... (Murmura l'humaine d'une voix rauque.)"

"La jeune femme courrait pour échapper au Moissonneur aux prises avec le dévoreur. Mordin était déjà en bas de la tour, s'affairant à préparer la machine pour soigner le génophage. De nombreuses explosions secouaient l'édifice et décrochaient des morceaux de roches qui tombaient autour d'eux. Mordin se tourna vers l'ascenseur au moment où celui-ci ouvrit ses portes.
- Nécessaire de contrer verrouillage du GSI manuellement.
- Vous allez monter ?!
- Oui.
- Mordin, tout va sauter, c'est de la folie !
- Pas le temps d'ajuster remède selon variations thermique. Intervention manuelle nécessaire au sommet. Non, je dois monter.
Il partit vers l'ascenseur d'un pas résolu et Shepard se lança à sa suite.
- Mordin, non !
- Shepard, s'il vous plaît. C'est le seul moyen. Mon projet, mon travail, mon remède, ma responsabilité. (Il marqua une pause et un petit sourire contrit se dessina sur ses lèvres.) Je voulais mener test sur coquillages.
- Mordin, je suis désolée...
- Moi pas. ça devait être moi.
Le Galarien referma la porte d'un mouvement de son omni-tech et l'ascenseur s'éleva sous le regard de Shepard. Les explosions le long de la tour se multipliaient, serrant le coeur de la jeune femme. Elle attendit de longues minutes, le coeur battant jusqu'à ce que le voile s'active, libérant un agent pathogène dans l'atmosphère. Elle regarda les particules, semblable à des spores, se déverser sur la planète, soulagée.
- Allez, Mordin... (Marmonna-t-elle entre ses dents.)
Elle garda les yeux fixés sur le sommet de la tour durant de longues secondes. Ses espoirs furent balayés quand une puissante explosion ravagea le dernier étage. La jeune femme sentit sa gorge se serrer et les larmes couler sur ses joues. Les spores tombèrent autour et sur elle. Elle tendit la main pour en attraper un qui tomba aussitôt en poussière. Finalement, le coeur lourd, elle se détourna."

"Le vieil homme était assit, en partie adossé contre une plateforme, visiblement las. Du sang coulait d'une blessure à l'abdomen et des hématomes marquaient son visage. Ses yeux semblaient perdu dans le vide, admirant la Terre à travers l'immense baie vitrée. La planète bleu semblait paisible et sans défaut. Mais de larges traînées rouges couraient à sa surface, lui donnant un coté sombre et effrayant qui ne faisait que rappeler à l'Amiral ce qu'elle avait subi au fil des derniers mois.
La jeune femme passa près de lui et se laissa glisser à ses cotés.
- Commandant. (La salua-t-il.)
Shepard tourna la tête vers lui, du sang coulant des ses nombreuses blessures au visage.
- On a réussi. (Lança-t-elle doucement.)
- Oui. C'est vrai. (Il marqua une pause.) Quelle vue splendide !
- On est aux premières loges.
Anderson grogna légèrement de douleur.
- ça fait du bien... De pouvoir s'asseoir. (Lâcha-t-il d'une voix éteinte.)
- Vous méritez une pause. (Dit-elle d'un air légèrement narquois, avant d'ajouter.) Restez avec moi, on y est presque.
L'amiral poussa de nouveaux grognements.
- Vous avez assuré ma petite, vous avez assuré. Je suis... Fier de vous... (Dit-il tout bas.)
Les muscles du vieil homme se relâchèrent et sa tête alla sur le coté alors que son corps s'affaissait légèrement. Shepard tourna le regard vers lui avec fierté et reconnaissance.
- Merci.
Anderson n'eut aucune réaction et l'inquiétude gagna la jeune femme.
- Anderson ? (Appela-t-elle d'une voix tremblante.)
Mais le vieil homme était mort. La mélancolie s'empara de Shepard, qui détourna le regard."




La guerre en était à son point culminant et la tension était à son comble. L'humaine faisait face à cette apparition aux traits enfantins, la dévisageant avec un mélange d'horreur et de dégoût. La jeune femme se sentait bizarre, presque comme dans un rêve, mais cela pouvait être dû à son état physique et aux grandes quantités de sang qu'elle avait perdu. Le liquide écarlate avait coulé sur son visage, dessinant des sillons rouges qui recouvraient les hématomes et dissimulaient en partie les cernes qui creusaient ses yeux.
- Vous devez faire un choix. (Déclara l'enfant d'une voix froide et éthérée.)
Shepard tourna son regard vers le Creuset, s'arrêtant un instant sur l'immense pilier de lumière bleu qui s'en échappait et le reliait à la Citadelle. L'énergie palpitait et faisait vibrer l'air et le sol. Au dessus d'elle, la bataille continuait de faire rage, illuminant l'espace proche à chaque tir ou explosion et créant des ombres mouvantes. Des rayons écarlates traversaient cet océan ténébreux et frappaient les croiseurs, raclant contre les coques, tordant et perçant le métal comme du papier. Un vaisseau Geth intercepta un tir Moissonneur, sauvant ainsi un croiseur Turien d'une mort certaine.
Que devait-elle faire ? Que pouvait-elle faire ? Destruction, contrôle, synthèse... Sauver les Moissonneurs était hors de question, mais pour les détruire, elle devait trahir IDA et les Geths qui combattaient contre les monstres de métal aux cotés des organiques... Ces synthétiques là défendaient la vie, prenant parti pour les organiques face à d'autres synthétiques. Elle ne pouvait pas les trahir. C'était au dessus de ses forces. Mirlina détourna les yeux et les posa sur l'enfant qui attendait visiblement qu'elle fasse son choix.
- Non. (Lâcha-t-elle d'un ton las.) Je mettrais un terme à cette guerre selon mes conditions.
- Alors vous mourrez sans avoir pu sauver tout ce que vous défendiez. (Répondit l'apparition d'une voix monocorde.)
Mirlina baissa les yeux et prit le temps de choisir ses mots.
- Je me bats pour la liberté. La mienne et celle de tous. Je me bats pour notre droit de choisir notre propre sort. (Elle plongea son regard dans celui de l'apparition.) Et si je meurs, au moins, je saurais que j'ai tout fait pour vous arrêter. Et je mourrais libre.
Tout en prononçant ces mots, Mirlina se redressa et bomba le torse dans un signe de courage et de défi.
L'enfant la considéra un instant avant de gronder d'un ton sec et mauvais.
- Ainsi soit-il. Le cycle continue.
Et il s'en retourna, laissant la jeune femme seule. Comme pour ponctuer sa menace, un grondement synthétique résonna loin au dessus d'elle. Un Moissonneur se jeta sur un croiseur, écartant ses tentacules avant de libérer un rayon qui transperça la coque. L'immense monstre de métal percuta le vaisseau à pleine vitesse et referma ses pattes dessus en vue de le déchiqueter. La coque fut percée, brisée et découpée sur toute la longueur du croiseur. L'épave vibra une seconde avant d'exploser, envoyant des bouts de métal dans toutes les directions. Le monstre passa au travers des débris sans même ralentir. Un peu partout, des scènes similaires se produisaient, éclairant l'espace durant un instant funeste. Chaque mort, chaque destruction poignardait le coeur de la jeune femme, dont le visage ne reflétait plus que l'horreur et l'impuissance.
Un sifflement strident retentit, accompagné d'un éclat lumineux. La jeune femme tourna son regard vers le Creuset avec appréhension. Des arcs électriques s'échappaient de l'immense pilier énergétique reliant l'imposante machine à la Citadelle. Le conduit vibrait, palpitait et se tordait de manière inquiétante. Il grossit un instant avant de s'atténuer jusqu'à disparaître complètement. Mirlina garda les yeux rivés sur le vide, sans parvenir à y croire. Que venait-elle de faire ? L'énergie du Creuset s'était dissipée, emportant avec elle l'occasion d'en finir avec cette guerre. Les combats continuaient, les survivants combattant avec l'énergie du désespoir. Les pertes étaient lourdes et ne cessaient de croître. Les armées organiques reculaient face à la violence et la puissance implacable des Moissonneurs. Trois vaisseaux explosèrent les uns à la suite des autres, emportant avec eux des centaines d'individus. Les flottes perdaient en efficacité et en précision. L'attaque tournait à la débâcle.
Le coeur de Shepard se serra et des larmes envahirent ses yeux.
- Non... (Murmura-t-elle d'une voix brisée.)
Ses espoirs, ses rêves, de victoire et de liberté tombaient en poussière et s'envolaient, éparpillés par les vents. Qu'avait-elle fait ?
Une voix résonna dans son oreillette, mais la jeune femme ne le remarqua pas tout de suite, comme hypnotisée.
- Shepard ? Shepard ! (Insista la voix.)
L'intéressée sursauta, revenant à la réalité. Elle reprit conscience de son corps, et de la douleur qui l'étreignait, aussi bien physique qu'émotionnelle.
- Shepard, répondez bon sang. (Jura la voix.)
Elle s'humecta les lèvres, légèrement tremblante.
- Joker ? (Demanda-t-elle d'une voix rauque.)
Il y eut de francs soupirs de soulagement et quelqu'un, qui ne pouvait être que Liara, laissa échapper : Par la Déesse, elle est en vie, avec soulagement.
- Shepard, vous vous rendez compte de la peur que vous nous avez faites ? Que se passe-t-il avec le Creuset ? Pourquoi s'est-il éteint ?
Mirlina déglutit.
- ç... ça n'a pas marché. (Finit-elle par répondre.)
Le pilote lâcha un juron.
- ça tourne au cauchemar par ici. Je viens vous chercher.
La jeune femme se contenta d'opiner pour elle même et scruta les cieux. Elle entendit les moteurs du vaisseau avant d'en apercevoir la silhouette et son coeur bondit à cette vue. Une vague de soulagement s'empara d'elle, mélangé à une lueur d'espoir : Tout n'était pas perdu. Elle se dirigea vers le Normandy, d'abord d'une démarche faible, avant de littéralement courir, oubliant la douleur malgré ses muscles qui hurlaient. Le vaisseau avait entamé sa phase d'approche, se rapprochant du sol, sa rampe s'ouvrant lentement. Les compagnons de Shepard étaient tous là et l'attendaient en lui lançant des encouragements. Liara se trouvait parmi eux, son visage débordant de joie malgré les larmes qui roulaient sur ses joues. La distance séparant la jeune femme du vaisseau se réduisait au rythme des mètres qu'elle avalait et des secondes qui s'écoulaient. Elle était à une vingtaine de mètres quand une ombre assombrit la plateforme. Elle leva les yeux vers les cieux et aperçut vaguement une forme sombre. Une violente douleur éclata dans son crâne et lui arracha un hurlement. Mirlina tituba et se prit la tête entre les mains, les yeux écarquillés. Ses compagnons se figèrent, incrédules et inquiets et Liara appela l'humaine en hurlant, affolée. Shepard poursuivit son avancée d'une démarche hasardeuse, s'arrêtant régulièrement quand la douleur s'accentuait. Elle était incapable de penser, noyée dans un océan de souffrances indescriptibles.
" Tout ceci est de votre faute !" Tonna une voix à l'intérieur de son crâne, faisant vibrer ses nerfs et ses os.
" Votre faiblesse a conduit à cette débâcle ! Votre guerre, votre échec !"
La jeune femme poussa un gémissement mais continua d'avancer malgré tout. Ses compagnons la regardaient souffrir sans pouvoir intervenir. Liara et Garrus voulaient descendre la chercher, mais ils étaient comme figés d'effroi, incapable de faire le moindre geste.
" Nous pourrions vous tuer. Mais ce serait une délivrance."
Mirlina tomba à genou, des larmes roulant sur ses joues et du sang dégoulinant de son nez. La douleur ne cessait de croître et d'envahir son corps et son cerveau.
" Nous vous condamnons à vivre pour voir les conséquences de votre échec, la fin de votre civilisation, de votre espèce ! Ce cycle est perdu et vous assisterez, impuissante, à sa fin !"
L'humaine poussa un hurlement, le corps secoués d'un violent spasme pendant près d'une minute. Puis, les larmes aux yeux, elle se fit violence et se redressa mollement, les jambes flageolantes, et franchit les derniers mètres la séparant du Normandy. La voix continuait de résonner dans son crâne, appliquant une pression énorme sur son cerveau et noyant ses sens. Le sol tanguait sous ses pieds, lui donnant l'impression d'être totalement instable. Les sons étaient déformés et à peine perceptible et sa vision était troublée. Elle prit son élan et, avec un effort surhumain, bondit sur la rampe, les mains tendus. Ses bottes claquèrent contre le métal mais elle ne parvint pas à retrouver son équilibre. Ses jambes se dérobèrent et elle se sentit partir en arrière.
" Votre défaite, votre responsabilité !" Reprit la voix. " La Moisson s'achèvera ! Vous verrez et vous assisterez à la chute de votre espèce. C'est... Inéluctable."
Alors que la voix s'estompait, une série d'image défila dans l'esprit de la jeune femme. Elle vit mort et destruction, une galaxie plongée dans le chaos, des planètes entières, mises à feu et à sang. Et elle était impuissante face à cela, simple spectatrice dans l'incapacité d'agir. Ses pieds étaient collés au sol, ses jambes de plomb. Elle voulait bouger, les aider, mais ne pouvait faire le moindre geste. Elle assistait à la mort ou à la transformation de milliers d'êtres. Des organiques, par milliards, la dardaient de leurs yeux accusateurs, murmurant son nom avec haine. Elle hoqueta et aperçut ses compagnons par delà un voile obscur. Un puissant spasme traversa son corps. Elle sentit qu'on lui enserrait la taille et les bras et qu'on la tirait. Les sensations s'évanouirent, les voix s'estompèrent, et elle sombra dans le néant.




Les brèches dans la défense organique se comptaient par centaines, et le nombre de vaisseau diminuait à chaque seconde. L'offensive Moissonneur ne perdait jamais en puissance, dominant largement le champ de bataille. Le vieil homme avait les yeux fixés sur la représentation holographique de la bataille et essayait de ne pas trembler, de ne pas montrer sa peur et son désarroi. Des rapports de pertes lui parvenaient sans cesse, et malgré ses tentatives répétées, les flottes étaient entièrement désorganisées. L'Amiral savait qu'il n'avait pas le droit d'échouer, que l'avenir des peuples reposait en grande partie sur ses épaules. Mais c'était le chaos et il était impuissant face à cela.
- Amiral ! (Salua un officier.) Les Quariens demandent la permission de quitter la bataille.
- Quoi ?
- Ils disent que tout est perdu, et sont soutenu par les Galariens.
- C'est de la folie ! Nous n'aurons pas d'autres occasions ! Et nous avons toujours le Creuset !
L'officier regarda la représentation de la bataille derrière le vieil homme et ne put contenir un tremblement.
- Sauf votre respect, Monsieur, ce ne sera bientôt plus le cas.
Hackett resta immobile un instant, n'osant se retourner. Finalement, il fit volte-face pour voir les Moissonneurs attaquer le Creuset, leurs rayons écarlates transperçant l'imposante machine. Le temps se figea pour le vieil homme, qui regarda avec horreur leur dernier espoir être détruit. La voix de l'officier le ramena à la réalité.
- Amiral ?
- Je suis à la tête de la plus grande débâcle de notre histoire... De la seule bataille qu'on ne pouvait se permettre de perdre... (Dit-il tout bas avant de secouer la tête pour se reprendre.) Sonnez l 'évacuation. Envoyez des navettes sur Terre, essayez de sauver le maximum de personne. (Il plongea son regard dans celui de l'homme.) Désormais, nous devons nous assurer de la sauvegarde de notre civilisation.
L'officier acquiesça avec gravité et s'en retourna transmettre les ordres. Hackett le regarda s'éloigner avant de reporter son attention sur la bataille, le coeur lourd.
- Cette guerre... Est perdue. (Murmura-t-il pour lui même.)




Le krogan émit un petit râle de fatigue. Sa gorge était sèche et la poussière lui piquait les yeux. Il regarda ses compagnons d'armes et s'attarda sur leur visage, essayant de deviner leurs pensées. Quelques humains et turiens se mêlaient parmi les krogans. Tous étaient tendu, mais aucun ne flancherait, il le savait. Wrex s'approcha de Grunt.
- C'est trop calme. (Lança le krogan d'une voix bourrue.)
Le chef opina. Les forces ennemis avaient afflué sur eux sans discontinuer durant plusieurs heures. Mais le flot s'était progressivement tari jusqu'à devenir quasiment insignifiant. Le groupe ne combattait plus que sur un seul front et cela inquiétait Wrex. Le chef avait envoyé des éclaireurs aux alentours, mais ceux-ci n'avaient rien trouvé. Une explosion illumina les cieux un court instant. Les forces Moissonneurs reculèrent et cessèrent les hostilités. Un grondement s'éleva tout autour d'eux, sombre et menaçant. Puis, un silence lourd et oppressant s'installa. Les minutes s'écoulèrent ainsi, dans l'attente. Le sol trembla et des traînées de feu zébrèrent le ciel. Et les endoctrinés chargèrent de tous les cotés à la fois, sortant des bâtiments en ruines et même du sol. Le groupe fit feu, tuant les abominations à tour de bras, mais il en arrivait toujours d'autres. Les exterminateurs tiraient depuis des positions surélevées, obligeant les défenseurs à se mettre à l'abri. Le béton explosait et s'éventrait un peu partout, réduisant les cachettes. Les brutes chargèrent dans la masse, brisant les rangs et semant mort et désolation. Les organiques résistèrent moins de cinq minutes avant de flancher et ce fut le chaos. Les soldats couraient dans tous les sens pour essayer de se mettre à l'abri. Les brutes frappaient de gauche et de droite, faisant valser les corps et brisant les os. Wrex et Grunt échangèrent un long regard et opinèrent avant de se lancer dans la mêlée. Le chef krogan explosa la tête de la brute la plus proche avant de donner un coup d'épaule dans le corps frêle d'un zombi qui voltigea sur plusieurs mètres. Son fusil à pompe crachait ses balles dans tous les sens, envoyant de la chair et de l'hémoglobine un peu partout. A cela s'ajoutait les pouvoirs biotiques du krogan qui frappaient les ennemis un peu trop éloignés. Une balle toucha Wrex à la jambe, sans pour autant le ralentir. Le krogan chargea un groupe de zombi avec un rire effrayant. Il frappa dans tous les sens, massacrant les créatures à tour de bras. Ses boucliers finirent par céder sous la puissance des tirs ennemis. Wrex se précipita sur les marauders et les cannibales qui le criblaient de balles, transformant son armure en passoire. Le sang coulait de ses nombreuses blessures et il commença à ralentir. Il tira à plusieurs reprises, vidant ses cartouches thermiques sur ses ennemis avant de tomber au sol en crachant du sang.
Grunt se précipita vers lui, écrasant sous sa charge zombis et nuées. Le chef lança un dernier regard de défi aux forces Moissonneurs.
-C'est tout ce que vous avez ! (Lâcha-t-il d'une voix forte.)
Une grenade tomba devant lui. Wrex eut une dernière pensée pour Bakara et leur enfant à naître. Il ferma les yeux. L'explosion souffla le chef krogan et son corps calciné et sans vie s'écrasa mollement contre un pilier avant de glisser au sol.
La déflagration déstabilisa Grunt un instant et quelque chose le frappa dans les côtes, l'envoyant au sol. Une énorme masse sombre entra dans son champ de vision et il fit feu à plusieurs reprises. Mais les projectiles ricochèrent contre l'armure de la brute. Celle-ci tenta de l'écraser sous son poing. Grunt évita le coup puis s'accrocha de toutes ses forces au bras de son adversaire pour l'attirer contre lui. Il roula maladroitement sur le coté pour se retrouver en position dominante. L'arme à la main, il vida ses cartouches dans la tête du monstre, explosant son crâne. Le krogan se laissa glisser au sol, légèrement engourdi. Des tirs d'exterminateurs l'obligèrent à fuir à l'abri. Le sol explosa sous ses pieds et il s'étala de tout son long au milieu des débris. Son arme lui échappa des mains et glissa hors de portée. Grunt grogna et se releva quand quelque chose transperça sa jambe. Il poussa un hurlement guttural et essaya de se retourner. La patte d'un exterminateur traversa sa poitrine et le cloua au sol. Il sentit des dizaines de petites pattes courir sur son dos et entendit le bruit caractéristique des rachnis. Le krogan émit un ultime râle avant de fermer les yeux, le corps endolori et engourdi, plongé dans une mare de sang. Au loin, des navettes approchaient.




L'Asari combattait avec énergie, libérant ses pouvoirs biotiques dans une parfaite maîtrise. Elle contenait sa rage et sa fureur, refusant de les laisser prendre le pas sur sa raison. De nombreuses probatrices avaient succombé et les survivantes n'étaient plus qu'une poignée. Avec elles se trouvaient quelques soldats qu'elles essayaient de protéger quand elles le pouvaient. Des navettes survolèrent leur position et un humain opina, une main sur son oreille.
- Navettes d'évacuations ! Il faut les rejoindre ! (Hurla-t-il par dessus le vacarme ambiant.)
De nouvelles troupes Moissonneurs surgirent d'un peu partout et s'élancèrent vers le groupe. Les probatrices usèrent de leurs pouvoirs, enchaînant des explosions biotiques dévastatrices qui ralentissaient la progression des endoctrinés . Mais cela ne suffisait pas à endiguer le flot qui semblait intarissable. L'horrible marée perça les défenses avec à sa tête tout un bataillon de furies. Celles-ci prirent les Asaris pour cibles, les rejoignant en quelques bonds biotiques. Elles massacrèrent les rares soldats qui se trouvaient sur leur route, à l'aide de leurs griffes ou de leurs terrifiants pouvoirs biotiques, ouvrant la voie à leurs alliés et coupant toutes possibilités de retraite. Elles ponctuaient leurs assauts d'horribles cris terrifiants qui déstabilisèrent les survivants. Trois fois plus nombreuses que les probatrices, elles eurent tôt fait de les défaire, assurant leur domination sur le champ de bataille. Samara vit ses soeurs mourir les unes après les autres sans pouvoir les aider. Certaines n'eurent même pas l'occasion de se défendre face à la puissance écrasante des furies.
Samara lança une déchirure sur la plus proche qui répondit avec le même pouvoir. Les attaques se rencontrèrent à mi chemin et provoquèrent une puissante explosion. La probatrice évita le coup suivant en bondissant sur le coté, mais une décharge la frappa à l'épaule et l'envoya au sol. Le cri des furies lui vrilla les tympans mais elle se releva courageusement avant de libérer une onde de choc biotique qui repoussa les créatures proches. Elle concentra ses pouvoirs pour soulever un débris rocheux qu'elle projeta sur la furie face à elle, l'envoyant au tapis. Une autre se prit sa déchirure en plein visage. Samara poussa un grognement et tomba à genou quand les griffes d'une troisième raclèrent contre ses côtes. Elle sauta pour se mettre hors de portée et jeta un rapide coup d'oeil autour d'elle. Elle était la dernière debout et les furies convergeaient vers elle. Elle laissa son pouvoir croître et couler en elle avant de le décharger sur la furie la plus proche, lui arrachant un bras. La créature poussa un hurlement en reculant et fut noyée au milieu de ses soeurs qui continuaient d'avancer. Samara frappa de droite et de gauche, repoussant les monstres avec vaillance jusqu'à ce qu'une main griffue n'enserre son poignet. Elle tenta de se dégager, mais la furie lui brisa le bras d'un geste sec. Samara écarquilla ses yeux embués de larmes à cause de la douleur, mais n'émit pas le moindre son. La furie planta ses griffes dans le ventre de l'Asari et la souleva lentement, amenant son visage à hauteur du sien avant de souffler son haleine fétide.
- Jamais... (Murmura Samara.)
De sa main valide, elle attrapa son arme et posa le canon sur sa tempe. Elle eut une ultime pensée pour sa dernière fille, Falere, et s'en voulut de l'abandonner. Elle appuya sur la gâchette. L'arme tomba au sol avec un bruit mat et les muscles de l'Asari se détendirent. La furie huma le corps sans vie avant de le laisser mollement tomber sans lui accorder plus de considération.



Les heures s'écoulaient dans la mort et le sang. Les poches de résistance s'amenuisaient face à l'implacable avancée des endoctrinés. Les navettes d'évacuation étaient finalement parvenues à se poser à divers endroits, et un bon nombre de résistants et de réfugiés avaient pu être évacué. Jack regarda ses élèves avec fierté tandis qu'ils apportaient leur soutien pour évacuer les blessés ou qu'ils consolidaient les défenses avec des barrières biotiques. Malgré les morts et la mine défaite de bon nombres de soldats, ses petits demeuraient droit ce qui lui donnait du baume au coeur. Il y eut une explosion à l'est qui leva un nuage de poussière, à environ trois cents mètres. Jack plissa les yeux mais la vue était obstruée par des montagnes de débris et elle poussa un juron. D'autres explosions suivirent et un groupe émergea de la fumée, manifestement en train de fuir. Des tirs les encadraient et le sol explosait autour d'eux. Deux furent tués avant d'avoir parcourut vingt mètres et un troisième blessé. Jack appela ses élèves et se précipita au devant du groupe, déployant des barrières cinétiques pour dévier les projectiles menaçant. Elle posa ses yeux sur la foule et s'attarda sur deux visages familiers en grimaçant.
Grâce aux étudiants, les réfugiés parvinrent tant bien que mal jusqu'aux navettes avec peu de pertes. Des soldats se placèrent derrière les jeunes biotiques et firent feu sur les forces ennemis pour leur permettre de se replier. Jack rejoignit la navette la plus proche avec ses élèves et les fit monter à bord avant de les rejoindre. Les deux visages familiers étaient déjà dans le kodiak. Le premier appartenait à Miranda Lawson. La femme était occupée à nettoyer et soigner une blessure à sa jambe et était assistée de Jacob Taylor, qui éclairait la plaie à l'aide de son omni-tech et la scannait pour prévenir tout risque.
- La pom-pom girl est blessée ? (Lâcha Jack d'un ton légèrement sec.)
Miranda ne daigna même pas lever les yeux, terminant de nettoyer la plaie qui n'était pas très profonde.
- Merci pour votre aide. (Répondit-elle d'une voix froide.)
Jack renifla avec mépris mais ne répondit pas. La navette s'éleva dans les airs, imitée par les autres, fuyant les troupes ennemis qui avaient rejoint la zone d'atterrissage désormais quasi déserte. Ils essuyèrent quelques tirs, mais il n'y eut ni blessé ni dommage à relever. Les réfugiés poussèrent de franc soupirs de soulagement alors que le sol et le carnage s'éloignaient au fil des minutes.
Un grondement métallique s'éleva au dessus d'eux. Jack, Miranda et Jacob levèrent les yeux en même temps, soudain inquiet.
- J'ai déjà entendu ça... (Marmonna l'ancienne détenue.)
Miranda acquiesça silencieusement et claudiqua jusqu'au cockpit pour jeter un oeil. Il faisait nuit et un fort brouillard rendait la visibilité difficile. Soudain, un trait rouge transperça la brume et frappa une navette sur leur gauche. Le Kodiak explosa dans un geyser de flammes. D'autres traits écarlates jaillirent face à eux et frappèrent les navettes les unes après les autres. Les pilotes poursuivirent leur ascension en engageant les manoeuvres évasives, slalomant en partie à l'aveuglette. Un rayon racla contre le métal et perça un trou derrière Jack. Un bout de métal se ficha dans le dos de la biotique et la navette fit une embardée. Elle perdit l'équilibre et passa à travers l'ouverture. Ses élèves poussèrent des hurlements d'horreur. Miranda se précipita vers la brèche. Jack se tenait du bout des doigts au métal calciné, le visage déformé par la douleur. Elle tendit ses mains pour attraper les siennes.
- Tenez bon ! Jacob ! (Hurla-t-elle à l'intention du soldat.)
Mais celui-ci s'était cogné la tête et était étendu sur le sol, inconscient. Miranda reporta son attention sur Jack et tenta de la hisser à bord. L'ancienne détenue essaya de se redresser, mais ses jambes ne lui répondaient plus, ses bras étaient ankylosés. Les étudiants essayèrent d'apporter leur aide, mais la navette se pencha sur le coté, les empêchant d'atteindre la cloison percée, et la voix du pilote s'éleva.
- Il faut colmater cette brèche, où on va tous y passer !
Au fur et à mesure que le kodiak s'élevait dans les cieux, que la pression et la température chutaient, son vol devenait plus chaotique. Les doigts de Miranda étaient en train de geler et elle essaya une nouvelle fois d'hisser la biotique en gémissant.
Jack la regarda avec reconnaissance.
- Prenez soin de mes gosses... (Déclara-t-elle d'une voix rauque.)
Miranda considéra son ancienne équipière un instant en secouant la tête.
- Non, Jack, non... (Commença-t-elle.)
L'ex détenue sourit.
- Merci, Miranda.
Elle lâcha les mains de son équipière qui ne put la retenir plus longtemps et tomba dans le vide, disparaissant parmi la brume. Miranda fut rejetée en arrière et percuta la cloison opposée avec force, manquant se démettre l'épaule. Elle garda les yeux fixés sur la brèche qui se recouvrait d'un champ de confinement, des larmes roulant sur ses joues. La navette quitta l'atmosphère terrestre pour s'engager dans la noirceur de l'espace.




Au matin, rares furent les survivants à pouvoir admirer l'aube naissante. Les corps de diverses races jonchaient les rues, parfois dans des positions grotesques, et les rues étaient habitées par des créatures horribles, à la démarche ridicule, qui erraient sans but. Le ciel était teinté de rouge et constellé de Moissonneurs qui allaient et venaient à la recherche de survivants. Les pertes avaient été lourdes et nombreuses chez les organiques qui étaient désormais en déroute hors du système Hélios, à la recherche de survivants dans l'espoir de préserver leurs civilisations. Moins de la moitié des navettes avaient pu récupérer des réfugiés, et moins d'un quart étaient parvenues à rejoindre les croiseurs. Parmi les rapports de pertes figurerait le nom de Zaeed Massani, dont la navette fut abattue par un tir de l'Augure. Parmi les blessés grave répondrait une jeune femme du nom de Kasumi Goto, admise en urgence dans la baie médicale d'un croiseur pour une blessure à l'abdomen.
Les survivants de la nuit funeste demeurés sur Terre étaient tapies dans les sous-sols, plongé dans le désespoir le plus total, avec la simple volonté de pouvoir survivre un jour de plus. Tous savaient qu'il n'y aurait pas de mission de sauvetage, qu'ils ne seraient pas épargnés ou oubliés dans les souterrains. Et même si c'était le cas, le manque de nourriture, les conditions d'hygiène et le froid auraient tôt fait de tuer les plus faibles, fragilisant le groupe qui succomberait rapidement. La peur était palpable et la mort planait autour d'eux, étendant son ombre funeste, patiente et silencieuse. Il était une vérité simple qu'ils avaient accepté : Leur temps était compté.

#2
Mirlina

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Chapitre suivant. Bonne lecture !




Chapitre 2 : Fuite.




" Dans un futur lointain....

L'appareil grésilla et siffla légèrement. Un mot ou deux s'élevèrent, hachés et incompréhensibles. La jeune femme secoua légèrement l'appareil vieillit par le temps avec une pointe d'agacement et une main se posa sur son bras.
- Doucement, tu vas le casser. C'est tout ce qu'il nous reste.
Elle opina sombrement.
- Elles me manquent... (Déclara-t-elle tristement.)
- A moi aussi.
- Les souvenirs s'estompent... Le temps les efface, mais la douleur, elle, ne disparaît pas.
Sa soeur la regarda, peinée, mais ne répondit rien. L'écran de l'appareil s'alluma brièvement et des lignes de codes défilèrent, indiquant le redémarrage. La jeune femme attendit que le menu s'ouvre puis navigua entre les fichiers avant d'en choisir un et de le lancer. Une nouvelle fois, le son qui sortait était haché et un sifflement rendait le tout inaudible. Il s'atténua, et malgré parfois quelques grésillements, la voix devint parfaitement compréhensible. Elle était douce et tendre, le plus beau son que les soeurs avaient jamais entendu. Elles fermèrent les yeux et essayèrent de se rappeler son visage. C'était parfois très difficile.
- Nous avons écumé un nombre important de planète, les armes à la main, prêts à nous défendre durant toutes ces années. (Commença la voix.) Nous avons vu des horreurs, nous avons combattu et détruit des abominations sans nom... Et pourtant, rien n'aurait pu nous préparer à tout ça.
Les soeurs conservèrent le silence et écoutèrent cette voix si belle qui fut autrefois chaleureuse et aujourd'hui teintée de mélancolie. Et elles essayèrent de se souvenir. Car c'était tout ce qui leur restait."




" Il y a quelques heures...


- Mais faites quelque chose ! (Hurla l'Asari, le visage en larmes.)
Shepard reposait sous elle, inconsciente, le visage déformé par la douleur. Du sang coulait de son nez et de ses oreilles. La pâleur de sa peau était des plus inquiétante. Ses compagnons étaient réunis autour d'elle, interdit et horrifiés. Personne n'osait la toucher. Le Normandy s'éloignait lentement de la Citadelle, secoué par de violentes explosions qui rendaient la progression à bord des plus chaotiques. Les secondes s'écoulèrent, semblable à une éternité pour Liara et finalement, le docteur Chakwas arriva. Elle se pencha au dessus du corps du commandant et l'examina attentivement. Elle fit un scanner complet à l'aide de son omin-tech et prit son pouls. Puis, elle souleva ses paupières pour tester les réactivités et écouta son coeur.
- Pas de réactions. Fonctions vitales stables. Vous deux ! (Dit-elle en indiquant Garrus et James.) Emmenez là à l'infirmerie. Tali'Zorah, apportez-moi de quoi retirer cette armure au plus vite.
Les concernés ne se firent pas prier. James et Garrus transportèrent prudemment Shepard à l'infirmerie, Liara et Chakwas sur leurs talons. Sur place, l'armure fut retirée et le docteur s'attela à s'occuper de sa patiente. Seule Liara fut autorisée à rester.
Après de longues minutes, Chakwas s'approcha de l'Asari, le visage grave.
- Je suis désolée, Liara.
La jeune femme se redressa, horrifiée.
- Elle... Elle est...(Hoqueta-t-elle.)
- Elle est en vie, mais plongée dans le coma. Et il n'est rien que je puisse faire.
Liara s'approcha de son amante en tremblant et tendit la main vers elle, refusant d'y croire.
- Shepard... (Murmura-t-elle entre deux sanglots.)"





L'Asari émergea du sommeil avec lenteur, le corps engourdis de part sa position. Elle serra ses doigts et pressa quelque chose de chaud et de doux. Elle ouvrit les yeux. C'était la main de Shepard. L'humaine était allongée face à elle et plongée dans le coma. Liara se leva maladroitement puis caressa la joue de son amante avec douceur, le coeur serré. Chakwas pénétra dans la pièce et se figea en voyant le couple. Elle s'avança en essayant d'être aussi discrète que possible et demeura silencieuse. Liara poussa un petit soupir.
- Docteur Chakwas. (Dit-elle d'une voix enrouée.)
- Navrée Liara, je ne voulais pas vous déranger.
- C'est votre infirmerie. (Répondit l'Asari d'une voix morne sans se retourner.)
L'humaine s'approcha doucement.
- Depuis combien de temps n'avez-vous pas dormi ?
- J'ai dormi. Je me réveille à peine.
- Combien de temps ?
Liara regarda l'heure et garda le silence quelques secondes.
- Moins de trois heures. (Finit-elle par avouer.)
Chakwas poussa un soupir.
- Liara...
- Je n'arrive pas à dormir.
- Je peux vous donner un médicament pour vous aider.
Liara secoua négativement la tête.
- Non merci docteur.
- Vous mangez au moins ?
- Je veille sur elle.
- Shepard ne voudrait pas que vous vous négligiez.
- Elle ferait pareil pour moi.
Chakwas prit le temps de la réflexion.
- Je vais vous examiner.
- Non merci.
- Ce n'était pas une demande.
L'humaine se dirigea vers une table libre et tapota dessus à l'égard de Liara.
- Dépêchez-vous. (Finit-elle par dire.)
Liara céda et s'installa sur la table, laissant l'humaine l'ausculter en règle.
- Quelques carences en vitames. (Conclut Chakwas.) Je vous recommande de vous nourrir convenablement et de vous reposer !
L'Asari alla pour répliquer, mais Chakwas la coupa d'un geste de la main.
- Ordre du médecin !
Au début offusquée, Liara finit par opiner, presque reconnaissante. Elle retourna aux cotés de Shepard et caressa son front avant d'y déposer un baiser.
- Veillez bien sur elle. (Lança-t-elle à l'adresse de Chakwas.)
L'humaine acquiesça et offrit un sourire à l'Asari. Celle-ci hésita un long moment avant de finalement quitter l'infirmerie pour rejoindre sa cabine. Elle s'allongea dans son lit et essaya de dormir. Elle ne parvint à s'assoupir qu'au bout de deux heures.




A son réveil, elle ne se sentait guère mieux. A peine reposée et toujours mélancolique. Son ventre grognait et elle avait faim. Elle rejoignit la cantine et se prit quelque chose à grignoter. Cette nourriture, qu'habituellement elle affectionnait, n'avait pas de goût ce jour là et elle mangea plus par besoin que par envie. Ses yeux dérivèrent naturellement vers les vitres de l'infirmerie. A l'intérieur se trouvait Ashley, en grande discussion avec Chakwas. D'ici, l'Asari ne pouvait pas les entendre, aussi décida-t-elle de les rejoindre.
- ... nouvelles de la flotte. C'est chaotique. Les pertes sont nombreuses. Il nous faut les rejoindre pour en savoir plus. Les communications sont limitées pour éviter que les Moissonneurs ne les repèrent.
- C'est terrible.
- Quand le commandant sera-t-elle sur pied ?
- Je ne peux pas le dire, Ashley. Elle est dans le coma. Elle pourrait se réveiller aujourd'hui, demain, dans un mois, dans cinquante ans... Jamais.
Liara se figea en entendant ceci et les humaines remarquèrent alors sa présence. Chakwas détourna le regard, ne supportant pas la détresse dans les yeux de l'Asari.
- Je vois... (Reprit Ashley à voix basse, troublée.) C'est donc à moi que reviens le commandement. (Elle posa son regard sur Shepard puis sur Chakwas.) Prenez soin d'elle.
Et elle quitta l'infirmerie. Liara et Chakwas n'échangèrent pas un mot, pas un regard. L'humaine quitta la pièce à son tour, et l'Asari retourna au chevet de son amante, le coeur lourd. Elle resta à ses cotés durant de longues minutes, mais les paroles d'Ashley résonnaient dans son esprit. Finalement, elle rejoignit ses compagnons sur le pont.
Ils étaient tous là, discutant avec véhémence. Liara pouvait entendre la peur dans la voix de certains de ses amis, pas pour eux, mais pour leurs proches et les leurs. Et elle ne pouvait que les comprendre car leurs peurs n'étaient que les reflets des siennes, gravées au fer rouge au plus profond de son être. Elle s'inquiétait bien entendu pour Shepard, mais également pour ses soeurs, et s'en voulait de les avoir oubliées. Qu'en était-il de la civilisation Asari ? De Thessia ? Le coeur de l'archéologue se serra et elle crut étouffer. Les voix de ses compagnons la ramenèrent à la réalité.
- Je dois retrouver les miens ! (Lâcha Tali d'une voix inquiète.)
- Palaven va avoir besoin de toute l'aide possible. (Renchérit Garrus.)
- Le meilleur moyen d'aider vos peuples, c'est de retrouver la flotte de l'Amiral Hackett. De là, nous pourrons avoir des nouvelles. (Trancha Ashley.)
Bien qu'inquiets, personne ne trouva à répondre. Le Lieutenant attendit que quelqu'un la contre avant de se tourner vers Joker.
- Emmenez nous au Secteur Artémis Tau.
- C'est grand. (Se plaignit Joker.)
- Et bien, nous fouillerons...
Le Normandy navigua vers le relais le plus proche, piloté d'une main de maître par son timonier. Soudain, les alarmes hurlèrent dans tout le vaisseau, créant un vacarme monstre et accentuant la tension.
- IDA, qu'est-ce qu'est ?
- Moissonneurs en approche.
Joker jura.
- Combien ? (S'enquit Ashley d'une voix tendue.)
- Quatre.
- Joker sortez-nous de là ! Il faut les semer avant de rejoindre la flotte !
Le pilote lança le vaisseau à toute vitesse en direction du relais, IDA programmant déjà le saut. Les Moissonneurs gagnaient du terrain et ouvraient leurs tentacules pour libérer des rayons rouge qui éclairèrent les ténèbres. Le Normandy zigzagua tant bien que mal, évitant les tirs ennemis en partie grâce au hasard et aux bons soins d'IDA et de Joker. Un trait racla contre le bouclier sans pour autant passer outre. Le vaisseau colla au relais et s'y connecta avant de le franchir. Les Moissonneurs étaient déjà sur lui. Joker compta les longues minutes jusqu'au passage du relais. Une fois de l'autre coté, il fit faire demi tour au vaisseau et le repassa immédiatement vers une zone plus éloignée.
Les heures s'écoulèrent et l'équipe franchit encore deux relais afin d'éviter tout soucis.
- Pas de trace Moissonneur. (Annonça fièrement Joker.)
- Bon, direction Artémis Tau en ce... (Commença Ashley.)
Un grondement résonna, ténu. Au loin, une forme sombre s'avançait, minuscule à cette distance.
- Mais qu'est-ce qu'est ? (Jura le Lieutenant.)
- Systèmes furtifs enclenchés. On va voir ça.
Joker manoeuvra vers l'étrange forme à vitesse réduite. IDA de son coté lança les scanners.
- Pas de trace de métal. (Annonça l'IA.)
- C'est donc organique. (Conclut Liara.)
IDA utilisa les caméras du Normandy pour avoir une image de la créature et fit un zoom dessus.
- Léviathan... (Murmura Garrus.)
- Regardez, il se dirige vers cette petite planète. (Indiqua Tali.)
Les compagnons regardèrent l'imposante créature avec une tension manifeste.
- Je me demande ce qu'il fabrique...
- Joker, notez les coordonnées de cette planète, au cas où.
Le pilote s'exécuta.
- Voyons ça de plus près...
Alors qu'ils s'approchaient, un grondement métallique résonna avec force suivi par de nombreux autres. Un Moissonneur sortit de l'atmosphère de la petite planète et se jeta sur le Léviathan. Une onde pourpre s'échappa de ce dernier et la machine stoppa sa course avant de dériver, visiblement sans vie. Une demi douzaine d'autres surgirent de la noirceur de l'espace selon le même angle d'approche que le Léviathan auparavant. Ils firent feu en se jetant sur leur ennemi. De nouveau, le Léviathan brilla d'un éclat violacé et deux Moissonneurs se retournèrent contre les leurs. Mais trois de plus arrivaient et les machines manipulées furent réduites en pièces en un clin d'oeil. Les rayons d'énergies écarlates frappèrent le monstre organique, lui arrachant des hurlements de douleur. Il contra et canalisa son pouvoir sur deux autres machines, mais l'une d'elle résista. Une patte du Léviathan fut sectionnée par un rayon et sa carapace explosa à de nombreux endroits. Un liquide noirâtre flotta autour de lui, s'échappant de ses nombreuses plaies. Il cessa de remuer et les Moissonneurs fondirent sur lui. Il y eut de maigres gémissements.
- C'est vraiment la fin... (Murmura Liara, effarée.)
- Joker, tirez-nous d'ici.
- A vos ordres Lieutenant.
Le Normandy fit demi tour et rejoignit le relais en quelques minutes pour bondir en hyper-espace. Les Moissonneurs ne le remarquèrent même pas.




Il s'écoula de nombreuses heures avant qu'ils n'atteignent le secteur Artémis Tau, et chacun essaya de vaquer à ses occupations, d'oublier pour un temps les horreurs de la guerre. Tali'Zorah et Garrus s'enfermèrent dans la salle du canon qu'ils stérilisèrent. Personne ne les revit de la journée. James et Ashley firent des entraînements dans la soute, sous le regard de Cortez et Traynor qui cherchaient là un moyen de s'occuper l'esprit en lançant des paris. Joker et IDA profitèrent de la présence de l'autre dans le cockpit et personne n'osa les déranger. Ils prétextèrent avoir des systèmes à vérifier. Javik resta la majeure partie du temps dans ses quartiers, seul. Il finit par rejoindre l'infirmerie et s'installa près de Shepard sans rien dire, la dardant de ses yeux. Il ne savait pas vraiment quoi penser de l'humaine, quels étaient ses sentiments à son égard. Camarade, supérieure, amie ? Un peu des trois sans doute. Il ne parvenait pas à lui en vouloir d'avoir échouer à en finir avec la guerre. Son propre peuple en avait été incapable. Pourtant, intérieurement, il était furieux. Il l'observa silencieusement durant de longues minutes, droit et les mains dans le dos. Il pouvait lire sur le visage de l'humaine toute sa détresse. Elle ne semblait pas paisible. Javik passa ses mains devant lui, dévoilant l'éclat d'écho qu'il caressa du bout des doigts.

" Le prothéen serra la main de l'humaine et lui tendit l'éclat.
- Désormais, c'est à vous de le remplir.
Mirlina considéra l'objet sans oser le prendre.
- Qu'est-ce que j'y mettrais ?
- Ce que vous voulez léguer aux autres. Ou ce que vous désirez oublier.
Elle opina et toucha l'artefact sans pour autant le prendre.
- Merci. Vous me le donnerez quand tout sera fini.
Il hocha la tête.
- Commandant."


Depuis lors, le prothéen n'avait qu'une idée en tête, lui remettre l'éclat. Il poussa un maigre soupir et le déposa sur la table prêt de l'humaine avant de quitter la pièce. Il espérait qu'elle se remettrait. Elle valait mieux que la grande majorité des siens. Liara sortit de sa chambre et posa son regard sur le prothéen. Mais Javik ne s'arrêta pas et poursuivit sa route. L'Asari haussa les épaules puis rejoignit Shepard. Elle avait de petits yeux à force de travailler sur ses écrans. Elle avait mit à jour les bases de données dans sa boîte noire mais se demandait toujours comment en fabriquer d'autre. A moins que...
Elle se figea en entrant dans l'infirmerie. Shepard s'était redressée. Elle s'approcha d'elle, n'osant y croire, une main tendu avec espoir. Mais l'humaine avait les yeux fermés et ne sembla pas remarquer sa présence.
- Mirlina ? (Appela l'Asari d'une voix hésitante.)
L'intéressée n'eut aucune réaction durant de longues secondes. Puis, elle poussa un hurlement et retomba lourdement sur ses oreillers, prises de violentes convulsions. Liara se précipita vers l'intercom.
- Docteur Chakwas ! (Hurla-t-elle terrifiée.) Venez vite !
Elle retourna vers Shepard et posa ses mains sur ses épaules pour essayer de la maintenir. Mais les convulsions de la jeune femme étaient si puissantes que Liara fut violemment repoussée en quelques secondes. L'Asari regarda son amante, impuissante et horrifiée. Chakwas arriva moins de deux minutes plus ******, accompagnée de la moitié de l'équipe de Shepard qui avait entendu le hurlement.
- Vite, aidez-là ! (Hurla Liara.)
- Mais qu'est-ce qui lui arrive ? (S'enquit James.)
Chakwas souleva les paupières de l'humaine pour tenter de vérifier ses pupilles, mais les convulsions rendaient l'exercice impossible.
- James, tenez-la, fermement ! (Elle aperçut Garrus pénétrer dans l'infirmerie du coin de l'oeil.) Garrus, prenez ses pieds !
Le Turien s'exécuta malgré son incompréhension. Il attrapa fermement les jambes du commandant et essaya de la maintenir immobile. Chakwas réussit tant bien que mal à faire ses tests, non sans se prendre un ou deux coups.
- Son activité cérébrale est en haussa constante...
- Qu'est-ce qui lui arrive ? (Insista Liara.)
- J'aurais pensé à un cauchemar, mais au vu de l'intensité, c'est autre chose.
Elle alla fouiller dans les tiroirs et revint avec deux seringues qu'elle planta dans les bras de Mirlina. Après quelques secondes, les convulsions se firent plus rares et au bout de quelques minutes, elles disparurent. Liara essuya le front de son amante. Elle était chaude et en sueur. Des larmes coulaient sous ses paupières closes.
- J'ignore ce qu'elle a... (Murmura Chakwas avec désespoir.)
- Que lui avez-vous donné ?
- Des sédatifs. Mais c'est tout ce que je peux faire.
Les hauts parleurs grésillèrent et la voix de Joker s'éleva.
- Arrivée dans le secteur Artémis Tau dans deux minutes.
Ashley et ses compagnons restèrent silencieux un moment. Puis, voyant qu'ils ne pouvaient rien faire de plus, ils quittèrent l'infirmerie pour rejoindre le cockpit. Liara les suivit avec regret tout en priant le docteur de veiller sur l'humaine. Celle-ci lui assura de le faire.
Le vaisseau sortit de l'hyper-espace.
- Alors, qu'est-ce que vous avez ? (S'enquit Ashley en arrivant dans le poste de pilotage.)
- Pour l'instant, rien. (Répondit IDA.) Il n'y a aucune émission aux alentours.
- Merde. C'est pourtant bien dans ce secteur qu'ils étaient quand ils ont émit...
- Oui, il n'y a pas de doute possible.
- Alors nous allons devoir fouiller système par système.
- ça risque de prendre des jours. (Intervint Joker.)
- Alors ne perdons pas un instant.
Plusieurs heures s'écoulèrent avant qu'il ne se passe quelque chose. Shepard ne fit pas d'autres crises ce qui fut un bon signe d'après Chakwas. Mais Liara ne pouvait arrêter de s'angoisser et descendait régulièrement tenir compagnie à son amante. Elle passait également de temps à autres dans sa cabine mais personne ne savait ce qu'elle y faisait. Finalement, IDA trouva quelque chose.
- C'est un signal. (Elle se tourna vers Ashley.) De détresse.
Le Lieutenant opina mais ne dit rien. IDA et Joker tracèrent le signal et remontèrent à sa source. Et ce qu'ils virent les figea d'horreur : Un vaste champs de débris et de cadavres flottant dans l'espace. Au vu de la quantité, il y avait pas loin d'une centaine de vaisseau réduits en pièces, appartenant à diverses races. Un peu plus loin, flottaient trois cadavres de Moissonneur classe sovereign, et une dizaine de destroyer.
- Le signal provient de la planète un peu plus loin.
- Emmenez-nous là bas mais restez prudent.
Ils contournèrent le champ, évitant de compter le nombre de corps, de regarder les couleurs des vaisseaux, d'essayer de se remémorer qui servait à bord. Un goût amer dans la bouche, ils fermèrent les yeux.
De la fumée s'échappait de divers endroits à la surface de la planète, la majorité en passe de s'éteindre. Ils volèrent à basse altitude, constatant le passage des Moissonneurs à travers les larges traînées au sol et les corps éparpillés. Les modules de survie étaient tous détruits.
- Des signes de vies ?
Joker secoua négativement la tête.
- Mais on détecte un sous signal sur les canaux d'urgence. Crypté. Sur des fréquences quasiment indétectables.
- D'où vient-il ?
- Une centaine de kilomètre, au nord.
- Allons-y.
Ils pistèrent le signal et trouvèrent une épave calcinée. Ashley, IDA et James descendirent en reconnaissance. La mort flottait dans l'air ainsi que l'odeur du métal brûlé. Ils avancèrent prudemment et en groupe, encadrant IDA qui leur indiquait la route à suivre. Ils croisèrent quelques corps sur leur chemin, la plupart en charpie à cause des explosions. Une partie du vaisseau était profondément enfouie sous terre et ils durent se faufiler dans ses entrailles pour parvenir à descendre.
- Deux mètres. (Annonça IDA.)
Il y eut un brusque mouvement au milieu des ténèbres, sur leur droite. Ashley éclaira l'endroit, prête à tirer.
- Signe de vie ! ( Déclara IDA.)
- Montrez-vous. (Ordonna Ashley.) Nous ne vous ferons pas de mal.
- Vous n'êtes pas avec eux ? (Demanda une voix tremblante, à peine plus élevée qu'un murmure.)
- Avec qui ?
- Les machines.
Ashley baissa légèrement son arme.
- Non. Vous étiez de la flotte ?
Une femme sortit des ténèbres en claudiquant, une main posée sur son abdomen. Du sang s'écoulait entre ses doigts, provenant d'une plaie béante qui menaçait de vomir ses entrailles. Elle tremblait des pieds à la tête, entre horreur et frissons.
- Ils sont partit... (Murmura-t-elle avant de tomber à genou.) Plus de grondement...
IDA se précipita vers elle et la femme poussa un hurlement de terreur.
- Tout va bien ! (Lança Williams d'une voix forte.)
- Elle est en état de choc.
La synthétique utilisa son omni-tech pour scanner les blessures de la femme et établir un diagnostic.
- Vous faisiez partie de la flotte ? (Insista Ashley.)
L'inconnue opina, apeurée.
- Que c'est-il passé ?
- Les machines sont arrivées... Elles ont poussés leurs grondements sinistres... Il n'y a pas eu de sommation, pas de revendication... Seulement les rayons rouges, les grondements, les explosions, la mort...
Les tremblements secouant son corps étaient de plus en plus violent. Le sang coulait de sa blessure avec abondance, emportant avec lui les couleurs de sa peau qui devenait pâle. Sa voix n'était guère plus qu'un murmure et son discours perdait en cohérence avec les secondes.
- Les explosions, la mort, partout, tout autour...
- Savez-vous si l'Amiral Hackett était là ? Si son vaisseau à pu s'enfuir ?
Le nom de l'amiral la fit réagir. Elle tourna ses yeux exorbités vers le Lieutenant et celle-ci put y lire la peur et la folie.
- Je servais sur son bâtiment. Ingénieur... Je l'ai supplié de venir, mais il ne voulait pas... Une explosion... Puis plus rien... Plus rien...
Ashley se mit à genou devant la blessée, essayant d'être la plus claire et aimable possible.
- Avez-vous vu le corps de l'Amiral ? Est-il mort ?
- Plus rien... Tous morts... Tous morts... (Répéta-t-elle tout bas, sa voix s'éteignant peu à peu.)
Un spasme traversa son corps et elle poussa un gémissement. Puis, elle expira une dernière fois et se figea. Ses muscles se relâchèrent. La vie déserta son regard en même temps que son corps. Ashley détourna les yeux avec dégoût.
IDA relâcha le corps et le regarda un long moment, ne sachant pas très bien comment réagir. Elle plia et déplia ses doigts, observant le sang sur ses membres synthétiques avec curiosité et une pointe d'écoeurement. Puis, elle se leva et fouilla parmi les décombres. Elle sortit un objet partiellement brûlé.
- Qu'est-ce que c'est ? (S'enquit James.)
- La boîte noire du module. Normalement, elle devrait être également reliée aux caméras du vaisseau avant son éjection. Nous pourrons en savoir plus. (Déclara-t-elle d'une voix morne.)
Elle s'approcha de la balise et coupa le signal.
- Allez, on remonte. (Déclara Ashley, le coeur lourd.)
- Lieutenant ?
- Oui, IDA ?
La synthétique baissa les yeux un instant, plongée dans la réflexion.
- Excusez-moi... (Commença-t-elle, troublée.) Quel effet cela vous fait-il de voir quelqu'un de votre peuple mourir ?
L'humaine conserva le silence durant près d'une minute qui lui parut durer une éternité.
- C'est dur... (Finit-elle par avouer tout bas.)
- J'ai lu de la détresse dans son regard, de la peur... J'ai ressenti comme un vide quand elle est morte. Je me suis sentie... Impuissante...
- Tu comprends ce que ça fait alors.
L'IA réfléchit à l'affirmation.
- Oui.
- Et qu'en conclus-tu ?
- C'est dur. (Répondit-elle après un moment.)
Ashley opina puis remonta, ses coéquipiers sur les talons. Le Normandy les attendait en vol stationnaire.

#3
Mirlina

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Et vous, résisteriez-vous au cauchemar ?






Chapitre 3 : Cauchemar.



" Dans un futur lointain...

- Nous avons essayé, nous avons combattu. Mais rien de ce que nous pouvions faire n'était déterminant. Ce fut tragique, la période la plus sombre de nos vies. Une noirceur qui n'a jamais totalement disparue. Affaiblis, nous n'avions plus personne d'autre sur qui compter. L'espoir s'était éteint.
De courts bips résonnèrent autour des deux soeurs, annonciateur de l'arrivée imminente. Elles scellèrent leurs armures, uniques, et vérifièrent leurs armes. Leur équipement ne ressemblait à aucun autre, conçu spécialement pour elles. Itany déposa l'appareil sur la table à coté d'elle et ses doigts caressèrent un cadre où était affiché la photo d'une femme. Des larmes roulèrent sur ses joues.
- Tu crois qu'elles sont fières de nous ? (Demanda-t-elle tout bas.)
Sa soeur la dévisagea longuement.
- Tu as peur, Itany ?
L'intéressée opina sombrement, le visage crispé. Kayla la prit dans ses bras et la serra tout contre son coeur.
- Chuuut, je suis là. Tout va bien se passer. (Dit-elle d'une voix rassurante.)
Itany se blottit dans les bras de sa soeur. Kayla avait toujours été la plus forte, la plus sage d'entre elles. Elle avait toujours été présente pour elle et Itany ne doutait pas devoir tout à sa soeur.
Un sifflement s'éleva comme la porte coulissait.
- Nous arrivons bientôt, mesdemoiselles. (Déclara un homme d'une voix tendue.)"



" Il y a quelques heures...

Le vieil homme tenait un datapad à la main et vérifiait les arrivées des vaisseaux. Son visage était creusé par de larges cernes et une profonde détresse se lisait dans ses yeux. Pour autant, il restait droit et il émanait de lui un sentiment de puissance et d'autorité naturelle.
- Combien de bâtiments manquent au rapport ? (Demanda-t-il à l'adresse de l'homme qui se tenait sur sa droite.)
- Près d'une cinquantaine, Amiral.
Le vieil homme poussa un long et profond soupir. Environ trois cents vaisseaux avaient quitté le système Hélios sain et sauf. Seuls deux cent avaient donné signe de vie depuis, moins de cent cinquante étaient venus au rendez-vous. Le danger était omni-présent et désormais, les organiques ne pouvaient plus compter que sur eux même. Mais depuis la débâcle, les relations inter espèces étaient tendus. Chaque race souhaitait ardemment sauver son peuple et sa civilisation, les prémunir de l'annihilation, de la moisson. Chaque leader voulait avoir le contrôle de la flotte afin de l'envoyer sur son monde et sauver ce qui pouvait l'être. Mais en définitive, tous savaient qu'ils ne pourraient rien faire seuls, que la seule chance de préserver ne serait-ce qu'un fragment de leurs cultures respectives étaient de travailler ensemble. Traqués par les Moissonneurs, les organiques étaient poussés à bout et il leur faudra bientôt bouger pour éviter tout danger. Hackett secoua doucement la tête. Il devait se préparer au pire.
- Nous leur laissons encore une journée. Puis, il nous faudra partir avant que les Moissonneurs ne nous repèrent.
L'intendant acquiesça.
- Il en sera fait selon vos ordres, Amiral.
- Et qu'en est-il de Shepard et du Normandy ?
- Nous avons reçu un signal de retour, mais aucune réponse. Nous ignorons s'ils sont en chemin ou non.
- Bien. Rompez.
L'intendant salua puis s'en alla, laissant l'Amiral seul avec ses pensées. Le vieil homme était las. Le poids des années pesait sur ses épaule et rendait son corps lourd. Il jeta le datapad sur son lit et se servit un verre de whisky écossais qu'il vida d'une traite. Le liquide roula dans sa bouche, coula dans sa gorge, mais ne lui procura aucune sensation, aucun plaisir. Il poussa un profond soupir et se prit la tête entre les mains. Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire ? Les alarmes du vaisseau retentirent, brisant les pensées de l'Amiral. Des coups rapides suivirent moins de trente secondes plus ****** à la porte et Hackett reprit une expression déterminée en lissant rapidement son uniforme.
- Entrez !
La porte coulissa et laissa entrer un soldat en armure.
- Amiral, forces Moissonneurs en approche !
- Quoi ? (Le vieil homme écarquilla les yeux puis se reprit rapidement.) Evacuation immédiate ! Dites aux vaisseaux de passer le relais au plus vite ! Envoyez des coordonnées de saut, dispersez la flotte pour réduire les chances d'interception.
- Monsieur, ils nous encerclent...
Le sang du vieil homme ne fit qu'un tour. Il se précipita hors de sa cabine et rejoignit le pont, suivi par le soldat.
- Comment ont-ils pu nous encercler et nous prendre ainsi au dépourvu ? (Tonna-t-il, furieux.)
- On l'ignore, tout était calme, et soudain...
Une violente secousse traversa tout le vaisseau et envoya valser nombre de ses occupants. Hackett se raccrocha au fauteuil d'un ingénieur pour ne pas tomber et regarda autour de lui la panique s'installer.
- Bouclier à 20 % ! Pertes d'énergies dans les niveaux deux, trois et cinq !
- 5% de la flotte détruite !
- L'étau Moissonneur se resserre !
- Nombreux vaisseaux à la dérive !
- Portes du hangar bloquées, impossible de lancer les chasseurs !
Hackett se redressa et assimila les informations, réfléchissant à toute vitesse.
- Coordonnez nos tirs avec ceux de la flotte, concentrez vous sur un seul coté afin d'ouvrir une brèche ! Nous ne pouvons pas éviter les pertes, mais nous allons essayer de sauver ce que l'on peut ! Marquez moi les cibles !
- A vos ordres !
Un nouveau tir toucha le vaisseau qui vibra intensément. Des écrans de contrôles explosèrent sous la surcharge, tuant certains de leurs occupants.
- Boucliers perdus ! Intégrité de la coque sous les 80 % ! On ne tiendra pas un tir de plus, Amiral !
- Engagez les manoeuvres d'évitements ! Appel à tous les bâtiments, demande de soutien !
- Arizona, Kansas et Paris répondent à l'appel et se mettent en formation !
- Et ces cibles, vous me les avez marqués ?
- Oui Amiral, un destroyer vient de céder !
- Poursuivez !
L'espace prenait une teinte rouge, constellé d'explosions et de Moissonneurs faisant feu. La flotte organique subissait de lourdes pertes continues. Les vaisseaux se tordaient et s'ouvraient, tombaient en morceaux. Des modules de survies partaient dans tous les sens. Ils ne faisaient rarement plus de quelques kilomètres avant d'être réduits en cendres. Hackett serra les poings jusqu'au sang, comptant les secondes. Une vingtaine de vaisseaux avaient répondu à son appel de détresse, autant qui furent détruit pour le sauver.
- Brèche dans la formation Moissonneur ! (Annonça une voix.)
- Engouffrez-vous dedans sans tarder, envoyez l'ordre à tous les bâtiments de se replier sur le champ !
- Ordres transmis, Amiral !
- Accélérez !
- Moteurs à pleines puissances ! On ne peut pas aller plus vite !
- Dérivez l'alimentation générale vers les moteurs, ainsi que celle des canons ! Et renforcez les boucliers par la même occasion !
- Mais sans canon, nous ne pourrons plus nous défendre !
- C'est déjà le cas !
Le vaisseau était secoué par des explosions de plus en plus puissantes.
- Hangar dépressurisé, cabines de l'équipage aussi.
- Activez les champs de confinement !
Ils sortirent de l'étau Moissonneurs, imité par moins d'un tiers de la flotte. Deux bâtiments explosèrent juste derrière eux. Ils prirent la direction du relais quand une nouvelle secousse fit vibrer le vaisseau et envoya tout le monde à la renverse. De nombreux postes explosèrent les uns après les autres, la fumée envahit le pont en même temps que les incendies et la panique. Et ils furent plongé dans le noir.
- Que ce passe-t-il ?
- Plus d'énergie !
Les secondes s'écoulèrent dans le crépitement des flammes, le crissement du métal et les cris. Les lumières de secours s'activèrent et de l'eau sortit du plafond pour éteindre les feux, sans réel succès.
- Nous avons perdus trois réacteurs, impossible de rejoindre le relais. (Annonça une femme d'une voix tremblante.)
Hackett regarda les écrans encore allumés et posa son regard sur une planète un peu plus loin.
- Emmenez-nous là bas, c'est notre unique chance !
Le vaisseau se dirigea vers la planète à allure réduite, secoué par de violentes explosions le long de sa coque. Le métal vibra et grinça. Un tir écarlate transperça la coque et découpa le bâtiment en deux.
- Evacuation ! Evacuation !
L'avant du vaisseau partit à la dérive et l'arrière fonça à toute allure vers le sol. Ses occupants courraient dans tous les sens, se précipitant vers les modules de survies. Une femme se précipita sur Hackett et attrapa sa manche pour le tirer.
- Venez ! (Hurla-t-elle.)
- Partez ! (Ordonna le vieil homme.)
Elle le dévisagea sans comprendre et de nouvelles explosions retentirent autour d'eux. La jeune femme fut soufflée et se cogna la tête. Elle se redressa maladroitement et regarda autour d'elle. Quelqu'un attrapa sa main et la tira vers les modules. Elle suivit cet inconnu sans réellement comprendre.
Hackett regarda les gens autour de lui partir, les incitant à le laisser, malgré leurs protestations. Il baissa les yeux vers ses jambes, osant regarder pour la première fois la blessure qui le faisait souffrir depuis de longues minutes. Un morceau de métal avait traversé son mollet et le maintenait prisonnier. Il ferma les yeux un instant et prit une profonde inspiration pour oublier la douleur. Puis, il tapota sur l'écran face à lui.
- Ici l'Amiral Hackett. Si vous recevez ce message...
Les grincements du vaisseau redoublèrent d'intensité et les secousses s'accentuèrent. Hackett parla d'une voix forte pour couvrir le bruit ambiant. Et alors qu'il appuyait sur l'écran, une violente explosion souffla les restes du pont. Hackett ferma les yeux pour ne pas voir les flammes fondre sur lui. Le vaisseau se crasha et s'enfonça profondément dans le sol."



Une journée et demi. C'est le temps qu'il fallut à IDA pour analyser et décrypter le contenu de la boîte noire. Enormément de données furent impossible à récupérer, beaucoup d'images furent perdus, et beaucoup d'interférences rendirent le son inaudible à de nombreux moments. Mais l'équipage put voir les derniers moments du croiseur ainsi que ceux de Hackett. Ils demeurèrent silencieux, le visage grave.
- Ici l'Amiral Hackett. Si vous recevez ce message, alors il reste un espoir. Vous êtes peut-être parmi les derniers survivants de la galaxie. Mais tout n'est pas perdu. Il existe une base souterraine sur un monde d'Eden non habité. Le dernier recours en vue de protéger notre héritage et notre culture. Vous y serez à l'abri. Ne laissez pas...
Le bruit d'une explosion rendit le reste inaudible. Le silence s'installa dans la cabine.
- Les coordonnées sont dans un fichier joint. (Finit par dire IDA.)
- Je dois retourner parmi les miens. Sauver ce qui peut l'être. (Murmura Tali'Zorah.)
- Je pense que nous devrions sauver autant de monde que possible avant de penser à nous cacher ! ( Intervint Garrus d'une voix forte.)
Ashley opina.
- Joker, direction Palaven, ensuite nous irons sur Rannoch.
- A vos ordres, Lieutenant.
- Merci.
Ashley inclina la tête, puis quitta la pièce. Une fois seule, ses épaules s'affaissèrent, des larmes roulèrent sur ses joues et des tremblements secouèrent son corps. Elle tapa du poing sur un mur.
- Merde...
Et elle demeura immobile un long moment. Traynor arriva dans le couloir et se figea, prise au dépourvu. Elle s'approcha et posa maladroitement la main sur l'épaule de Williams. Celle-ci releva la tête et lui jeta un regard noir.
- Vous allez bien ? (Demanda doucement Traynor.)
Ashely repoussa la main de Traynor d'une manière un peu sèche.
- ça va.
Et elle s'en alla. L'officier la regarda partir sans oser la suivre.


Palaven était la proie des flammes. Les Moissonneurs pullulaient à sa surface et dans les cieux, semant la mort sur les survivants qui se terraient un peu partout. Il y avait des milliers de signaux de détresse et plus aucune flotte en orbite. Les réseaux de communications étaient morts. Garrus regarda sa planète sans oser y croire, la détresse se lisant dans son regard.
- Impossible de passer. On se fera détruire. (Annonça Joker d'une voix sombre.)
Tali'Zorah se rapprocha de Garrus et lui prit la main. Le turien ne le remarqua même pas.
- Trois Moissonneurs quittent la planète et viennent vers nous.
- Sortez-nous d'ici. (Ordonna Ashley.)
Le Normandy fit demi tour et repassa le relais, fuyant les Moissonneurs et Palaven. Les heures s'écoulèrent, les planètes défilèrent, et le constat était le même partout. Les horreurs de Palaven touchaient toute la galaxie. Thessia, Rannoch, Tuchanka, la Terre... Joker et IDA étaient seuls dans le cockpit, naviguant de planète en planète, d'horreur en horreur. Le timonier cracha et tapa soudainement du poing sur le mur à sa gauche, la rage prenant le pas sur lui.
- Jeff ! ( S'écria IDA avec inquiétude.)
Du sang coulait le long du bras du timonier et gouttait sur le sol.
- On les a abandonné... (Murmura-t-il entre ses dents.)
- De quoi parlez-vous ?
- On les a tous abandonné ! La galaxie est en train de mourir, et nous, nous sommes toujours là...
- Nous avons fait tout ce que nous avons pu.
- Ce n'était pas assez...
- Qu'auriez-vous voulu faire de plus ?
- Je... (Il baissa les yeux.) Je ne sais pas. Simplement plus... Hackett est mort, Shepard est dans le coma, les mondes que nous avons connu sont à feu et à sang... (Il poussa un profond soupir.) Nous avons perdu.
IDA ne trouva rien à répondre. Elle se leva et posa une main compatissante sur l'épaule de son compagnon. Le timonier prit une profonde inspiration et posa sa main sur la sienne pour se redonner du courage. Il secoua légèrement la tête comme pour chasser ses pensées et se concentra de nouveau sur ses écrans.
- Combien de temps avant l'arrivée sur ce fameux monde d'Eden ? (Demanda-t-il d'une voix morne.)
- Deux jours.
Il opina, l'esprit ailleurs.


Le Normandy sortit de l'hyper espace deux jours plus ****** et se dirigea vers la petite planète bleu. Il en fit le tour, scannant sa surface avec minutie à la recherche d'un danger, d'une base, d'un quelconque signe de vie. Les minutes s'écoulèrent dans une attente tendue.
- Je ne détecte rien. (Annonça IDA.) Mais il semblerait qu'à cet endroit, il y ait une grotte souterraine.
Tout en prononçant ces mots, elle afficha la zone sur les écrans. Les détecteurs renvoyaient l'image d'un trou sous la terre et le signal se brouillait jusqu'à disparaître.
- Des brouilleurs... (Marmonna Ashley.) On va descendre.
Accompagnée d'IDA et de Tali'Zorah, Williams se dirigea vers le hangar. Liara intercepta le groupe dans l'ascenseur.
- Lieutenant, je voudrais parler à Tali s'il vous plait.
- Faites vite.
La Quarienne et l'Asari s'écartèrent des autres.
- Que puis-je pour vous, courtière de l'ombre ?
- Ne m'appelez pas comme ça s'il vous plait... (Déclara l'Asari d'une voix triste. Elle tendit à la jeune femme une boîte.) J'aimerais que vous scanniez cet objet et que vous me disiez à votre retour si je pourrais le brancher dans la base et créer un réseau.
La Quarienne regarda l'objet avec curiosité et s'exécuta, passant son omni-tech par dessus.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Un héritage... (Devant le regard de Tali, elle ajouta :) Je vous en dirais plus en temps voulu, vous avez ma parole.
Tali opina et termina son scanner. Les propriétés de l'appareil s'affichèrent sur son écran.
- C'est complexe. Il vous faudra une source d'énergie capable de l'alimenter.
- C'est pour cela que je vous demande de voir si une telle chose sera possible.
- Je vous fais confiance, Liara. Je reviendrais avec les informations que vous me demandez.
- Merci.
La Quarienne s'inclina puis rejoignit Williams et IDA à bord du Kodiak. Le vaisseau les emmena sur la planète. Elles restèrent de longues heures au sol, à chercher une ouverture pour entrer dans la base.



Les sensations étaient étranges. Les sons semblaient éthérés, les objets et les personnes vaporeux. Le sol tanguait sous ses pieds et se déformait, rendant ses déplacements chaotiques. Elle ne parvenait pas à distinguer une personne d'une autre. Les visages se mélangeaient, anonymes dans la foule. Parfois, elle reconnaissait quelqu'un, une personne qui fut un ami, un compagnon, une connaissance. Mais ils disparaissaient aussi vite qu'ils étaient arrivés sans qu'elle n'ait le temps de leur parler. D'ailleurs, elle n'y parvenait pas. Sa langue était de plomb et ses bras ankylosés.
Soudain, une lumière aveuglante emplit son champ de vision. Des traits écarlates noyèrent le ciel au dessus d'elle, les cris et la panique résonnèrent comme les gens essayaient de fuir. Des immeubles explosèrent et le sol s'ouvrit en deux. La fumée et la mort flottèrent dans l'air en l'espace de quelques secondes. Et ce bruit horrible, annonciateur de la mort, ce grondement métallique... Elle ressentit des picotements à la base de sa nuque et en eut la chair de poule.
- Impuissante... (Murmura une voix caverneuse.)
Elle regarda autour d'elle, mais il n'y avait personne. Le sol explosa sous ses pieds et elle fut soufflée plus loin. Elle poussa un gémissement et essaya de se redresser. Quelqu'un arriva vers elle en courant et en l'appelant.
- Shepard ! C'est pas le moment de dormir !
La vue de l'intéressée était troublée et elle ne parvenait pas à reconnaître la voix qui s'adressait à elle, à voir son visage. Mais elle pouvait deviner que c'était une Asari. Des sons gutturaux résonnèrent autour d'elles et l'Asari se mit en garde. Elle déchaîna ses pouvoirs biotiques dans un concert d'explosions, déchiquetant tout ennemi à sa portée. Mirlina essaya de se redresser, mais ses jambes refusèrent de lui obéir. Son corps était comme figé. Les monstres s'accumulèrent autour de son alliée, de plus en plus proches, de plus en plus nombreux. Elle essaya de l'appeler, de la prévenir du danger, mais ses lèvres restèrent figées, sa langue demeura inerte. Et une voix résonna à l'intérieur de son crâne.
- Impuissante... (Répéta-t-elle.) Responsable...
Les zombis encerclèrent la biotique et lui sautèrent dessus, s'agglutinant sur son corps frêle. Celle-ci relâcha une puissance onde de choc qui fit voltiger ses ennemis dans tous les sens. Elle manqua chuter et posa genou à terre, à bout de souffle. Mais déjà, d'autres monstres se jetaient sur elle et elle ploya sous le nombre. Un cri retentit suivi de craquements horribles. Les zombis se retirèrent sans prêter attention à Shepard. La jeune femme sentit que son corps se débloquait enfin et se redressa. Elle avança vers le corps d'un pas mal assuré et se pencha au dessus. Baignée dans une mare de sang, le corps contusionné, tordu et brisé, reposait Aria T'loak, reine pirate d'Oméga. La tête de l'Asari bougea et son regard sans vie plongea dans celui de l'humaine. Des dizaines, des centaines de corps, apparurent tout autour de la jeune femme, affreusement mutilés. Tous la dardèrent de leurs yeux morts d'un air accusateur.
- Impuissante... (Dirent-elles en choeur.) Responsable...
Les voix résonnèrent autour et en elle. Elle gémit et se prit la tête entre les mains. De légers spasmes secouèrent son corps. Une multitude de souvenirs remontèrent et la mort de dizaines, de centaines, de milliers d'êtres lui revinrent en mémoire, toutes plus horribles les unes que les autres. Et chaque fois, elle fut impuissante. Elle revit les flammes lécher le corps d'Hackett et gémit. Les cadavres autour d'elle se relevèrent et l'encerclèrent, continuant de déclamer de leur voix monocorde avant de lui sauter dessus.
- Votre faute ! (Hurla Aria, son corps tombant en lambeaux, ses yeux perforés sortant de leurs orbites.)
Shepard poussa un hurlement de terreur.



Mirlina convulsa fortement sous les yeux horrifiés de ses amis. Chakwas tenait à la main des seringues et essayait de les planter dans le bras de sa patiente. Mais les spasmes de cette dernière la repoussait à chaque fois.
- Tenez-là fermement ! (Hurla l'humaine à l'égard de ses compagnons.)
James et Garrus s'exécutèrent. Il leur était de plus en plus difficile de retenir l'humaine dont les crises s'accentuaient. Garrus fut violemment repoussé en arrière et s'étala au sol en maugréant. Chakwas plongea les seringues dans le bras de l'humaine et en vida le contenu avant d'être rejetée en arrière à son tour. Elle se cogna la tête contre le mur et poussa un maigre grognement. Les convulsions continuèrent durant de longues minutes avant de ralentir pour finalement s'estomper. Le docteur se rapprocha de sa patiente et l'ausculta, le visage grave. Le coeur de Shepard battait à tout rompre, son corps était brûlant et en sueur et son activité cérébrale atteignait des pics dangereux. Cela faisait maintenant la quatrième crise depuis la découverte de l'épave, et la vieil femme se sentait toujours aussi impuissante. Les calmants perdaient en efficacité et elle n'avait pas de solution.
- Combien de calmants vous reste-t-il ? (S'enquit Garrus.)
- A peine cinq. Après ça, je ne pourrais plus lui venir en aide. (Elle marqua une pause, la mine sombre.) Et je doute qu'elle survive bien longtemps sans aide... Son coeur ne pourra pas résister à ces crises indéfiniment.
- On doit pouvoir faire quelque chose ! (S'écria Liara tout en caressant le front de son amante.) Je refuse de la laisser ainsi...
Des larmes roulèrent sur les joues de l'Asari comme la vision de Thessia changée en champ de mort lui revenait.
- Elle est tout ce qu'il me reste... (Murmura-t-elle tout bas.)
Javik s'avança.
- Alors aidez-là !
Liara le dévisagea sans comprendre.
- Comment ? (Demanda-t-elle d'une voix brisée.)
- En liant votre esprit au sien.

#4
Mirlina

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Voici la suite.

Le plan se met en place.




Chapitre 4 : Un plan.




" Dans un futur proche...

La jeune femme était en sueur et gémissait sous la douleur, la respiration saccadée. Sa position n'était pas des plus confortable ni des plus pudique, mais à ce moment là, elle n'en avait cure. La main du père de son enfant à naître tenait la sienne et ce contact lui donnait de la force.
- Poussez ! (Ordonna le médecin.)
La jeune femme prit appui sur les repose-pied et poussa en gémissant de plus belle. La douleur venait par vague successive et épuisait son corps.
- Je suis là chérie, tout va bien.
Le père déposa un baiser sur le front de sa femme et celle-ci en fut reconnaissante.
- Inspirez... Poussez !
Elle prit une profonde inspiration, bloqua et poussa. Les minutes s'écoulèrent pareilles à des heures dans la souffrance et les halètements. Puis, elle cessa et un sentiment de vide s'empara de la jeune mère. Le docteur sourit au couple, l'enfant dans les bras. Son père vint le prendre et le contempla d'un air béa en se tournant vers sa femme avant de déclarer d'un ton léger.
- C'est une fille.
La jeune femme éclata de rire.
- Tu as décidé d'un nom ?
Elle acquiesça, un sourire aux lèvres comme l'enfant était posé sur son ventre. Elle le caressa du bout des doigts, exténuée.
- Kayla... (Murmura-t-elle.)"




" De nombreuses heures auparavant...

Garrus quitta le cockpit d'une démarche hasardeuse, Tali'Zorah sur ses pas. Les images de sa planète en proie aux flammes étaient encore vives dans son esprit. Il rejoignit la salle des canons et s'enferma dedans, seul. Des jurons s'élevèrent de la pièce et le bruit du métal contre le métal résonna, comme des coups que l'on donnerait avec un outil. Tali'Zorah resta devant la porte un long moment avant de finalement rejoindre le pont, anxieuse. Et quand le Normandy survola Rannoch, la quarienne quitta ses compagnons et s'isola à son tour. Plus personne n'eut de nouvelle du couple durant de nombreuses heures.
James frappa à la porte de la salle du canon et attendit. Il n'y eut aucune réponse. Il insista et patienta durant de longues minutes en réitérant régulièrement. Finalement, la porte s'ouvrit, dévoilant un Garrus visiblement grognon.
- C'est pas le moment Vega.
- J'ai envie de botter les fesses d'un Turien. Vous êtes le seul que j'ai sous la main.
Garrus jeta un regard haineux à son compagnon.
- Non.
Et il referma la porte. Loin de se décourager, James toqua de nouveau à plusieurs reprises jusqu'à ce que Garrus réapparaisse.
- Je savais que vous n'étiez pas de taille ! (Lança-t-il d'un ton narquois.) La légende d'Archangel est finalement très surfaite.
- Qu'est-ce que vous voulez ? (Demanda Garrus, la mâchoire serrée.)
- Parler.
- Moi pas.
- Alors contentez-vous de frapper.
- Vega... (Commença Garrus d'un ton menaçant.)
- Après, je vous laisserais tranquille. Sinon...
Le Turien dévisagea longuement son compagnon avant de pousser un soupir. Il jeta la clé qu'il tenait à la main et suivit l'humain jusqu'au hangar. Les deux combattants se placèrent l'un face à l'autre et se mirent en garde.
- Je vous préviens, je suis résistant ! (Lança James.)
- ça m'étonnerait.
Garrus s'élança avant même de finir sa phrase, son bras droit décrivant un arc de cercle vers la mâchoire de l'humain. Celui-ci dévia le coup de justesse, mais déjà le Turien en entamait un autre.
- Pas mal !
James répliqua avec un enchaînement gauche droite qui effleura la joue de Garrus. Vakarian grogna et reprit ses assauts sans temps morts, coupant les possibilités de réponses de Vega qui se contentait d'encaisser. A la première occasion, l'humain effectua une riposte vicieuse qui coupa le souffle du Turien.
- Allez, j'attendais mieux de la part d'Archangel !
Garrus grogna, la rage montant crescendo et reprit ses assauts avec plus de force. Si au début, il frappait avec précision et rapidité, désormais, seule la puissance brute comptait. James ne cessait de reculer, trouvant de temps à autres le temps de toucher son adversaire, que ce soit avec les poings ou des piques. Mais seule la colère du Turien répondait à ses agressions. Finalement, l'humain tomba au sol et Vakarian se jeta sur lui, une lueur de folie dans les yeux. Il attrapa son adversaire par le col de son t-shirt et se prépara à le rouer de coups. Son regard croisa celui de Vega, et seulement alors, Garrus se rendit compte de ce qu'il s'apprêtait à faire. Il relâcha James et se releva maladroitement, le dévisageant intensément.
- Je...
Il ne trouva rien à dire. Il regarda ses mains et serra les poings. La colère était toujours là mais elle s'atténuait lentement. Il repensa à son comportement, à la manière dont il avait froidement fermé la porte devant elle dans son désir de solitude, sans prendre en compte ce qu'elle pouvait ressentir... A ce qu'il avait faillit faire à l'instant. Et il se sentit affreusement honteux. Le turien inclina la tête et quitta le hangar sans un mot.
- De rien. (Marmonna James en massant son visage tuméfié.)

Garrus prit l'ascenseur direction le pont résidentiel et se dirigea vers le bar. Il prit une profonde inspiration et passa la porte. Tali'Zorah était là, comme il l'avait supposé, affalée contre le bar, un verre dans une main, un tuyau dans l'autre. Le turien se rapprocha de la quarienne et posa une main sur son épaule.
- Hé...
- Vakarian ! (Lâcha-t-elle d'une voix pâteuse.) On est enfin sortit de son trou ?
Elle but une grande gorgée.
- Je... (Il prit une profonde inspiration.) Je suis désolé, Tali.
- Moi pas. ça m'a rappelé que nous sommes tous seuls... Tous...
- Je suis là moi.
Elle éclata de rire.
- Vous avez fait votre bonne action Vakarian, vous pouvez partir.
Elle allait boire une gorgée de plus mais Garrus posa sa main sur son poignet et la força à poser le verre.
- Je crois que vous avez assez bu.
Elle lui jeta un regard noir.
- Je pense tout le contraire !
La quarienne se défit de la prise de son compagnon et se remit en tête de vider son verre.
- Allez nettoyer votre canon et laissez moi tranquille.
- Non.
Il se leva et la força à faire de même, enserrant ses poignets avec ses mains.
- Lâchez-moi !
- Pourquoi m'en voulez-vous autant ?
- Vous n'êtes pas le centre de mon univers, Vakarian !
Tali'Zorah se débattit avec fougue. Peiné, Garrus la lâcha et elle s'étala au sol de tout son long. La quarienne hoqueta et trembla avant d'éclater en sanglot. Le turien la regarda sans savoir quoi faire puis l'aida à se relever.
- Tali, je suis désolé, je...
- Morts... (Dit-elle tout bas.) Ils sont tous morts... J'ai vu la flotte... Anéantie... Les corps qui flottaient dans l'espace, et Rannoch, en proie aux flammes...
Garrus prit la mesure de la détresse de sa compagne et après un instant d'hésitation, la serra dans ses bras. Tali'Zorah s'y blottit et pleura à chaude larmes.
- Vakarian...
- Je suis là Tali. Je serais toujours là..."




L'Asari ferma les yeux et fit le vide en elle en inspirant profondément. Elle caressa le corps de sa compagne du bout des doigts et la visualisa durant un instant qui lui parut durer une éternité. Puis, elle rouvrit ses yeux d'un noir de jais. La réalité se tordit autour d'elle comme elle pénétrait dans l'esprit de Shepard. Un courant électrique traversa son échine et la fit frémir. Il remonta le long de son corps pour parcourir son cerveau comme la connexion s'opérait. Aussitôt, un flot d'image assaillit ses sens et menaça lui faire perdre pied. Elle se concentra pour les chasser et étendit son esprit vers celui de son amante. Mais seules les visions de Shepard lui parvenaient. Elles noyaient ses sens et tourbillonèrent autour d'elle, l'enfermant dans une tornade assourdissante et multicolore. Elle vit des gens mourir les uns après les autres, trop rapidement pour distinguer ne serait-ce qu'un seul visage. Elle poussa un hurlement comme les visions devenaient plus intense. Une douleur naquît dans son crâne et elle poussa un gémissement. Un grondement métallique retentit et la tornade se volatilisa, la laissant seule au milieu d'un océan de cadavres pourrissants. Elle regarda lentement autour d'elle, sur le qui-vive. Le grondement métallique reprit et elle frémit. Elle se trouvait dans une ville en ruine en proie aux flammes. Le ciel était d'un rouge sang et une brume légère flottait dans l'air. Au loin, elle aperçut la silhouette d'une femme lui tournant le dos. Elle avança vers elle et reconnut bien vite Shepard.
- Shepard ! (Hurla-t-elle avec joie.)
L'humaine fit volte-face et fouilla les alentours du regard avant de sourire.
- Liara !
L'asari se figea et tourna son regard vers sa droite. Elle demeura interdite un long moment. Elle courrait vers Mirlina. Pas elle, mais une vision d'elle même. Elle reporta son attention sur l'humaine.
- Shepard ? (Appela-t-elle doucement.)
L'intéressée regarda autour d'elle, troublée. Puis, elle reporta son attention sur la vision de Liara qui courait à sa rencontre et fit de même. Un rayon rouge traversa les cieux et frappa le sol qui se fissura et s'ouvrit en deux entre les amantes. Elles se regardèrent, paniquée, chacune d'un coté, sans espoir de traverser le gouffre qui les séparait.
- Liara...
Le grondement métallique résonna une fois de plus, plus fort, plus menaçant. L'autre Liara leva les yeux vers le ciel. Des tentacules surgirent du néant et un Moissonneur la recouvrit de son ombre menaçante. Des larmes roulèrent sur ses joues et elle coula son regard vers Mirlina.
- Adieu, mon amour... (Murmura-t-elle.)
L'Asari regarda la vision du couple de loin et des larmes coulèrent sur son visage. Le Moissonneur relâcha un trait d'énergie sur l'autre Liara et Mirlina hurla. Il y eut une explosion de lumière aveuglante. La peur, la douleur...
- Impuissante ! ( Murmura une voix.)
Puis, ce fut le néant.



Liara se réveilla en sursaut et en hurlant. La respiration saccadée, elle resta figée durant de longues minutes, encore sous le choc. Ses doigts caressèrent machinalement ses draps et son regard parcourut la pièce. Elle mit un certain temps avant de comprendre qu'elle se trouvait sur son lit, dans sa chambre. Elle ferma les yeux et inspira profondément. L'éclat lumineux provenant du rayon du Moissonneur était encore vif dans son esprit. La peur et la douleur demeuraient présentes et elle revit son autre elle se prendre le trait d'énergie. Une violente nausée s'empara d'elle pour disparaître aussitôt. Elle frissonna quand on toqua à la porte.
- Entrez. (Finit-elle par dire.)
La porte s'ouvrit et Javik pénétra dans la pièce de sa démarche droite et militaire.
- Je vous ai entendu crier. (Lâcha-t-il d'une voix sans émotion.)
Elle déglutit.
- Juste un cauchemar.
Il la dévisagea longuement.
- Une réminiscence ? (Hasarda-t-il.)
- Alors, ce n'était pas un rêve ?
- Vous ne vous souvenez pas avoir lié votre esprit à celui de Shepard ?
Confuse, l'Asari fouilla dans sa mémoire.
- Si... (Finit-elle par avouer.) C'est encore confus.
Elle se massa le crâne avant de se lever.
- Que c'est-il passé ?
- Vous avez fait une crise, comme celles de Shepard. Seulement, il était bien plus facile de vous y soustraire.
- Combien de temps ai-je dormi ?
- Près de 72 heures.
Liara dévisagea le prothéen sans y croire.
- Trois jours ?
Il opina. Liara se dirigea vers la sortie quand la voix de Javik la retint.
- Racontez-moi.
Elle se retourna et demeura silencieuse un long moment.
- Quoi donc ?
- Votre expérience. (Devant l'hésitation de l'Asari, il ajouta : ) Afin de comprendre ce qui a mal tourné.
- C'est difficile à expliquer.
- Essayez tout de même.
L'asari prit une profonde inspiration, se remémorant son songe.
- Quand j'ai lié mon esprit au sien, j'ai tenté de communiquer avec elle et j'ai eu des visions horribles.
- Des visions ?
Liara plongea son regard dans celui du prothéen.
- La mort. Elle rôdait tout autour de moi et je ne pouvais pas communiquer avec Shepard. Quand ça a cessé, je me suis retrouvée dans une ville en ruines et... (Elle se tu.)
- Et ?
- Elle était là, moi aussi... Une vision de moi même...
- Qu'est-il arrivé ? (Insista-t-il.)
- Je crois que... Je suis morte...
Le corps de la jeune femme était secoué de quelques tremblements. Javik la dévisagea longuement, avec curiosité, plongé en pleine réflexion.
- Hum...
- Qu'y a-t-il ?
- Je crois comprendre ce qui lui arrive. Son esprit est torturé, brisé par des visions de morts. Et il semblerait que plus le temps passe, plus les visions l'accablent et la détruisent.
- Comment y remédier ?
- Vous dites avoir essayé d'entrer en contact avec elle ?
Elle opina.
- Il semblerait que cela ait déclenché la vision suivante. ( Déclara le prothéen d'un ton pensif.) Que se passait-il dans les visions que vous avez vu ?
- Il n'y avait que la mort.
- Celle de Shepard ?
Liara força sa mémoire pour se remémorer les visions qu'elle désirait simplement oublier.
- Non, je ne pense pas... Lors de ma mort, elle était spectatrice. Elle était...
" - Impuissante ! "
Liara écarquilla les yeux comme le mot résonnait dans son esprit.
- Elle était impuissante.
- Alors, quoi qu'il lui arrive, cela se nourrit d'une façon ou d'une autre de sa culpabilité et l'y enferme.
- Comment la libérer ?
- C'est à vous de trouver.
Liara dévisagea le prothéen de façon implorante. Celui-ci se rapprocha d'elle et posa un doigt sur le coeur de la jeune femme.
- S'il y a une solution, vous la trouverez ici.
Liara plongea son regard dans le sien, incrédule.
- Seul votre amour peut la sauver. (Dit-il d'un ton légèrement dédaigneux, comme si cela l'écoeurait.)
Et il quitta la pièce, laissant l'Asari seule avec ses pensées, ses doutes et ses peurs. Elle resta immobile durant de longues minutes avant de finalement rejoindre l'infirmerie. Chakwas était là et massait le corps de Shepard avec expertise. Elle leva les yeux vers Liara.
- Je suis soulagée de vous savoir remise, Liara. (Elle stoppa son massage et se plaça à coté d'une seconde table qu'elle tapota légèrement.)
- Venez ici.
Liara s'exécuta.
- Comment se porte-elle ?
Chakwas ausculta calmement et complètement l'Asari.
- Pas de grand changement.
- Pourquoi le massage ?
- Eviter l'atrophie des membres inférieurs. Regardez moi. (Ordonna-t-elle tout en allumant une petite lampe sur son omni-tech. Elle testa la réactivité des pupilles.) Tout me semble en ordre. Pas de nausées, de douleurs, ou de maux de tête ?
- Non. Enfin, si, mais c'est passé.
- Bon. Prévenez moi si jamais ça recommence.
- Entendu.
- Prenez un bon repas, il vous faut des forces. Et le Lieutenant vous attend sur le pont. Dès qu'elle sera remise, voilà ses mots.
L'humaine se détourna.
- Je voudrais réessayer.
Chakwas se figea.
- Je... Je doute que ce soit une bonne idée Liara.
- Je ne peux pas la laisser comme ça.
Chakwas lui fit face, le visage grave.
- Regardez dans quel état cela vous a mit !
- Je le sais. Tout comme je sais que Mirlina ferait n'importe quoi pour me ramener. (L'Asari se leva et rejoignit son amante.) Son esprit est torturé et je suis la seule à pouvoir l'aider.
- Elle ne voudrait pas que ce soit au péril de votre santé.
Liara garda le silence un long moment.
- Ma mère m'avait raconté une histoire quand j'étais petite, sur une forme de médecine utilisée par notre peuple pour réparer des esprits brisés. Elle m'avait expliqué qu'entrer en contact direct avec la personne pouvait créer des complications. Car cela se passait dans l'esprit du patient et non en tant qu'être de chair et de sang.
- Comment parvenaient-elles à contourner ce problème alors ?
- En modifiant le contexte.
- Elles changeaient la psyché de la patiente ?
- Non. Elles amenaient des souvenirs à remonter à la surface. Par la suite, cela s'est démocratisé dans la lutte de la dépression. A travers des souvenirs positifs.
- Et c'est là ce que vous voulez essayer ?
Elle opina et Chakwas prit le temps de la réflexion, pesant le pour et le contre.
- Liara, je...
- Je ne vous demande pas votre accord, docteur Chakwas. (La coupa Liara avec douceur, se tournant vers elle pour plonger son regard dans le sien.) Seulement votre compréhension et si possible, votre soutien.
L'humain resta bouche bée un instant puis offrit un sourire plein de tendresse à l'Asari.
- A une condition.
- Laquelle ?
- Occupez-vous d'abord de vous et de cette affaire avec le Lieutenant.
- Très bien. (Elle marqua une pause.) Je vous remercie.



Ashley s'étira en baillant et frotta ses yeux rougis par le manque de sommeil.
- Et donc, ça pourrait fonctionner ?
- Si les données de Liara son justes, oui. (Répondit Tali'Zorah.)
Ashley opina.
- ça ne changera rien pour nos peuples, mais ça pourrait être utile pour d'autres.
- Comme la balise proothéenne. (Intervint Liara en arrivant sur le pont.)
Ashley et Tali'Zorah sursautèrent.
- Tali, vous en avez parlé à Ashley ?
- Désolée. Comme vous n'étiez plus disponible suite à votre... liaison avec Shepard...
- Pourquoi, vous vouliez que je reste dans l'ignorance ? (Demanda Ashley d'une voix suspicieuse.)
- Du tout. Je voulais juste être sûre avant d'en parler à tout le monde. (Liara se tourna vers Tali.) Donc, c'est possible ?
- Il nous faudra trouver d'autres sources d'énergies, pour alimenter la base suffisamment longtemps.
- Il n'y a pas assez ?
- Et bien, techniquement, si. Mais uniquement pour votre plateforme interactive.
Liara dévisagea Tali'Zorah sans comprendre.
- C'est le but, non ?
- Dans la base, se trouvent également des caissons cryogéniques, manifestement basés sur la technologie des prothéens. (Intervint le Lieutenant.)
L'Asari resta silencieuse un moment, surprise.
- Combien ?
- C'est là le problème... (Répondit tristement l'humaine.) Il n'y en a que cinq. Pas assez pour tout le monde.
- Mais ces caissons tirent énormément d'énergie. Il nous faut d'autres sources pour les alimenter.
- Mais qui les connectera ? Si on les branches toutes en même temps, elles risquent de se vider trop vite.
- Je me porte volontaire pour le faire. (Annonça IDA par le haut parleur.)
- Et comment déciderons-nous qui y va et qui n'y va pas ?
- Nous verrons cela en temps voulu. Pour l'heure, il nous faut préparer tout ceci. Trouver des sources d'énergies que nous pourrons déplacer, et poser le relais de signaux menant à la base. Ils ne devront pas s'activer avant des années.
Liara opina.
- Je dois d'abord installer la plateforme dans la base. Après, je pourrais relier le reste.
- Alors allons-y sans tarder.
- Je prévoyais de me lier à nouveau avec Shepard.
Ashley se pinça les lèvres.
- Je sais que c'est important pour vous. Mais vous aurez tout le temps une fois la plateforme installée.
A contrecoeur, l'asari opina.



Trois jours. C'est le temps qu'il fallut pour installer la plateforme. Liara indiqua qu'il en faudrait cinq de plus au minimum pour qu'elle soit opérationnelle. L'équipe installa des antennes à l'extérieur de la base et essaya de les camoufler au mieux. Puis, ils retournèrent au vaisseau et après avoir décider des planètes à visiter, franchir le relais le plus proche.

#5
Mirlina

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Chapitre 5 : La fin de tout.




" Il y a quelques heures...

La jeune femme concentra son énergie et la libéra sous la forme d'une déchirure, brisant le corps frêle du zombi qui s'écroula au sol dans un râle.
- Vous ne la toucherez pas ! (Hurla-t-elle en réitérant son attaque sur deux autres endoctrinés.)
Les monstres tombèrent à leur tour et le silence s'installa. L'humaine resta immobile et engloba la zone du regard à la recherche du moindre danger, tendue. Rassurée, elle se précipita vers sa soeur qui était allongée au sol.
- Ori, tout va bien ?
L'intéressée opina doucement, du sang coulant d'une blessure à la tête.
- Oui, Miri, ça va aller... (Dit-elle tout bas.)
- Je crois qu'ils sont partis. (Intervint Jacob.)
Miranda prit sa soeur dans ses bras et la berça doucement.
- Tout va s'arranger, tu verras. Jacob, aidez-moi.
Le biotique passa parmi les débris, évitant un câble électrique à nu crachant des étincelles et se positionna à la droite d'Oriana. Il passa le bras de la jeune fille par dessus son épaule, puis attrapa ses jambes et la souleva.
- Doucement... (Murmura Miranda, inquiète.)
- ça va aller. Miranda, où en est la réparation de la balise ?
- Presque achevée. (Déclara-t-elle d'une voix sans émotion, les yeux rivés sur le dos de Jacob tandis qu'il emmenait Oriana à l'écart.)
- Il faut terminer les réparations.
Elle opina.
- Et prier pour qu'il reste un vaisseau quelque part... (Murmura-t-elle tout bas.)"



" Dans un futur proche...

La jeune femme se racla la gorge et s'installa dans son fauteuil. Son doigt survola une touche, mais elle n'osa appuyer dessus. Un tremblement secoua son corps. Un mélange de tristesse et de joie habitait son regard. Elle se sentait coupable d'être heureuse alors que la galaxie était plongée dans le chaos, que la mort frappait partout. Les derniers jours avaient été particulièrement tragique. Elle coula son regard vers le lit et un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Finalement, elle prit une profonde inspiration et s'humecta les lèvres avant de presser le bouton.
- Journal du docteur Liara T'Soni, à bord de ce qui fut le SSV Normandy SR2, année 2187. Je ne sais pas par quoi commencer. Je pense que la première chose à faire est de vous parler de la guerre que nous avons mené..."


" Dans un futur plus ou moins proche...

L'Asari caressa le cadre photo du bout des doigts, un sourire plein de mélancolie sur les lèvres. Elle se leva péniblement et regarda par la vitre les deux jeunes femmes se préparer.
- Ce sera bientôt l'heure. (Murmura-t-elle.)
- Tout ira bien. (Répondit une voix dans les hauts parleurs.)
Elle opina doucement.
- J'espère qu'elles comprendront.
La voix demeura muette et Liara s'installa dans son fauteuil.
- Je me sens fatiguée... A bout de forces. Je ne devrais pas... Pas maintenant... Pas aussi vite...
- Vous ne vous en êtes jamais remise. (Affirma la voix.) C'est pareil pour moi.
Liara opina sombrement et se ferma aux souvenirs qui menaçaient de la faire chavirer.
- Mais tu en souffriras bien plus longtemps que moi... (Dit-elle tout bas.)
Son interlocutrice ne répondit pas. Les doigts de l'Asari survolèrent le clavier virtuel qui clignota et menaça de s'éteindre un instant avant de se rallumer. Elle pressa le bouton sous son index.
- Journal du docteur Liara T'Soni, à bord des restes du Normandy SR2. Ceci sera certainement ma dernière entrée et elle est pour vous, mes filles chéries, Kayla et Itany. Vous devrez être forte..."





- Ok, tout est en place. (Annonça Tali en se redressant.)
Ashley porta la main à son oreille.
- Joker, venez nous chercher.
- A vos ordres Lieutenant. Normandy en phase d'approche.
Le vaisseau apparut au dessus du petit groupe qui se prépara à embarquer. C'était la quatrième planète sur laquelle ils plaçaient un relais et pour l'heure, tout se déroulait sans encombre. Le Normandy se posa et ils montèrent à bord.
- Lieutenant, IDA a détecté quelque chose. Ce serait une bonne idée que vous nous rejoigniez.
- J'arrive.
Suivie de ses compagnons, Ashley se rendit dans le cockpit.
- Qu'as-tu découvert, IDA ? (S'enquit-elle d'une voix fatiguée, le manque de sommeil se lisant dans ses yeux.)
- Mieux que de vous expliquer, laissez moi vous montrer.
L'IA inclina la tête sur le coté et pressa quelques touches. Les hauts parleurs grésillèrent et une voix s'éleva.
- SOS. Je répète, SOS. Nous sommes un petit groupe de survivant, situé sur Terra Nova. Les forces Moissonneurs nous assaillent de jour en jour, mais uniquement leurs forces terrestres. Nous ignorons si leur flotte se trouve en orbite, mais notre stock de nourriture arrive à son terme. Nous avons des blessés et demandons une extraction de toute urgence. SOS. Je répète, SOS. Nous sommes...
Ashley demeura silencieuse un instant.
- C'était la voix de Miranda. (Commenta Tali.)
- De quand date cet appel ?
- Quelques heures, tout au plus.
- Nous sommes loin de Terra Nova ?
- Non. (Répondit Joker.) C'est dans le système voisin.
- Liara, où en êtes-vous dans vos raccordements ?
- Il me reste suffisamment de matériel pour trois ou quatre relais supplémentaires.
- Que faisons-nous, Lieutenant ? (S'enquit Joker.)
Elle demeura silencieuse un instant.
- Je ne sais pas. (Finit-elle par avouer.)
- Vous comptez les abandonner ? (S'exclama Tali, éberluée.)
- Nous avons une mission à remplir, pour les cycles suivants.
- C'est hors de propos ! Ce sont nos amis !
Le Lieutenant baissa les yeux.
- Miranda pourrait nous aider. Elle a des connaissances qui pourraient s'avérer précieuses, Lieutenant. (Intervint Liara calmement.)
L'humaine opina.
- En route pour Terra Nova.
- A vos ordres. (Déclara Joker d'une voix sombre.)
Le Normandy rejoignit le système de la planète et la survola.
- A priori, aucune flotte Moissonneur en orbite.
- Bien. On va descendre. James, Javik, avec moi.
- J'ai repéré leur position. (Indiqua IDA.)
- Tu pourras nous guider ?
- Il serait plus simple que je vienne avec vous.
- D'accord. Javik, vous restez.
Le prothéen émit un grognement pour toute réponse. Joker se tourna vers l'androïde et la dévisagea longuement.
- Tu es sûre ? (Demanda-t-il.)
- Oui, Jeff, ne vous en faites pas.
Le timonier ne répondit que d'un bref hochement de tête. IDA pressa doucement son épaule avant de quitter la pièce. Le petit groupe rejoignit le hangar et embarqua à bord du kodiak. Cortez engagea la navette hors du Normandy et se posa dans une zone dégagée, à quelques distances du signal. L'escouade sortit du vaisseau et leurs regards se perdirent dans l'immensité en ruine qui leur faisait face. Ashley sentit ses épaules s'affaisser et se redressa à force de volonté.
- ça va aller, Lieutenant ? (S'enquit James d'une voix douce.)
Elle lui sourit.
- Il faudra bien. C'est juste que... Tout ça... (Dit-elle en englobant les ruines d'un geste de la main.)
- Ouais, ça craint.
- C'est partout pareil. (Déclara IDA.)
- ça ne rend pas les choses moins dures pour autant, tu sais. (L'humaine secoua doucement la tête et IDA opina de manière compréhensive.) Indique nous le chemin.
- Tout droit.
Le trio avança parmi les ruines, à l'affût du moindre danger, essayant d'être le plus silencieux possible. Ils s'arrêtèrent à de nombreuses reprises pour observer les alentours, chaque bruit devenant suspect, chaque ombre menaçant de dissimuler un ennemi. Mais il n'y eut rien à signaler. Finalement, IDA s'arrêta devant un bâtiment en ruine.
- C'est d'ici que provient le signal. (Indiqua l'IA.)
- Il n'y a personne. (Déclara James.)
- Mais du sang recouvre le sol. (Remarque IDA.) Et il est encore frais.
- Tu peux suivre les traces ?
L'androïde acquiesça et conduisit le groupe dans des couloirs sombres qui s'enfonçaient profondément dans le sol. Après quelques minutes, ils débouchèrent dans une petite pièce plongée dans les ténèbres. Ils se mirent en garde quand du bruit résonna autour d'eux, typique d'une arme en activation.
- Miranda ? (Appela Ashley en scrutant les ténèbres.)
- Ashley ? (Répondit une voix surprise.)
L'intéressée sourit et rengaina son arme, imitée par ses compagnons. Miranda sortit des ténèbres et regarda le trio avec incrédulité.
- Que faites-vous ici ?
- C'est votre signal de détresse qui nous a attiré.
- Je n'imaginais pas que quelqu'un viendrait. (Avoua la biotique en observant le groupe.) Où est Shepard ? (Demanda-t-elle après un instant.)
Ashley baissa les yeux une seconde.
- C'est compliqué. Combien êtes-vous ?
- Moins d'une douzaine.
- Ils peuvent se déplacer ?
- Difficilement pour certains.
- Alors on a pas intérêt à traîner. Allez les chercher.
- Tout de suite.
Miranda retourna dans les ténèbres et demeura absente durant de longues minutes.
- Mais qu'est-ce qu'elle fout ? (Marmonna l'humaine entre ses dents.)
- Lieutenant, il y a un sou... (Commença IDA.)
Le comlink d'Ashley grésilla alors et la voix de Cortez s'éleva, coupant l'IA.
- Lieutenant ? (S'enquit le pilote, manifestement inquiet.)
- Qu'y a t-il, Cortez ?
- Dieu merci, vous me recevez.
- Pourquoi, un problème ?
- J'ai perdu le contact avec le Normandy.
Le Lieutenant se tourna vers IDA.
- Que ce passe-t-il avec le Normandy ? (S'enquit-elle.)
L'androïde demeura silencieux un long moment.
- Je ne sais pas. Je perds peu à peu ma connexion avec. Comme s'il y avait un brouillage.
- Lieutenant, ça sent pas bon ici ! (Reprit Cortez.) Beaucoup de mouvements dans les ruines !
Ashley jura et prit le chemin emprunté par Miranda un peu plus tôt.
- Miranda ? (Appela-t-elle.)
- Je suis là !
- Grouillez-vous, les forces Moissonneurs rappliquent !
- Nous avons des blessés, je fais aussi vite que je peux.
- Nous allons vous protéger aussi longtemps que possible. Mais il faut accélérer !
- Comprit !
Le trio remonta à la surface et se mit en position d'interception. Les minutes s'écoulèrent sans que rien n'arrive. Puis, ce fut comme une nuée. Des dizaines d'endoctrinés sortirent des ruines et convergèrent vers le groupe à vive allure. Ils firent feu et se débarrassèrent aisément des premiers rangs. Mais à peine une rangée tombaient qu'une autre prenait sa place. Ignorant la peur ou la stratégie, les monstres continuèrent d'avancer inlassablement, réduisant peu à peu la distance les séparant de l'escouade.
- Cortez, où êtes-vous ?
- Je survole la zone, mais je ne pourrais pas vous récupérer tant qu'ils seront aussi nombreux.
- Alors tirez dans le tas !
- Utilisez du fumigène, que je vous repère de visu !
James lança une grenade un peu plus loin et une fumée rouge s'éleva.
- Vas-y Esteban ! (Hurla-t-il.)
L'intéressé répondit d'un hurlement sauvage, ses canons crachant un feu continu sur les forces Moissonneurs et les réduisant en charpie.
- Miranda ?
La biotique se tenait en retrait et aidait un homme blessé à sortir des débris.
- Encore deux et c'est bon !
- Cortez, on va commencer à les faire monter.
- Affirmatif.
Le pilote se plaça en vol stationnaire au dessus du groupe et les réfugiés commencèrent à monter à bord du kodiak. Accompagné de Jacob, l'escouade repoussa les nouvelles vagues ennemies. Mais celles-ci regagnèrent rapidement du terrain et affluèrent sur le groupe. L'escouade recula de quelques pas, vidant ses cartouches thermiques avec désespoir.
- Accélérez ! (Hurla Ashley.) Jacob, montez.
- Hors de question Lieutenant, il vous faut toute l'aide possible ! (Lâcha-t-il en envoyant une projection sur un cannibale qui fut propulsé sur une brute. Déstabilisée, cette dernière faucha dans le tas et tua deux monstres d'un coup.)
- Dernier réfugié à bord ! (Cria Miranda.)
- Allez, on se replie !
Les soldats reculèrent vers la navette tout en continuant de faire feu, se protégeant les uns les autres. James arriva le premier devant le kodiak et monta à bord, suivi d'IDA. Jacob s'apprêta à grimper à son tour quand un tir le toucha au milieu du dos. Il poussa un grognement et s'écroula mollement. Ashley poussa un juron et rejoignit le biotique qu'elle souleva et tendit à ses compagnons. Mais ses bras et ses genoux cédèrent sous le poids du soldat et elle tomba à son tour. Les zombis sautèrent sur le duo. Un carnage les accueillit en plein vol et décima l'avant garde.
- ça pas les retenir longtemps ! (Hurla James en jetant quelques grenades pour retarder le groupe suivant.)
Ashley se releva et aida Jacob. Mais le biotique la repoussa vers la navette et tituba vers les ennemis.
- Mais qu'est-ce que vous faites ?!
Des courants d'énergies biotiques s'échappèrent du corps du soldat. Il les emmagasina puis les relâcha d'un coup, repoussant une vague de zombis qui virevoltèrent dans tous les sens.
- Barrez-vous ! (Hurla-t-il d'une voix faible à l'humaine.)
Ashley voulut le rejoindre, mais une main se posa sur son épaule.
- Il faut y aller Lieutenant !
- Je refuse de l'abandonner !
Mais déjà les zombis s'agglutinait sur le biotique. Il y eut une explosion et les corps des décérébrés volèrent un peu partout. Jacob tomba à genou avant de s'écrouler. Une nouvelle vague fondit sur lui. Ashley regarda sans y croire le massacre, le coeur serré, avant de détourner les yeux. Elle leva les bras vers James et le marine la hissa à bord.
- Sortez-nous de là ! (Ordonna l'humaine à l'adresse du pilote.)
- A vos ordres, Lieutenant !
Cortez lança le kodiak qui s'éleva loin au dessus de la masse. Il fit des embardées de droite et de gauche pour éviter les tirs des cannibales et des exterminateurs. Quelques projectiles touchèrent la navette, ricochant contre la coque avec des sons inquiétants.
- On est presque tiré d'affaire ! (Annonça Cortez.)
Les hauts parleurs de la navette grésillèrent alors et une voix haché résonna.
- ...Onneur en appr... Gagez de.... Ite ! Je répè... Moissonneur en approc... Dégagez de là, et vite ! (Hurla la voix de Joker.)
Cortez leva les yeux et resta figé une seconde. Des dizaines de Moissonneurs descendaient vers lui. Il secoua la tête pour se ressaisir et envoya toute l'énergie possible dans les propulseurs pour dévier la trajectoire de la navette, évitant de justesse un rayon d'énergie incandescent.
- Accrochez-vous !
Le ciel prit une teinte écarlate quand des dizaines de rayons le traversèrent et convergèrent vers la navette. Cortez les esquiva tant bien que mal, les traits raclant parfois contre la coque. Un tir toucha l'un des propulseurs qui partit en fumée et déséquilibra le kodiak. Cortez tenta de conserver son cap, mais la navette perdit rapidement de l'altitude et tangua dangereusement.
- On est touché !
- Stabilisez-nous !
- J'essaye !
Cortez tapota sur son écran. Il activa les répulseurs situés sous la navette et dériva l'alimentation du propulseur touché. Mais d'autres rayons tombèrent autour d'eux. Le second propulseur fut détruit et la navette commença à piquer du nez. Ashley regarda avec horreur les traits écarlates qui pleuvaient sur eux. Sa main chercha celle de James qu'elle serra sans savoir pourquoi et il lui rendit son étreinte. Puis elle ferma les yeux. Le métal se tordit et s'ouvrit. Des cris de terreur envahirent la navette.
- Mierda... (Murmura James.)
Un rayon transperça le kodiak. L'appareil vibra intensément avant d'exploser.




Joker resta un long moment interdit devant son écran, l'horreur déformant son visage. Ses compagnons ne firent pas le moindre geste, dans un état similaire au pilote. La frégate, comme animée d'une volonté propre, fit demi tour et passa le relais avant d'être rattrapée par les Moissonneurs.
- Ils sont... (Murmura Tali d'une voix éteinte.)
- Morts. ( Termina Javik d'une voix grave.)
- IDA... (Marmonna Joker sans parvenir à y croire.)
- Je suis là, Jeff... (Déclara doucement la voix de l'IA dans les hauts parleurs.)
- Tu as survécu...
- Mais pas les autres. Et j'en suis désolée...
- Ce n'est pas de ta faute.
- J'aurais du faire plus attention.
- Au moins, tu es sauve.
Elle ne répondit pas.
- Et maintenant, que fait-on ? (Finit par demander Garrus.)
- Et bien, nous...
Une alerte résonna dans le cockpit.
- Problème à l'infirmerie ! (Hurla une voix dans les hauts parleurs.)
Liara fit volte-face dans la seconde et se précipita vers l'ascenseur, ses compagnons sur les talons.
- Shepard... (Murmura-t-elle, terrifiée.)
Elle déboula dans l'infirmerie et découvrit avec horreur son amante plongée dans une nouvelle crise. Chakwas tentait tant bien que mal de la maintenir, mais les spasmes du commandant était devenus trop puissants. Elle arracha les sangles qui la maintenaient et Garrus se jeta sur elle. Mais rien n'y fit.
- Rythme cardiaque en hausse, tout comme l'activité cérébrale. Son coeur va lâcher ! (Hurla Chakwas.)
Ils restèrent ainsi face à elle, impuissants, durant de longues minutes. Puis, la crise s'arrêta aussi brusquement qu'elle avait débuté et seuls quelques légers spasmes agitèrent le corps de la jeune femme durant de longues minutes. Liara poussa un soupir de soulagement et essuya ses larmes d'un revers de la main.
- A chaque mort... (Murmura-t-elle avant de poursuivre d'une voix plus forte.) Je dois réessayer.
- Liara, non, c'est trop dangereux !
- Pour elle aussi ! Je ne peux plus attendre.
L'Asari fit face à la Quarienne.
- Vous finirez de poser les relais ?
Tali opina. Liara se tourna vers Chakwas et lui jeta un regard de défi.
- Sortez. Tous.
- Liara... (Commença Chakwas.)
- Sortez ! (Hurla-t-elle, son corps se recouvrant d'un champ biotique.)
Javik la dévisagea longuement avant d'encourager ses compagnons à sortir. Chakwas le suivit à contrecoeur. Le prothéen inclina respectueusement la tête à l'égard de l'Asari avant de verrouiller la porte, la laissant seule avec l'humaine. Liara prit une profonde inspiration et ferma les yeux.




Le Normandy sortit de l'hyper espace et fouilla l'espace proche.
- IDA ?
- Aucun signe de dépôt de carburant.
Joker jura.
- On est repartit.
La frégate repassa le relais. C'était déjà le cinquième secteur qu'ils visitaient. Le carburant venait à manquer, et depuis la disparition tragique de leurs compagnons, la tension ne cessait de grimper. L'équipage leur avait rendu un petit hommage, en l'absence de Liara. L'Asari n'avait pas quitté l'infirmerie depuis près de vingt quatre heures.
- Si nous ne trouvons pas de carburant, on va rapidement être dans la merde. (Commenta Joker avec cynisme.)
- Pire que ça. Nous ne pourrons plus nous occuper des balises, ni rejoindre la base. (Intervint Tali.)
- Je sais.
- Combien de carburant nous reste-t-il ? (S'enquit Garrus.)
- Assez pour visiter une dernière planète avant de rentrer.
- Alors ne perdons pas de temps.
- Il a raison, Jeff. Les chances pour trouver un dépôt de carburant encore en état sont très faibles.
Le pilote secoua doucement la tête.
- Alors allons-y...


Le groupe termina de placer la balise après deux heures.
- C'est fini.
- On est partit. Joker, nous arrivons.
- Entendu.
Ils remontèrent à bord du Normandy et quittèrent l'orbite de la planète en quelques minutes.
- Je reçois un signal. (Déclara IDA.)
- Encore un ? Je suis d'avis de l'ignorer vu ce que le dernier nous a coûté.
- Il ne s'agit pas d'un appel de détresse, Jeff.
- Hein ? C'est quoi alors ?
- Cela provient d'un croiseur turien. Ils proposent aide et assistance à quiconque en aurait besoin.
- Peut-être qu'ils ont du carburant en trop ?
- Un croiseur turien ? (Répéta Garrus, incrédule.)
- Où sont-ils ?
- Dans un système proche de notre base.
Joker questionna ses compagnons du regard.
- Nous devrions y aller. Peut-être y a t-il d'autres survivants. Une coalition. Peut-être... Peut-être tout espoir n'est-il pas perdu !
Garrus serra l'épaule de Tali avec douceur et opina pour montrer son accord.
- IDA ? (Demanda Joker.)
- J'ai calculé l'itinéraire.
- Alors en avant.
Joker lança le vaisseau et rejoignit le système visé. Il ne leur fallut pas longtemps pour trouver le dit croiseur turien, flottant au milieu du vide intersidéral.
- Ils prennent contact. (Déclara IDA.)
Joker accepta l'appel.
- Ici le SSV Normandy.
- Bienvenue à vous, Normandy. Heureux de voir que nous ne sommes pas les seuls rescapés. Avez-vous besoin d'aide ?
- Il nous faudrait du carburant.
- Nous en avons un peu en stock. Amarrez-vous.
- Bien compr...
Le turien coupa la communication et Joker lança un regard à ses amis.
- Ils doivent pas aimer les remerciements. (Lâcha-t-il finalement.)
Le timonier amarra la frégate au croiseur et deux turiens montèrent à bord du Normandy. Garrus les salua et ils répondirent d'un vague hochement de tête.
- Voir d'autres survivants nous fait très plaisir. Nous allons vous offrir du carburant si vous nous donnez accès à votre réservoir.
- IDA ?
- C'est ouvert.
L'officier inclina légèrement le buste en signe de remerciement.
- Vous dites que vous êtes heureux de voir d'autres survivants. Sommes-nous les seuls ?
L'officier hésita une seconde.
- Que diriez vous de vous joindre à nous. Ainsi, nous pourrons échanger des informations et également un repas.
- Merci, mais pour ma part, je n'ai pas très faim. (Répondit le timonier.)
- Nous aimerions tous vous voir pourtant.
Joker les regarda, dubitatif.
- Sans façon pour ma part.
- Nous insistons.
Garrus opina.
- Oui, refuser ne serait pas très correct, Joker. Ils nous offrent du carburant après tout.
Joker marmonna légèrement dans sa barbe mais donna son accord. L'officier turien sourit, satisfait.
- Le commandant Shepard sera de la partie, n'est-ce pas ?
- Elle est dans le coma.
L'officier dévisagea le groupe avec curiosité durant un long moment.
- Bien. Suivez-nous.
Et ils repartirent. Les compagnons demeurèrent sceptique un long moment avant de finalement lui emboîter le pas. Ils progressèrent dans les couloirs du croiseur d'une démarche peu assurée. Les turiens leurs offraient des regards glacés et peu rassurant. Un sentiment d'insécurité s'empara peu à peu d'eux. Une certaine tension était palpable.
- C'est moi ou ils ont l'air franchement hostiles ? (S'enquit Joker, tendu.)
Garrus opina discrètement, à l'affût du moindre danger. Ils poursuivirent leur route en silence et rejoignirent le pont. L'officier les y attendait.
- Vous êtes le premier vaisseau que nous croisons depuis la débâcle d'Hackett. Mais pas les premiers survivants. Le célèbre Normandy et son équipage... Manifestement pas au complet.
- Nous avons rencontré par mal de soucis.(Répliqua Joker d'une voix sombre.)
- Où sont les autres survivants ? (Demanda Garrus.)
- Nous sommes tous logés à la même enseigne. (Affirma l'officier en ignorant la question, avant d'ajouter.) Enfin, presque.
- C'est à dire ? (S'enquit Javik d'une voix froide.)
- Dans ces temps sombres, rien n'importe plus que la survie.
- Je crois que nous ferions mieux de retourner à bord du Normandy. (Intervint Garrus.)
- Nous n'avons pas encore transféré le carburant.
- On s'en passera.
- Fermez les portes ! (Tonna le commandant turien.)
Les compagnons se mirent en garde, formant un cercle serré.
- C'est quoi ce bordel ? (Grogna Garrus.)
- L'Augure sera très heureux de mettre la main sur Shepard et sur le Normandy.
- L'Augure ? (Répéta Tali, éberluée.)
- Endoctrinés. (Cracha Javik d'un ton méprisant.)
- Veuillez nous suivre sans faire d'histoire. Nous voudrions éviter des pertes inutiles.
- Vous croyez que nous allons nous rendre bien sagement ? (Gronda Javik.) Jadis, je me suis battu contre les traîtres à la solde des Moissonneurs. Jamais je ne courberais l'échine !
Il hurla la phrase en lâchant une onde de choc biotique sur un groupe armé. Les turiens volèrent dans tous les sens et firent tomber leurs armes. Javik fit volte face et libéra ses pouvoirs sur un autre groupe qui connut le même sort. Ses compagnons profitèrent du chaos ambiant pour récupérer quelques armes et ils firent feu.
- Tuez-les ! (Hurla l'officier.) Tuez...
Sa voix mourut dans sa gorge. Il se plia en deux avec un gémissement, le corpsluisant d'une aura d'un vert maladif. Javik s'approcha du turien la main tendu, une lueur malsaine brillant au fond de ses yeux. L'officier tomba à genou en gémissant.
- Il... sera... bientôt... là...
- Et vous ne serez pas là pour le voir.
Javik tourna la main d'un mouvement sec. Le corps du commandant fut secoué d'un violent spasme. Puis, il s'affaissa, mort. Javik le regarda un long moment sans bouger avec un dégoût manifeste.
Les compagnons du prothéen avait sécurisé la pièce entre-temps et Tali'Zorah s'évertuait déjà à pirater les systèmes d'ouvertures des portes. Garrus s'approcha du biotique et lui lança une arme que ce dernier attrapa au vol.
- Il est temps de filer.
- En effet. (Répondit Javik. Il regarda les corps étendus au sol et poussa un grognement.) Primitifs.





L'Asari était en sueur. Cela faisait des heures qu'elle se préparait avec de nombreuses méditations, appelant chaque souvenir, chaque émotion dans ses pensées. Elle fit craquer son cou pour l'assouplir puis posa deux doigts sur le front de son amante. Elle inspira profondément et ses yeux virèrent au noir.
Aussitôt, une violente douleur naquit dans son crâne et un tourbillon noir la repoussa. C'était la cinquième fois que cela arrivait. Elle gémit, mais oublia la douleur et força le passage. Les secondes devinrent des minutes et quelques spasmes secouèrent son corps. Liara finit par outrepasser la présence étrangère et lia son esprit à celui de son amante. La peur et un sentiment d'échec la frappèrent. Elle vit Mirlina, à genou et en pleurs, manifestement désespérée. Une montagne de cadavre se trouvait devant elle et tous la dardaient de leur regard accusateur, murmurant la même phrase en continu.
- Impuissante, responsable, votre faute.
La première envie de l'Asari fut de la rejoindre et de la soustraire à cette vision, de la rassurer. Mais elle savait que c'était inutile et même dangereux. La chose qui maintenait le commandant enfermé était puissante et s'adaptait pour empêcher l'Asari d'interagir avec son amante. Celle-ci la voyait alors mourir sous ses yeux et cela ne faisait qu'accroître sa détresse. Le ciel était d'un noir de jais, agité de temps à autres de reflets écarlates. Liara inspira profondément et concentra son esprit. Elle toucha celui de Shepard avec douceur, mais celle-ci n'eut aucune réaction. Elle poussa un peu plus et Mirlina leva lentement les yeux. L'Asari continua sur sa lancée et fit revenir dans la mémoire de la jeune femme des souvenirs précis. Le décor autour d'elles commença à tourbillonner. Les pierres tombèrent en poussière ainsi que les cadavres et tout disparut. Un site de ruines prothéen se matérialisa alors. Shepard se redressa maladroitement et laissa son regard dériver autour d'elle pour se poser sur une Asari prisonnière d'un champ biotique. Devant cette dernière se trouvait une escouade de trois personnes avec à leur tête le premier spectre humain. Mirlina demeura abasourdie.
Le site n'avait pas de plafond et on pouvait voir le même ciel sombre qu'auparavant, striés de veines rouges de plus en plus nombreuses.
- Docteur Liara T'Soni ? (Demanda l'apparition de Shepard.)
- Oui. (Répondit l'Asari légèrement dubitative.) Qui êtes-vous ?
- Commandant Shepard, de l'Alliance. Je suis en mission pour le conseil. Je dois vous interroger au sujet de votre mère.
- Bénézia ? Cela fait des années que je ne lui parle plus.
- Il faudra plus pour me convaincre.
- Oui, sans doute. Mais pour l'heure, je suis prisonnière.
- Comment avez-vous fait votre compte ?
- J'ai essayé de me protéger des geths. Mais... J'ai dû toucher quelque chose qu'il ne fallait pas et maintenant, me voilà prisonnière.
L'apparition de Shepard dévisagea celle de Liara un long moment.
- Je vais vous sortir d'ici. (Elle marqua une pause avant d'ajouter d'une petite voix amusée.) Ne bougez pas.
L'Asari grommela légèrement et Shepard s'éloigna. Il y eut des coups de feu puis une explosion. Après quelques instants, Shepard arriva derrière Liara et désactiva le champ de confinement. L'Asari posa pied au sol et tangua légèrement, en proie à la fatigue. Mirlina se précipita vers elle pour la soutenir. Leurs regards se croisèrent et elles se dévisagèrent longuement, intensément. Un premier contact physique, un premier vrai contact visuel. Elles demeurèrent muette un long moment. Finalement, Shepard se racla la gorge.
- Je... Euh... Vous allez bien ?
- Oui, merci.
Shepard opina et le décor tourbillonna. Désormais, les deux femmes se trouvaient seule, à l'arrière de l'infirmerie, dans les quartiers de Liara, à bord du Normandy.
- Je... Me sens attirée par vous. Et je ne comprend pas pourquoi. (Déclara Liara d'une voix timide.)
Shepard s'humecta les lèvres, légèrement nerveuse.
- Vous savez, je... C'est...
- Ce n'est pas réciproque ?
L'humaine baissa les yeux.
Non, faillit-elle dire.
-Vous me troublez Liara. (Avoua-t-elle doucement.) Et m'attirez.
- Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?
Shepard hésita un instant. Puis, elle se rapprocha et caressa de sa main le visage de l'Asari.
- Je n'ai pas encore décidé.
Liara eut un léger mouvement de recul ce qui déçu l'humaine.
- Je suis désolée commandant, je... Tant que la mission n'est pas terminée...
- Je comprend. C'est sans doute mieux ainsi.
Le décor changea à nouveau et fut remplacé par la cabine de Shepard. Liara pénétra dans la pièce et s'approcha de l'humaine.
- Shepard, je...
- Un problème Liara ?
- Nous y sommes. Saren, Ilos, le canal...
- Tout va bien se passer.
- Non, inutile de m'épargner. Il est temps d'être enfin sincère l'une envers l'autre.
Shepard dévisage l'Asari avec intérêt.
- Je... J'éprouve des sentiments pour vous, commandant.
L'humaine sourit et s'approcha de l'archéologue.
- Vraiment ?
Celle-ci opina, toute rouge.
- E.. Et vous ?
- Moi aussi.
Après une seconde d'hésitation, Liara se jeta sur Shepard et la fit tomber sur le lit, l'embrassant avec ardeur.
La date changea, la cabine changea. Shepard et Liara se faisait face, toutes les deux vêtues de robes de soirée magnifiques aux tons violets.
- Vous devez me faire une promesse.
- Hum, vous m'en demandez beaucoup Liara... (Répondit l'humaine d'une voix langoureuse.)
- Oh, vraiment ?
Shepard huma le parfum de sa compagne, plongeant sa bouche au creux de son cou.
- Revenir, d'accord, mais vers quoi exactement ?
Liara poussa de légers soupirs de contentement, frémissant sous les baisers de son amante. Ses mains caressèrent les cheveux de l'humaine qu'elle serra contre son corps.
- Eh bien... A vous de me le dire.
Shepard laissa ses mains courir le long du dos de son amante, l'embrassant avec plus de douceur, laissant son souffle caresser sa peau et admirant avec amusement les frissons que cela lui procurait.
- Que pensez-vous de... ceci ?
L'Asari frémit de plus belle et colla l'humaine contre elle avec force, l'excitation montant en flèche.
- Oui, vers ceci... (Murmura-t-elle.) Promettez-le moi... Promettez-moi de toujours me revenir...
- Je vous le promet. (Déclara l'humaine dans un souffle.)
Les visions se suivirent et s'enchaînèrent. Au début, Shepard voyait les choses d'un point de vu extérieur, étranger. Mais désormais, elle incarnait sa propre personne dans les souvenirs. Elle revécu les moments de joies, de bonheurs, partagés avec son amante. Elle ressentit la douceur de sa peau, la tendresse de ses lèvres et de ses caresses. Elle lui refit l'amour avec tendresse et passion, cultiva la flamme de leur amour et se perdit dans son regard pour oublier sa douleur et sa détresse. Le temps s'étira et chaque instant, chaque sensation devint plus intense. Le monde n'existait plus et elles seules comptaient. Les deux femmes s'embrassèrent avec tendresse et amour et le ciel s'illumina, repoussant les ténèbres.
Entre chaque vision, Mirlina scrutait les environs. Parfois, elle apercevait une projection de son amante qui disparaissait bien vite pour laisser place à la vision suivante. Cette fois-ci, elle se trouvait au milieu d'un champ de débris et courrait vers un immense rayon bleuté, tout en évitant les tirs de l'Augure. Liara et Garrus la talonnaient. Le coeur de Shepard battait à tout rompre alors qu'elle revivait ce moment. Son corps ne lui obéissait pas, elle ne pouvait empêcher les choses de se dérouler, en changer le cours. Elle se coucha et se laissa glisser sur le sol pour éviter l'épave d'un char qui venait d'exploser. Un autre s'envola dans les airs et fondit sur ses compagnons qui n'eurent d'autre choix que de se jeter sur le coté pour l'éviter. Le mako explosa et des flammes léchèrent leurs corps. Mirlina se précipita vers eux et aida Liara à se relever avant de la mettre à l'abri. Elle appuya sur son oreillette et ordonna une évacuation au Normandy. Une fois le vaisseau à proximité et accompagnée de Garrus, elle conduisit l'Asari vers la rampe. Le turien passa un bras de son amie au dessus de son épaule et l'aida à monter.
- Shepard ! (Hurla Liara.)
- Vous devez vous tirer d'ici.
- Je vais bien...
- Cessez de discuter, Liara.
- Vous ne... m'abandonnerez pas... (L'Asari plongea son regard dans celui de l'humaine, des larmes roulant sur ses joues.) N'oubliez pas votre promesse, Shepard...
Mirlina monta la rampe et caressa le visage de son amante, un sourire tendre sur les lèvres.
- Quoi qu'il arrive... Vous êtes tout pour moi, Liara, et vous le serez toujours.
Elles se regardèrent langoureusement, partageant leur amour de ce simple regard. Tout avait commencé ainsi, et peut-être que tout finirait ainsi. Elles le savaient. C'était un point de non retour. Elles demeurèrent silencieux. Les mots étaient inutiles.
Une explosion ramena le couple à la triste et dure réalité.
- Filez ! (Ordonna Shepard.)
- Je suis à vous... (Murmura Liara.)
L'humaine reprit à contrecoeur sa course vers le rayon, se détournant de l'Asari et de sa main tendue qu'elle souhaitait prendre par dessus tout. Elle savait ce qui l'attendait désormais. Pourquoi poursuivait-elle sa route ? Parce qu'il s'agissait d'un souvenir...
Une fois de plus, le décor changea. Mirlina s'avançait vers le Normandy d'une démarche hasardeuse, tremblant de tout son être. Elle sentit ses genoux fléchir et poussa un hurlement en tombant. Mais quelque chose la rattrapa. Elle sentit des mains se refermer sur ses bras. La douleur était toujours là, forte, l'aveuglant. Des larmes brouillaient sa vision et elle n'entendait rien d'autre que la voix du Léviathan qui résonnait dans son cerveau et l'accablait. Liara aida l'humaine à se redresser et ouvrit enfin son esprit au sien. La douleur dans le crâne de Mirlina explosa puis s'atténua progressivement jusqu'à disparaître. Les ténèbres enlacèrent le couple avant de voler en éclat et elles se retrouvèrent seules dans un océan de clarté.
- Liara ? (Hasarda Shepard, encore sous le choc.)
- Je suis là, Mirlina.
- Vous... Où sommes-nous ?
- Dans ton esprit.
- Que c'est-il passé ?
- Tu étais dans le coma. Mais tout va bien maintenant. C'est fini.
- Je...
Impuissante... Murmura une voix au fond d'elle.
Mirlina frémit et se massa le front, la douleur revenant lentement.
- Le Lévitathan... Il... Il est toujours là...
- ça va aller.
- Tu es venue me chercher ? (Demanda doucement l'humaine, au bord des larmes.)
Liara opina et sourit tendrement à son amante.
- Tu vas te réveiller maintenant.
- J'ai dormi longtemps ?
- ça n'a pas d'importance. Ferme les yeux.
Mirlina s'exécuta. Quelques visages passèrent dans sa mémoire, trop vite pour qu'elle les reconnaisse. Elle vit néanmoins Javik, combattant avec fougue contre des ennemis qu'elle ne parvenait pas à identifier. Puis, tout se brouilla. La présence de Liara, faible au départ, se fit plus forte en elle et accompagna son esprit. Elle se sentit flotter. Puis, toute sensation disparut et le sommeil s'empara d'elle.



- ça va aller ? (S'enquit Garrus en examinant la plaie de Joker au bras.)
- Ouais ! Mais faut qu'on sorte de là !
- Ils nous empêchent de passer !
- D'autres arrivent derrière. (Déclara Javik.)
Garrus poussa un juron. Tali'Zorah activa son omni-tech et scanna rapidement la passerelle.
- Même si on passe, ça ne servira à rien.
- Pourquoi ?
- Ils ont scellés la passerelle ! Et je ne pourrais pas contourner les fermetures.
- Pourquoi ne pas simplement les désactiver ?
- Car c'est sur le pont turien que cela peut se faire !
- IDA, tu ne peux pas t'en charger ?
- Non. Je n'arrive pas à pénétrer dans leur ordinateur central. Leur IV me contrecarre.
Joker jura.
- Alors on va les détruire en passant !
- On ne peut pas ! Dès qu'ils seront détruits, la passerelle va se détacher ! Il faudrait poser des charges, mais...
- Nous n'aurons pas le temps. (Termina Javik.)
- Non...
Le prothéen fit feu à plusieurs reprises, repoussant le groupe qui venait par derrière.
- Garrus, vous pouvez les escorter à bord et vous débarrasser des autres ?
- Si une brèche s'ouvre, oui.
Le prothéen opina.
- Remplacez-moi un instant...
Il concentra son pouvoir et son corps se recouvrit d'un champ verdâtre qui gagna rapidement en intensité. Il le relâcha d'un coup et fit tomber les turiens à la renverse.
- Maintenant ! (Hurla-t-il.)
Le groupe courut vers le Normandy en faisant feu sur leurs ennemis. Ils traversèrent la passerelle en quelques secondes, non sans tuer quelques personnes.
- ça ne règle pas le problème des scellés ! (Intervint Tali'Zorah.)
- Fermez derrière-moi. (Déclara Javik.)
- Quoi ?
Le prothéen acquiesça de manière entendu et repassa la porte.
- Attendez, non !
Garrus posa sa main sur l'épaule du biotique mais celui-ci le repoussa sans effort.
- Je dois y aller.
- Vous voulez mourir, c'est ça ?!
- Hors de question que je me cache une nouvelle fois !
Des balles passèrent la porte et ricochèrent autour du groupe qui se mit à l'abri.
- Je ne peux pas vous laisser vous sacrifier !
- C'est ma décision, Garrus !
- Mais, je...
- Dites à Shepard que ce fut un honneur. Adieu... Mes amis.
Et il passa la porte en libérant une onde biotique et en hurlant. Son arme cracha des balles dans tous les sens. Deux explosions retentirent.
- Scellez la porte ! (Hurla-t-il à travers le vacarme du combat.)
Tali'Zorah s'exécuta à contrecoeur et Garrus aida Joker à rejoindre le cockpit. La troisième amarre lâcha et le vaisseau fut libéré. Ils mirent les voiles aussi rapidement que possible. Le croiseur ne les prit pas en chasse.
- Si on se dépêche, on disparaîtra avant qu'ils n'aient le temps de nous poursuivre.
Les secondes s'écoulèrent dans une tension manifeste puis le Normandy quitta le système pour rejoindre le suivant. Il y eut quelques exclamations de soulagement.
- C'était un grand homme. (Commenta Garrus, la mine sombre.)
Des voyants s'allumèrent dans le cockpit et les alarmes résonnèrent.
- Merde, merde, merde ! (Jura Joker.)
- Que ce passe-t-il ?
- Ils nous ont siphonné quasiment tout notre carburant pour nous immobiliser ! IDA ? Pourquoi tu les as pas empêché ?
- Le temps que je m'en rende compte, il était trop ******. Je ne pouvais plus les empêcher une fois dans le conduit. Et vous étiez déjà en combat.
- On a ce qu'il faut pour rejoindre la base ?
- Non. Accrochez-vous !




Liara se pencha au dessus du corps de sa compagne et caressa son visage. Elle était épuisée, mais repoussa la fatigue. Mirlina poussa de vagues gémissements alors qu'elle émergeait lentement. Elle bougea les doigts, ouvrit la bouche.
- Ouvre les yeux... (Murmura Liara.)
Il y eut une seconde de battement. Et Shepard les ouvrit.



De violentes secousses firent grincer le métal du Normandy comme il entamait sa phase d'approche de la planète.
- IDA, dérive la puissance de l'armement sur les réacteurs, on va les pousser à fond tant qu'on peut.
- C'est déjà fait.
- Et merde...
Le timonier se mordit les lèvres et lança le vaisseau vers la surface à toute allure. Le premier réacteur cracha avant de s'arrêter, rapidement suivi par le deuxième.
- Mesdames et Messieurs, veuillez vous attacher et vous préparer à un atterrissage mouvementé. (Déclara Joker avec cynisme à travers les hauts parleurs tout en faisant courir ses doigts sur ses écrans.)
Ses compagnons s'installèrent dans les fauteuils libre, tendus. Les secousses gagnèrent en intensité et le métal grinça, grogna, craqua. Des flammes léchaient la paroi externe dû à l'entrée trop rapide dans l'atmosphère.
- Allez mon beau, allez...
La frégate piqua du nez et commença à se déporter sur la droite.
- Réacteur droit éteint. (Déclara IDA.)
- Renforce les barrières. ça va faire mal !
Joker tenta de stabiliser l'appareil, mais le dernier réacteur cracha à son tour et menaça de s'éteindre. Le timonier envoya plus d'énergie dedans et celui-ci explosa. Le Normandy tangua dangereusement puis fonça vers le sol à toute allure. Joker fit courir ses doigts sur son écran mais les commandes refusèrent de répondre.
- IDA, stabilise-moi ! (Hurla-t-il.)
- Plus rien ne répond.
- On va se crasher !
Le nez du vaisseau racla contre le sommet d'une montagne et le métal se déchira sous ce contact. La frégate remonta légèrement pour retomber de plus belle. Les alarmes sifflaient en continu dans la cabine qui était teintée de rouge. Tali'Zorah et Garrus se prirent par la main et fermèrent les yeux. Le vaisseau toucha le sol dans un concert assourdissant et glissa sur de nombreux mètres. Divers explosions eurent lieu un peu partout comme les postes étaient surchargés. Des gens tombèrent à la renverse, des caisses bondirent dans tous les sens. Le métal se tordit et s'ouvrit.
- Attention !
- Non !
- Merde !
Le Normandy poursuivit sa course folle sur quelques kilomètres avant de percuter violemment une montagne. La frégate se tordit et se brisa en deux, sa coque s'ouvrant à de nombreux endroits. Divers incendies se déclarèrent et les flammes léchèrent le métal.




Fin de la première partie.

#6
Mirlina

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En avant pour un nouveau cycle.




Deuxième partie : Notre héritage, leur futur.



Chapitre 6 : Nation galactique.



La jeune femme se tenait droite et fière sur son siège. Son charme naturelle se ressentait dans ses traits mystérieux, dans sa posture sauvage, dans son regard hypnotiseur. D'après les normes de sa race, elle était jeune, d'après celles des autres, elle était très âgée. Elle toisait son interlocuteur d'un regard froid, essayant de faire abstraction de la colère qui montait en elle et de son dégoût à l'égard de cet homme. Quelques siècles auparavant, elle l'aurait jeté dehors ou l'aurait tué sans autre forme de procès. Mais à l'époque elle était une guerrière, une combattante fière et farouche. Désormais elle était politicienne et devait faire preuve de diplomatie. Des milliards de vies pesaient sur ses épaules et elle devait faire abstraction de ses sentiments personnels. Sa peau était d'un éclat violet sans défaut et ses yeux étaient d'un marron tirant vers le rouge. Elle avait une grâce féline et une silhouette des plus fine et élancée qui ne faisait que rajouter à son charme. Ses lèvres étaient pleines et sensuelles, ses iris étaient similaires à ceux des chats.
Son interlocuteur continuait de parler et elle se massa doucement le front, la fatigue commençant à se faire ressentir.
- Et c'est pourquoi je vous réitère ma demande : Nous aimerions avoir la possibilité de coloniser une nouvelle planète. (Déclara l'homme.)
Elle lui jeta un regard froid.
- Vous avez fini ? (S'enquit-elle d'une voix dépourvue d'émotion.)
- Absolument.
- Bien. La réponse est non.
- Quoi ? (Bafouilla-t-il, décontenancé.) Mais les Yahg ont répondu à toutes les demandes de ce conseil !
- Qui n'a jamais dit que cela vous donnerait un quelconque droit sur une planète.
- Mais nous ne pouvons pas poursuivre ainsi ! Notre monde est surpeuplé et la famine nous guette. Certaines régions n'ont plus de quoi se nourrir.
La jeune femme se redressa et toisa son interlocuteur avec mépris.
- Alors arrêtez de copuler.
- Vous n'avez pas le droit de nous traiter ainsi ! Nous avons besoin de cette nouvelle planète, pour la survie de notre race !
- Vous en avez déjà une, contentez-vous en. Noyez vos enfants, égorgez vos vieillards ou ne faites rien, je m'en moque.
- Vous osez ?
- Oui, j'ose. (Déclara-t-elle d'un ton neutre mais sensuel.) Vous avez fait bien pire, non ?
L'homme déglutit et éluda la question.
- Vous êtes à la tête de la nation galactique, et que cela vous plaise ou non, nous en faisons également partie. Pourquoi nous haïr à ce point, Haute Conseillère Sil ?
- Souvenez-vous des rébellions galactiques, Ambassadeur Torn.
- Mais c'était il y a des siècles ! (Se plaignit le Yahg.)
- Pas pour nous. (Répliqua froidement Sil.)
- Oui, mais notre peuple n'a pas la longévité des Alrans ! Tous les Yahg de cette époque sont morts ! Il est injuste que nous continuions à payer pour les crimes de nos aïeux !
- Tout comme il est injuste que la galaxie ait eu à supporter le soulèvement de l'éveil si peu de temps après la rébellion et sans avoir eu la possibilité de s'en remettre. Et pourtant, ce fut le cas.
Le Yahg demeura coi un long moment avant de finalement pousser un râle d'exaspération et de colère.
- C'est cela votre magnifique nation galactique ? (Hurla-t-il à l'intention des conseillers éparpillés dans la salle.) Laisser mourir de faim un peuple, le laisser mourir à petit feu pour des erreurs passées tout en vous narguant d'être civilisé ?!
Il y eut des murmures et quelques raclements de gorge gênés, mais personne ne prit la parole. Sil embrassa la salle du regard à la recherche d'une quelconque objection avant de se lever.
- La nation galactique a prit note de la détresse du peuple Yahg. A cet effet, nous vous enverrons de la nourriture, des médicaments et des matériaux de base pour aider votre peuple à surmonter cette épreuve. Mais pour l'heure, il est hors de question d'attribuer une nouvelle colonie aux vôtres. Les Yahg vont devoir prouver qu'ils sont capable de rejoindre la communauté galactique et d'en faire pleinement partie. Et cela mettra du temps.
- Mais... (Commença Torn.)
- Il suffit. La décision est prise. Au revoir, Ambassadeur.
Le Yahg jeta un regard implorant aux conseillers, à la recherche d'un quelconque soutien avant de finalement quitter la salle. Une fois partit, un homme prit la parole.
- Peut-être devrions-nous revoir la position des Yahg dans la vie galactique. (Hasarda-t-il.)
Sil dévisagea le conseiller un long moment. Yuleng, conseiller des Exirs. Il s'agissait d'un peuple pacifique, l'un des premiers a avoir subit la folie des Yahg. Leur imposante carrure et leur taille, rarement en dessous des deux mètres, en faisaient des géants. Ils ne disposaient que d'un seul gros oeils muni de trois iris leur donnant une vision périphérique au dessus de la moyenne et leur permettant de voir de très loin. Grâce à cela, et à leur talent pour se déplacer silencieusement, ils faisaient d'excellents pisteurs.
- D'autres partagent cet avis ? (S'enquit Sil après un moment, légèrement agacée.)
Il y eut un instant de silence et les conseiller échangèrent quelques regards. Sept races siégeaient au conseil galactique et toutes avaient vécu la rébellion galactique. Mais aucune ne partageait la longévité des Alrans qui étaient désormais les derniers témoins de la cruauté des Yahg. Parmi les douze conseillers, trois appartenaient aux Alrans, deux aux Exirs, aux Nules et aux Berns. Les autres races se partageaient les dernières places, à raison d'une chacun. En qualité de Haute Conseillère, Sil était le treizième membre et se devait de trancher. Le second conseiller Exir soutint son collègue, rejoint par les Nules.
- Et les autres ? (Demanda-t-elle calmement.)
Les Alrans se consultèrent du regard en opinant.
- Nous sommes contre. (Annonça l'un d'entre eux.)
Les autres conseillers décidèrent de ne pas prendre de partis.
- Je me range à l'avis de mes pairs. (Annonça la Haute Conseillère.) Cela fait quatre voix de chaque coté. (Elle marqua une pause pour prendre le temps de la réflexion.) Peut-être n'avez-vous pas complètement tord, conseiller Yuleng. Mais il est difficile d'oublier le passé, surtout quand il est encore si frais dans nos mémoires.
- Je comprend qu'il puisse être difficile pour les Alrans de tourner la page.
Elle opina.
- En particulier pour vous, Haut conseillère. (Ajouta-t-il d'une voix douce.)
Sil se figea une seconde avant de prendre une expression neutre, dissimulant au mieux la douleur qui venait de taillader son coeur.
- Je vous propose de tester les Yahg pour savoir s'ils ont aujourd'hui ou non leur place dans la nation et la politique galactique. (Finit-elle par dire.)
- N'est-ce pas déjà ce que nous faisons ? (Demanda l'Exir en haussant un sourcil.)
Sil plissa les yeux et observa longuement Yuleng avec calme.
- Oui. Et non. (Finit-elle par répondre.)
- Pourriez-vous êtes plus explicite ?
- Pas aujourd'hui, conseiller Yuleng.
L'Exir fit claquer ses deux langues dans un geste qui se voulait conciliant.
- Réunion terminée. (Annonça la Haute Conseillère.) Merci à tous.



Les membres du conseil quittèrent tous la pièce les uns après les autres. Sil demeura seule avec un conseiller de son espèce nommé Meran.
- Fatiguant, hein ? (Lança l'Alran.)
- Un peu.
- Je me demande s'ils avaient des soucis de ce genre autrefois.
Sil dévisagea son compagnon en silence durant un moment. La peau du jeune homme tirait sur le rose, certainement à force de se nourrir de protéines réhydratées. Chez les Alrans, les représentants de la gente masculine avaient une carrure bien plus imposante que celle des femelles, faisant jusqu'à deux fois leur corpulence. Et Meran ne faisait pas exception à la règle. Il était même légèrement enveloppé par rapport a la moyenne. Son visage était juvénile mais tout de même marqué par des rides d'expressions qui ne lui allaient pas. Pour autant, il était assez séduisant. Sil l'avait déjà vu faire la cour auprès des jeunes femmes du présidium. Il avait un certain succès pour ce qu'en savait la Haute Conseillère. Mais elle n'avait aucune attirance pour lui. Meran était très jeune, à peine trois siècles. Pour les Alrans, il avait à peine quitté la tanière.
- Tu parles des Asaris, Turiens, Galariens, Humains et autres ? (S'enquit-elle.)
Il opina.
- Malheureusement, nous ne savons pas grand chose d'eux, ni même de leur façon de voir la galaxie. (Poursuivit-elle.)
- C'est vrai. Mais se dire que d'autres races ont autrefois été à notre place, qu'ils ont eu leur propre fonctionnement... Et puis pouf, ils ont disparut !
- C'est étrange. (Concéda-t-elle.) Et très dommage.
- Les Yahg disent avoir vu la fin de leur civilisation.
Sil prit le temps de réfléchir à cette affirmation.
- Ce n'est pas impossible. C'est la plus ancienne race connue de la galaxie.
- Tu penses que nous aussi on va disparaître comme ça, un jour ?
Elle haussa les épaules.
- Je l'ignore.
- J'ai entendu une hypothèse sur le fait que les Yahg pourraient être les responsables.
Sil dévisagea son jeune collègue avec un sourire.
- J'ai de gros doutes là dessus.
- Pourquoi donc ?
- Si c'est le cas, nous sommes saufs. Après tout, nous les avons vaincu.
- Moui... Ils ont peut-être une arme que personne n'a vu.
- Ils l'auraient déjà utilisé.
- Sans doute.
Le silence s'installa et Sil se dirigea vers un pupitre pour vérifier quelques données et préparer la clôture de la salle.
- Tu n'as jamais envie de tout plaquer ? (Lui demanda Meran.)
- Quoi donc ?
- Tout. La citadelle, ton poste et le conseil, la vie galactique...
Elle sourit, amusée.
- Pour aller où ?
- N'importe où ! La galaxie est vaste. On pourrait se trouver une planète paisible.
Elle haussa un sourcil.
- On ?
Meran lui offrit son sourire le plus charmeur.
- Je t'offre un verre ?
- Tu n'as toujours pas abandonné cette idée à ce que je vois. (Déclara-t-elle, exaspérée, tout en éteignant les lumières de la salle.)
- L'espoir fait vivre, dit-on.
- J'ai refusé toutes les autres fois, qu'est-ce qui te fait croire que ça va changer maintenant ?
- Qui ne tente rien n'a rien. (Récita Meran.)
Sil s'approcha de lui et le darda de son regard luisant. Les Alrans étant nyctalopes, Meran put noter l'amusement sur les lèvres de la Haute Conseillère.
- Mais... (Commença-t-elle en murmurant d'une voix charmeuse.) Même en tentant... Tu n'obtiendras rien.
- Une fois. Juste une fois. Tu n'as rien à perdre et je te promet que tu ne le regretteras pas. Qui sait, tu pourrais même y prendre du plaisir.
- Refuser me procure déjà une immense satisfaction.
- Tu me fends le coeur ! (Lâcha Meran sur un ton tragique.)
- Hum, savoir cela me rend toute chose.
Meran se figea une seconde, l'espoir renaissant.
- Vraiment ?
- Non. Mais à voir l'espoir dans tes yeux, ça valait le coup. (Répondit-elle en riant.)
- Ainsi donc tu me refuses ce plaisir et te joue de moi. Mais pire encore, c'est notre race que tu mets ainsi en danger !
- Evite de jouer dans le mélo, ça ne te vas pas vraiment.
- Imagine si toutes les femmes de notre peuple faisait la même chose que toi. Nous disparaîtrions en l'espace de quelques millénaires !
- Sur l'échelle de la galaxie c'est en effet court, mais par rapport aux autres races, c'est plutôt long. (Répondit-elle avec légèreté.) Cela dit, je suis certaine que nous trouverions un moyen de survivre... Entre femmes par exemple.
- Je trouve que c'est injuste pour ma part.
- Notre capacité à nous reproduire entre femmes n'est pas de mon fait. (Déclara-t-elle en quittant la pièce, l'Alran sur ses talons.)
La porte se verrouilla derrière eux et ils marchèrent dans les couloirs de la Citadelle vers le présidium.
- Dans tous les cas, tu n'es plus toute jeune. Il est peut-être temps de penser à fonder une famille.
Sil s'arrêta et jeta un regard noir à son compagnon.
- Merci pour le tact.
- Désolé. (Dit Meran en baissant les yeux.) Je ne voulais pas te vexer.
- C'est réussi.
- Mais je n'ai pas totalement tort. Tu as fait les deux guerres.
- Et tu n'en as fait aucune.
- Les aléas de la jeunesse. Mais je ne peux pas dire que cela m'ait manqué. La guerre est quelque chose... De barbare.
- La guerre est une monstruosité. (Admit Sil.) Mais elle est parfois nécessaire.
- Tu m'en diras tant.
- Sans la guerre, tu ne seras pas ici, à te pavaner dans ce costume ridicule. Tout ceci n'aurait jamais existé !
- Je le sais bien. Mais nous ne sommes plus en guerre. Tu n'es plus militaire. Tu y as renoncé, non ?
- Je ne suis pas la seule.
- Mais c'est toi qui est à la tête du conseil galactique, et là tu es la seule.
- Où veux-tu en venir ?
- Nul part. J'essaye juste de te convaincre de venir boire un verre.
Elle poussa un soupir, exaspérée et reprit sa route.
- Tu me fatigues plus que les réunions, Meran.
- Dis oui et j'arrêterais.
- Ma patience arrive à son terme. (Lâcha-t-elle d'une voix froide tout en dépassant un couple interracial.)
Le présidium était bondé de monde, comme tout le temps. La citadelle était le centre de la nation galactique et des milliards d'individus la peuplait. Elle était le reflet même de la société galactique cosmopolite. Quelques personnes saluèrent le duo qui fit de même en continuant d'avancer.
- Sil ? (Insista Meran.)
La jeune femme s'arrêta et le regarda avec agacement. Elle tourna les talons et prit la direction du bar le plus proche pour la plus grande joie de l'Alran.
- Oui ! Je savais que tu finirais par succomber à mon charme.
Elle ne releva pas et pénétra dans la taverne qui était noire de monde. Ses yeux fouillèrent la masse grouillante.
- Si tu cherches une table, j'en vois une là bas. (Déclara Meran en pointant la dite table du doigt.)
Sil ne lui prêta aucune attention et poursuivit son inspection des lieux. Finalement, ses yeux s'attardèrent sur une jeune femme, accoudée au bar.
- Tu m'offres un verre donc ? (Demanda-t-elle sans le regarder.)
- Absolument.
Sil s'avança parmi la foule et la fendit pour rejoindre le bar. Elle prit un tabouret non loin de l'inconnue et fit mine de l'ignorer tout en s'installant de façon aguicheuse.
- Alors, que prends-tu ? (Lui demanda Meran.)
Sil ne répondit pas tout de suite et laissa son regard courir dans la salle.
- Surprend-moi. (Finit-elle par dire.)
- Euh...
Meran regarda le menu, légèrement perdu.
- Il me faudrait connaître un peu plus tes goûts...
Elle fit non de la tête, amusée. La femme à coté d'eux tourna son regard vers elle et la dévisagea longuement.
- Allez quoi, c'est pas marrant.
- C'est toi qui voulait m'offrir un verre.
- Oui, mais pas jouer aux devinettes.
L'inconnue dévora Sil du regard en souriant. Elle se leva et rejoignit le couple.
- Que diriez-vous d'une Litka ? (Demanda-t-elle avec douceur.)
- J'adore. (Répondit Sil avec un sourire.)
Meran fronça légèrement le nez.
- Je vous remercie. (Lâcha-t-il légèrement agacé.)
Mais la femme resta là, plongeant son regard dans celui de la Haute Conseillère qui faisait de même. Meran les regarda puis poussa un soupir et se leva.
- J'ai comprit, vous vous connaissez.
- Non. (Répondit l'inconnue.)
- Mais cela va peut-être changer.
- Je l'espère bien.
- Et pour ce verre, Sil ? (Demanda Meran, agacé.)
- Madame m'en offre un.
- C'était à moi de le faire !
- Tu n'as pas su saisir l'opportunité. Elle si.
- Tu préfères boire un verre avec elle ?
- Elle ne m'a pas harcelée.
Meran poussa un long soupir.
- Bon, j'ai comprit. On se voit demain.
Et il quitta la bar, furieux. Sil attendit qu'il soit assez loin avant d'éclater de rire.
- Je suis désolée, mademoiselle.
- Un courtisan un peu trop collant ?
- Oui, c'est exactement ça. Merci de m'avoir aidée.
- Il n'y a pas de mal, j'ai vécu nombre de situation similaire.
Sil sourit.
- Je me présente, mon nom est Sil et je suis...
- La Haute Conseillère. (La coupa la femme.) Vous êtes une personne plutôt connue, vous savez.
- Pas tant que ça dans les bars.
L'inconnue sourit et tendit sa main, paume vers l'avant.
- Vlavya, enchantée.
- De même.
Elles lièrent leurs quatre doigts pour se saluer comme il était de coutume dans la nation galactique.
- Je suis réellement partante pour un verre dans tous les cas. (Déclara Sil avec douceur.)
- Bien. Mais juste un alors.
- Vous n'appréciez pas ma compagnie ?
- Il est trop tôt pour le dire, mais je suis attendue ailleurs.
- Du travail ?
- C'est d'ordre plus personnel.
- Et après, que faites-vous ? (S'enquit Sil d'une voix douce et chaleureuse.)
Vlavya dévisagea la conseillère avec amusement.
- Serait-ce une proposition ?
- On verra. (Répondit-t-elle en haussant les épaules.)
- Je vais être honnête. Je vous trouve très attirante, Sil, mais je ne suis pas intéressée. Je partage déjà ma vie avec une autre.
Sil sourit pour dissimuler sa déception.
- Merci pour votre honnêteté. Mais je n'étais pas sérieuse de toute manière.
- Vraiment ? Alors pourquoi cet air triste ?
Sil fit la moue.
- Prise sur le fait.
- Il n'y a pas de mal à être attirée.
- Je n'ai pas le temps pour une histoire d'amour.
Vlavya ne répondit rien. Le barman s'approcha d'elles et prit leur commande. Il déposa deux verre qu'il remplit de Litka. Les deux femmes les vidèrent d'une traite. Puis, Vlavya se leva et s'inclina.
- Il est temps que je parte, mais ce fut un plaisir. (Elle déposa une note de crédit sur le bar.) Et si je n'avais qu'un seul conseil à vous donner, conseillère, ce serait celui-ci : Prenez-le.
Sil la dévisagea sans comprendre.
- Quoi donc ?
- Le temps. D'aimer. Nos vies sont trop longues pour demeurer seule. J'ai plus de sept siècles, j'en sais quelque chose. Je vivais pour le travail. L'amour ouvre d'autres perspectives, même si ça peut sembler niais et être parfois douloureux.
- J'ai 1158 ans. (Déclara Sil, amusée.) Il me reste un peu moins d'un millénaire encore.
- Profitez-en. A deux, c'est mieux. (Elle haussa les épaules.) Enfin, c'est ainsi que je vois les choses.
Vlavya s'éloigna et Sil conserva son regard fixé sur elle un long moment, songeuse.
- Se trouver quelqu'un... (Murmura-t-elle tout bas.) Elle avait encore quatre siècles devant elle avant que le temps ne commence à laisser une empreinte sur son corps en marquant son visage et en émoussant légèrement ses capacités. Elle était la Haute Conseillère de la nation galactique et avait un rôle de première importance. Elle ne pensait pas à la solitude. Elle évitait. Car la douleur d'avoir aimé et perdu cet amour ne lui était pas étranger. Et qu'elle ne voulait plus revivre pareille souffrance.
- Tout ça, c'est la faute des Yahg... (Murmura-t-elle d'un ton haineux.)
Meran était gentil. Mais elle n'avait aucune attirance pour lui comme pour personne d'ailleurs.
Un jour, se promit-elle. Elle fit signe au tenancier qui lui servit une autre Litka. Elle fouilla la salle du regard. Personne ne capta son attention.




Vlavya s'étira en baillant et se leva de son lit. Sa compagne dormait toujours et elle se fit aussi silencieuse que possible pour ne pas la réveiller. Elle apposa ses doigts sur un point précis près de son oreille et son virtech s'activa. Une plateforme virtuel se matérialisa devant ses yeux et elle vérifia ses messages. Un retint son attention.
"Vlavya,
Nous avons trouvé quelque chose. C'est important."

- ça, c'est à moi d'en décider... (Murmura-t-elle en désactivant son appareil.)
Elle se dirigea vers la cuisine et se fit un café. Puis, elle s'habilla et quitta l'appartement pour aller à son bureau. Les rues étaient désertes à cette heure là et elle put se balader en paix un moment. Elle arriva dans le quartier des finances et pénétra dans son bureau. L'un de ses analystes était déjà là.
- Vous ne dormez plus. (Commenta-t-elle.)
- Vous avez reçu le message ?
Elle opina.
- Alors, qu'y a t-il de si important ?
- C'est une information qui peut rapporter gros, Vlavya.
- Je demande à voir.
L'analyste hocha la tête et tapota sur son écran. Il fit glisser un programme sur le socle au centre de la salle qui afficha l'image en trois dimensions.
- Un transporteur a eut une panne moteur dans le système Argos Rhô. Pas d'habitation ni de dépôt dans les environs, ils ont du se poser sur une planète. Ils ont envoyés un message de détresse et la flotte Alran a répondu.
Vlavya ne montra pas la moindre émotion.
- Et en quoi est-ce important ? Des vaisseaux qui tombent en panne dans des zones désertes, ça arrive plus souvent qu'on ne le croit.
- Comme la flotte est assez éloignée, ils ont reçu l'ordre d'attendre car il n'y aurait pas de secours avant plusieurs jours. Habituellement, je dirais que ça s'arrête là. Mais le vaisseau perdu a reprit contact. Et le nouveau message est tellement parasité qu'il n'y a quasiment rien à en retirer. Il n'a même pas atteint la flotte et c'est de peu que nous l'avons détecté.
- Et ?
- C'est dû à un signal sous jacent.
- Quel genre de signal ?
- C'est compliqué, il ne ressemble à rien de ce que nous connaissons. Ce sont des ondes radios et d'une autre source inconnue. Bref, c'est pas primitif du tout.
- Et que fait ce signal ? (S'enquit Vlavya, son intérêt piqué au vif.)
- Il transite dans l'espace. Nous avons eu du mal à trianguler sa source, mais cela devrait être juste ici. (Déclara l'analyste en faisant un grossissement sur une zone de la galaxie.) Mais il n'y a manifestement aucun message. C'est comme une balise.
- C'est fiable ?
- Oh oui.
- Beau travail. (Vlavya marqua une pause, plongée dans la réflexion.) Contactez la Haute Conseillère Sil. Je veux un entretien.
- La Haute Conseillère ? Pourquoi le vendre à la nation galactique ? Le conseil le saura bien assez tôt.
Vlavya dévisagea son analyste un instant.
- Vous traitez les données, je prends les décisions.
L'homme maugréa légèrement.
- Certains payeraient une fortune pour une telle information.
- J'ai prit ma décision. (Coupa-t-elle.)
L'analyste opina puis retourna s'asseoir. Vlavya ne lui accorda plus aucune attention, le regard fixé sur la carte galactique, songeuse. Elle ignorait tout de ce signal, mais son instinct lui disait que l'information était trop importante pour ne pas être transmises aux bonnes personnes. En 700 ans, elle avait apprit à se fier à son instinct. Et celui-ci ne l'avait jamais trompé.




Le virtech de Meran clignota, inondant ses yeux d'une lumière fort désagréable au réveil. Il maugréa et se redressa avant de quitter son lit, délaissant la créature qui y dormait. Il s'agissait d'un appel sécurisé et le conseiller rejoignit une autre pièce. Il tapota sur le virtech pour enclencher le brouilleur de voix avant d'accepter l'appel.
- Je vous écoute.
- J'ai une information qui pourrait vous intéresser. (Déclara la voix d'un homme.)
- Je vous écoute. (Répéta Meran avec agacement.)
- Il s'agit d'un signal émit sur des fréquences inconnues.
- Les Virs ?
- Non.
- J'envoie un agent au point habituel. Combien en demandez-vous ?
- Deux millions.
- Un million et demi, pas plus.
- ça vaut largement plus !
- Peut-être voudriez-vous renégocier cela avec lui ?
Meran entendit son interlocuteur déglutir.
- Un million et demi, ça sera très bien.
- Parfait. Dans une heure.
Meran coupa la communication et regarda le présidium par sa baie vitrée, songeur. Il espérait avoir de bonnes infos à transmettre à son maître, que celui-ci en fasse autant.




Les voyants lumineux s'activèrent les uns après les autres et un bourdonnement résonna dans le local. Quelques bips retentirent comme la machine s'initialisait. Un petit courant électrique traversa les caissons. Les bips accélérèrent et se firent plus fort. Le sang recommença à circuler dans les veines de la jeune femme. Ses poumons se remplirent d'air pour la première fois depuis longtemps. Elle ressentit des picotements dans tous son corps et poussa un gémissement. Son coeur se mit à battre, doucement au début, puis de plus en plus vite. Elle gémit de plus belle. Son corps était endolori, ses articulations raides. Ses paupières étaient collées, l'empêchant d'ouvrir les yeux. La panique commença à la gagner.
- Doucement. (Conseilla une voix.)
La jeune femme inspira profondément pour se calmer et grimaça de douleur. Elle finit d'émerger, oubliant peu à peu le songe qui avait animé sa vie durant environ 47 000 années. Elle poussa un nouveau gémissement quand une vague de douleur traversa son être.
- Ouvre les yeux. (Fit la voix.)
Un frisson secoua le corps de la jeune femme et elle ressentit une présence tout près d'elle qui touchait son esprit, chassant les ténèbres. Elle ouvrit les yeux mais sa vision était totalement brouillée et l'éclat lumineux, bien que faible, l'éblouit. Elle crut apercevoir une silhouette penchée au dessus d'elle.
- Maman ? ( Demanda-t-elle avec espoir.)

#7
Mirlina

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Pour mes quelques lecteurs qui ne se manifestent pas... Voici le chapitre 7 que l'on pourrait considérer comme un interlude avant de reprendre dans ce nouveau cycle.




Chapitre 7 : The End of Era/ La fin d'une ère.




Dans un passé lointain...

Le crépitement des flammes résonnait à ses oreilles. Il poussa un gémissement en se redressant. La douleur noyait ses sens et la fumée irritait son nez et sa gorge. Son esprit était engourdi et tournait au ralenti. Il prit une profonde inspiration et étrangla un cri. Une violente douleur le cisailla de l'intérieur.
- Côtes pétés... (Marmonna-t-il.)
Ses yeux pleuraient à cause de la fumée et il entendit quelqu'un tousser à coté de lui.
- Garrus ?
Le turien déblayait des débris sans prêter attention au sang qui coulait d'une blessure à sa tête. Joker claudiqua jusqu'à lui en grognant.
- ça va aller ? Où est Tali ?
Garrus ne répondit pas et continua de déblayer les décombres. Finalement, il se figea et une expression d'horreur se dessina sur son visage. Tali'Zorah était là, étendue sur le sol. Son sang formait une flaque sur le sol et sa combinaison était ouverte à de nombreux endroits. Garrus n'osa pas la toucher. Quand elle poussa un gémissement de douleur et bougea, il poussa une exclamation de soulagement et la prit dans ses bras.
- ça va aller, je suis là.
- Vakarian ? (Demanda-t-elle, à moitié inconsciente.)
- Je vous emmène à l'infirmerie.
Et ils quittèrent le cockpit, délaissant Joker qui les regarda s'éloigner.
- Je vais me débrouiller. (Murmura-t-il.)
Garrus et Tali rejoignirent le pont résidentiel et trouvèrent l'infirmerie bondée de blessés plus ou moins grave. Le docteur Chakwas allait à droite et à gauche, ne sachant plus où donner de la tête. Des corps s'entassaient dans le couloir et le chaos régnait. Garrus pénétra dans l'infirmerie et héla l'humaine.
- J'ai besoin d'aide ! Sa combinaison est percée !
Chakwas rejoignit le couple et examina rapidement la quarienne avec gravité.
- Dans le troisième tiroir il y a des seringues d'antibiotique.
Le turien alla les chercher et les donna au médecin qui fit une piqûre sans attendre.
- Allez dans l'une des chambre d'équipage, videz-là et stérilisez-là, je vais devoir lui retirer sa combinaison.
- Tout de suite.
Garrus sortit précipitamment de l'infirmerie. Il revint une heure plus ****** pour découvrir encore plus de mort entassé dans le couloir. Fort heureusement, Tali n'en faisait pas partie. Il retourna dans l'infirmerie. Joker était allongé sur une table et un membre d'équipage le sondait à l'aide de son omni-tech. Chakwas était partout à la fois et la fatigue commençait déjà à se ressentir dans ses traits.
- La chambre est disponible.
- Bien. Emmenez-là dedans et préparez moi une tenue stérile.
Garrus acquiesça puis emmena sa compagne comme demandé. Il la déposa dans la pièce avec délicatesse et resta à la regarder un instant. Tali tourna vers lui son regard.
- Garrus...
- Je suis là.
- J'ai mal...
- Je sais, le docteur Chakwas va vous soigner. Tout ira bien.
- Je vous aime... (Murmura-t-elle.)
Ses paupières étaient lourdes et s'abaissèrent doucement.
- Non, ne faites pas ça ! (Cria Garrus avant de reprendre d'une voix plus douce.) Ne faites pas ça... Ne vous endormez pas...
- Je n'ai plus la force...
Le turien déglutit et sentit un frisson de terreur parcourir son échine. Ses yeux s'humidifièrent et il parla d'une voix quelque peu tremblante.
- Ne m'abandonnez pas, Tali... Ne m'abandonnez pas. Je vous aime.
- Garrus...
- Je vous en prie.
Des larmes roulèrent sur les joues de la quarienne.
- Je... (Commença-t-elle doucement.)
Le docteur Chakwas arriva derrière le couple.
- Garrus, vous risquez de la contaminer.
Le turien ne la regarda même pas et prit la main de Tali dans les siennes, la pressant doucement pour la forcer à rester éveillée.
- Ne faites pas ça. Ne faites pas celle qui me dit adieu.
Chakwas se posta aux cotés du turien et commença à examiner la quarienne.
- Tali, écoutez-moi, il est important que vous restiez éveillée.
- Je ne peux pas, docteur...
- Si, vous pouvez. Je sais que c'est dur, mais vous devez rester éveillée, c'est impératif. D'accord ?
- Tali...
La quarienne opina après quelques secondes.
- Bien. Garrus, sortez s'il vous plait.
- Je préférerais rester.
- Nous devons réduire les risques de contamination.
Le turien poussa un soupir de résignation.
- D'accord. Je reviendrais vite, Tali.
La quarienne regarda son compagnon partir, le coeur lourd. Une fois qu'il eut quitté la pièce, elle se tourna vers Chakwas.
- Dites-lui que je n'ai pas souffert... (Murmura-t-elle.)
Et elle ferma les yeux.





Liara était épuisée. Elle avait apporté autant d'aide que possible durant les heures ayant suivi le crash, soutenant au mieux le docteur Chakwas. Mais désormais, elle tombait de fatigue. Le nombre de blessé grave était important et le bilan des morts plus encore. Et il ne cessait de grimper. L'Asari regarda les corps, la gorge serré et fut heureuse que Shepard ou ses amis n'y figurent pas. Elle se sentit aussitôt coupable pour de telles pensées et pourtant, son soulagement lui était agréable.
IDA avait été absente durant de longues heures, déconnectée en même temps que la plupart des systèmes du vaisseau. Mais l'IA était de retour et avait rétabli tout ce qui pouvait l'être. Sa voix avait redonné espoir à Joker et son retour avait grandement facilité la gestion des blessés. Mais le corps d'IDA était à jamais brisé : Le Normandy était échoué et le resterait. Il ne volerait plus jamais. Garrus s'arrêta à coté d'elle et demeura silencieux. Quand elle le vit, elle sursauta.
- Garrus ! Je ne vous avais pas vu.
- ça fait beaucoup de monde, hein ?
- Oui...
- Alors, Shepard est tirée d'affaire ?
- Oui.
- C'est une bonne nouvelle. Où est-elle ?
- Elle est assoupie. Elle s'est cognée la tête lors de la collision.
Le turien émit un petit râle de satisfaction.
- Et Tali ?
Vakarian baissa les yeux, mal à l'aise.
- Le docteur Chakwas a réussit à la stabiliser mais elle demeure faible. Elle a attrapé beaucoup de bactéries ou de virus, je sais pas trop. Enfin bref, elle n'est pas encore tirée d'affaire.
- Elle va s'en sortir. (Affirma Liara, confiante.) C'est une battante.
Le silence s'installa et l'Asari nota la peur dans le regard de son ami.
- Garrus ?
- Je ne sais pas ce que je vais faire, si jamais elle...
Il se tu, la voix brisée par l'émotion. Liara le prit dans ses bras pour le réconforter.
- Ne pensez pas à ce genre de chose, Garrus.
Le turien demeura silencieux un moment avant de s'écarter et d'opiner.
- Comment faisiez-vous ?
- A quel sujet ?
- Pour regarder celle que vous aimez braver des dangers tous plus grands les uns que les autres. Pour la regarder souffrir ainsi. Sans pouvoir l'aider...
- J'accompagnais Shepard à chaque fois. Et je partageais ses souffrances.
- Vous n'étiez pas là, lors de l'attaque sur la base des récolteurs.
- Et je crois n'avoir jamais autant souffert avant cela. Elle était loin de moi et je ne pouvais cesser de penser à elle, de m'inquiéter pour elle. J'avais peur Garrus. J'étais totalement impuissante. Et j'en souffrais énormément. Et depuis que je l'ai retrouvé, je ne l'ai plus jamais quitté. Même si cela signifie la regarder souffrir...
Le turien opina sombrement.
- Merci, Liara.
- Je vous en prie.
Garrus s'en retourna et la voix de Liara l'arrêta.
- Elle va s'en sortir. (Déclara l'Asari, confiante.)
- Vous pouvez me le promettre ? (S'enquit-il.)
Elle ne répondit pas et il reprit sa route. Il y avait beaucoup à reconstruire. Liara regarda son ami s'éloigner avec peine puis alla dans sa chambre. Shepard était là, allongée sur le lit. Liara s'approcha et caressa du bout des doigts la peau à nue de son amante. Puis, elle se déshabilla et se plaça à ses cotés avant de s'endormir, épuisée.
A son réveil, Shepard n'était plus là. Liara s'habilla en hâte et rejoignit l'infirmerie. La plupart des corps avaient été déplacés et le docteur Chakwas prodiguait des soins à ses patients. Liara s'informa et aida du mieux qu'elle put. Elle apprit que Mirlina, Garrus et quelques autres s'occupaient d'enterrer les morts. Au bout d'une dizaine d'heure environ, elle surprit Shepard et Chakwas en pleine discussion dans les quartiers de l'équipage.
- Plus de la moitié de l'équipage est mort. (Commenta Chakwas, le visage creusé par la fatigue.)
Shepard opina.
- Cela aurait pu être pire. (Déclara-t-elle avec gravité.)
- C'est triste à dire, mais oui. Laissez-moi vous examiner.
- Comment se portent les blessés ? (S'enquit Mirlina, changeant ainsi de sujet.)
Chakwas se pinça les lèvres.
- Traynor s'en remettra ainsi qu'Adams et Donnelly. Daniels est morte hier soir. Et... Joker ne marchera plus jamais.
- Je croyais qu'il n'avait que quelques côtes brisés ?
- En sortant du cockpit. Mais il c'est cassé les jambes en descendant de la passerelle. Et je n'ai plus son traitement.
Shepard opina sombrement.
- Et pour Tali ?
- Elle vivra. Mais elle ne se remettra jamais. Son coeur est très affaibli. Elle devra passer le restant de sa vie dans une seule pièce, condamnée à ne jamais revoir la lumière du jour.
- Il n'y a plus de combinaisons ?
- Aucune qui soit étanche et adaptée à sa morphologie.
Shepard absorba les nouvelles, le visage grave.
- Je vais l'annoncer à Garrus.
- Je peux m'en occuper.
- Non. C'est mon équipage. C'est à moi de le faire. (Elle marqua une pause.) Tout ceci est de ma faute. (Finit-elle par affirmer.)
- Ne dites pas de bêtises.
- J'ai échoué.
- Vous avez fait ce que vous avez pu.
- Non ! J'aurais pu faire plus, j'aurais du faire mieux. Je suis responsable.
- Shepard...
- Je vais voir Garrus.
- Et pour votre examen ?
- Une autre fois, docteur. Il y a plus important.
Et elle quitta la pièce, laissant Chakwas seule. Celle-ci secoua doucement la tête, peinée.
Liara regarda son amante s'éloigner avec tristesse avant de retourner dans sa chambre.



Mirlina se tenait dans sa cabine dévastée depuis de longues minutes, pensive. L'odeur de poisson mort flottait dans l'air et lui donnait la nausée. Son lit était enfoui sous un tas de gravats, et la moitié du plafond s'était écroulé. Son bureau était en miettes et ses maquettes dispersées dans la pièce. Elle avait ressentit la mort de ses compagnons, elle avait vu et vécu des horreurs. Son équipage avait souffert, beaucoup étaient morts par sa faute. Et l'état de sa cabine n'était qu'un reflet de plus de son pitoyable choix, de son entêtement, de son funeste échec. A l'image du Normandy. Elle laissa des larmes rouler sur ses joues. Comme il avait été difficile d'annoncer la nouvelle à Garrus. Plus dur encore de voir sa réaction. Elle lui avait demandé pardon. Il n'avait pas répondu. Shepard se détourna de ce triste spectacle et se dirigea vers sa nouvelle cabine, celle qu'elle partageait avec Liara. L'Asari était déjà là.
- Bonsoir, Mirlina. (Dit-elle de sa voix douce et chaleureuse.)
- Bonsoir, Liara.
Shepard la contempla un long moment sans rien dire. Elle s'approcha et caressa son visage avec douceur. Liara sourit et ferma les yeux, profitant de cet instant. La beauté de l'Asari frappa Shepard qui sentit le désir monter au fond d'elle, accompagné de son sentiment de culpabilité. A contrecœur, elle se détourna.
- Mirlina ? (Demanda doucement Liara.)
- Je ne te mérite pas... (Murmura l'humaine d'une voix tremblante.)
Des larmes roulèrent sur ses joues et l'Asari ressentit toute la peine et la détresse de son amante.
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Je vous ai tous abandonnés...
Liara se colla dans le dos de son amante et la blottit contre elle.
- J'ai surprit ta conversation avec Chakwas. Tu n'as pas échoué.
- Tu ignores ce que j'ai fait.
- En réalité... Si. Je le sais. (Répondit l'Asari après un instant d'hésitation.) J'ai vu ce souvenir en toi.
- Je vous ai tous trahit. (Insista Shepard.)
- Non, mon amour. Tu as refusé de céder, de devenir son jouet.
- Et à quel prix ? Si j'avais choisit, si j'avais accepté, nous n'en serions pas là...
Liara invita son amante à se retourner et essuya délicatement ses larmes avant de lui relever la tête avec douceur.
- Tu ne peux pas savoir.
- J'aurais dû faire un choix... Je pouvais les sauver... J'aurais dû les sauver !
- Tu as fait ton maximum et ce que tu croyais juste. Comme lors de la destruction du relais Butarien.
- J'ai trahit tout le monde ! (Hurla-t-elle, en larmes.) Hackett, mon équipage, l'humanité, toutes les races... Toi...
- Tu n'as trahit personne. Le poids sur tes épaules était immense. Personne n'aurait pu accomplir autant, n'aurait pu faire ne serait-ce que la moitié de ce que tu as fait.
Mirlina dévisagea longuement son amante.
- Je ne sais pas quoi faire... (Murmura-t-elle.)
- Vit, mon amour.
- Comment vivre après ça ?
Liara caressa doucement son visage, un sourire triste sur les lèvres.
- Comme ça... (Dit-elle dans un souffle.) Près de moi. Avec moi.
- Je ne peux pas les oublier.
- Cesse simplement d'y penser. Ne regarde que moi. Ne pense qu'à moi.
Elle s'approcha et déposa un baiser sur les lèvres de l'humaine. Mirlina frémit légèrement. Elle lui rendit son baiser avec douceur et l'enlaça.
- Je t'aime... (Susurra l'humaine.)
- Moi aussi, mon amour.
- Prouve-le... (Lui demanda Mirlina d'une voix presque suppliante.)
Liara sourit et embrassa son amante tout en l'entraînant vers le lit. Elle se laissa glisser dessus et attira Mirlina contre elle. Elle lui enleva son t-shirt et déposa des baisers dans son cou. Ses mains caressèrent son ventre et son dos. Mirlina poussa des soupirs de plaisirs et la serra contre elle, son désir croissant. Ses mains coururent dans le dos de l'Asari et trouvèrent la fermeture éclair de sa combinaison. Elle la fit lentement descendre, découvrant peu à peu son corps, le dévorant des yeux et des lèvres. Liara glissa hors de son vêtement et retira lentement le pantalon de son amante. Elle se redressa et tâtonna le dos de l'humaine à la recherche de la fermeture de son soutien gorge qu'elle dégrafa. Elle embrassa ses tétons avec douceur. Sa langue les titilla et elle prit plaisir à les sentir durcir. Elle fit glisser ses doigts sur la peau de l'humaine jusqu'à son entrejambe et le caressa. Mirlina l'attira contre elle en gémissant de plaisir, tremblante de désir. Elle dévora les lèvres de l'Asari, attarda sa bouche sur sa poitrine et ondula contre elle. Ses mains caressèrent sa peau et s'attardèrent sur les zones érogènes. Elle vibra de plaisir en constatant celui qu'elle apportait à son amante. Liara étreignit l'humaine avec force, frottant son corps contre le sien. Elles soupirèrent de désir, de satisfaction, la respiration saccadé durant de longues minutes, intensifiant leurs mouvements en quête de plaisir. Les derniers jours ne comptaient plus. La souffrance et la mort avaient été balayés dans ce seul instant de bonheur, d'union passionnelle. Mirlina s'accrocha à son amante avec force, tremblante.
- Je t'aime... (Lui susurra-t-elle à l'oreille.)
- Je t'aime aussi. (Répondit Liara avec tendresse.)
Elles s'endormirent ainsi, lovées l'une contre l'autre.



Liara se réveilla la première. Elle contempla le corps de Shepard toujours assoupie et observa sa poitrine qui se soulevait de façon régulière. Elle caressa sa peau du bout des doigts, donnant des frissons à son amante. Elle sourit béatement. Elle se sentait bien, elle était heureuse. Un court instant, elle pensa à tous ceux qui avaient perdu la vie et le chagrin l'accabla. Mais la joie reprit vite le dessus, ne laissant qu'un vague sentiment de culpabilité qui s'effaça bien vite. Elle caressa les cheveux de Mirlina, retirant une mèche rebelle de devant son visage avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Puis, elle se leva et se racla la gorge avant de s'installer dans son fauteuil. La plupart de son matériel de courtière était détruit, et ce qui lui restait ne lui était pratiquement plus d'aucune utilité. Elle tapota sur son clavier et enclencha l'enregistreur vocal après avoir prit une profonde inspiration.
- Journal du docteur Liara T'Soni, à bord de ce qui fut le SSV Normandy SR2, année 2187. Je ne sais pas par quoi commencer. Je pense que la première chose à faire est de vous parler de la guerre que nous avons mené...




Les jours passèrent, les années suivirent et un semblant de vie communautaire s'installa. L'équipage était sans nouvelle du reste de la galaxie depuis bien longtemps, ignorant tout de la poursuite de la moisson ou de l'éradication des survivants. Ils n'avaient pas oublié. Ils avaient simplement cesser d'y penser pour se protéger eux même de la mélancolie et de la folie. Car se ronger les sangs n'aurait servit à rien. Car désormais seule comptait la survie. Car ils ne pouvaient rien faire. Un hommage avait été rendu aux morts. Une plaque au nom de l'Amiral Hackett avait rejoint celle de l'Amiral Anderson. D'autres noms avaient suivit dont celui d'Ashley, de James, de Cortez...
Joker fut le premier des survivants à mourir. IDA demeura par la suite très silencieuse, n'acceptant de parler qu'à Shepard et Liara en de trop rares occasions. Tali'Zorah fut la suivante et Garrus se renferma sur lui même, inconsolable. Il y eu d'autres morts, souvent à cause de maladie. Petit à petit, la communauté se réduisit.
Liara avait continué de travailler sur son projet, intégrant toutes les données possibles dans l'ordinateur pour guider les générations futures dans le cycle suivant. Elle avait vécu des années de bonheur auprès de Shepard, un bonheur sans faille. Elles étaient maintenant parents de deux petites filles qu'elles élevaient au mieux. Liara avait eu une idée dont elle n'avait pas parlé à Mirlina : Se faire cryogéniser toutes les quatre pour pouvoir vivre dans le cycle suivant, pouvoir vivre en paix, libre, sans le menace des Moissonneurs.
- Je vais lui en parler. (Se décida-t-elle.)
L'Asari quitta la base et partit vers les débris du Normandy qui avait été réaménagés autant que possible pour pouvoir y vivre correctement. Elle salua ses amis et ses filles qui jouaient dehors et rejoignit sa chambre.
- Bonjour, mon amour ! (Lança-t-elle d'un ton joyeux.)
Mirlina se tourna vers elle et la dévisagea longuement, comme pour la première fois.
- ça ne va pas ?
L'humaine se massa le crâne et secoua doucement la tête.
- J'ai mal au crâne.
- Encore ?
- Ce n'est rien, ça va passer.
- Tu en as parlé à Karin ?
Shepard sourit.
- Elle est à la retraite maintenant.
- Ce n'est pas drôle.
- Ce n'est rien, juste un petit peu de...
Elle se figea et poussa un gémissement comme une violente douleur explosait dans son crâne. Liara regarda son amante avec horreur et se précipita vers elle. Quelque chose coula du nez de Shepard et goutta sur le sol. C'était du sang.
- Je t'emmène à l'infirmerie.
Liara passa le bras de Shepard par dessus son épaule et se dirigea vers la porte. Mais les jambes de l'humaine se dérobèrent et le couple tomba lourdement au sol.
- Mirlina ! (Appela Liara, paniquée.)
L'humaine avait les yeux fermés et peinait à respirer. Du sang s'écoulait de son nez et elle était en sueur.
- Au secours ! J'ai besoin d'aide ! (Hurla-t-elle à la cantonade.) Mirlina ! Réveille-toi ! Mirlina !



Chakwas se pencha péniblement au dessus du corps de Shepard et utilisa son omni-tech pour scanner son crâne.
- IDA, tu peux m'afficher ça sur l'écran là bas ?
- Oui, docteur.
Les résultats apparurent sur un grand écran au fond de la pièce et Karin s'en approcha pour examiner tout cela de plus près. Liara était aux cotés de Shepard et lui tenait la main, l'inquiétude creusant son visage.
- Qu'est-ce qu'elle a ? (S'enquit-elle d'une petite voix.)
- IDA, grossit moi cette zone s'il te plait.
L'IA s'exécuta. Chakwas observa attentivement l'image durant de longues minutes, la faisant pivoter, revenant en arrière, grossissant d'autres zones.
- C'est une tumeur... (Finit-elle par dire.)
- Quoi ? (Demanda Liara, effrayée.)
Chakwas se tourna vers elle et plongea son regard dans celui de l'Asari.
- Une tumeur maligne.
- C'est impossible... On l'aurait vu plus tôt...
- Sans savoir quoi chercher, c'est très dur à localiser. Surtout avec si peu d'équipement. Surtout dans cette zone.
- Où est-elle située ?
- Dans la zone de la mémoire.
- C'est opérable ?
Chakwas secoua doucement la tête.
- Non, Liara. Pas avec si peu de moyen. C'est une opération trop délicate.
Liara déglutit, les yeux embués de larmes.
- Combien de temps ?
- Je ne saurais dire. Je ne connais pas la vitesse de développement. Il me reste de quoi ralentir la dégénérescence. Six mois. Un an. Cinq ans. Au maximum une dizaine d'années si ça se développe lentement.
- Que va-t-il se passer ?
- Elle aura des migraines. De violentes migraines. Il est possible qu'elle ait également des pertes de mémoire et d'équilibre voir des sautes d'humeur.
Liara regarda Mirlina en pleurant.
- Va-t-elle m'oublier ? Nous oublier ? (Demanda-t-elle d'une voix brisée.)
- Je ne puis en jurer. Je pense que non. Mais il faudra que vous soyez fortes, toutes les deux.
Liara opina et Karin la laissa seule avec son amante. L'Asari veilla sur elle durant de longues heures. Et quand Mirlina se réveilla, elle ne sut comment le lui annoncer.




Les mois passèrent. Mirlina eut de nouvelles migraines. Parfois, elle était joyeuse et souriante, d'autres fois maussade et grognon. Un rien pouvait la contrarier et elle s'enfermait parfois durant de longues heures, seule. Elle se brisa le bras une fois en tombant et son corps se couvrit peu à peu d'hématome suite à ses chutes. De temps à autres, sa mémoire flanchait. Parfois, elle se réveillait en pleine nuit en hurlant. Mais Liara ignorait pourquoi. Mirlina semblait rongée de l'intérieur et pas uniquement par sa maladie. L'Asari voulait l'aider, mais le silence de Shepard l'en empêchait et elle en souffrait.
Ce jour là, quand Liara rentra dans la chambre, elle n'y trouva pas Shepard. Elle fouilla les restes du vaisseaux et les autres cabines, s'informa auprès de l'équipage. Shepard avait été vu du coté de l'infirmerie par quelqu'un, vers les tombes de l'équipage par un autre. Personne n'avait la même version. A la tombée de la nuit, Liara retourna dans sa cabine, très inquiète. Elle entendit un grattement et alla dans la salle de bain. Mirlina était là, assise par terre, l'eau ruisselant sur son corps. Elle grattait de temps à autre le mur, l'air ailleurs.
- Mirlina ? (L'appela Liara avec douceur.)
L'humaine ne réagit pas. Liara se plaça face à elle et se mit à genou. Elle posa une main sur la joue de son amante et l'amena à la regarder.
- Mirlina ? (Répéta-t-elle.)
L'humaine la dévisagea un long moment sans comprendre.
- Je... (Elle regarda lentement autour d'elle, prenant enfin compte de son environnement.) Je ne comprend pas...
- Tu es là depuis longtemps ?
- J'ignore... J'ignore comment je suis arrivée ici... Je ne me souviens pas de ma journée...
Liara la regarda avec peine et douleur. Voir son amour dans un tel état la faisait souffrir.
- Allez viens, tu vas attraper froid à force.
Liara aida Shepard à se relever et la sécha avant de la mettre au lit. Mirlina se laissa faire, perdue dans ses pensées.
La maladie rongeait peu à peu son esprit et émoussait ses capacités. Elle était de plus en plus souvent absente, éloignée, coupée du monde. Mais parfois, elle était totalement présente et l'amour du couple explosait alors comme si le mal n'avait jamais existé. Liara chérissait ces moments là qui se faisaient de plus en plus rares avec le temps.
Avec les années revinrent les cauchemars. Très faibles au début, ils se mirent à ronger l'esprit de Shepard et lui firent perdre pied à plusieurs reprises. Elle hurlait et se débattait, affolée. Les morts revenaient la hanter. Un jour, Liara pénétra dans la chambre et la trouva sous la douche, toute habillée. Shepard se tenait dos à elle, les yeux fermés. L'Asari s'approcha d'elle et posa une main sur son épaule. Mirlina hurla et sursauta, le visage déformé par la terreur. Elle recula précipitamment contre la cloison du fond et fondit en larmes. Liara hésita un instant avant de la serrer contre elle.
- Encore ?
L'humaine opina et se blottit contre l'Asari en pleurant.
- Je suis désolée.. (Murmura-t-elle.) Je suis désolée...
Liara secoua doucement la tête.
- De quoi ?
- D'être un fardeau...
Elle releva le visage de l'humaine et la regarda avec tendresse.
- Ne dis jamais ça, mon amour. Ce n'est pas vrai.
Elle coupa l'eau et l'entraîna dans la chambre avant de lui passer une serviette sur les épaules. Puis, elle l'aida à s'asseoir, dissimulant au mieux la tristesse et l'angoisse dans son regard. Shepard regardait le sol, sans volonté. Liara caressa son visage et l'attira vers elle.
- Mirlina...
L'humaine tourna son regard vers l'Asari, en pleurs.
- Chaque fois que je ferme les yeux, je les vois. Ils m'accusent, me pointent du doigt. Leurs corps tombent en lambeaux, mais ils continuent. Inlassablement... Je les vois tout le temps...
- ça va aller... (Répondit Liara.)
Shepard secoua lentement la tête.
- Aide-moi... (Lui demanda-t-elle d'une voix suppliante.)
Liara la dévisagea sans comprendre, le coeur brisé de voir son amante aussi défaite.
- Comment ?
- Aide-moi à oublier...
- Mirlina...
- Je t'en prie...
- Je ne peux pas faire ça...
- Je t'en prie, Liara, fait que ça s'arrête... Fait que ça s'arrête... (La supplia Mirlina en pleurant.)
Liara opina doucement.
- D'accord, mon amour. D'accord.
Mirlina se blottit contre elle et Liara la berça doucement. Elle inspira profondément. Ses pupilles se dilatèrent et ses yeux virèrent au noir.

Les cauchemars diminuèrent et disparurent en quelques semaines. Le couple connut alors une accalmie de quelques années. Mirlina redevint souriante, pleine de joie de vivre. Elle s'occupa de ses filles, passa du temps avec Liara. La petite famille vécut des moments de bonheur que rien ne vint gâcher. Leur bonne humeur fut contagieuse et toucha leurs amis. Il y avait parfois des mauvais jours, mais ils demeuraient rare. Mirlina développa sa complicité avec ses filles et en particulier Itany. Elle fit l'amour avec Liara aussi souvent que possible, profitant de ce sursis. Le couple éduqua ses filles dans le respect de la vie, quel que soit la race, dans la volonté de se battre pour pouvoir vivre en paix. Avec pour projet de vivre dans le prochain cycle.
Mais la tumeur était toujours là et lorsqu'elle revint, ce fut avec tant de force qu'elle assombrit l'avenir...





Dans un passé lointain...

Liara était au chevet de son amante, tenant sa main dans la sienne, la tristesse se peignant sur son visage. Elle caressa le front de Shepard avec douceur. Celle-ci grogna légèrement de douleur comme elle prenait une inspiration.
- Nous n'avons pas eu assez de temps pour nous... (Déclara Liara, les larmes aux yeux.)
- Je t'ai aimé. A chaque instant, d'un amour sans faille, sans jamais douter, sans ressentir le moindre regret... Si ce n'est n'avoir pu t'offrir une vie de paix. (Murmura Mirlina d'une petite voix.)
Son visage était creusé par la fatigue et des cernes noires. Sa peau était devenu d'une pâleur des plus inquiétantes.
- Je n'ai pas de regret non plus, mon amour.
L'humaine sourit tendrement à l'Asari.
- Tu prendras soin d'elles, n'est-ce pas ?
- Comme de toi.
Mirlina opina et tendit la main vers sa table de nuit pour attraper un paquet qu'elle tendit à son amante.
- Quand elles seront prêtes.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Des souvenirs.
Liara serra le paquet contre son coeur.
- Je le leur donnerai. (Promit-elle.)
Mirlina pressa la main de sa compagne pour la remercier.
- J'ai froid... (Murmura Shepard après un moment.) Tu veux bien rester avec moi ?
Liara opina, des larmes roulant sur ses joues.
- Jusqu'au bout... (Dit-elle dans un souffle.)
Mirlina plongea son regard au fond du sien.
- Je t'aime.
- Je t'aime aussi, Mirlina. Et... J'aurais voulu pouvoir te le montrer encore... Te le montrer plus...
- Tu l'as fait. Chaque jour que nous avons partagé. Et tu m'as rendu heureuse.
Liara éclata en sanglot.
- J'ai peur. (Murmura-t-elle.) J'ai peur d'être seule, de ne pas être à la hauteur.
- Je serais toujours avec toi, dans ton coeur.
- C'est tellement injuste.
- Ne pleure pas, mon amour, je t'en prie... Tu devras être forte. (Murmura Mirlina d'une voix faible.)
L'Asari opina et essuya ses joues, les yeux toujours embués de larmes, mélancolique. Elle serra la main de son amante et embrassa ses doigts.
- Je serais forte. (Lui assura-t-elle.)
Mirlina sourit et elle tourna le regard vers le plafond avant de fermer les yeux. Elle gémit légèrement comme la douleur revenait, lui donnant l'impression que son cerveau était comprimé, enserré dans un étau. Elle rouvrit les yeux et inspira profondément, avec difficulté. Quelques spasmes secouèrent son corps.
- Chuuut, je suis là, mon amour... (La rassura Liara, caressant son front.)
- J'aurais voulu leur dire au revoir... Mais je ne veux pas qu'elles aient ce souvenir là...
- Tu es sûre ?
L'humaine opina.
- Elles vont vivre... Et tu seras là pour elles. Je suis en paix.
Liara épongea le front de son amante dont la douleur s'accentuait de seconde en seconde. Elle gémit de nouveau et l'Asari pressa ses doigts pour la réconforter. L'humaine respira avec difficulté et tourna son regard vers sa compagne. Elle lui sourit avec reconnaissance avant de fixer de nouveau son regard vers le plafond.
- Nous ne nous sommes même pas mariées... (Murmura-t-elle après quelques minutes, d'une voix éteinte.)
- Il n'est pas trop ******. Cela te ferait plaisir, mon amour ? (S'enquit Liara avec tendresse.)
Seul le silence lui répondit.
- Mirlina ? (Souffla-t-elle avec inquiétude.)
Mais l'humaine n'eut aucune réaction. Ses muscles se détendirent et ses doigts se desserrèrent. Liara sentit sa gorge et son estomac se nouer. Des larmes perlèrent à ses yeux et son coeur accéléra ses battements, tels des coups de marteaux dans sa poitrine. Elle posa une main sur la joue de son amante et tourna son visage vers elle pour plonger son regard dans le sien. Les yeux de l'humaine fixèrent un point à la gauche de Liara et restèrent inertes, froids, vides et sans vie. Alors, l'Asari éclata en sanglot et se blottit contre le corps encore chaud de Shepard. Elle demeura ainsi, sans bouger, durant une éternité, inconsolable.




Les années passèrent et la communauté se réduisit encore jusqu'à disparaître. Liara demeura seule avec ses filles. Le chagrin de l'être aimé ne disparut jamais, même après plus d'un siècle. Aimante, tendre et attentionnée, Liara n'en demeurait pas moins mélancolique. Kayla et Itany ne la virent que rarement sourire. Régulièrement, l'archéologue pleurait. Shepard lui manquait, tout comme à ses filles.
Le temps avait laissé son empreinte sur l'Asari, marquant anormalement son visage au vu de sa jeunesse. Itany avait questionné une fois sa mère à ce sujet : Pourquoi ? Mais celle-ci avait éludé la question et la jeune femme n'avait pas insisté. Désormais, elle se tenait dans l'ancienne soute du Normandy et se préparait aux cotés de sa soeur.
- J'ai du mal à croire que le jour j soit arrivé. (Déclara Itany.)
Kayla se tourna vers elle et lui sourit en voyant son air débraillé.
- Finit de t'habiller. Il ne faudrait pas que tu tombes malade durant le trajet.
- Tu arrives à y croire toi ?
- Difficilement. On va se réveiller dans un cycle dont on ignorera tout. Mais Maman sera là pour nous aider.
Itany opina.
- J'espère qu'elle retrouvera le sourire.
- Papa lui manque.
Itany conserva le silence un instant.
- A moi aussi. (Finit-elle par confier tout bas.)
Kayla se pinça les lèvres et prit sa soeur dans ses bras.
- Papa nous aimait. C'est tout ce qui compte. Finit de t'habiller, chérie.

Liara regardait ses filles à travers la baie vitrée du poste de contrôle. Elle tenait dans ses mains un cadre photo à l'image de Mirlina.
- Si tu pouvais voir nos filles maintenant, mon amour. Tu serais fière.
Elle regarda le visage figé de son amante avec mélancolie.
- Tu me manques tant.
- Êtes-vous sûre de votre décision ? (Demanda la voix d'IDA.)
Liara demeura silencieuse quelques secondes avant d'opiner et déposa le cadre.
- Absolument.
- Elles seront prises au dépourvu.
- Je sais. Mais elles feront face.
- Il y aurait suffisamment d'énergie pour vous, Liara. Vous pourriez les suivre si vous le souhaitiez.
- Si je le souhaitais. (Répondit-elle d'une voix douce.)
- Ne les aimez-vous donc pas ?
- Oh, bien sûr que si, IDA. Elles sont toutes ma vie. C'est bien pour cela que j'ai fait tant d'enregistrement et que j'ai minutieusement préparé leur voyage.
- Mais vous ne les accompagnez pas.
Liara inspira profondément et la douleur passa dans son regard.
- Je ne veux pas vivre dans un futur en paix sans Mirlina.
- Shepard aurait voulu que vous viviez. Que vous continuiez avec vos filles.
Liara sourit avec tendresse.
- Mirlina voulait beaucoup de chose pour moi mais également pour les autres. (Elle marqua une pause.) Mais je n'ai plus la force.
- Vous vous laissez mourir, Liara.
- C'est plus compliqué que ça.
- Vous êtes atteinte de mélancolie.
- Je sais.
- Vous pourriez la combattre.
Liara secoua doucement la tête.
- Non, IDA. Comme tu l'as dit, je ne m'en suis jamais remise. Je suis... (Elle chercha ses mots.) Sans volonté.
IDA ne répondit pas immédiatement.
- Je comprend. (Finit-elle par dire tout doucement, avec tristesse.)
- Tu es sûre de vouloir le faire ?
- Oui. Je veillerais sur leur sommeil et je les réveillerais.
- Merci. Je suis désolée de te demander un tel sacrifice. Mais Glyphe en serait incapable.
Le drone se réveilla à l'évocation de son nom et tourna autour de Liara.
- Je veillerais sur les données et je guiderais au mieux les générations futures, docteur T'Soni.
- Je n'en doute pas, Glyphe.
Le drone tourna encore un peu avant de retourner sur son support et de se désactiver.
- C'est pour vous que je m'inquiète, Liara. Vous serez définitivement seule une fois que je serais téléchargée dans la base et que vos filles seront en sommeil.
- Je le sais. Ainsi, elles seront en sécurité. Je ne veux pas qu'elles me voient décliner et m'éteindre.
- Les Asaris ont une espérance de vie d'un millénaire.
- Mais je ne vivrais pas aussi longtemps. Tu le sais très bien.
- Oui... Cela me fait juste de la peine.
Le silence s'installa. Liara reporta son regard par la baie vitrée et observa ses filles.
- Elles sont prêtes. Et toi ?
- Je suis prête également.
- Alors allons-y.

La neige recouvrait tout d'un épais manteau blanc et un vent glacé soufflait. Le trio s'avança dans le froid, en silence. Elles mirent près de deux heures pour atteindre la base. La neige rendait la progression difficile, chaotique. Elles pénétrèrent tant bien que mal dans la grotte. Liara reprit son souffle puis se dirigea vers le terminal au centre de la pièce qu'elle mit sous tension. Elle vérifia les données et ouvrit les accès avant de faire un lien avec l'ordinateur du Normandy. IDA se transféra dans la base et Liara coupa les connections.
- Tout est en ordre. (Annonça IDA.)
Liara retourna auprès de ses filles et les prit dans ses bras. Itany trembla légèrement.
- Tu as froid ? (S'enquit sa mère.)
La jeune femme secoua la tête.
- Non. J'appréhende, c'est tout.
Liara sourit et lui caressa la joue.
- Tout ira bien, mon trésor. Tu vas t'endormir et rêver. Et quand le moment sera venu, tu te réveilleras. (Elle marqua une pause avant d'ajouter.) Vous vous réveillerez toutes les deux.
- Et toi aussi, Maman. (Lui répondit Kayla.)
Liara opina simplement.
- Je vous aime, mes chéries.
- Nous aussi, Maman.
Elles s'étreignirent, puis Liara les conduisit jusqu'aux caissons qu'elle mit en route. Kayla s'allongea dans le sien et Itany fit de même. Liara prit le temps de leur dire au revoir, de graver ces images dans son esprit. Elle les embrassa avec tendresse. Puis, avec regret, elle activa les caissons. Les cloisons se refermèrent, emportant ses filles loin d'elle à jamais. Liara sentit sa gorge se nouer et des larmes rouler sur ses joues. Elle demeura immobile et attendit que la cryogénisation soit effective pour s'assurer que tout était en ordre.
- Fonction vitales stable. (Déclara IDA.)
- Prends soin d'elles, mon amie.
- Je vous le promet.
- Merci. Merci pour tout, IDA. (Elle renifla avec tristesse.) Adieu.
L'Asari se détourna puis quitta la grotte et en verrouilla l'accès. Et elle repartit dans le froid et la neige, seule.
Trois heures s'écoulèrent avant qu'elle ne parvienne au Normandy. Elle fit le tour de l'épave et se dirigea vers une zone à l'écart. Elle passa devant les tombes de ses amis, englouties sous la neige et s'arrêta devant une en particulier située en retrait. Elle déblaya maladroitement la neige sur la pierre, dévoilant ainsi l'inscription gravée : Mirlina Shepard. Commandant du SSV Normandy. Femme, amante, père.
- C'est fait, mon amour. (Déclara-t-elle d'une voix tremblante, frigorifiée.) Leur voyage a débuté. Et le mien se terminera bientôt. (Elle marqua une pause.) Je te rejoindrais bientôt.
Elle posa ses doigts sur ses lèvres, les embrassa, puis les fit glisser sur la pierre. Ensuite de
quoi, elle retourna dans le Normandy pour s'abriter.



La solitude pesa rapidement sur les épaules de l'Asari. Shepard et ses filles occupèrent ses pensées à chaque instant. Les premiers mois furent particulièrement difficiles. Ils laissèrent place aux années puis aux décennies. Liara se perdit dans ses souvenirs au travers des holos et des enregistrements. Et quand l'énergie vint à manquer, elle se contenta de sa mémoire. Et un soir, plus de deux siècles plus ******, elle s'endormit pour la dernière fois, en rêvant d'un cycle en paix où ses filles pourraient s'épanouir. Ses pensées se tournèrent ensuite vers Mirlina. Puis ses yeux se fermèrent. Ses muscles se détendirent. Et elle s'abandonna au sommeil.
Mirlina était là, face à elle, lui tendant la main, un sourire aux lèvres. Elle était rayonnante de beauté, dans une somptueuse tenue d'Amiral de l'Alliance. Sa jeunesse et son éclat frappèrent Liara et la rendirent heureuse. Elle prit la main de son amante et elles firent face à un homme d'âge avancé portant une tenue identique à celle de Shepard. Il s'agissait de l'Amiral Steven Hackett. Les amis du couple s'étaient tous réunit, vêtus de leurs plus beaux atours, tout sourire. Hackett commença à parler et Mirlina passa une bague au doigt de Liara. Celle-ci fit de même. L'Amiral joignit leur main et elles s'embrassèrent sous les applaudissements de leurs amis. Elles firent la fête, elles firent l'amour, elles firent leurs au revoirs. Puis, elles partirent. Liara ne put déterminer où et elle s'en fichait. Elles vécurent un bonheur complet. Aucune mort, aucune maladie, aucun monstre du passé ne vint les hanter. Elles eurent deux filles qu'elles aimèrent à la folie. Une vie s'écoula. Une vie d'amour. Une vie sans regret. Et quand Mirlina ferma les yeux pour la dernière fois, Liara s'allongea à ses cotés. Elle était bien évidemment triste, mais satisfaite de sa vie. Ses paupières étaient lourdes. Elle vit ses filles grandir et prendre leur envol en l'espace d'un battement de cil. Elles vécurent et tombèrent amoureuse. Elles fondèrent chacune une famille, eurent leurs propres filles et les regardèrent grandir. Et elles se réunirent régulièrement autour de Liara jusqu'aux ultimes moments. L'Asari était dans son lit, entourée de ceux qu'elle aimait. Et quand elle s'éteignit, on la pleura.
Liara se blottit un peu plus contre le corps encore chaud de Shepard. Une autre vie écoulée. Et elle ferma les yeux, s'abandonnant ainsi aux ténèbres en quête de son amour perdu.
Et dans les restes du Normandy SR2, le dernier être vivant dormait. Liara se mit sur le dos. Un sourire se dessina sur ses lèvres et elle entrouvrit la bouche.
- Mirlina... (Murmura-t-elle.)
Et elle cessa de bouger. Elle était en paix. Sa respiration ralentit pour finalement s'arrêter. Son coeur battit une ultime fois. Et la vie quitta son corps.




Maintenant...

La jeune femme prit sa première respiration depuis longtemps en gémissant. Un frisson secoua son corps comme elle reprenait conscience de ce qui l'entourait, comme la vie circulait à nouveau en elle. Elle plissa les yeux et aperçut une silhouette penchée au dessus d'elle, trop floue pour déterminer qui cela pouvait être.
- Maman ? (Marmonna-t-elle avec espoir, la bouche encore engourdie.)
Elle battit des paupières pour chasser son trouble. Sa vue se stabilisa après quelques minutes et ce qu'elle avait prit pour une silhouette n'était en fait qu'un tas de câble qui pendait misérablement. Elle grogna en se redressant, le corps encore douloureux.
- Maman ? Kayla ? (Appela-t-elle.)
- Non. Tu es la première réveillée, Itany.
- Oh, bonjour IDA. Merci.
Itany glissa maladroitement hors de son caisson et s'étala au sol en gémissant, les jambes totalement engourdies. Elle tenta de se relever, mais n'y parvint pas.
- Reste calme. Laisse le temps à ton corps de se réhabituer à ce qui l'entoure, à fournir un effort.
Itany acquiesça et inspira profondément pour se calmer. Elle entendit quelqu'un gémir un peu plus loin. Après quelques minutes, Kayla s'éveilla à son tour, dans les mêmes conditions que sa soeur. Itany attendit encore un peu puis se leva et aida son aînée.
- ça a marché ? (Demanda Kayla.)
- Oui.( Confirma IDA.) Vous avez dormit environ 47 000 années.
- Tant que ça ?
- Le signal n'a été découvert que récemment. Ils sont en routes.
Kayla opina puis secoua doucement la tête pour chasser le brouillard dans ses pensées. Elle regarda autour d'elle, prenant peu à peu conscience de son environnement. Ses yeux fouillèrent la pièce, à la recherche de quelque chose, ou quelqu'un.
- Où est Maman ? (Finit-elle par demander.)
- Je ne sais pas... (Répondit Itany, soudain troublée.)
Une lumière s'échappa du centre de la pièce et un hologramme de Liara s'activa depuis le terminal. Elle était jeune, souriante et sa beauté rappela aux deux soeurs l'époque précédant la mort de leur père, quand leur mère souriait encore.
- Si vous m'entendez... Tout n'est pas perdu. (Commença l'enregistrement.)
- IDA, où est Maman ? (Insista Kayla.)
Mais l'IA demeura silencieuse et l'hologramme poursuivit son discours. Puis, l'image se brouilla avant de se tordre. Liara apparut de nouveau. Mais la mélancolie se lisait dans ses yeux, le poids du chagrin se peignait dans ses traits et dans sa posture.
- Journal du docteur Liara T'Soni, à bord des restes du Normandy SR2. (Annonça l'Asari d'une voix fatiguée.) Ceci sera certainement ma dernière entrée et elle est pour vous, mes filles chéries, Kayla et Itany. Vous devrez être fortes. Il n'y a pas de manière de vous l'annoncer doucement. (Elle s'humecta les lèvres et reprit d'une voix enrouée.) A votre réveil, vous aurez certainement remarqué mon absence. Il est inutile de m'attendre. Je ne viendrais pas. Quand vous recevrez ce message, je serais morte depuis longtemps. Et il est important pour moi que vous en compreniez la raison.
Le visage des soeurs se décomposa et Itany mit une main devant sa bouche, en proie aux larmes.
- J'ai aimé votre père, d'un amour sincère, profond et sans faille depuis notre toute première rencontre. Et elle m'a aimé avec la même ardeur. Et depuis sa mort... Je suis malade. (Elle marqua une pause, submergée par l'émotion.) Je suis plongée dans la mélancolie. Et pour cette raison, j'ai décidé de ne pas me mettre en hibernation. Je souhaitais plus que tout demeurer dans ce vaisseau, aux cotés de votre père. Le Normandy était synonyme de sécurité, de bonheur... C'est dans ce vaisseau que j'ai eu une famille, que j'ai vécu mes plus grands moments de bonheur. C'est là que vous êtes nées. Je sais que c'est quelque chose de difficile à comprendre. Que vous vous sentirez abandonnez. Mais ce n'est pas le cas. Sachez que je vous aime. Et je vous confie les clés du futur. Bâtissez vous une vie de paix. Ne laissez pas les Moissonneurs vous en empêcher. Vivez mes filles. (Elle sourit.) Quoi que vous fassiez, votre père et moi seront fiers de vous. Soyez fortes. Car désormais, vous serez seules. Je vous aime.
Le terminal s'éteignit et les soeurs demeurèrent silencieuses un long moment. Des larmes roulèrent sur leurs joues et Itany tendit la main vers le terminal d'un air suppliant. Une série de bip résonna.
- Elle nous a abandonné... (Murmura Itany d'une voix brisée, en pleurs.)
Kayla la prit dans ses bras et la berça.
- Chut. ça va aller, chérie. Je suis là, d'accord ?
Itany dévisagea sa soeur, le visage dévasté par le chagrin.
- Elle nous a abandonné... (Répéta-t-elle, incrédule.)
- Non, Itany. Elle nous a préparé pour que nous puissions vivre, pour que nous ayons un futur. Elle n'a jamais cessé de penser à papa, de souffrir de sa mort.
Itany se blottit dans les bras de sa soeur et se laissa aller à son chagrin.
- J'aurais tant aimé qu'elle vienne avec nous...
- Moi aussi.
Les bips reprirent comme le terminal se réinitialisait. L'hologramme de Liara réapparut et reprit son message du début.
- IDA ? (S'enquit Kayla.)
Mais l'IA ne répondit pas.
- J'ai besoin de te parler.
Un compartiment à la base du terminal s'ouvrit, dévoilant un paquet, un cadre photo et un bloc de donnée.
- IDA ! (Cria Kayla.)
Une petite boule de lumière s'échappa d'un objet à droite du terminal et les soeurs reconnurent Glyphe.
- Je suis désolé, Mesdemoiselles, mais IDA ne répondra pas.
- Pourquoi ?
Le petit drone demeura silencieux.
- Glyphe, qu'est-ce que tu nous caches ?
- IDA s'est déconnectée.
- Un soucis d'énergie ?
- Non.
Itany se figea.
- Mais alors, ça veut dire...
- Elle s'est déconnectée. (Répéta le drone.)
Kayla déglutit.
- Elle ne reviendra pas, n'est-ce pas ?
- Non.
Le drone retourna vers son support et un arc électrique s'échappa de son corps. Une voix s'éleva dans la pièce et les soeurs reconnurent leur mère.
"- J'espère qu'elles comprendront. (Elle marqua une pause avant de reprendre d'une voix fatiguée.) Je me sens fatiguée... A bout de forces. Je ne devrais pas... Pas maintenant... Pas aussi vite...
- Vous ne vous en êtes jamais remise. (Affirma IDA.) C'est pareil pour moi."

Les voix moururent puis reprirent.
"- Tu es sûre de vouloir le faire ?
- Oui. Je veillerais sur leur sommeil et je les réveillerais."

Kayla ferma les yeux et secoua doucement la tête dans une tentative pour chasser son chagrin. Elle tourna lentement son regard vers sa soeur et la dévisagea intensément.
- Car désormais, vous serez seules. (Récita-t-elle d'une voix monocorde.)

#8
Mire85

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Tu va me donner le bourdon là! Pauvre Shepard et Liara :P
Sinon belle imagination, félicitation. :)

#9
Mirlina

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Pourquoi le bourdon ? Elles ont eu toute une vie ! :P

#10
geoffrey68200

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Użytkownik geoffrey68200 edytował ten post 11 kwiecień 2013 - 11:30


#11
geoffrey68200

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Użytkownik geoffrey68200 edytował ten post 11 kwiecień 2013 - 11:30


#12
geoffrey68200

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 je suis en trian de pleurer devant mon écran, fier de toi ? :crying:

snif la fan fict sur la 4e fin je n'y croyait pas et pourtant tu l'as fait, je suis partagé entre joie et dépit :unsure:


bon voyons la suite, tu peux encore te rattraper bien que tu es fait mourrir de chagrin tout le monde, même IDA a choisi de se laisser mourir :crying:


note a moi-même : ne plus jamais post de message pendant une mise a jour ...

dsl pour le spam si quelqu'un pouvait faire en sorte de supp mes 2 message précédents

Użytkownik geoffrey68200 edytował ten post 10 kwiecień 2013 - 07:45


#13
geoffrey68200

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ouais enfin ... déjà une fan fict sur la 4e fin sa pouvait pas vraiment être joyeux

ensuite Shep qui devient a moitié folle, tout l'équipage qui meurt, Liara et IDA qui choisissent de se laisser mourir ... j'ai pleuré moi

#14
Mirlina

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xD

#15
geoffrey68200

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nn mais sérieux, j'ai vraiment pleuré moi !

#16
Mirlina

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Mais je te crois. Et je dirais : Objectif atteint ! Le but était que le chapitre 7 soit larmoyant, qu'il serre la gorge, donne les larmes aux yeux d'où le titre : La fin d'une ère, en hommage à la musique du dernier DLC :) (qui me donne ce genre de sensations là à la toute fin car je sais que c'est fini.)

#17
Mirlina

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Après un certain temps d'attente, voici enfin venir le chapitre...



Chapitre 8 : Complot.





    Sil fixait la carte en trois dimensions avec intérêt depuis de longues minutes. Parfois, elle se redressait, penchait la tête et opinait avant de se replonger dans ses observations. Elle se trouvait dans le centre de commandement du vaisseau principal de la flotte concilienne aux cotés de Vlavya. La Haute conseillère plissa les yeux et coula son regard vers sa compagne. Celle-ci sentit ses poils se hérisser d'un soupçon de frayeur mais également de désir face à ce regard autoritaire et incroyablement envoûtant.
- Arrivée au relais dans une heure environ. (Annonça une voix par les haut-parleurs.)
Sil continua de dévisager sa coéquipière de son regard inquisiteur avant de reporter son attention sur la carte. Elle la fit tourner pour la regarder sous toutes les coupes. Cet espace de la galaxie lui était méconnu et elle détestait être mal préparée. L'Alran s'intéressa ensuite à la planète d'où le signal était émit et en observa les moindres détails, les notant dans un coin de sa tête. Finalement, elle se redressa, songeuse.
- Que pensez-vous trouver là-bas ? (S'enquit-elle de sa voix douce.)
- Rien en particulier. (Répondit Vlavya avec simplicité.)
- Je n'ose croire que vous faites cela sans arrière pensée.
- Avez-vous donc une si piètre opinion de moi ?
- Non. Mais de votre profession, si. D'ailleurs, je peine à comprendre pourquoi vous êtes venue me trouver au lieu d'aller vendre cette information.
- Croyez-le ou non, j'ai une éthique. J'ai fait partie de l'armée Alran lors du soulèvement de l'éveil. Je ne suis pas trafiquante mais courtière. Certaines informations méritent d'être vendues. D'autres doivent être remises à ceux qui en auront une réelle utilité.
- Tous ne pensent pas comme vous.
- C'est vrai. (Admit-elle.)
- Mais cela ne me dit pas pourquoi vous avez tenu à venir.
Vlavya demeura silencieuse un instant.
- Quelque chose me dit que nous sommes sur le point de faire une découverte d'une importance capitale. Qui pourrait changer beaucoup de choses.
- Une information que vous auriez omis de mentionner ?
- Appelez ça de l'intuition.
Sil sourit avec douceur.
- Je pensais simplement que vous ne pouviez plus vous passer de moi. (Déclara-t-elle d'une voix aguicheuse avant de quitter la pièce.)
Vlavya la regarda partir, légèrement troublée. Elle resta dans le centre de commandement un long moment, seule, perdue dans ses pensées. Sil... La troublait. Elle n'arrivait pas à l'ôter de ses pensées et se sentait coupable vis à vis de sa compagne de vie.
- Oh, Irich, je crois que tu adorerais la détester... (Murmura-t-elle.) Ou plutôt que tu détesterais l'adorer.
Elle secoua doucement la tête en souriant. Ses yeux coulèrent finalement vers la carte et une lumière rouge clignotante retint son attention. Intriguée, l'Alran s'approcha et laissa ses doigts courir sur le clavier virtuel.
- Réception d'un message. (Indiqua l'IV embarquée.)
Vlavya marqua une temps d'hésitation avant d'accepter et de lire le message. La carte s'évanouit et un halo bleuté s'échappa du terminal. L'hologramme d'une femme d'une race inconnue à la courtière apparut au centre de la pièce. Elle possédait cinq doigts, deux yeux et sa peau légèrement écailleuse était d'un bleu profond. Son visage avait un air presque juvénile et innocent qui le rendait attirant. Elle n'avait pas de cheveux mais des tentacules partaient du haut de son crâne et étaient tirés en arrière. Bien qu'étranges, ils étaient loin de l'enlaidir et ne faisaient que rajouter à son charme. Vlavya dévisagea la créature avec intérêt et fut rapidement subjuguée par sa beauté simple.
- Si vous m'entendez... Tout n'est pas perdu. (Commença la femme.)
Vlavya fut surprise de comprendre l'inconnue malgré un léger accent qui était loin d'être désagréable. L'image tremblait par moment et de légères inférences s'invitaient parfois sans pour autant rendre le tout incompréhensible.
- Il est encore temps de ne pas refaire nos erreurs. (Poursuivit la femme. Elle marqua une pause avant de reprendre d'un ton dramatique.) Nous avons échoués... Contre les Moissonneurs.
Vlavya frémit en entendant ce nom, sans savoir pourquoi.
- Nous avons tout essayé. Construire le Creuset n'a pas marché; réunir la galaxie toute entière n'a pas suffi. (Une image d'un appareil de conception inconnue apparu au centre de la pièce, remplaçant un instant la femme.) J'espère seulement que les informations contenues dans cette capsule vous aideront avant qu'il soit trop ******. (Elle se redressa et reprit d'un ton solennel.) Je suis le docteur Liara T'Soni. Voici le récit de notre guerre contre les Moissonneurs.
L'hologramme s'évanouit et Vlavya demeura interdite un long moment.
- Moissonneurs... (Murmura-t-elle, peu rassurée.)
De quoi s'agissait-il ? Et pourquoi l'hologramme avait-il disparu ?
- Sil ! (Hurla-t-elle en quittant la pièce.)




    Itany déposa le datapad avec un soupir d'exaspération. L'appareil avait encore des ratés. Son regard coula sur les deux autres objets situés dans le petit tiroir : Un cadre photo et un paquet. Elle ignorait ce que contenait ce dernier. Mais quelque chose était inscrit sur le papier.
"Pour mes filles adorées."
Itany reconnaissait là l'écriture de son père. Elle caressa le paquet du bout des doigts mais n'osa le prendre. Ses mains glissèrent vers le cadre photo et elles tremblèrent un instant en s'en saisissant. Elle laissa ses doigts courir sur le verre et activa l'objet, souriant avec mélancolie. Une photo de ses parents apparut, du temps de leur jeunesse. Mirlina se trouvait derrière leur mère et l'enlaçait. Elles souriaient toutes les deux, manifestement heureuses. Kayla se pressa derrière sa soeur et regarda par dessus son épaule avec nostalgie. Itany appuya sur un petit bouton et activa le diaporama. Les photos défilèrent et dévoilèrent le couple à divers moments de leur vie. Elles souriaient, elles s'embrassaient, elles s'enlaçaient et se lançaient des regards amoureux et complice. Au fil des images, le ventre de Liara s'arrondit. Désormais, Mirlina était à genou devant l'Asari, sa tête reposant sur son ventre. Liara regardait son amante avec tendresse, une main passée dans ses cheveux. Le diaporama s'arrêta et Itany navigua dans les catégories pour lancer la sélection suivante. Celle-ci était consacrée à Kayla. La première photo montrait leur mère, un sourire épanoui sur les lèvres, un bébé dans les bras. Sur la suivante, c'était leur père qui tenait l'enfant, heureux mais visiblement mal assuré.
- Te voici. (Murmura Itany à l'adresse de sa soeur.)
Celle-ci déposa un baiser sur sa joue avec douceur. Des coups résonnèrent à l'extérieur, comme des grattements en partie étouffés. Quelques voix retentirent, trop faible pour déterminer ce qu'elles disaient. Puis, ce fut le silence. Les deux soeurs poussèrent un soupir et reportèrent de nouveau leur attention sur le cadre. C'était déjà la cinquième fois que de tels bruits résonnaient. IDA leur avait dit que des gens étaient en route. Kayla et Itany ignoraient tout d'eux. Elles espéraient être et demeurer en sécurité. Mais il n'était rien qu'elles puissent faire.
Le diaporama reprit, les années passèrent et Kayla grandit. Ses parents l'encadraient, l'enlaçaient et la contemplaient avec amour. Un sentiment de bonheur et de bien être s'échappait de ces images. La catégorie changea. Kayla avait maintenant cinq ans et le ventre de sa mère s'arrondissait de nouveau au fur et à mesure des photos. Et après quelque temps, un autre enfant rejoignit la famille. Ses parents l'accueillirent avec la même joie, la même tendresse. Les deux soeurs contemplèrent une autre photo. Leur père enlaçait le bébé avec douceur, un large sourire aux lèvres, le regard pétillant de joie.
- Et là, c'est toi. (Déclara Kayla avec un sourire nostalgique.)
D'autres photos défilèrent, reflétant d'autres moments d'amours. De nombreux clichés montraient Kayla s'occupant de sa jeune soeur.
- Je ne me souvenais pas que tu t'étais tant occupée de moi. (Déclara Itany.)
Kayla ne répondit rien.
Le sourire de leur père disparut petit à petit et une ombre noya son regard. Le temps entre chaque photo ne cessa de croître. La joie quitta peu à peu les traits de la famille pour être remplacée par le chagrin. Kayla et Itany sentirent leur gorge se nouer aux souvenirs de ces instants si sombre. Mais la tristesse finit par s'effacer laissant sa place à une nouvelle joie. De nouveaux clichés d'une famille heureuse défilèrent sous les yeux des deux soeurs. Elles notèrent la complicité retrouvée de leurs parents, leurs amours l'une pour l'autre mais également pour elles, leurs filles. Et elles sourirent de ce bonheur retrouvé, dont elles avaient le souvenir. Des souvenirs qu'elles chérissaient avec beaucoup de tendresse.
Les années passèrent au fil des clichés et le temps laissa son emprunte sur leur père. Des rides marquèrent son visage et des cheveux gris remplacèrent peu à peu les roux. Mirlina se fit de plus en plus rare sur les photos jusqu'à tout simplement disparaître. La tristesse marqua par la suite le visage de Liara et la mélancolie s'installa dans son regard pour ne plus jamais le quitter. Leur mère ne sourit sur aucune photo après cette perte tragique. Les années creusèrent le visage de l'Asari d'une manière peu naturelle, voir anormale. Et finalement, il n'y eut plus de photos. Les deux soeurs regardèrent le cadre avec nostalgie un long moment. Itany secoua tristement la tête et tapota les touches pour faire défiler les clichés en sens inverse jusqu'à trouver une photo où elles étaient toutes les quatre réunis, jeunes, et souriantes. Elle caressa alors le verre avec douceur, ses doigts s'attardant sur les lèvres de sa mère et sur les joues de son père. Et elle sourit, imitée par Kayla.
- C'est cette image que je veux conserver là dedans. (Murmura-t-elle en tapotant sa tempe.)
Kayla serra sa sœur un peu plus fort.
- Moi aussi. (Répondit-elle.)
Itany inspira profondément et ferma les yeux, profitant de la chaleur du corps de sa soeur, de sa présence si rassurante.
De nouveaux coups résonnèrent derrière elles, juste de l'autre coté de la porte. Ils étaient presque là. Itany ressentit une pointe d'anxiété mais Kayla la pressa un peu plus contre elle pour la rassurer. La jeune Asari lui sourit, reconnaissante, puis attrapa un sac où elle rangea le cadre ainsi que le reste des souvenirs légués par leurs parents. Puis, accompagnée de sa soeur, elle s'installa sur un banc à l'écart et patienta, tendue.
De nouveaux bruits résonnèrent, plus forts, plus agressifs. Comme quelque chose ricochant contre les portes...




    Cherl Meza était un homme dans la fleur de l'âge qui avait participé à de nombreuses missions sur de nombreux mondes. Il avait peu à peu gravit les échelons pour devenir chef de sa propre escouade. Désormais, il était à la tête des Alpha, le groupe de mercenaires le plus dangereux de l'espace concilien. On lui confiait régulièrement des missions, que ce soit de la piraterie, du terrorisme, des kidnappings. Et parfois, il était chargé de sauver des personnes particulières. Des gouvernements de planètes isolées étaient tombés sous ses assauts et d'autres s'étaient érigés grâce à son action. Il se fichait des conséquences; la plupart du temps. Peu de choses pouvaient l'émouvoir. La mort accompagnait ses pas et il n'était pas rare qu'un nombre important de ses gars se fassent tuer lors des opérations. Habituellement, il s'en fichait. Ce n'était pas les portes flingues qui manquaient. Mais cette fois-ci... Il poussa un grognement en évitant une rafale énergétique. La roche à coté de lui explosa et envoya l'un de ses hommes au sol. Celui-ci demeura inerte. C'était déjà le quinzième qui y passait. Cette mission s'annonçait comme le pire ratage de sa carrière. Les forces conciliennes leur étaient tombées dessus et les avaient acculés au fond de la grotte. Et depuis, ils les tiraient comme des lapins. Pourtant, le travail aurait dû être facile, l'objectif étant d'une simplicité enfantine; Se rendre sur un monde non répertorié en prenant le conseil de vitesse, trouver la source du signal et rapporter à son commanditaire tout ce qu'il trouverait. Le groupe avait donc triangulé le signal et creusé la roche pour découvrir une porte blindée. Et avant qu'ils n'aient pu tenter de l'ouvrir, les forces du conseil leurs étaient tombées dessus.
Deux gars de plus venaient de passer l'arme à gauche. Cherl cracha puis activa son virtech après s'être mit à l'écart.
- J'écoute. (Fit une voix.)
- La flotte est déjà là. L'extraction est compromise.
- C'est regrettable. Vous n'avez aucun moyen de la mener à terme ?
- Négatif.
- Passez au plan B. Mais veillez à vous souvenir que je la veux vivante.
- A vos ordres.
Cherl coupa la communication en maugréant. Vivante... Il cracha puis compta les hommes qui lui restaient. Ce n'était ni les meilleurs tireurs, ni les plus malins, mais ils feraient l'affaire. Il leur fit signe de se tenir prêts. Un autre signe, et le groupe se lança dans la mêlée en évitant tant bien que mal les tirs. Puis ils bifurquèrent et quittèrent le combat par un tunnel adjacent. Quelques soldats conciliens les poursuivirent mais ils eurent tôt fait de s'en débarrasser. Une fois hors de portée des ennemis, Cherl activa son virtech.
- Ils ont le colis. On passe au plan B. Ordre à tous les vaisseaux d'attaquer la flotte concilienne. Mais interdiction de tuer tant qu'on ne l'a pas récupérée ! (Tonna-t-il.)
- A vos ordres !



    Le silence régnait désormais dans le couloir. Des corps jonchaient le sol et des traces noires marquaient la roche. Les soldats de l'armée concilienne avançaient en rang serrés, l'arme au poing, prêts à faire feu à la moindre menace. Ils sécurisèrent le tunnel de façon méthodique. Tout au fond, ils trouvèrent une porte de métal vieillit par le temps, en partie découverte. Des traces d'impact énergétique étaient visibles sur sa surface. Bagel, le chef de l'escouade, l'examina attentivement et caressa le métal du bout des doigts. Puis, il ordonna le découpage de la porte au laser afin d'éviter tout risque d'endommager ce qui se trouvait de l'autre coté. Il mit également sur pied des rondes pour prévenir tout retour des mercenaires. Mais jamais ils ne revinrent.
Il fallut plus d'une heure aux soldats pour trouver comment attaquer correctement le métal et deux de plus pour ouvrir la porte. L'atmosphère s'alourdit comme les heures s'engrenaient. On pouvait déceler la tension chez les soldats, qui ne cessait de croître, aux regards qu'ils lançaient, aux grognements qu'ils émettaient parfois, à leurs façons de crisper les doigts ou de tenir leur fusil. Bagel les comprenait. L'attente pouvait s'avérer angoissante. L'inconnu plus encore. Et quand les deux étaient mélangés, cela pouvait devenir insoutenable. Bagel avait apprit depuis longtemps a conservé le contrôle sur ses émotions. Mais ce n'était pas chose aisée.
Les ingénieurs venaient d'achever leur travail, offrant une ouverture dans la porte blindée, assez large pour laisser passer deux hommes. Un faible éclat lumineux s'échappait du bunker. Et les soldats reculèrent d'un pas, plus nerveux encore. Bagel demeura immobile durant de longues secondes. Puis, il prit une profonde inspiration et s'engouffra dans le passage d'un pas lent, aux aguets. L'officier embrassa la pièce du regard et ses yeux s'arrêtèrent sur deux jeunes femmes. Il les pointa de son arme par réflexe.
- Pas de mouvements brusques ! (Leur conseilla-t-il.)
Il y eut quelques secondes de battements avant que son escouade ne se décide à le suivre. Les soldats pénétrèrent dans la pièce et encerclèrent le duo, toujours aussi nerveux. Bagel dévisagea les inconnues un long moment de son regard inquisiteur. Elles se serraient l'une contre l'autre et l'officier pouvait sentir la peur émaner d'elles, la lire dans leurs regards. Il réalisa soudain ce qu'impliquait la présence d'humanoïde vivant dans un bunker censé être fermé depuis des milliers d'années et baissa son arme, presque sans s'en rendre compte. Il laissa son regard courir dans la salle. En son centre, se trouvait un terminal assez imposant d'où s'élevait l'hologramme d'une alien qui déclamait en boucle son avertissement. Bagel ne l'écoutait pas. Il connaissait déjà le contenu du message qui avait attiré la Haute Conseillère elle même dans ce système. Il y avait des caissons dans un coin de la pièce et des objets qui traînaient un peu partout, en désordre. Des tuyaux pendaient du plafond et sortaient des murs, indiquant un travail et une installation peu soignés. Ou bien fait à la va-vite et avec peu de moyen. Bagel reporta son attention sur les deux jeunes femmes et les dévisagea de nouveau avec intérêt. Elles ressemblaient à l'inconnue de l'hologramme. Elles appartenaient à la même race, c'était certain, mais il y avait plus, comme un air de... famille. L'officier était conscient que des choses lui échappaient mais il était certain que ces femmes n'étaient pas une menace. Et il pressentait qu'elles étaient d'une importance capitale.
- Baissez vos armes. (Déclara-t-il d'une voix rauque à l'égard de ses hommes.)
Ces derniers hésitèrent. Mais devant le regard de leur officier, ils s'exécutèrent. Bagel s'approcha des Asaris et demeura silencieux un long moment.
- Qui êtes-vous ? (Finit-il par demander.)
Kayla hésita un instant.
- Nous sommes des Asaris.
Les soldats se figèrent et des murmures s'élevèrent.
- Asari ? (Souffla l'un d'eux.)
- Est-ce possible ? (S'enquit Bagel, décontenancé.)
- ça l'est. (Affirma la plus jeune des soeurs.)
- Comment vous croire ?
Itany dévisagea l'officier durant de longues secondes avant de se lever. Les soldats reculèrent d'un pas, nerveux, et raffermirent leur prise sur leurs armes d'un air menaçant. La jeune femme essaya de ne pas montrer sa peur et oublia son coeur qui battait à tout rompre dans sa poitrine. Elle tendit la main vers l'officier. Celui-ci considéra le geste un instant avant d'approcher son visage. La paume entra en contact avec la joue et les yeux de l'Asari devinrent d'un noir de jais.
- Contemplez l'éternité... (Murmura-t-elle.)
Un courant électrique traversa le cerveau de Bagel et des images défilèrent dans son esprit. Il poussa un gémissement, entre surprise et douleur. Ses muscles se tendirent, sa mâchoire se contracta et quelques spasmes secouèrent son corps. La tension monta d'un cran et les soldats mirent de nouveau en joue les soeurs.
- Reculez ! (Ordonna l'un d'eux.)
Mais Itany ne bougea pas et poursuivit son entreprise. Sa peau se couvrit peu à peu de sueur et sa respiration se fit plus chaotique. Elle gémit sous l'effort mais demeura concentrée, ignorant les soldats, absente à ce qui l'entourait. Les yeux de Bagel bougeaient rapidement sous ses paupières tandis qu'il voyait ce que l'Asari partageait avec lui, dans son esprit. Il poussa quelques grognements et se tendit un peu plus. Les souvenirs de la jeune femme se mêlaient aux siens et brouillaient ses sens, noyant son esprit sous une avalanche d'information. Un spasme secoua alors le corps d'Itany qui tomba au sol comme ses jambes se dérobaient et elle ne bougea plus. Kayla sentit la peur nouer sa gorge et retint de peu un hurlement de frayeur. Elle se précipita vers sa soeur et se laissa tomber à ses cotés avant de la serrer contre son coeur. De sa manche, elle épongea le front de sa soeur et la berça doucement.
- C'était de la folie, Tany... (Murmura-t-elle avec tendresse et inquiétude. )
Sa soeur sourit malgré la douleur et plongea son regard dans le sien.
- C'était nécessaire...
Kayla pinça les lèvres mais ne répondit rien. Itany grimaça et ferma les yeux, la douleur se peignant sur son visage. Inquiète, sa soeur continua de la bercer et coula un regard vers l'officier. Ce dernier les dévisageait toutes les deux, le visage livide, marqué par de larges cernes. Le choc avait été rude pour lui aussi et il avait dû reculé d'un pas pour réussir à ne pas chuter à son tour. Des images continuaient de défiler dans son esprit, mais elles se faisaient plus lentes, plus rares. Il déglutit.
- Baissez vos armes. (Murmura-t-il après quelques secondes.)
Ses hommes le regardèrent comme s'il était fou avant de s'interroger du regard.
- Baissez vos armes ! (Répéta l'officier d'un ton plus dur.)
Les yeux empli de méfiance et d'hostilité, les soldats obéirent bien qu'à contrecoeur et jetèrent des regards sombres aux soeurs. Bagel les ignora et s'avança vers les Asaris avant de mettre un genou à terre, les yeux rivés vers le sol. Itany était toujours dans les bras de sa soeur, les yeux clos et le corps en sueur. Celle-ci la berçait doucement. Elle souffrait de ne pouvoir l'aider plus.
- Pardonnez-moi. (Déclara le soldat avec remord.)
Kayla le dévisagea un long moment sans comprendre.
- Pourquoi ? (S'enquit l'Asari, perdue.)
Bagel n'osa relever les yeux et continua de regarder le sol.
- Pour n'avoir pas été à la hauteur. Pour vous avoir menacé de mon arme.
- Pourquoi ?
- C'était une terrible erreur.
- Vous ne faisiez que vous prémunir. Vous êtes un soldat.
- J'aurais dû ressentir votre détresse. J'aurais dû savoir que vous étiez des victimes et non des complices.
- Vous avez combattu devant la porte. (Demanda doucement Kayla. L'homme acquiesça.) Qui ?
- Des mercenaires, des couards sans honneur. (Cracha-t-il avec dégoût.)
- Que voulaient-ils ?
- Vous vendre au plus offrant, certainement.
Kayla caressa le front de sa soeur, pensive. Celle-ci ouvrit les yeux et lui sourit. L'aînée poussa un soupir muet, apaisée. L'inquiétude quitta ses traits et elle aida Itany à se relever. Puis, elle tendit la main vers le soldat.
- Vous êtes pardonné.
L'homme considéra la main un moment avant de la serrer et de se redresser.
- Vous êtes en sécurité, mesdames. Je puis vous l'assurer.
Kayla opina.
- Nous avons des informations d'une importance capitale à donner à qui de droit.
- La Haute Conseillère attend dans un vaisseau en orbite. Je vous conduis à elle sans plus tarder.
Bagel sortit du bunker et activa son virtech dans l'optique de se mettre en relation avec le centre de commandement.
- Falcon O6, ici le capitaine Bagel. Le périmètre est sécurisé. Colis prêt pour extraction.
Il n'y eut aucune réponse. Bagel renifla.
- Falcon O6, ici le capitaine Bagel. (Répéta-t-il.) Le périmètre est sécurisé. Colis prêt pour extraction. Je répète : Colis prêt pour extraction.
Seul le silence lui répondit, entrecoupé de quelques grésillements. Il maugréa et pesta dans sa barbe.
- Un soucis ? (S'enquit une voix dans son dos.)
C'était Itany. La jeune femme avait le visage encore quelque peu creusé, mais souriait avec douceur.
- Des interférences. (Affirma l'officier.) Sûrement.
- Cela arrive souvent ?
- Dans des régions inconnues ? Constamment.
Elle opina et un silence gêné s'installa. Bagel se racla la gorge pour se donner un peu de contenance.
- Et... hum... Vous allez mieux ?
- Oui. Merci de vous en soucier.
Il hocha la tête et tourna son regard au loin.
- Et vous ?
- Oui. (Dit-il sans la regarder.)
Elle se plaça devant lui et plongea son regard au fond du sien.
- Ma présence vous dérange ?
Il la considéra un long moment sans répondre, plongé dans la plus totale des incertitudes. Bagel savait faire beaucoup de choses. C'était un homme plutôt polyvalent et parler aux femmes n'avait jamais été un soucis. Mais après ce qu'il venait de vivre, après cette intrusion dans ses pensées...
- Non, Madame. J'ai juste... Besoin de m'habituer.
- A ma morphologie ?
- Non. A l'échange que nous avons eu.
- Oh.
Elle opina et lui sourit avec compréhension.
- Je suis désolée, je ne voulais pas vous bouleverser.
- Ce n'est pas le cas, Mada...
Bagel se figea au milieu de sa phrase. Son virtech s'activa et des voix résonnèrent dans son oreille.
"- Ils ont prit le pont E !
- Le hangar est bloqué ! ... soucis chass...
Des coups de feu résonnèrent.
-  Du gaz toxique dans le système de ventilation !
- ...enlevée !
- Sys... ulsions détruits !
- Toute la puissance sur les boucliers !
- Trop ****** !"

Un vacarme assourdissant résonna dans l'oreille de l'officier qui grogna de douleur et éteignit son virtech. Il leva les yeux vers le ciel avec inquiétude. Au loin, les nuages se teintèrent d'orange et de jaune quelques secondes. L'effet se dissipa et se reproduisit une nouvelle fois, puis encore. Et après une dizaine de fois, il s'estompa totalement. Itany ne fit pas le moindre geste, tremblante. Bagel baissa les yeux, la mine sombre. Il appuya sur son virtech.
- Falcon O6, ici le capitaine Bagel. Répondez. (Fit-il, sans grande conviction.)
Il n'eut que des grésillements pour toute réponse.
- Est-ce que ?... (Commença Itany, incapable de terminer sa phrase.)
L'officier opina sombrement.
- La flotte a été détruite. (Déclara-t-il amèrement.)




    Ses yeux s'ouvrirent et se fermèrent à de nombreuses reprises. Elle sentait sa tête ballotter dans le vide et quelque chose presser son dos et comprimer son ventre.  Son seul désir était de se libérer de cet étreinte qui lui coupait en partie le souffle. Mais ses paupières étaient lourdes et son esprit était trop embrumé. Il lui était impossible de demeurer consciente.
Elle lutta un long moment avant de finalement s'abandonner aux ténèbres.
Quand elle émergea, la lumière lui brûla les yeux et elle mit un moment avant de s'habituer. Elle battit des paupières et regarda lentement autour d'elle. La pièce était sombre et exiguë, et une unique lampe pendait au plafond, illuminant le centre de la salle d'un faible éclat jaunâtre. Les murs étaient fait d'un métal légèrement bleuté et une unique porte donnait accès à la pièce. En dehors de ça, elle était vide. Sil poussa un gémissement en essayant de se redresser. Ses mains étaient liées dans son dos et la position dans laquelle elle était, en plus d'être fortement désagréable, tirait les muscles de ses bras. Elle tenta de se redresser et la douleur s'intensifia, manquant lui arracher un cri. La Haute Conseillère inspira profondément fit une nouvelle tentative. Après plusieurs essais infructueux, elle se concentra sur son environnement et l'étudia au mieux, pour passer le temps, pour oublier la douleur, pour tenter de trouver une issue.
La porte s'ouvrit après de longues minutes et un homme entra. Il installa une chaise face à l'Alran et ressortit. La porte se rouvrit un peu après et quelqu'un pénétra dans la pièce. Il fit face à la captive et la dévisagea un long moment. Sil ne parvenait pas à voir son visage, dissimulé par l'obscurité omniprésente. L'homme évita soigneusement de passer sous la lampe et tourna autour de la prisonnière d'une démarche lente et assurée.
- Bonjour ma chère. (Dit-il d'un ton charmeur.)
- Qu'attendez-vous de moi ? (Lâcha-t-elle sans détour.)
- Tu le sauras bien assez tôt.
Sil fronça le nez. La voix ne lui était pas inconnue.
- Qui êtes-vous ?
- Ce n'est pas la bonne question. (Répondit doucement l'inconnu.)
 Il se plaça dans le dos de sa prisonnière et posa ses mains sur ses épaules.
- Ils ne t'ont pas fait de mal, j'espère.
- Vous vous inquiétez pour ma santé ? (Rétorqua-t-elle d'un ton narquois.) C'est un peu ******.
- Je leur ai bien stipulé de ne pas te faire de mal.
- C'est chou. Pourtant, j'ai des douleurs dans les bras.
L'homme ne nota pas l'ironie dans la voix de sa prisonnière.
- Ce ne sont que des brutes stupides. (Déclara-t-il d'une voix peinée.) Mais ils ont leur utilité.
- Que voulez-vous ?
- Ah. Voilà une bonne question.
Il se plaça face à elle et s'installa sur le siège. La lampe l'éclaira et dévoila son visage aux yeux de Sil. La Haute Conseillère le dévisagea quelques secondes d'un air ahuri.
- Toi... (Souffla-t-elle, entre surprise et horreur.)

#18
geoffrey68200

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NON !!!! les filles de Liara et Shepard ne doivent pas tomber entre les mains de pirates !

question bête, elles n'ont pas d'implants ni d'amplis biotiques je suppose ?

#19
Mirlina

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Comment les auraient-elles eu ? :)

Elles ne sont pas tombées aux mains de pirates, c'est l'armée concilienne qui les a sauvés :P

#20
geoffrey68200

geoffrey68200
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oui mais l'armée concillienne est coincé sur une planète sans renforts conclusion, tu as prévu dans ton histoire qu’elle se fasse chopper

des asaris sans pouvoirs biotiques sa choque XD

#21
Mirlina

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Ah j'ai pas dit sans pouvoir biotique. Juste pas d'implant donc moins puissants de base :P Mais les Asaris sont naturellement douées pour la biotique.


Et sinon... mystère :P

Użytkownik Mirlina edytował ten post 22 kwiecień 2013 - 12:53


#22
geoffrey68200

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les asaris ont des pouvoirs biotiques sans implants et sans amplis ?

#23
Mirlina

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Bah, en fait, je sais pas trop. De ce que j'ai trouvé, elles sont naturellement versée dans la biotique, mais les meilleurs implants sont les implants Asaris. Du coup, j'ignore si elles savent user de la biotique sans implants ou pas...
Il me semble que oui, dû au fait de l'énorme quantité d'Ezo sur leur monde.

#24
geoffrey68200

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certaines forme de vie ont développé des talents biotiques mineurs même sans implants (ex : "ézo" le varen biotique de Jack venant de Thessia) si des formes de vie "primaires" ont développé des talents biotiques basiques on peut supposer que les asaris également

mais sa reste une supposition et sans implants ou amplis la puissance et la stabilité doivent pas être au rendez-vous

#25
Mirlina

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Elles ne seront pas des biotiques puissantes sans implants, c'est pas prévu ainsi :P