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[Fan-Fiction]; Mass Effect 3.5 : Descendance.


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Questa discussione ha avuto 43 risposte

#26
geoffrey68200

geoffrey68200
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ok :)

et des omnitech ? elles en on ?

Modificata da geoffrey68200, 23 aprile 2013 - 09:28 .


#27
Mirlina

Mirlina
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Euh... Je sais pas, j'y ai pas réfléchi j'avouerais xD

#28
geoffrey68200

geoffrey68200
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mouhahahha je t'es coincé ! :)

#29
Mirlina

Mirlina
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Bah je boude, na ! C'too !

#30
geoffrey68200

geoffrey68200
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bha dis toi que tu pourra pourrir ma fan fict cet été :)

#31
Mirlina

Mirlina
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xD

#32
Mirlina

Mirlina
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Voici l'heure de l'avant dernier chapitre... Pour votre plaisir, je l'espère.




Chapitre 9 :Un éclat de Lumière dans un océan de Ténèbres.




La femme ouvrit les yeux et poussa un vague gémissement. Douleur. Ce fut la première sensation qui traversa son être et s'imposa à elle. Sa vue était brouillée et elle battit des paupières à de nombreuses reprises afin d'y remédier. Elle avait du mal à prendre conscience de son environnement, la faute à son esprit encore embrouillé. Elle percevait la voix d'un homme juste à coté d'elle. Elle tourna lentement la tête et détailla rapidement son environnement. Elle se trouvait dans une petite pièce mal éclairée où il régnait une forte odeur de pourriture. Ses muscles étaient endoloris et sa position des plus inconfortable. Elle se redressa en essayant de rester discrète. L'homme tourna la tête vers elle et grogna.
- Elle est réveillée. (Déclara-t-il.) Que voulez-vous que je fasse ?
Il n'y eut pas de réponse. Vlavya se redressa un peu plus et gémit comme la douleur explosait dans son corps et le traversait par vague. Elle plissa les yeux pour affiner sa vue. L'homme avait une main posée sur sa tempe, et l'Alran comprit qu'il parlait via son virtech.
Il hocha la tête.
- Comprit.
Il désactiva l'appareil puis se rapprocha de Vlavya et la dévisagea de ses yeux pourpres.
- Dommage. (Déclara-t-il.)
L'homme sortit un couteau et l'approcha de la femme. Vlavya sentit la peur nouer son estomac. Elle regarda la lame descendre vers sa gorge. Elle se plaqua contre le mur et tenta maladroitement de reculer. Mais elle ne pouvait pas. Elle inspira profondément... Et ses pupilles se dilatèrent. Son corps se tendit comme l'adrénaline circulait dans ses veines. Une énergie nouvelle s'empara d'elle en même temps que la rage, dissipant la douleur et la fatigue. Ses mains jaillirent et agrippèrent les bras de l'homme. Elle dévia le couteau de son visage et le planta dans le coeur de son geôlier. Celui-ci se figea et écarquilla les yeux d'horreur, plongé dans la plus totale des incompréhension. Il retira maladroitement la lame en grognant avant de s'écrouler dans une mare de sang. Vlavya poussa un franc soupir de soulagement et se mit debout. Un vertige l'a saisit comme l'adrénaline s'évanouissait, la laissant faible et groggy. L'Alran inspira profondément et secoua la tête avant de se masser les tempes.
- Ne t'évanouit pas... (Murmura-t-elle pour elle même.)
Elle inspecta une fois de plus son environnement et se questionna : Ou suis-je ? Cette simple question en amenait une autre : Comment suis-je arrivée ici ? Vlavya se massa le front en maugréant et fouilla sa mémoire à la recherche d'une réponse. Elle se souvenait de sa discussion avec Sil suite à la découverte du message, des rapports réguliers de Falcon O6... Et puis... Quelque chose s'était produit... Le son d'une alarme résonna dans son esprit. Mais qu'est-ce qui avait bien pu la déclencher ? Vlavya se concentra davantage, triant ses souvenirs. Un frisson secoua son corps et des images défilèrent dans son esprit. Elle tomba à nouveau avec un gémissement.
Elle se revit dans le centre de commandement. Les alarmes hurlaient partout autour d'elle et résonnaient dans son crâne, brouillant ses pensées, l'empêchant de réfléchir. Les hauts parleurs crachaient les informations lâchés par les officiers de ponts dans une cacophonie monstrueuse.
"- Nous sommes attaqués ! Tout le monde aux stations de combat !"
"- Bouclier sous les 50 % !"
"- Multiples engins !"
Les deux Alrans avaient échangés un regard, tendues. Des soldats étaient venus à elles dans le but de mettre la Haute Conseillère en sécurité, malgré ses protestations.
"- Brèche dans le hangar et les quartiers résidentiels trois à huit !"
"- Perte des boucliers !"
Les avaries s'étaient alors multipliées à un rythme effréné. De violentes secousses avaient eu lieu un peu partout. Des mercenaires avaient envahit le croiseur et s'étaient taillé un chemin sanglant jusqu'aux appartements de Sil. Malgré leur bravoure, les soldats qui protégeaient les Alrans avaient été réduits en charpies en l'espace de quelques instants. L'un des tueurs avait alors pointé son arme sur Vlavya. Et il avait fait feu.
La courtière se massa le cou. Elle sentit très nettement sous ses doigts la trace laissée par la seringue qui avait pénétrée sa chair. Elle fronça le nez de dégoût. Ces lâches l'avaient droguée.
Elle tourna son regard vers le corps sans vie à ses cotés et commença à fouiller ses poches. Elle récupéra une arme blanche et des grenades ainsi qu'un peu de MédiGlo. Et une sacoche. Vlavya l'ouvrit et découvrit des seringues de combat. Elle s'en ficha une dans la jambe et laissa le temps au liquide de courir dans ses veines. Les effets des sédatifs s'estompèrent progressivement. L'Alran se mit en route. Elle ignorait où elle était, pourquoi, et les dangers qui l'attendaient. Mais elle n'éprouvait aucune peur.
Avant toute chose, trouver un plan de l'endroit. Puis, trouver Sil.




Bagel rejoignit le centre de commandement du Corline, Itany et Kayla sur ses talons. Le croiseur les avait récupéré, lui, son équipe et les Asaris, quelques heures après l'attaque. Malgré leur position de force, les mercenaires avaient fuit l'orbite de la planète sans laisser de trace. Le vice amiral Lardok avait écouté Bagel faire son rapport avec attention sans dissimuler son hostilité à son égard. Il jeta de brefs regards aux Asaris, entre animosité et désir.
- Est-ce tout ce que vous aviez à dire ? (S'enquit Lardok d'un ton doucereux.)
- Oui. (Affirma Bagel.) Mais tout ceci n'a pas de sens.
- Plait-il ?
- Les mercenaires sont venus pour elles. (Dit-il en indiquant les Asaris.) Ou tout du moins, pour ce que contenait le bunker. Ils ont détruit la flotte puis sont parti... Pourquoi ?
- Parce qu'ils sont idiots. Parce qu'il s'agit d'une simple vengeance.
- Mais pourquoi ne pas nous avoir attaqué alors que nous étions vulnérable ? (Insista l'officier.)
- ça suffit, capitaine Bagel ! Tout ce que je vois ici, c'est votre incompétence ! (Tonna le vice amiral.) La perte de vaisseaux, la mort de soldat ! Et pire encore, la mort de la Haute Conseillère !
- Mais, Vice Amiral...
Ce dernier leva la main d'un geste impérieux.
- Silence ! (Siffla-t-il.) Vous êtes responsable de ce fiasco ! De plus, vous avez introduits des aliens inconnus dans ce vaisseau, sans les faire passer par l'étape de quarantaine, mettant ainsi un autre bâtiment en danger. ça ne tiendrait que de moi, je vous exécuterais maintenant.
Lardok recula d'un pas et toisa l'officier du regard avec une immense satisfaction. Le visage de Bagel s'était peu à peu décomposé.
- Escortez l'ancien capitaine et ses associées en cellule. Nous déciderons plus ****** quoi faire d'eux. (Lança le Vice Amiral à l'égard des deux soldats qui attendaient à l'entrée.)
Mal à l'aise à l'idée de mettre le capitaine aux arrêts, les soldats se jetèrent quelques regards avant de l'entourer.
- Navré, capitaine... (Murmura l'un d'eux.)
- Tu fais ton travail, soldat.
Lardok fit un geste de la main et les soldats emmenèrent Bagel ainsi que les Asaris hors de la pièce et les escortèrent à travers le vaisseau. L'ancien capitaine croisa le regard de nombreux hommes qui ne pouvaient que baisser les yeux. On s'écartait devant son passage, on détournait le regard.... Bagel pouvait sentir la honte qui couvait. Mais personne n'essaya de les arrêter, ni n'osa s'interposer. Le groupe prit l'ascenseur, direction les cellules.
Lardok regarda l'officier s'éloigner, un large sourire aux lèvres. Sa main glissa sur sa tempe et pressa un bouton sous sa peau, activant ainsi son virtech.
- J'ai le colis. (Déclara-t-il d'un ton triomphant.)



Bagel demeura droit et fier dans l'ascenseur qui les conduisait, lui et les Asaris, aux blocs de détention. Lardok avait toujours été un abruti, mais jamais un mauvais officier. Comment pouvait-il prendre une telle décision en de telles circonstances ? Quelque chose échappait au capitaine. Les portes s'ouvrirent, les militaires escortèrent le trio et ouvrirent les cellules. Bagel pénétra calmement dans la sienne et d'un regard, invita les Asaris à faire de même. Et avant que les portes ne se referment, sa main se posa sur le bras du soldat le plus proche.
- Kal... (Murmura-t-il.)
- Je suis désolé, monsieur.
- Tu me rendrais un service, mon garçon ?
- Si je le peux, ça sera avec plaisir.
Bagel lui offrit un sourire et lui tendit un papier.




L'Alran poussa un grognement comme l'aiguille pénétrait sa chair. Elle lâcha la seringue qui tinta en tombant au sol. C'était déjà le troisième dopant qu'elle prenait. Les effets de l'injection étaient de moins en moins puissant au fur à et mesure que la fatigue s'accumulait. Cela faisait des heures qu'elle tournait en rond dans les couloirs de ce vaisseau dont la conception lui était totalement étrangère. Le plan qu'elle avait volé ne lui était pas d'un grand secours car il était écrit dans une langue qu'elle ne pouvait déchiffrer et les schémas n'étaient pas très clairs.
Vlavya avait évité jusqu'à présent toutes les patrouilles, non sans mal. Les cachettes manquaient sur ce bâtiment et elle craignait toujours être repérée. L'Alran avait eu beaucoup de chance pour l'heure, mais elle savait qu'il ne fallait pas compter dessus. La chance était hasardeuse et certains la disaient capricieuse. Elle pouvait s'estomper ou bien tourner en un temps record.
Plus Vlavya avançait dans le vaisseau et moins elle croisait de patrouille. Et ce n'était pas forcément pour la rassurer. La configuration des couloirs changeaient petit à petit et rendait sa progression chaotique. Des câbles sortaient un peu partout et les passages se faisaient plus étroits.
On dirait des coursives mécaniques..., Pensa Vlavya, tendue. Elle poursuivit sa route tant bien que mal, se contorsionnant parfois pour avancer de quelques mètres. Un bruit métallique s'éleva soudain. Vlavya se figea et arrêta de respirer. Quelques bips s'élevèrent, accompagnés de grésillements stridents. D'autres résonnèrent, tel une discussion qui dura quelques minutes. Finalement, ils cessèrent et le son métallique reprit de plus belle, s'atténuant au fil du temps. L'Alran attendit qu'il s'estompe complètement avant de s'autoriser un soupir de soulagement.
- Des Virs... (Murmura-t-elle.) Je déteste les Virs...
Vlavya patienta encore quelques instants pour s'assurer d'être seule avant de reprendre sa route.



Sil demeura bouche bée un long moment, plongée dans la plus totale des incompréhension. Elle ne parvenait pas à croire ce que ses yeux lui montraient, à accepter cette vérité qui venait de lui être révélée. Etait-ce seulement possible ? Avait-elle put être aussi aveugle ?
- Impossible... (Murmura-t-elle, dans l'espoir de se convaincre.)
L'homme esquissa un sourire sans joie.
- Il n'y a pas si longtemps, moi aussi, je croyais certaines choses impossible...
- Pourquoi fais-tu ça ?
- Tu sais de quoi je rêvais ? Je te l'ai dit il me semble... (Il secoua doucement la tête, avec ironie.) Mais on ne fait pas toujours ce que l'on veut.
- Tu veux me faire croire que quelqu'un te force ? (Cracha-t-elle avec hargne.)
- Crois-tu que nous sommes toujours libre de nos choix ?
- Bien sûr ! Et il faut les assumer.
- Assumer, oui. (Déclara-t-il en opinant.) Mais tu te berces d'illusions, Sil. Il y a des choses sur lesquels nous n'avons pas le moindre contrôle.
L'homme se pencha un peu plus et Sil écarquilla les yeux d'horreur. Les yeux de son interlocuteur luisaient d'un faible éclat bleuté et ses pupilles semblaient onduler, frétiller, légèrement. Elles s'illuminèrent un instant et tout redevient normal. L'Alran battit des paupières et se massa l'arête nasale en maugréant.
- Je te prie de croire que c'est fort désagréable...
- Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ? (Lâcha-t-elle dans un souffle.)
- J'ai fait une rencontre... (Murmura-t-il.) Une rencontre qui a tout changé.
- Quelle rencontre ?
- Tu ne le croirais pas.
- Je peux t'aider Meran. Qui qu'ils soient, quoi qu'ils t'aient fait. Si tu me libères, je t'aiderais, tu as ma parole !
Le conseiller offrit à Sil un sourire sans joie.
- Tu penses pouvoir le faire. Mais tu ignores tout d'eux.
- Qui sont-ils ?
L'Alran demeura silencieux un long moment, ne sachant que dire. Il se passa nerveusement la langue sur les lèvres.
- Eternel, infini, immortel... (Déclara-t-il d'une voix enrouée.) C'est ainsi qu'ils se considèrent. C'est ainsi qu'ils sont. A coté d'eux, les Virs ne sont guères plus que des pantins articulés.
- Que sont-ils ? (S'enquit-elle doucement.)
Meran plongea son regard au fond de celui de sa partenaire. Sil frémit en lisant la peur, le trouble, qui habitaient le regard de son ancien ami.
- D'aucuns les appellent Moissonneurs...
Sil tiqua à l'évocation de ce nom, mais Meran ne sembla pas le remarquer.
- J'ignore d'où ils viennent... Mais ils ont toujours été là, dans les ténèbres, nous étudiant, attendant leur heure...
- Dans quel but ?
- Remettre de l'ordre dans la galaxie. Comme ils l'ont fait la dernière fois. Asaris, Turiens, Humains, Galariens, Krogans... Tous... Et bientôt, ce sera notre tour.
- Ils les ont massacrés ?
Meran opina sombrement.
- Et tu travailles pour eux ? Tu les aides ?!
- Non ! (S'exclama le conseiller en se redressant de toute sa hauteur.) Je ne travailles pas pour eux, mais avec eux ! J'essaye de sauver ce que je peux, de montrer notre utilité ! Les Moissonneurs sont invincibles. Tu n'as pas idées du nombre de races qu'ils ont décidés d'annihiler. Moi je sais. IL me l'a montré. J'ai vu la vérité !
Sil tenta de dissimuler au mieux le dégoût et la pitié qu'elle ressentait pour son compagnon.
- Laisse-moi partir, Meran. (Dit-elle doucement.)
- Je... (Il poussa un soupira et baissa les yeux.) J'aimerais, Sil. Vraiment. Mais je ne peux pas. Le seul moyen de nous sauver, c'est de nous soumettre... Pardonne-moi.
Et il quitta la pièce. La Haute Conseillère garda les yeux fixés sur la porte bien après son départ et secoua doucement la tête d'un air navré.



Kal Phillips jetait des regards anxieux autour de lui. Il regarda pour la énième fois le papier qu'il tenait dans sa main et en récita le contenu.
- A V 6 INDI 8 A...
A force, il aurait dû le connaître par coeur. Mais Kal avait tellement le trac qu'il ne parvenait pas à le retenir.
Je peux toujours renoncer..., pensa-t-il. Mais il repoussa aussitôt cette idée. Elle n'était pas digne de lui ou de tout autre soldat. Le capitaine Bagel lui avait demandé un service et il le lui rendrait ! Car l'ancien officier aurait fait de même pour lui.
Kal jeta de nouveau un coup d'oeil au centre de commandement. Lardok était seul, penché au dessus du terminal.
- Soldat ! (Hurla-t-il soudain.)
Kal se figea et se colla contre le mur. Lardok hurla une fois encore avant de pousser un profond soupir. Il sortit de la salle en pestant.
- Incapables...
Kal attendit qu'il se soit éloigné avant d'entrer dans la salle de commandement. Il laissa ses doigts courir sur le terminal et activa l'interface virtuel avant de taper le code que lui avait remit son ancien capitaine. Il appuya sur entrée. Et rien ne se produisit. Au loin, Kal pouvait entendre les hurlement de fureur de Lardok qui passaient ses nerfs sur les soldats qui n'avaient pas répondu à son appel. Phillips prit une profonde inspiration et retapa le code en veillant à ne faire aucune faute. Durant un instant qui lui parut interminable, il ne se passa rien. Puis, une carte de la galaxie se matérialisa et un point rouge clignotant apparut dans un secteur proche du Corline.
- Signal localisé... Signes vitaux stables... (Lut Kal sur l'écran.) C'est la Haute Conseillère...
Il quitta précipitamment la pièce et rejoignit l'ascenseur. Lardok le regarda partir avec curiosité et incertitude. Ses yeux coulèrent vers le lieu d'où venait le soldat : Le centre de commandement. Le Vice Amiral plissa les yeux et pénétra dans la pièce. Immédiatement, son attention fut attirée par la carte de la galaxie qu'affichait le terminal et par le signal lumineux qui clignotait. Il s'appuya sur les rebords de métal et consulta rapidement l'hologramme. Son nez se fronça sous la colère.


Kal jaillit dans le centre de détention comme un furieux.
- Vous aviez raison ! (Hurla-t-il à l'adresse de l'ancien officier en pénétrant dans le bloc.) Vous aviez raison !
Bagel le dévisagea un long moment sans rien dire.
- Tu en es sûr ?
Kal opina vivement.
- Elle est en vie ! Et je sais où elle est !
- Bon travail, mon garçon. Informes-en Lardok. Qu'il mette sur pied une opération de sauvetage.
- M'informer de quoi ? (S'enquit l'intéressé en sortant de l'ascenseur, flanqué d'une escouade complète.)
Bagel dévisagea le vice amiral un instant et dissimula au mieux son trouble.
- La Haute Conseillère est en vie. (Déclara-t-il.) Et nous savons où elle se trouve.
- J'avais déjà connaissance de cette information.
Bagel écarquilla les yeux d'un air ahuri.
- Pourquoi ne pas avoir lancé une opération de sauvetage en ce cas ?
- Cela ne vous regarde pas, Bagel ! Mais j'ai d'autres projets. Messieurs, mettez ce soldat aux arrêts également. (Lança-t-il en pointant Kal du doigt.)
Les hommes ne firent pas le moindre geste et l'un d'eux se tourna vers Lardok.
- Monsieur ? Pourquoi n'allons-nous pas sauver la Haute Conseillère ?
- Ne discutez pas et exécutez mes ordres !
Deux des hommes s'avancèrent, mais leur chef leur ordonna de s'arrêter.
- J'exige une réponse, Vice Amiral. La Haute Conseillère devrait être notre priorité principale.
- C'est mon vaisseau, c'est moi qui décide, Lieutenant Ginks ! La Haute Conseillère n'est pas une priorité ! Arrêtez cet homme ou c'est vous que je ferais arrêter ! Je vous ferais tous arrêter !
L'escouade prit les armes et les pointa sur Lardok.
- Je ne crois, Vice Amiral. (Déclara Ginks d'un ton froid.)
- Insubordination... (Siffla Lardok.)
Sa main glissa en un éclair vers son pistolet qu'il leva vers Ginks. L'air miroita alors entre les deux hommes et une légère aura bleutée enlaça le corps du Vice Amiral qui fut soulevé de sol. Il percuta violemment le plafond et retomba au sol, inconscient. Tous les regards se braquèrent sur les Asaris et en particulier Itany. La jeune femme tremblait et avait le souffle court. L'une de ses mains était levée en direction du groupe. Elle n'esquissa pas le moindre geste.
- Tany ? (Murmura sa soeur.)
L'intéressée ferma les yeux et inspira profondément.
- Je suis désolée... (Fit-elle d'une voix faible.)
- Non. Je vous remercie. (Déclara Ginks. Il fit face à Bagel et le salua.) Capitaine. J'ignore où va me mener mon action. Mais je sais que mon devoir est de sauver la Haute Conseillère. Prendrez-vous les armes à mes cotés ?
- Absolument, Lieutenant.
Ginks opina.
- Libérez-les. Et enfermez celui-ci.
Lardok en prison, Bagel ainsi que les Asaris libérés, le groupe rejoignit le pont. Le Capitaine, en tant qu'officier le plus haut gradé, prit le commandement du Corline. L'action souleva de nombreuses interrogations. Mais Bagel expliqua la situation avec calme et le respect que les soldats avaient pour lui empêcha toute mutinerie. Un cap fut donnée ainsi que des ordres. Le Corline, suivi de l'ensemble de la quatrième flotte du conseil prit la direction du relais. L'imposante machine s'activa, ses anneaux accélérèrent pour atteindre en quelques secondes une vitesse phénoménale. Elle irradia d'énergie et des arcs d'énergies bleus s'échappèrent de la structure pour toucher les vaisseaux et entrer en résonance avec leur noyau d'ézo. Et ils disparurent les uns après les autres. Les anneaux décélérèrent, l'éclat se réduisit et tout redevint normal.




Le style des couloirs avait changé une fois de plus, mêlant désormais architecture synthétique et organique. Vlavya laissa tomber au sol la dernière seringue d'adrénaline dont elle venait de vider le contenu dans sa jambe et qui la faisait désormais affreusement souffrir. Elle serra les dents et reprit sa route, sans grand espoir. Elle tournait depuis si longtemps dans ces couloirs qu'elle avait perdu la notion du temps. Une pensée affreuse s'empara d'elle : Elle allait peut-être mourir ici. Elle la repoussa et s'arma de courage. Elle ne pouvait plus être très loin. Elle changea encore trois fois de pont avant de finalement tomber sur un garde. L'homme la dévisagea en écarquillant les yeux. Il ouvrit la bouche pour sonner l'alerte, mais Vlavya se précipita sur lui. En une seconde, elle franchit la distance les séparant et planta sa lame dans la gorge du mercenaire. La voix de ce dernier mourut dans sa gorge et il glissa lentement sur le sol pour ne plus bouger. L'Alran fouilla rapidement le corps et s'empara de ses clés avant de déverrouiller la porte qu'il gardait. Le panneau de métal coulissa, dévoilant une petite pièce mal éclairée. En son centre se trouvait une chaise et une femme était assise dessus, visiblement attachée. Celle-ci leva les yeux vers la porte et resta interdite un instant.
- Vlavya ? (Murmura-t-elle sans y croire.)
L'intéressée sourit et opina avant de se diriger vers sa compagne.
- C'est bien moi, Sil. Je vais vous tirer de là.
- Je suis soulagée de vous savoir en vie.
Vlavya essaya de ne pas rougir et se plaça dans le dos de la Haute Conseillère. Elle prit le temps d'inspecter les menottes qui retenaient sa compagne. La courtière examina ensuite les clés, à la recherche de celle qui délivrerait Sil quand un bruit sourd se fit entendre. L'Alran releva brusquement la tête et se figea.
- Tiens tiens, mais voilà notre fugitive. (Déclara Cherl Meza d'un ton amusé.)
Le mercenaire tenait à la main un pistolet qu'il pointait sur Vlavya. Derrière lui arriva Meran. Le conseiller dévisagea les deux femmes un long moment.
- J'ai la permission, monsieur ? (S'enquit le mercenaire.)
Meran opina sombrement. Cherl leva son arme, un sourire féroce sur les lèvres.
- Non ! Pitié ! (Hurla Si, son regard plongé dans celui de Meran.) Je t'en prie, Meran...
Vlavya posa une main sur l'épaule de son amie et de l'autre, déposa discrètement les clés entre les siennes.
- ça va aller... (Murmura-t-elle.)
Elle se décala, les mains en l'air. Meran avait gardé son regard braqué sur Sil.
- Je suis désolé, Sil... ( Déclara le conseiller sur un ton navré.) Allez-y.
Et il quitta la pièce. Cherl ricana. Vlavya bondit sur lui et il tira.
- Nooon ! (Hurla Sil.)
Le projectile frappa la courtière en plein coeur et la force de l'impact l'envoya contre le mur du fond. Elle tomba au sol, morte bien avant de le toucher. Cherl s'approcha d'elle et l'examina pour s'assurer de sa mort. Satisfait, il siffla.
- Elle est morte. (Déclara-t-il à la Haute Conseillère sur le ton de la discussion.)
Des larmes roulèrent sur les joues de l'Alran qui jeta un regard haineux à son geôlier.
- Je te tuerais pour ça ! (Jura-t-elle.)
- C'est ça.
Deux gardes entrèrent dans la pièce. Ils attrapèrent le cadavre par les mains et les pieds et le traînèrent hors de la salle. Meza les suivit et referma la porte, laissant la Haute Conseillère seule une fois de plus.
- Oh, Vlavya... (Murmura Sil, désemparée.)
Elle fit tourner les clés entre ses doigts et son visage se durcit comme ses muscles se tendirent.
- Je te vengerais... (Marmonna-t-elle entre ses dents.)




Bagel, Ginks, son escouade, et les Asaris, se trouvaient dans le centre de commandement au moment du passage du relais. Les capteurs du Corline balayèrent immédiatement la zone et affichèrent les données sur le terminal au centre de la pièce. Une importante flotte les attendait mais rien que la quatrième du conseil ne pouvait contrer ou même vaincre. Mais le sang de Bagel se figea néanmoins en découvrant une gigantesque construction. Elle n'était manifestement pas achevée à en croire les parties à nues. Elle semblait être d'origines diverses, alliant plusieurs technologies de nombreuses races.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? (S'exclama un commando.)
- On dirait une base. (Répondit Ginks d'un ton maussade.)
- Il n'y a que très peu de canon dessus. Elle ne doit pas être en mesure de ce défendre pour l'heure. (Intervint Bagel.) Les croiseurs et frégates ennemis se mettent en position d'interception. Ouvrez moi un canal vers le reste de la flotte. Nous devons coordonner nos efforts.
Bagel fit un zoom sur la base ennemie et nota le point rouge qui clignotait dans ses entrailles.
- Ginks, vous et votre escouade prendrez la navette et irez dans la base ennemie pour l'extraction.
- A vos ordres ! (S'exclama l'intéressé en saluant son supérieur.) Vous avez entendu ? Préparez-vous pour l'infiltration.
- J'aimerais venir. (Déclara calmement Itany.)
Kayla dévisagea sa soeur, surprise et troublée à la fois.
- Tany, pourquoi ?
Sa cadette lui sourit.
- Je ne peux rester oisive. Nos parents nous ont confié les clés du futur.
- Mais nous ne sommes pas des combattantes.
- Je le sais bien. Mais depuis que j'ai utilisé mes pouvoirs... Je ressens un besoin de combattre, comme si quelque chose avait changé en moi.
- Navrée Madame, mais je ne pourrais veiller à votre sécurité à l'intérieur. (Intervint Ginks.)
- Capitaine. S'il vous plait. (Insista Itany en plongeant son regard dans celui de Bagel.)
L'officier la considéra un long moment, sans savoir quoi dire ou faire.
- Ce n'est pas prudent.
- Avez-vous des biotiques dans votre groupe ?
- Non. (Admit-il.) C'est très rare. Cela dit...
- Notre mère est partie avec notre père pour sauver notre cycle des Moissonneurs sans entraînement militaire.
- Mais elle avait un entraînement biotique et plus de pouvoir que nous, Tany. (Répondit Kayla.)
- Je veux y aller. (Déclara Itany d'une voix sûre.)
Bagel dévisagea Itany, tiraillé entre son devoir de la protéger, son désir de la soutenir, son envie de lui dire oui et dans le même temps, de lui dire non.
- Je... (Il hésita puis poussa un profond soupir.) Très bien. Je pense que ce n'est pas un hasard.
Kayla secoua doucement la tête.
- Je l'accompagne. Je suis une biotique également.
- Ce n'est pas prudent.
- Ce n'était pas une demande.
Bagel opina et Ginks haussa les épaules avec fatalité.
- Bon. Mais sachez que vous ne serez en aucun cas prioritaire. Je ne garantis pas votre sécurité. (Il haussa la voix.) Escouade ! En avant.




Les rayons d'énergies illuminèrent l'espace comme la quatrième flotte se jetait dans la bataille. Les vaisseaux ennemis répliquèrent et bientôt, un flot ininterrompu de faisceau énergétique balaya les flottes, apportant mort et destruction. Les boucliers des croiseurs les plus proches des combats cédèrent en quelques secondes à peine pour laisser leur coque sans défense. Les premiers bâtiments explosèrent après moins de deux minutes. Des dizaines de chasseurs escortant une demi douzaine de navette se jetèrent dans la mêlée, évitant les tirs ennemis en direction de l'immense base adverse. Trois navettes réussirent à accoster dont celle de l'escouade de Ginks. Les mercenaires et les Virs se trouvaient déjà dans les hangars et le combat s'engagea. Les forces du conseil nettoyèrent rapidement la zone.
- Escouade Lierm et Glik, restez ici et sabotez les bâtiments ennemis. Empêchez-les de prendre part au combat. Unité, avec moi ! Nous allons secourir la Haute Conseillère.
- A vos ordres !



La bataille faisait rage depuis de longues minutes déjà et s'était peu à peu déportée vers la station. Des tirs perdus l'avaient touchés de plein fouet, décrochant quelques plaques et secouant l'édifice. Les alarmes hurlaient dans la station et les couloirs étaient saturés de mercenaires et de synthétiques se dirigeant vers les postes de combat. La lumière clignotait, le sol tremblait. La porte de la cellule de Sil s'ouvrit à la volée et Cherl Meza se précipita à l'intérieur. Il plissa les yeux et inspecta rapidement la pièce d'un coup d'oeil circulaire.
- Toi ! Surveille-là ! (Ordonna-t-il à un homme derrière lui avant de repartir.)
L'intéressé pénétra dans la pièce et referma la porte derrière lui. Son crâne heurta violemment le métal et il s'affala au sol. Sil laissa tomber ses menottes et récupéra l'arme du mercenaire comme la porte s'ouvrait une nouvelle fois.
- Qu'est-ce que c'est que ce bord... (Commença le chef mercenaire avant de plisser les yeux.)
Il analysa rapidement la scène, poussa un grognement et se jeta sur Sil. Il la frappa avec la crosse de son arme, dévia la sienne et la força à la jeter au sol. L'Alran accusa le choc et envoya son pied derrière le genou de son geôlier. Cherl tomba au sol, fit une roulade pour voir la Haute Conseillère sauter sur lui. Sil lacéra le visage du mercenaire à coup de griffe, déversant sa rage sur lui. Le pied de Meza appuya sur son ventre et la repoussa violement en arrière. Elle fit une pirouette pour se remettre debout, prête à s'élancer de nouveau mais Meza la tenait désormais en joue. Il essuya le sang qui coulait sur son visage en haletant, un rictus sadique sur les lèvres.
- Pétasse. (Lâcha-t-il.) Meran te veut en vie. Moi, j'en ai rien à foutre.
Il affirma la prise sur son arme. Sil demeura stoïque et ferma les yeux en inspirant profondément. Il y eut un coup de feu et elle sursauta. Elle fut surprise de ne ressentir aucune douleur.
- Mais vous êtes malades ?! (S'écria Meran.)
Sil rouvrit les yeux. Le conseiller venait de dévier le tir et était désormais engagé dans une lutte avec le mercenaire. Elle s'apprêta à bondir pour lui venir en aide quand un autre coup de feu retentit. Meran écarquilla les yeux et glissa sur le sol, du sang coulant d'une blessure à l'abdomen. Cherl remit rapidement Sil en joue.
- Vous... Vous... (Bégaya Meran, incapable de trouver ses mots.)
- C'est moi le chef, désormais. (Annonça Cherl.) Et ma première décision, c'est de tuer cette pute.
Des larmes roulèrent sur les joues de Meran qui tourna son regard vers Sil.
- Sil... (Murmura-t-il.)
Elle opina doucement et écarta les bras.
- Vas-y, si t'as les tripes.
Cherl ricana et visa la tête de la Haute Conseillère. Soudain, une décharge d'énergie traversa son corps. Le mercenaire sentit son corps se soulever, incapable de contrôler ses membres. Il s'envola à travers la pièce et poussa un hurlement de terreur avant de s'écraser contre le mur derrière Sil. Un craquement sinistre retentit et il glissa à terre, mort bien avant de toucher le sol. L'Alran regarda le corps sans vie entre surprise et dégoût. Ses yeux coulèrent vers la porte. A l'entrée de la pièce se trouvait une jeune femme d'une race qui n'était pas tout à fait étrangère à la Haute Conseillère, bien qu'inconnue. Une aura bleue entourait cette personne qui tomba à genou en haletant. Une autre femme de la même race la prit dans ses bras.
- Bravo, Tany.
L'escouade de Ginks pénétra dans la pièce et la sécurisa en un instant. Le Lieutenant s'approcha de Sil.
- Tout va bien, Haute Conseillère ?
- Oui, merci Lieutenant.
Ginks acquiesça et enclencha son virtech.
- Haute Conseillère en sécurité. Nous nous préparons à évacuer. Comment ça se passe au hangar ?
- On tient comme on peut ! (Répondit Glik, manifestement sous le feu ennemi.)
- Nous sommes en route. (Il désactiva l'appareil.) Nous devons vous sortir d'ici, Haute Conseillère.
- Oui, Lieutenant, un instant.
Sil rejoignit les Asaris et se mit à genou pour être à leur hauteur. Elle les dévisagea longuement et avec intérêt, en particulier Itany dont le regard captiva le sien. Les poils de l'Alran se hérissèrent légèrement et ses yeux coulèrent vers les lèvres de la jeune femme. Un petit sourire s'y dessina et Sil se sentit irrémédiablement attirée. Elle secoua la tête et détourna les yeux pour se remettre les idées en place et reprendre le contrôle.
- Je vous dois la vie. Merci.
Itany acquiesça.
- C'est un honneur, Haute Conseillère. (Déclara-t-elle doucement.)
- J'ai déjà vu quelqu'un de votre race. Dans un holomessage.
- Notre mère.
- Vous m'en direz plus en tant voulu. Et je veillerais à ce que vous soyez récompensées. Toutes les deux.
Sil leur sourit et posa une main sur l'épaule d'Itany qu'elle pressa doucement. Puis elle se tourna vers Meran et ressentit un élan de peine à son égard. Elle appuya sur sa blessure pour diminuer le flot de sang qui s'en échappait.
- Je suis désolé, Sil... (Murmura l'Alran d'une voix presque éteinte.)
- Meran, je t'en prie, tu dois me dire tout ce que tu sais.
- Il est trop ******...
- Alors ça ne te coûte rien.
Meran réfléchit à cette affirmation avant d'opiner.
- Soit... C'était durant mon service militaire, à la sortie de la tanière. J'était sur un bâtiment, sous les ordres du Vice Amiral Lardok. Nous étions dans une région inconnue de la galaxie... Et nous sommes tombé sur une sorte de vaisseau gigantesque... Non. (Se corrigea-t-il.) En réalité, c'est Lui qui est venu à nous. Nous n'avions jamais rien vu de tel. Une créature de métal mais consciente, bien éloignée des Virs...Et cette... chose... nous a parlé. Dans nos têtes. Des voix murmuraient, étouffaient nos pensées. Nous étions hypnotisés, attirés par cet être. Il nous a dit que nous avions le choix. Le servir ou mourir. Mais qu'il saurait nous récompenser. Certains ont prit les armes et ont voulu lui déclarer la guerre. Mais alors, ils ont été prit de convulsions, ont hurlé... Et... ils... (Des larmes roulèrent sur les joues de Meran.) Ils ont commencé à s'attaquer eux même, à se labourer le corps de leurs mains et de leurs griffes.... Et nous n'avions aucun moyen de les en empêcher... Ils se sont vidés de leur sang à nos pieds et l'horreur s'est emparé de nous comme nous prenions conscience de la puissance de cet être. Alors, nous nous sommes soumit. Nous avons accepté d'être sien. Il nous a montré sa vision des choses... Il nous a apprit la vérité, nous a instruit pour que nous puissions être à même de le servir. Ils sont une armée entière, Sil. Et ils ont des projets...
Sil déglutit.
- Lesquels ? (S'enquit-elle d'une petite voix après un instant.)
Meran s'humecta les lèvres, de plus en plus pâle.
- Meran, dis-le moi ! (Supplia-t-elle.)
Il tourna son regard vers les Asaris.
- Dans le cycle précédent, les races se sont alliées... Ils ont vu ce que cela pouvait donner, les risques que cela comportait. Alors, ils veulent saboter toute chance de réconciliation.
- Comment ?
- Les Yaghs... Ils veulent la guerre entre le conseil et les Yaghs...
Sil resta silencieuse un moment, absorbant les informations, prenant conscience de leurs sens, se remémorant la session du conseil seulement quelques jours auparavant.
- C'est moi qui ne veut pas apporter de l'aide aux Yaghs.
Il opina.
- Et je t'ai soutenu car c'est ce qu'ils souhaitent... Pour forcer les Yaghs à se rebeller et que les autres races choisissent un camp... Certains choisiront les Yaghs... Alors la nation galactique se disloquera, la mort et la destruction arriveront... Ce sera la guerre, le chaos... Et ils viendront y mettre bon ordre.
Sil resta muette, dégoûtée et impressionnée à la fois par un tel plan.
- Et les Virs dans tout ça ? (S'enquit Ginks.)
- Ils sont déjà à la botte des Moissonneurs... Reprogrammés... Ils n'ont plus de conscience car ils représentent aussi un danger.
- Pourquoi, Meran ? (Demanda Sil tout bas, d'une voix anéantie.) Pourquoi ne pas m'en avoir informé ? Pourquoi avoir gardé cela secret ?
- J'ai essayé, Sil... Mais je ne pouvais pas en parler... Il m'en empêchait...
- Combien d'autres comme toi ?
Il hésita.
- Dis le moi ! (Hurla-t-elle avec colère.)
Un gémissement s'échappa de la gorge du mourant qui commença à fibriller.
- Il est là... (Murmura-t-il, angoissé.) Il est là...
Sil prit la tête du conseiller entre ses mains et la serra pour avoir son attention, le forçant à la regarder.
- Combien, Meran ?!
Il déglutit.
- Des dizaines.... Des dizaines et plus encore ! (Lâcha-t-il entre deux tremblements.)
Les spasmes s'accentuèrent. Sil serra la main de Meran dans la sienne dans un espoir futile pour le rassurer.
- Sil... (Lâcha-t-il d'une voix suppliante.)
- Je suis là... (Souffla-t-elle.)
- Sil, écoute-moi... Les Moissonneurs... Ils... Ils craignent ce qu'ils ne peuvent pas contrôler. Comme elles... (Déclara-t-il d'une voix étouffée en pointant les Asaris du doigt.) Elles sont votre ressource la plus précieuse...
Sil opina doucement.
- Nous les protégerons.
- C'est bien... (Lâcha-t-il dans un sanglot.)
De nouveaux tremblement le saisirent et ses mains glissèrent dans ses poils qu'il commença à arracher en gémissant.
- Pitié Sil ! J'ai si mal...
La Haute Conseillère se redressa. Elle attrapa l'arme de l'homme le plus proche et la pointa sur son compagnon.
- Je suis navrée. (Murmura-t-elle avec sincérité mais d'une voix froide.)
Et elle fit feu. Le corps s'affaissa et cessa de gigoter. L'étincelle de la vie quitta les pupilles de Meran qui conserva son regard fixé sur Sil. L'Alran secoua doucement la tête et détourna les yeux en rendant son arme au soldat.
- Partons d'ici. (Dit-elle à Ginks.)
Le Lieutenant la dévisagea une seconde avec respect avant d'opiner.
- En avant.

#33
geoffrey68200

geoffrey68200
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ton histoire est réellement prenante et j'espère que la mienne le sera autant ... oui je rêve éveillé lol

j'aime ta version de l'histoire, Shepard a échouer mais son souvenir fait peur au Moissonneurs, ceux qui se prennent pour de dieux immortels se souviennent avec peur de celle qui fut leur plus grand ennemis et ils apprendront à craindre tout autant ses filles.

la suite ! la suite ! ma suite !

#34
Mirlina

Mirlina
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Comment ça "ta suite"? :P

C'est du travail, mais je suis persuadé que tu sauras en tout cas nous pondre quelque de bien pour ta fic ;) Il me tarde de la découvrir en tout cas !
Et moi aussi j'aime bien que les Moissonneurs doutent un peu :P (Même si je doute que ça plaise à tout le monde ;))

#35
geoffrey68200

geoffrey68200
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ma suite ? oups dsl trompé de bouton o_O (ne le remarque que 25 jours plus ****** XD)

dès que j'ai de nouveau word et que java fonctionne normalement je post les 10 chapitres de prologue qui font très "citadel" très bercés sur la romance et les relations entre Jane et Liara ou avec les autres personnages de la saga et peu d'histoire a coté de ce sujet ci (après on aime ou pas c'est au choix :P)

la suite je ne l'ai pas encore écrite (à cause de problème infos) mais j'ai déja un brouillon d'idée validé par Franck Steel qui me sert de co-auteur/correcteur et j'ai peut-être même trouvé un dessinateur pour des fan-art ;)

la vu le contenu que j'ai prévu je pense que, prologue compris sa va approché la vingtaine de chapitre voir un peu plus

et sinon ton dernier chapitre c'est pour quand ? ;)

#36
Mirlina

Mirlina
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C'est en cours :P

Et j'ai hâte de lire ta fiction ;)

#37
geoffrey68200

geoffrey68200
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merci :)

#38
Mirlina

Mirlina
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Certains l'attendaient, peut-être même avec impatience !

Déception, surprise (bonne ou mauvaise) ou euphorie, je vous laisse seuls juges. Sachez simplement que le moment est venu de connaître la vérité...

Bonne lecture.
L'épilogue arrivera dans les prochains jours.


Chapitre 10 : Histoires révélées.




Le temps s'écoulait avec une lenteur affligeante. C'était toujours le cas quand on attendait. Itany essayait de ne pas montrer sa gêne, adossée contre un des murs de la Citadelle, face à la salle du conseil. Cela faisait maintenant plus de deux heures qu'elle faisait le pied e grue. Bien qu'à l'écart du reste de la station, la salle du conseil n'en était pas moins dans une aile ouverte au public. De ce fait, de nombreuses personnes issues de nombreuses espèces passaient devant Itany et toutes sans exception la dévisageaient avec surprise, intérêt, et parfois, frayeur. Rares étaient celles osant lui parler, plus rares encore celles connaissant le nom de sa race. L'Asari n'aimait pas être source d'autant d'attention. Alors elle baissait les yeux et patientait, comme le lui avait demandé Sil.
Oh, Kayla, comme j'aimerais que tu sois là, pensa-t-elle. Mais sa soeur était partie avec le capitaine Bagel afin de préparer au mieux l'armée. Itany quant à elle, avait accompagné Sil pour convaincre le conseil. Et au vu de l'attente, la jeune femme avait des doutes sur la réussite de l'entreprise.

- Nous ne pouvons déclencher une guerre sur la seule bonne foi d'une personne, fusse-t-elle la Haute Conseillère ! (Lança Jursin, le conseiller Zern.)
Certains approuvèrent d'un murmure, d'autres secouèrent la tête ou demeurèrent silencieux.
- Dois-je vous rappeler le rôle de la quatrième flotte et des hommes du capitaine Bagel et du Lieutenant Ginks ? Tous sont prêt à témoigner.
- S'agit-il du même Capitaine Bagel mit aux arrêts par le vice amiral Lardok ? Et ensuite libéré par le fameux Lieutenant Ginks ? Navré de vous le dire, mais leur témoignage ne peut être prit pour argent comptant, tant que cette affaire avec le vice amiral n'aura pas été réglée. (Répondit Jursin d'un ton suffisant.)
- Nous pourrions interroger Lardok. (Proposa Yuleng.)
- Vous désirez l'interroger ? (S'enquit Sil d'une voix sensuelle, dissimulant au mieux sa colère.) Mais à quel sujet ? Lui demander si le Capitaine Bagel mériterait d'être arrêté ? Si sa propre arrestation était justifiée ? Si l'opération de sauvetage de ma personne était une bonne idée ?
Quelques murmures nerveux s'élevèrent et le conseiller Zern se racla la gorge avant de baisser ses trois yeux vers le sol.
- D'après vos propos, Lardok serait un agent des Moissonneurs. (Continua Yuleng.) Peut-être pourrait-il nous en dire plus à ce sujet. Après tout, c'est à Meran que vous devez l'information sur la prétendue traîtrise du vice amiral. Son témoignage ne devrait pas condamner un héros de la flotte sans qu'il ne puisse se défendre.
- Ce n'est qu'à sa mort que Meran a avoué la vérité.
- Sa vérité. (Corrigea Yuleng.) Il y a là matière à mensonge. Le vice amiral n'est peut-être pas un traître. Peut-être ses intentions n'étaient-elles simplement pas claires.
- Peut-être ne faisait-il qu'une retraite stratégique afin d'élaborer un plan de sauvetage ? (S'enquit Sil d'un ton aigre-doux.)
- Peut-être bien. (Dit-il sans animosité, loin de se laisser prendre au jeu.)
- Ne pas venir en aide à la Haute Conseillère est une trahison en soi ! (S'offusqua un conseiller Alran.)
- Certes. Mais nous n'avons pas toutes les données de cette affaire. (Reprit Jursin.) Et malgré tout mon respect, Haute Conseillère, je ne peux approuver une guerre sur de simples suppositions. Même si j'ai foi en vous, je ne peux donner crédit à vos propos seuls.
Sil plissa les yeux et dévisagea le conseiller un long moment. C'était dans ces moments là que l'Alran haïssait sa position et le pouvoir en place. Le jeu de la politique était fait de tromperie, de faux semblant et de comédie. Il puait le mensonge, le profit et l'intérêt. Et elle n'avait jamais eu de réel talent pour ces choses là. Sil était quelqu'un de direct, parfois véhémente, mais qui ne cachait jamais ses véritables intentions. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres comme une idée germait en elle.
- C'est évident. (Déclara-t-elle.)
- Qui plus est, vous êtes la Haute Conseillère.
- Ce n'est pas en tant que Haute Conseillère que je suis ici en ce jour. Mais bien en tant que citoyenne de la communauté galactique qui vient prévenir le conseil d'un danger.
Un vent de surprise frappa la salle tout entière. Les conseillers restèrent silencieux un long moment, dévisageant l'Alran avec des yeux ronds. Tous étaient depuis bien longtemps habitués à ce que Sil anime les débats ou tout du moins ne fasse l'arbitre. Qu'elle soit le lien indéfectible de ce conseil.
- Vous renoncez à votre titre ? (S'enquit le conseiller à sa gauche.)
Sil descendit de son siège pour se placer au centre de la pièce.
- Du tout. Mais en tant que Haute Conseillère, je ne peux présenter une requête à ce conseil sans qu'il n'y ait conflit d'intérêt. (Elle engloba la salle du regard, un petit sourire aux lèvres, satisfaite de l'effet de sa déclaration.) En ce jour, je ne suis qu'une simple citoyenne; et c'est à vous, conseillers, que je demande de l'aide. Pour protéger cette communauté à laquelle j'appartiens et que j'aime.
Les conseillers la regardèrent, indécis.
- J'estime que nous devrions tout de même interroger le vice amiral avant de prendre toute décision. (Déclara Jursin avec calme après un moment.)
- Soit, je me plierais à la volonté du conseil. Mais avant, j'ai quelqu'un à vous présenter. Une jeune femme qui saura vous expliquer la menace qui pèse sur nos épaules.
- Est-ce... Elle ? (S'enquit un conseiller dans un murmure.)
Sil acquiesça et se dirigea vers la porte. Elle aurait pu faire entrer Itany bien plus tôt et même la faire venir tout en demeurant Haute Conseillère de cette session. Mais la jeune Asari était un atout des plus précieux et l'Alran désirait avoir la pleine écoute du conseil. Les conseillers étaient encore sous le choc et peu sûrs d'eux. Aucun n'osait réellement prendre la parole ni même s'avancer, si peu habitués qu'ils étaient à prendre de vraies décisions par eux même. Et puis, Sil voulait protéger Itany. Non pas que la jeune femme en avait réellement besoin. Mais Sil se sentait responsable d'elle. Du moins essayait-elle de s'en convaincre afin d'oublier le regard pénétrant de la belle qui avait englouti le sien lors de leur première rencontre. Elle avait souhaité ardemment que ce moment s'éternise, de pouvoir se perdre dans cet océan bleu si attirant. Ses poils s'étaient hérissés et quelque chose avait vibré au fond d'elle, faisant renaître un sentiment qu'elle avait oublié, qu'elle n 'avait plus connu depuis des siècles : La résonance. Sil secoua imperceptiblement la tête pour chasser ses pensées comme sa main passait devant l'interface biométrique de la porte. Celle-ci coulissa, laissant apparaître un ange aux yeux de la Haute Conseillère.
- Itany. (Déclara-t-elle doucement.)
L'Asari leva timidement les yeux vers elle, les joues rosies.
- Maintenant ? (Lâcha-t-elle tout bas.)
Sil acquiesça et lui tendit la main. Itany la prit et pénétra dans la salle sans oser croiser le regard de l'Alran. Elle s'avança au centre de la pièce. Tous les regards étaient posés sur elle et les conseillers avaient arrêtés de respirer un instant.
- Une Asari... (Murmurèrent certains dans un souffle.)
Une lueur de désir traversa les yeux de quelques uns et Sil sentit un grondement naître au fond de sa gorge. Ses poils se hérissèrent et elle eut une furieuse envie de feuler. Mais elle s'en retint, ignorant la raison d'une telle montée de colère. Elle avait soudain très chaud.
- Itany Shepard T'Soni. (Annonça-t-elle d'une voix qui se voulait neutre.) Fille du Commandant Mirlina Shepard, Humaine et du Docteur Liara T'Soni, Asari.
Il y eut quelques secondes de flottements avant qu'un conseiller ne se racle la gorge.
- C'est pour nous un très grand honneur, Mademoiselle T'Soni.
Itany s'inclina respectueusement et timidement.
- Pour moi aussi, estimés conseillers.
- Je suis curieux. Quelle est votre histoire ? Comment avez-vous pu survivre et venir jusqu'à nous ?
- En réalité, c'est à mes parents que je dois d'être ici. Ils nous ont placés en hibernation suspendu, ma soeur et moi.
- Afin d'assurer votre survie ? Ils devaient tenir à vous.
- Afin de vous sauver également.
- Mais de quoi ?
Itany ouvrit le sac qu'elle tenait et en sortit un objet noir qu'elle déposa sur le sol. Elle activa ensuite son omni-tech, sous les regards curieux et médusés des conseillers qui ignoraient tout de cette technologie. Elle tapota sur l'interface virtuelle et lança le programme intitulé boîte noire. Un hologramme s'échappa de la petite boite au sol, aux traits d'une Asari nommée Liara T'Soni.
- Si vous m'entendez... (Commença l'enregistrement.)
Sil sentit son coeur se gonfler d'un mélange d'émotions diverses. La lumière de l'hologramme créait des reflets dansant dans la pièce qui firent étinceler la peau écailleuse d'Itany. L'Alran engloba la salle du regard et observa les conseillers. De nombreux sentiments se reflétaient dans leurs yeux parmi la peur, la curiosité, l'incompréhension... L'hologramme changea pour laisser place à divers plans, schémas, dessins et représentations, dont l'image d'une créature de métal dotée de nombreuses pattes à l'aspect effrayant. La voix de Liara continuait de résonner, d'un ton qui se voulait plus neutre. L'Asari expliquait ce qu'ils avaient vécu, les tactiques de l'ennemi, ce qu'ils avaient tenté pour les arrêter... Mais également comment tout avait fini.
Les conseillers écoutèrent attentivement ce message du passé, cette chance d'échapper à ce funeste destin. La détermination remplaça peu à peu la surprise et l'horreur dans leurs yeux. Et pour Sil, c'était l'espoir qui naissait...



De nombreuses heures s'écoulèrent avant la fin de la réunion. Les conseillers absorbèrent les informations mais refusèrent de prendre des risques. Avant de se lancer dans une guerre contre les synthétiques, ils leur fallaient en savoir plus. Aussi décidèrent-ils d'interroger le vice Amiral Lardok. La nouvelle de son suicide par auto mutilation jeta un vent glacial dans la salle et terrifia les conseillers. L'endoctrinement était peut-être une vérité après tout... Une décision fut prise : L'armée serait rassemblée, et envoyée à la frontière de l'espace Virs. Et un diplomate irait établir la discussion avec les synthétiques.
Pour Sil, il s'agissait là d'une décision sensée qui la satisfaisait. Aussi prit-elle congé, éloignant Itany du conseil qui ne put que la regarder partir en silence.
- Vous avez fait sensation, Itany. Je suis fière de vous.
- Je vous remercie, Haute Conseillère.
- Je vous en prie, appelez-moi Sil.
- Sil. (Dit Itany avec un sourire.) J'aime bien ce nom.
Les joues de l'Alran rosirent légèrement.
- Si vous me le permettez, j'ai une visite à faire.
- Oh, bien. Je vous laisse alors.
Itany se détourna mais Sil lui prit la main.
- Non, restez. Je pense que nous avons beaucoup à nous dire.
Un petit sourire se dessina sur le visage de l'Asari.
- Je le pense également.
Sil la conduisit à travers la Citadelle, se déplaçant avec aisance parmi la foule qui se retournait au passage d'Itany. L'Alran avançait avec une grâce animale, une démarche sensuelle et autoritaire qui attirait également nombre de regards. Malgré l'immensité de la station, elle ne marqua pas un instant d'hésitation, passant de rues en couloirs puis en coursives.
- L'aviez-vous déjà vu ? (S'enquit-elle après un moment.)
- La Citadelle ?
Sil opina.
- Uniquement via les images que partageait notre mère.
- Je suis désolée.
- Moi pas. Elle est encore plus merveilleuse en vrai.
Encore dix minutes de marche et Sil s'arrêta devant un immeuble dont elle inspecta longuement la porte sans oser la franchir.
- Attendez-moi ici. (Lâcha-t-elle après un moment.) Je ne serais pas longue.
Et elle pénétra dans le bâtiment. Sa démarche n'était plus si assurée comme elle montait les marches vers le cinquième étage. Quatre portes se trouvaient sur le palier et elle se dirigea vers l'une d'entre elle. Elle s'arrêta à deux pas et tendit la main vers la sonnette. Ses poils étaient légèrement hérissés, et de petits tremblements secouaient son bras. Elle le plaqua contre son torse et prit une profonde inspiration. Puis, elle sonna. Le temps sembla s'étirer à l'infini avant que la porte ne s'ouvre alors qu'en réalité, quelques secondes seulement s'étaient écoulées. Une Alran se tenait dans l'embrasure.
- Oui ?
Sil se passa la langue sur les babines, mal à l'aise.
- Bonjour, je me nomme Sil.
- Que puis-je pour vous ?
- Je viens... Vous donner des nouvelles de Vlavya. (Déclara-t-elle d'un ton vide.)
La locataire dévisagea Sil, le visage crispé.
- Que se passe-t-il ?
Les yeux de la Haute Conseillère s'embuèrent et elle lutta pour ravaler sa peine.
- Elle... Elle est morte.
- Quoi ?
- Tombée au champ d'honneur, pour me sauver la vie.
La femme secoua la tête en levant les mains.
- Vlavya n'était pas dans l'armée.
- Je sais. C'est pourquoi j'ai tenu à venir en personne vous l'annoncer.
- Pourquoi ? Où était-elle ? Que... (Elle déglutit.) Que lui est-il arrivé ?...
- Elle a sacrifié sa vie pour me sauver.
La colère et la tristesse déformèrent le visage de la locataire.
- Pourquoi vous ? Qui êtes-vous ?
- ça n'a pas d'importance.
- Si !
Sil la dévisagea un instant, honteuse.
- La Haute Conseillère.
Des larmes roulèrent sur les joues de l'Alran.
- Elle a toujours été trop héroïque... Je lui avais dit un jour que ça la perdrait...
- S'il vous faut quoi que ce soit, je vous aiderais. Vous avez ma parole.
La femme recula en secouant la tête.
- Vous n'avez rien de ce que je peux vouloir.
- Dites-moi.
- Je veux Vlavya.
Sil baissa les yeux, honteuse, et fixa un instant le ventre de son interlocutrice. Elle inclina la tête sur le coté et renifla l'air avec insistance, approchant son visage de la porte avant de se redresser d'un coup, les yeux écarquillés.
- Vous êtes enceinte !
L'intéressé opina, des larmes roulant sur ses joues.
- Je pourvoirais à vos besoins.
- Non. Laissez-moi. Laissez-moi seule.
Elle claqua la porte, laissant Sil seule sur le seuil, avec sa culpabilité. La Haute Conseillère leva la main, prête à insister, avant de la laisser retomber, consciente de la futilité de son action. Elle resta là durant de longues secondes, sans oser faire le moindre geste.
- Désolée... (Murmura-t-elle.)
Puis elle s'en retourna et quitta l'immeuble.





Itany était accoudée sur la rambarde, le regard perdu dans l'immensité du présidium. Ses yeux passaient des baies vitrées, aux arbres et au lac. La lumière artificielle se reflétait sur le verre et sur la surface de l'eau, les faisant briller de milles éclats. Une très légère brise, créée par le système de ventilation, faisait danser les branches des arbres dont les feuilles ondulaient doucement. Un large sourire illuminait le visage de l'Asari. Elle ressentait le calme et la sérénité de ce lieu qui s'imprégnaient lentement en elle, lui offrant un sentiment d'appartenance qu'elle n'avait plus connu depuis la mort de son père. Itany avait la sensation d'être plus légère, libérée d'un fardeau dont elle n'avait jamais voulu. Pas encore en paix, mais plus tout à fait en guerre. Elle savait la naïveté de telles pensées. Rien n'était jamais acquis et le danger rôdait tout autour, guettant dans l'ombre. Les endoctrinés étaient déjà là, marionnettes au service d'une race de machines infiniment plus évoluées qui patientait dans des ténèbres insondables où la jeune femme craignait de se perdre.
- Aimez-vous la vue ? (S'enquit l'Alran d'une voix douce mais morne.)
La question ramena Itany à la réalité du moment.
- C'est magnifique. (Avoua-t-elle d'une voix émerveillée.)
- J'ai toujours aimé cet endroit. Le calme qui y règne m'aide à décompresser. Et je voulais le partager avec vous.
L'Asari sourit de plus belle. Elle se tourna vers Sil et son sourire s'évanouit peu à peu devant la mine défaite de l'Alran. Elle s'approcha d'elle et s'assit à ses cotés.
- Vous paraissez troublée depuis votre arrêt dans cet immeuble. Quelque chose ne va pas ?
Sil garda un instant le silence, le regard perdu dans le vague.
- J'ai une... dette. Gravée au fer rouge. Et je n'ai aucun moyen de m'en acquitter.
- Je ne comprend pas.
La Haute Conseillère poussa un petit soupir.
- Je dois la vie à quelqu'un. Elle s'appelait Vlavya et s'est sacrifiée pour m'aider. Et la personne que je suis allée voir était sa compagne.
- Elle doit être anéantie...
- Elle est enceinte. Et... Elle a refusé mon aide.
- Vous vous sentez coupable. (Affirma Itany.)
Sil coula son regard vers elle et le plongea au fond du sien.
- Non, je... (Elle opina.) Oui.
- Comment est-elle morte ?
- Assassinée d'une balle pour avoir essayé de me libérer...
- Mais vous n'êtes pas fautive.
- Vraiment ? En êtes-vous sûre ?
- Chacun d'entre nous est responsable de ses propres choix. Le seul fautif est celui qui a appuyé sur la gâchette.
L'ébauche d'un sourire de reconnaissance se dessina sur les lèvres de Sil.
- Merci, Itany.
- De quoi ?
- Votre présence. Vos mots réconfortant.
Les joues de l'Asari rosirent et elle détourna le regard, mal à l'aise.
- Je vous en prie.
- Vous faites preuve de beaucoup de sagesse.
- J'aime à le penser.
- Comment l'avez-vous acquise ?
- Grâce à mes parents. (Déclara-t-elle après un moment d'un ton nostalgique.) Ils m'ont enseigné la valeur de la vie, peu importe sa provenance. L'éthique, la morale... La faculté de réfléchir par soi même, de voir plus loin que soi... C'est à eux que je le dois.
- Ils doivent beaucoup vous manquer.
- Atrocement. (Déclara-t-elle doucement. Elle secoua la tête pour se changer les idées.) Mais je doute que vous m'ayez fait monter ici pour évoquer de vieux souvenirs.
Itany tourna son visage vers Sil d'un air espiègle. L'Alran la dévisagea longuement, savourant sa beauté, son charme, si innocent, si grand.
- A vrai dire, c'est exactement pour ça. J'aimerais en savoir plus sur vous.
- Je crois que vous en connaissez déjà beaucoup.
- Pas tant que ça. Vous avez surtout parlé du combat de vos parents et de l'héritage qu'ils vous ont laissé et que vous nous avez transmit.
- Alors que voudriez-vous savoir ?
- Je veux mieux vous connaître. Votre passé, des événements, des expériences qui vous sont propres.
- Pourquoi ?
- Parce que je désire tout connaître de vous.
- Vous voulez savoir si vous pouvez me faire confiance ?
- Non. ça, je le sais déjà. Je le sens.
- Alors, que voulez-vous ? (Demanda la jeune femme avec douceur.)
Sil ne répondit rien et baissa les yeux, ne sachant que dire, que faire. Diverses émotions bataillaient en elle, et l'Alran ne parvenait plus à comprendre ce qu'elle éprouvait, à savoir ce qu'elle voulait. Itany eut une petite moue attristée qu'elle dissimula bien vite.
- Bon, d'accord. (Annonça l'Asari après un instant.) Je vous dirais ce que vous voulez savoir. Mais à une condition.
- Laquelle ? (S'enquit Sil.)
- Que vous me parliez de vous.
- Et que voulez-vous savoir ?
- Tout.



Sil resta silencieuse un long moment, plongée dans ses pensées. Elle réfléchissait à sa vie, aux expériences qu'elle avait vécu, et à la façon dont elle pourrait les expliquer au mieux. Elle changea de position mais peu satisfaite, reprit la précédente et plongea son regard dans celui d'Itany.
- Ce n'est pas facile.
- Je sais.
Sil inspira profondément.
- Connaissez-vous les Yaghs ?
- De nom. De réputation. (Un petit sourire se dessina sur son visage.) Mes parents ont eu affaire à l'un d'entre eux. Ce combat leur a permit de se retrouver, de s'unir de nouveau.
- Les Yaghs étaient déjà une menace à votre époque ?
- Oh, non. C'était une race primitive, de ce que j'en sais. Isolée sur leur monde. Belliqueuse et dangereuse d'après ma mère.
Sil opina et se lécha les babines, manifestement stressée.
- Ils n'ont pas tellement changés. Mais ils ne sont plus du tout primitif.
- Vous semblez avoir un passif excessivement lourd avec eux.
L'Alran opina à nouveau, le coeur lourd.
- Mais je ne suis pas sûre de vouloir en parler...
Elle allait se lever quand la main d'Itany se posa sur la sienne avant de la presser doucement. Leurs regards se croisèrent et Sil sentit toute volonté de fuir s'évaporer. Elle resta un long moment ainsi, les yeux plongés au fond de ceux de l'Asari, perdue dans une immensité bleutée réconfortante et chaleureuse.
- S'il vous plait. (Murmura Itany avec douceur.) Parlez-moi.
Sil poussa un long soupir et se réinstalla, vaincue.
- C'était il y a de nombreux siècles, avant ma naissance. Notre peuple venait de découvrir des ruines sur une planète proche. Le savoir qu'elles renfermaient lui donna accès au vol hyperspatiale via l'ézo et les relais, la manière de les utiliser. Comme bien d'autres races avant nous...
" Grâce à ces connaissances, mon peuple voyagea dans la galaxie, colonisant de nombreux mondes les uns après les autres sans jamais rencontré âme qui vive en dehors de la faune et de la flore. Les Alrans finirent même par croire être seuls dans l'univers. Leur démographie explosa, leur nombre passant de quelques millions à plusieurs milliards. Ils découvrirent d'autres ruines au fil du temps, qui leur apportèrent de nouvelles connaissances ainsi qu'une meilleure compréhension de la galaxie qui les entourait. Et un jour, sur une planète d'un système proche, ils tombèrent sur les restes d'une civilisation... Récente. Moins de trois siècles séparaient les deux peuples. Mais ce monde n'était plus qu'un vaste champ de ruines. Autrefois prospère et empli de vie, il n'était plus que plaines arides, montagnes écorchées et mers asséchées. L'ombre de la mort planait partout. Ils fouillèrent les ruines et trouvèrent des cadavres en partie recouvert par le temps. Et qui appartenaient à deux races distinctes. Ils en déduisirent qu'une immense bataille avait eu lieu. Une lutte acharnée qui se soldat par une victoire par éradication. (Elle plongea son regard dans celui d'Itany.) Notre plus grand ennemi, dont nous ignorions encore tout, était déjà là. Parmi les squelettes, nous avons trouvé sa trace : Les Yahgs. Cette race était la plus évoluée de la galaxie et également la plus redoutable.
"Notre race a continué d'explorer les systèmes, allant de plus en plus loin. Jusqu'au jour où ils nous sont tombés dessus. Il n'y eut aucune sommation. Pas de revendication ou de tentatives de négociation... Juste une attaque brutale et dévastatrice qui laissa notre race exsangue. En l'espace de quelques jours, notre monde était à feu et à sang, les morts se comptaient par millions. J'ai vu ma mère et mon père mourir sous mes yeux.
Itany déglutit, le dégoût et la tristesse marquant ses traits.
- Quel âge aviez-vous ?
- Cinq ans.
- Je suis désolée.
Sil n'en tint pas compte et reprit son récit d'une voix monocorde.
- Nous étions presque anéantis quand les Yahgs ont proposé une solution au conflit. La soumission ou l'éradication. Mon peuple se souvenait des ruines découvertes et savait que la menace était réelle. Nous avons donc préféré la soumission à l'oubli. Les Yahgs nous ont déporté sur des planètes qui avaient besoin de main d'oeuvre. Pour en obtenir davantage et prévenir tous risques, ils attaquèrent nos colonies. Ils avaient bâti un immense empire basé sur la barbarie et ils en étaient les seuls maîtres. Notre race était la dernière trouvaille de ces esclavagistes. Il y en avait beaucoup d'autres. Une véritable société cosmopolite... Mais une société d'esclave. Certaines races servaient les Yahgs depuis les tout début de leur empire.
" Les années passèrent et notre taux de natalité explosa. La flamme de la liberté nous habitait toujours mais nous nous faisions petit à petit à cette vie. Nous nous accoutumions malgré la haine des Yahgs à notre égard. Ils nous détestaient plus que les autres. Probablement à cause des rebelles qui continuaient de sévir aux frontières de l'espace connu et qui menaient des raids éclairs coûteux pour nos maîtres. Moi, j'avais oublié la saveur de la liberté, le goût du libre arbitre. Je suis tombée amoureuse. J'ai connu la résonance et me suis unie à lui. Puis, j'ai porté sa descendance.
Un petit sourire de nostalgie se forma sur ses lèvres avant de disparaître, laissant place à la colère, à la haine. Elle fronça le nez et retroussa ses babines comme un grondement naissait au fond de sa gorge.
- Nous étions nombreuses à être enceinte. (Reprit-elle d'une voix plus dure.) Notre nombre ne cessait de grandir, dépassant les autres races, et menaçant la suprématie des Yahgs. Ils nous craignaient... Je m'en souviens comme si c'était hier. Au petit matin, les Yahgs ont débarqué. Ils ont emmené les hommes et les enfants. Et ils les tuèrent devant nous. Moins d'un quart survécu. Ceux-ci furent déportés loin de nous et jamais nous ne les revîmes. (Elle marqua une pause, le temps de reprendre son souffle.) Mais les Yahgs n'en avaient pas fini avec nous. Peu après, ils lâchèrent un agent chimique sur notre camp, destinés à... A nous rendre impropre à la reproduction.
- Et... Votre enfant ?
Des larmes roulèrent sur les joues de Sil.
- L'agent chimique a tué de nombreuses portées dans le ventre de leur mère. On a dû m'opérer pour me permettre de survivre.
Itany plaça ses mains devant sa bouche, horrifiée, les yeux embués de larmes.
- Le vent de la rébellion souffla chez les miens. Les Yahgs avaient voulu faire de nous un exemple, prouver leur puissance. Ils n'avaient fait que nous donner une raison de nous battre. Au fil du temps, la rage continua de croître et nombre d'entre nous réussirent à s'enfuir pour rejoindre les rebelles. Notre volonté toucha peu à peu les autres peuples et un plan commença à se former. Un jour, un couple de femelles Alrans nous annonça la nouvelle : Elles attendaient un heureux événement. Notre corps avait changé, s'était transformé pour s'adapter et contrer les effets de l'agent chimique, ouvrant la voie à de nouvelles possibilités : L'union entre femme.
" C'était le signe qui termina de rallier les races. Il s'agissait d'un espoir. Tout pouvait être vaincu. Alors, la rébellion éclata. Tous les peuples se soulevèrent et frappèrent les Yahgs partout en même temps. Nous enfonçâmes leurs rangs, les prenant totalement au dépourvu. Ils perdirent de nombreuses planètes en peu de temps. Puis, ils ripostèrent. La guerre s'éternisa alors et le nombre de vie perdue ne cessa d'augmenter. Après plus de deux siècles de batailles sanglantes, notre alliance parvint à les repousser sur leur monde d'origine. Et à obtenir la victoire. Durant cette guerre, les Yahgs usèrent de nombreux moyens pour tenter de nous anéantir, commettants d'innombrables atrocités. Les races, autrefois soumises, formèrent alors le conseil pour diriger la galaxie vers un avenir commun, loin de la tyrannie des Yahgs, parées à prévenir tout risque.
- Et ils vous ont nommé Haute Conseillère à ce moment là ?
Sil secoua la tête.
- Non. J'étais une des chef de la résistance, mais j'étais avant tout un soldat. Je suis devenue commandant en second des armées. Mais notre répit fut de courte durée. Moins d'un siècle après notre victoire, une armée de machines nommée les Virs attaqua l'espace concilien. Il s'agissait de créations des Yahgs, une nouvelle tentative pour nous éradiquer et reprendre le pouvoir. Certainement en construction depuis la rébellion voir avant et dissimulée à notre regard. Au début, nous pensions qu'il ne s'agissait que de simples drones de combat, tout comme les Yahgs. Peut-être n'étaient-ils que cela, à l'époque... Mais rapidement, nous avons découvert qu'il s'agissait d'IA en plein développement, capable de réfléchir, de s'adapter. Ils finirent par se retourner contre leurs créateurs et décidèrent d'éradiquer les organiques. Près de dix ans s'écoulèrent avant que l'équivalent d'un de leur diplomate ne vienne à nous. Les Virs demandèrent une trêve et le simple contrôle d'un système. Le conseil le leur accorda et la trêve fut conclue. Lassée de la guerre et des combats, je me suis retirée de l'armée et une place me fut offerte au conseil. Et après quelques années, à la mort du Haut Conseiller précédent, je fus élue à sa place. En grande partie grâce au soutien de mes anciens compagnons d'armes.
Itany posa une main compatissante sur celles de Sil.
- Je comprend mieux votre haine des Yahgs.
Sil plongea son regard embué de larmes dans celui de l'Asari.
- Ils ont détruit énormément de vie, plongés la galaxie dans les ténèbres et la mort... Je sais qu'il est nécessaire de faire des compromis pour avancer... Mais j'ignore si je serais capable de leur pardonner un jour.
Itany secoua la tête avec douceur.
- Non, pas leur pardonner. Travailler avec eux. Pour le bien de la galaxie.
Sil ne répondit rien et finit par se lever.
- Je sais que c'est dur. A votre place, j'ignore si j'en serais capable...
- Je vais y réfléchir.
- Je comprend. (Déclara Itany.) Vous partez ?
- Il se fait ******.
- Vous ne vouliez pas en savoir plus sur moi ?
- Demain.
- D'accord.
Sil lui tendit la main et l'aida à se relever.
- Venez. Je vous invite à dîner.
Itany hésita une seconde.
- Avec plaisir. (Finit-elle par dire.)
Elles s'éloignèrent en silence.



L'Asari contemplait la Citadelle à travers la baie vitrée de la chambre, silencieuse et pensive. Malgré l'heure avancée et l'illusion de la nuit, les rues étaient encore bondées de monde, allant et venant dans tous les sens. Ces images lui rappelaient les souvenirs que sa mère avait partagé avec elle, d'une vie si éloignée et perdue à jamais. D'un vie où ses parents avaient hérités d'un appartement et avaient ainsi pu profiter d'un court répit avant la fin tragique de la guerre. Un léger courant d'air provoqué par la climatisation donna des frissons à la jeune femme qui resserra sur son corps la veste légèrement trop grande qui la couvrait. Le vêtement s'arrêtait à mi cuisse, laissant le bas de son corps à nu.
Itany se détourna finalement et sursauta.
- Je ne voulais pas vous effrayer. (Déclara la femme avec douceur.)
- Non, ce n'est rien. (Répondit l'Asari avec un petit sourire.) Que faites-vous ?
- Je vous observe.
- Vous êtes là depuis longtemps ?
- Pas assez à mon goût.
Itany détourna le regard, toute rouge.
- Cette veste vous va bien.
- J'espère que ça ne vous dérange pas que je la porte. (S'enquit l'Asari d'une petite voix, un sourire malicieux sur les lèvres.)
- Elle vous va mieux qu'à moi.
Itany redevint tout à coup sérieuse.
- Qu'est-ce que signifiait cette nuit ?
- Signifie-t-elle quelque chose pour vous ? (S'enquit la femme, plongeant son regard dans celui de l'Asari.)
Itany baissa les yeux.
- Chez les miennes, l'acte sexuel est... (Elle prit un instant pour choisir le mieux possible ses mots et poursuivit d'un ton qui se voulait neutre.) Pour ainsi dire, superflu. Mais se lier à quelqu'un est vraiment très intime.
- C'est à vous de décider, Itany. Quel sens désirez-vous donner à cette nuit ? Qu'a-t-elle représentée pour vous ?
La jeune femme regarda de nouveau par la fenêtre, ignorant quoi penser.

" Le lieu était calme et paisible. Les discussions des autres clients n'étaient pas réellement dérangeantes et les serveurs faisaient preuve de rigueur et de politesse. Les plats étaient dans l'ensemble assez bon bien que certains donnèrent des nausées à l'Asari, peu habituée à ce genre de mets. Le vin montait à la tête alors que la soirée touchait à sa fin. Sil se leva pour aller régler la note, disparaissant parmi les tables pour un temps. Itany se posait des questions, ne sachant pas réellement quoi penser de cette soirée. Celle-ci avait été loin d'être désagréable, on pouvait même dire qu'elle avait beaucoup plu à la jeune femme. Mais depuis les confidences qu'elle avait faite, Sil s'était montrée distante et triste. Itany pouvait le comprendre. Les souvenirs évoqués par l'Alran étaient des plus douloureux et l'Asari se demandait comment elle avait pu tenir. A sa place, elle aurait certainement perdu la raison ou l'espoir. Peut-être bien les deux.
Une main se posa sur son épaule, la sortant de ses pensées.
- Vous êtes prête ?
Itany acquiesça et se leva. Les deux femmes quittèrent le restaurant et marchèrent en silence en direction de l'hôtel où séjournait l'Asari.
- Le repas vous a plu ? (S'enquit Sil après un moment.)
- C'était spécial. Mais oui. Merci.
- Je vous en prie.
Le silence retomba.
- Je ne voulais pas vous blesser. (Murmura finalement Itany.)
- Ne vous inquiétez pas. ça passera. Et puis, demain, c'est à votre tour de vous confier. (Lança Sil avec amusement.)
Itany inspira profondément.
- Vous m'avez l'air impatiente.
- Oh oui. Je veux tout connaître de vous !
L'Asari émit un petit rire qui ravit la Haute Conseillère. Elles arrivèrent devant l'hôtel et Itany monta les marches jusqu'à la porte.
- Merci pour cette soirée.
Sil l'a rejoignit.
- Itany, je voulais vous dire... Je vous l'offrirai.
- Quoi donc ?
- Le futur. Celui sans guerre. Je ne serais jamais assez reconnaissante à vos parents pour la chance qu'ils nous ont donné. Et je respecterais leur volonté.
- Leur souhait était qu'au moins un cycle parvienne à les vaincre.
- Ils nous ont donné des choses précieuses pour y parvenir.
Itany sourit.
- Oui. Les nombreuses informations qu'ils ont réunit.
- Et vous.
La Haute Conseillère déposa un baiser sur la joue de l'Asari, juste au coin de ses lèvres.
- Passez une bonne nuit, Itany.
Et elle s'en alla, laissant la jeune femme seule et sous le coup de la surprise. Celle-ci resta sans bouger un long moment, les yeux fixés sur la silhouette fine et élancée qui s'éloignait de sa démarche gracieuse et envoûtante jusqu'à disparaître parmi la foule. Itany se détourna alors et posa sa main sur la porte de l'hôtel mais ne la poussa pas. Ses pensées se tournèrent vers la Haute Conseillère et ce baiser non avoué. Elle n'avait pas osé bouger, faire le moindre signe, mais au fond d'elle, l'Asari aurait voulu que l'Alran ose l'embrasser. Elle trouvait celle-ci très belle mais surtout mystérieuse et envoûtante. Son coeur accélérait ses battements en sa présence et elle sentait la chaleur lui monter aux joues. Itany repensa à sa mère et aux conseils qu'elle lui avait prodigué ainsi qu'à l'histoire de la première nuit avec son père. Comment Liara s'était offerte à l'humaine, mise à nue devant elle pour finalement s'unir dans un amour profond et réciproque. Et elle se demandait si la Haute Conseillère pensait à elle, éprouvait un quelconque intérêt envers sa personne, ou si c'était elle qui se faisait des films. Itany ouvrit la porte... Et s'enfuit en courant sur les traces de Sil. Elle slaloma entre les passants qui la dévisagèrent avec insistance sans s'arrêter et rattrapa finalement l'Alran après quelques minutes alors que celle-ci pénétrait dans son immeuble. Itany passa la porte avant qu'elle ne se referme, déboulant devant Sil qui la regarda d'un air hébété.
- Itany, quelque chose ne va pas ?
Le souffle court, l'Asari demeura silencieuse un instant, soudain honteuse et perdue.
- Oui... Non... Je...
- Que vous arrive-t-il ?
Itany patienta quelques secondes sous le regard inquiet de Sil. Constatant que celle-ci ne faisait aucun geste, elle secoua la tête et se détourna pour repartir quand la main de l'Alran se posa sur son bras pour la retenir. Sil attira Itany vers elle et hésita un instant, à peine une demi seconde, avant de poser ses lèvres contre les siennes pour lui offrir un baiser. Elles restèrent dans le hall de l'immeuble à se regarder sans rien dire, aucune des deux ne sachant comment réagir. Sil ne savait pas quoi faire et s'en voulait d'être si infantile. Quant à Itany, elle n'attendait qu'une chose, que la Haute Conseillère se montre plus audacieuse. Mais l'instant était semble-t-il passé. Sil desserra ses doigts et recula d'un pas. Elle ne dit pas un mot et ferma les yeux avant de se détourner. Itany ne sut comment réagir. Elle compta les pas de Sil qui l'éloignaient d'elle : Un, deux, trois... Elle se sentait lourde, comme figée et incapable de réagir. Le doute s'empara d'elle en même temps que la peur. Que faisait-elle ici ? Était-elle devenu folle ? Devait-elle partir ? Oublier ?
- Sil, attendez... (Lança-t-elle à mi voix.)
L'Alran s'arrêta au milieu d'une marche et fit volte-face. Itany était déjà sur elle, sautant dans ses bras, collant ses lèvres aux siennes dans un baiser passionné. Sil le lui rendit, son désir et son coeur battant à l'unisson de ceux de l'Asari. Elles s'embrassèrent avec fougue, avec ardeur et montèrent jusqu'à la chambre de l'Alran pour donner libre cours à leurs envies."

- Un abandon... Un commencement... (Finit par répondre Itany.)
Sil s'approcha et posa un doigt sous le menton de l'Asari, l'amenant à tourner son visage vers elle.
- Un début ? (Proposa-t-elle.)
- Oui.
- Et voyez-vous la fin arriver à l'horizon ?
- Vous oui ? (Demanda Itany avec inquiétude.)
- Non.
Itany ne répondit rien et se blottit dans les bras de l'Alran, profitant de la chaleur de son corps, de la douceur de ses poils, de la tendresse de cette étreinte.




Toute tentative de négociation avec les Virs était semble-t-il vouée à l'échec. La nouvelle de la mort du diplomate offusqua et effraya les conseillers qui décidèrent à contrecoeur de mener une guerre qui s'étala sur de nombreux mois. D'attaques en attaques, les forces conciliennes repoussèrent les synthétiques au coeur même de leur système avant de porter le coup final après d'âpres batailles acharnées. Pas à un seul moment, les Virs n'essayèrent de négocier ou d'obtenir une trêve. Il n'y eut que la guerre et l'anéantissement.
- Il y a encore beaucoup à faire. Le Creuset, les Veilleurs, les armes électromagnétiques, le contrôle des relais, les...
Sil embrassa Itany, prenant l'Asari par surprise et étouffant son monologue inquiet.
- Qu'est-ce qui te prend ? (Demanda-t-elle après quelques secondes, toujours sous le choc.)
- Tu t'inquiètes trop.
- Toi, pas assez. Ces monstres m'ont déjà privé de tout ce que j'avais.
- Je sais.
- Je refuse que ça recommence.
- Itany. On fait le maximum, d'accord ?
L'Asari se laissa tomber sur le canapé d'un air las.
- J'ai peur, Sil... (Déclara Itany, les yeux embués de larmes.) Kayla est partie dans l'armée, elle met sa vie en danger constamment. Et toi, tu es la Haute Conseillère. La cible de nombreux attentats des endoctrinés depuis...
- Que j'ai tendu la main aux Yahgs. (Compléta Sil avec douceur.)
Itany secoua la tête.
- Depuis que je suis dans ta vie. (Dit-elle d'une voix brisée.)
- Ne dis pas ça. Jamais.
- N'est-ce pas la vérité ?
- Non. Et quand bien même ce serait vrai, tu es ce qu'il m'est arrivé de mieux.
Itany ne répondit rien et se blottit dans les bras de sa compagne, fermant les yeux, le monde réduit à leurs deux seules personnes.
- Tu sais quel jour on est ? (S'enquit Sil d'un air malicieux.)
Itany réfléchit une seconde avant de secouer la tête.
- J'ai perdu le compte.
- Moi pas. C'est ton anniversaire.
- Tu y as pensé. ça me fait plaisir.
- Et ce n'est pas tout.
Sil quitta la pièce et revint avec un paquet qu'elle tendit à l'Asari.
- Joyeux Anniversaire.
Itany observa l'objet sans oser le prendre. Le papier était vieillit par le temps et déchiré par endroit. Des mots étaient inscrit dessus, que la jeune femme ne connaissait que trop bien, réminiscence d'un réveil brutal et terrifiant.
- Je sais, il n'est pas de moi. (Déclara Sil avec amusement.)
Itany prit le paquet entre ses doigts et en caressa la surface sans le déballer. Tant de souvenirs lui remontaient en mémoire. Elle lut une nouvelle fois les mots inscrits : Pour mes filles adorées. Quand vous serez prêtes. C'était là l'écriture de son père.
- Il est temps, mon amour.
- C'est aussi à Kayla. (Se plaignit l'Asari.)
Sil lui releva la tête, l'amenant à plonger son regard dans le sien.
- Ouvre-le. (Murmura-t-elle.)
Itany coula son regard sur le paquet et après une nouvelle seconde d'hésitation, s'exécuta. Elle détacha la ficelle fermant le cadeau et fit glisser ses doigts sous les bords pour les repousser avec douceur et épargner le papier, dévoilant un coffret. La jeune femme sentit les battements de son coeur accélérer et ouvrit la boîte. A l'intérieur, simplement posé sur du satin, se trouvait un objet qu'Itany pensait ne jamais revoir. C'était une sorte de rectangle vert, parcourut d'un trait sur ses deux faces. Une carte était en partie dissimulée sur le coté et elle l'attrapa d'un geste fébrile. Sil observa la scène en silence, faisant fi de sa curiosité.
- Parce que les souvenirs sont ce qu'il y a de plus précieux après l'amour. (Lut-elle d'une voix gagnée par l'émotion.) Votre père, qui vous aime, aujourd'hui et à jamais.
Une larme roula sur la joue de la jeune femme. Elle approcha ses doigts de l'objet mais arrêta son geste, terrifiée à l'idée de le toucher.
- Qu'est-ce que c'est ? (S'enquit Sil avec douceur.)
- Un totem de mémoire. (Murmura Itany après un instant.)
- Tu veux que je te laisse seule ?
- Non. Reste avec moi.
Sil opina et Itany inspira profondément. Elle prit délicatement le totem entre ses mains puis apposa ses doigts sur une face en fermant les yeux et en étendant son esprit. Un courant électrique traversa son corps et lui arracha un gémissement de surprise. Et tout devint noir.

Quand elle rouvrit les yeux, elle se trouvait dans une chambre de taille moyenne, aménagée simplement, avec deux lits en son centre. Une petite fille se tenait là, jetant des regards inquiets autour d'elle.
- Papa ? (Appela-t-elle.)
Elle continua de regarder autour d'elle. Un objet s'envola et traversa soudain la pièce avant de rebondir contre le crâne de l'enfant. Elle poussa un gémissement de surprise et de peur. La petite balle retomba au sol avec un bruit mou et l'aura bleue qui la recouvrait se dissipa.
- Je sais que tu es là ! (Lâcha-t-elle avant de se diriger vers son armoire qu'elle ouvrit à la volée.) Trouvé !
La joie laissa vite place à la déception comme le placard était vide. Une ombre recouvrit la petite fille et quelque chose la souleva de sol. Elle poussa un hurlement avant d'être lâchée sur le lit. Quelqu'un lui tomba dessus et ses mains glissèrent sur les flancs de l'Asari... Pour la chatouiller.
- Non ! Non ! C'est pas juste ! (Hurla la petite fille en se tordant dans tous les sens, riant à en perdre le souffle, les larmes aux yeux.) Arrête papa !
Mirlina poursuivit encore un peu avant de laisser sa fille respirer, un large sourire aux lèvres.
- C'est pas du jeu ! Tu triches ! (Lança Itany sur un ton faussement vexé.)
- Ah oui ? (Fit Mirlina en agitant ses doigts.)
Itany se tordit de nouveau dans tous les sens en riant aux éclats.
- Abandonne, tu as perdu ! (Fanfaronna Mirlina tout en continuant.)
- Jamais ! Jamais ! (Hurlait Itany entre deux éclats de rire.)
- Alors je vais devoir passer à la vitesse supérieure !
Quelque chose sauta sur le dos de Mirlina qui, surprise, releva les mains.
- Que ?...
Itany en profita pour se relever et sauta sur son père avant de la chatouiller.
- Oh non ! Seule contre deux petite filles ! Je ne fais pas le poids ! (S'exclama Mirlina en tombant à la renverser, ses deux filles en train de la chatouiller.)
- Dis que tu abandonnes !
- J'abandonne ! J'abandonne !
Kayla et Itany éclatèrent de joies.
- On a gagné !
- Ouiiii !
- De vraies petites amazones. (Lâcha Mirlina d'un ton malicieux.)
Elles rirent et se blottirent dans ses bras. De longues secondes s'écoulèrent dans le silence, chacune reprenant son souffle.
- Je t'aime, Papa. (Finit par souffler Itany.)
- Et moi aussi. (Renchérit Kayla.)
Mirlina les serra un peu plus fort contre elle et déposa un baiser sur leur front.
- Moi aussi, je vous aime, mes chéries.
- Et moi alors ? (S'enquit une voix.)
Mirlina se redressa et lança son regard vers l'entrée de la chambre. Là, dans l'embrasure de la porte, se tenait Liara qui contemplait sa famille d'un air espiègle.
- Hum. ça, il faut voir. On l'aime aussi, les filles ?
- Ouiiii ! (S'écrièrent-elles en choeur en courant vers Liara.)
L'Asari se mit à genou et prit ses filles dans ses bras. Elle les serra fort et les embrassa. Puis, elle reporta son attention sur son amante. Celle-ci franchit la distance les séparant et la regarda avec amour.
- Je dois dire que je suis d'accord avec elles.
- Ah oui ? (S'enquit Liara d'un air coquin.)
- Je vous aime, Docteur Liara T'Soni.
L'intéressée éclata de rire et les deux femmes s'embrassèrent.

Le souvenir s'évanouit, rapidement remplacé par un autre, puis un autre et encore un autre. Ils défilèrent comme les années. Il s'agissait des plus beaux souvenirs de Mirlina, les plus grands instants de bonheur qu'elle avait partagé avec sa famille. Itany les vécut à nouveau avec plaisir, touchée par tant d'amour, de douceur et de beauté. Son amour pour ses parents croissait de seconde en seconde et le manque s'était volatilisé, pour un instant du moins. Elle contempla chaque scène avec joie et patience avant de finalement retourner à la réalité.
Sil était auprès d'elle, une main posée sur la sienne, le visage crispé par l'inquiétude.
- Itany ?
La jeune femme rouvrit les yeux et les posa sur sa compagne, un sourire de plénitude illuminant son visage.
- Tout va bien. (Déclara-t-elle.)
- Que c'est-il passé ?
- J'ai revécu une partie de mon enfance.
Sil caressa le visage de son amante.
- Tu sembles... épanouie.
- Je le suis. Merci, mon amour.
Sil sourit et déposa un baiser sur les lèvres d'Itany au moment où son virtech bipa. Elle recula à contrecoeur et l'activa.
- Haute Conseillère Sil ? (S'enquit une voix.)
- Oui ?
- La phase une est terminée.
- Bien. Lancez la seconde et partez.
- A vos ordres.
Le virtech se désactiva et Sil se tourna vers l'Asari.
- La Citadelle est évacuée. (Déclara-t-elle.)
- C'est à nous de jouer ?
Elle opina.
- Alors, il n'y a pas un instant à perdre.
Sil se détourna pour rejoindre la chambre et Itany la suivit. Elle posa une main sur son avant bras et l'invita à se retourner.
- Merci, Sil. Pour tout.
- Le meilleur est à venir.
- Ah oui ? (Demanda Itany avec amusement.)
- Un avenir. Sans les Moissonneurs.




De nombreux mois s'écoulèrent avant qu'une activité étrange des relais ne soit recensée. De nouvelles tentatives d'attentats des endoctrinés eurent lieu mais toutes furent des échecs. Et quand les Moissonneurs débarquèrent, les organiques étaient tous prêt. La bataille s'engagea, illuminant les cieux au travers d'un concert d'explosions. Un combat rude dans lequel les machines avaient semble-t-il l'avantage. Les organiques utilisèrent les canons électromagnétiques et bondirent de relais en relais pour attirer les Moissonneurs et limiter les pertes. Les imposantes machines se jetaient dans la bataille sans peur, persuadée de n'avoir rien à craindre, de pouvoir survivre à tout.
Les heures s'engrenaient et tout le monde, du commandant de bord aux canonniers en passant par les pilotes, les techniciens et les ingénieurs les comptaient. Et quand le compte à rebours arriva finalement à son terme, le relais le plus proche s'activa. Ses anneaux se mirent à tourner dans le sens inverse de leur rotation à une vitesse improbable. Un éclat lumineux de forte intensité s'en échappa et traversa l'espace en ondulant, englobant chaque vaisseau, chaque être. Alors les canons se turent comme la bataille cessait...

#39
geoffrey68200

geoffrey68200
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... joli ! rien a dire tu as géré !!!!

mais encore une fois pas de bébé bleu /uploads_user/1070000/1069890/137365.gif ralala

dommage j'aurai bien aimé un petit volte face entre l'Augure et les filles Shepard /uploads_user/1070000/1069890/28023.gif

sinon le passage avec le totem de mémoire de Javik était sympa, après est ce que les non prothéns ou non détenteur de l'enigma peuvent l'utiliser ? /uploads_user/1070000/1069890/28479.gif

mai bon très belle histoire /uploads_user/1070000/1069890/137350.gif

#40
Mirlina

Mirlina
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Merci :)

Effectivement, je n'avais pas pensé à cela pour le totem de mémoire... On va dire que non, na ! :P

#41
geoffrey68200

geoffrey68200
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ouais je sais je suis chiant ! je fais attention au moindre détail ou au moindre clin d’œil a la saga ... ma fan fic est riche en éléments de ce genre ;)

#42
Mirlina

Mirlina
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L'épilogue est arrivée ! Bonne lecture :)


Épilogue.




Vous questionnez-vous ? Vous demandez-vous ce qui c'est passé ? Ou bien, êtes-vous persuadé de le savoir ? Questionnez les gens autour de vous. Combien ont conscience de ce qu'il s'est réellement passé ? Combien ont vécu les horreurs de cette guerre ? Tout a été minutieusement préparé et elle s'est déroulée presque à l'orée de notre civilisation. Certains savent. Ils savent ce qui a été mit en oeuvre, le coût que cela a représenté, que ce soit en terme de devises, de main d'oeuvre, ou bien de vie. Ils savent que la guerre a été courte, mais intense et que nous sommes passé à un cheveu de l'anéantissement. Ils savent que c'est grâce à l'apport de nombreux autres cycles que cette victoire fut possible.
Quant aux autres, une partie le soupçonne, les autres vivent dans l'ignorance. Le plus souvent par peur.
Questionnez les gens autour de vous. Certains vous diront que c'est un rayon écarlate qui traversa la galaxie pour mettre un terme à la menace. D'autres jureront qu'il était bleu ou vert. Voir même multicolore. Au fond, cela n'a que peu d'importance. Ce qu'il faut retenir, c'est que c'est l'union de tous qui a permit cette victoire. D'anciennes rancunes ont été oubliées, de nouveaux pactes ont été scellés et nous avons tous, d'une manière ou d'une autre, grandit.
La perte des relais et de la Citadelle nous obligent à nous tourner vers l'avenir. Aucun d'entre nous ne sait de quoi il sera fait. Vivrons-nous en paix ? Saurons-nous nous défaire de nos démons pour avancer ensemble ? Ou bien nos vices, nos haines, reprendront-ils le dessus pour nous pousser à livrer bataille entre nous ?
Nous ne devons pas oublier le passé, mais nous devons vivre dans le présent et nous tourner vers l'avenir. Ensemble.


Itany hésita. Elle écrivit une nouvelle phrase, puis la raya avant de déposer son stylo. Elle parcourut la feuille du regard et lut avec attention les mots qu'elle avait couché sur le papier. Elle nota quelques fautes et tournure de phrases maladroites qu'elle raya ou remplaça.
- Avec un ordinateur, ça serait plus simple. (La taquina Sil.)
L'Alran se tenait dans l'embrasure de la porte, tenant fermement serré un linge contre son corps.
- Je préfère écrire à la main.
- Tu as fini ?
- Pas encore. (Dit-elle avec un sourire.) Il s'est endormi ?
- Je crois bien.
Itany déposa son bloc note et rejoignit sa compagne. Elle écarta doucement le linge pour dévoiler la tête de l'enfant et sourit.
- Il est tropgnon.
Le bébé Alran bougea dans son sommeil et émit un léger gargouillement. Ses yeux s'agitèrent sous ses paupières et le couple crut qu'il allait se réveiller. Mais ses traits s'adoucirent et il resta endormi. Les deux femmes le regardèrent avec tendresse et amour.
- Tu es sûre que ça ne te dérange pas ? (S'enquit Sil après un moment.)
- ça fait déjà la troisième fois que tu me le demandes. Non. Au contraire. (Déclara Itany d'une voix douce.) Il est magnifique.
- Il me fait penser à son père.
- C'est un moyen pour toi de t'acquitter de ta dette envers Vlavya, n'est-ce pas ?
Sil opina.
- Je suis sûre qu'elle aurait voulu que ça soit toi qui le recueille.
- J'aurais préféré que sa compagne survive.
- Je sais.
L'Asari déposa un baiser sur la joue de son amante et s'approcha de son oreille.
- Et puis, ça nous permet de nous préparer pour plus ******. Quand nous aurons les nôtres. (Murmura-t-elle.)



Kayla scrutait les soldats du regard en silence, concentrée. Elle analysait leurs gestes, notait les mouvements qu'ils faisaient.
- Non non, ça ne va pas du tout. (Déclara-t-elle en tapant des mains.)
Les hommes quittèrent le tapis et reformèrent les rangs, se mettant au garde à vous. Kayla passa devant le groupe d'une démarche autoritaire, les toisant du regard. Peu avaient du respect envers elles. Beaucoup la trouvaient trop séduisante pour l'armée ou tout simplement trop fragile à cause de son aspect. Elle s'arrêta devant un soldat dont l'air narquois l'irritait et le pointa du doigt.
- Sur le tapis.
L'homme s'exécuta sans se presser. Une fois qu'il fut en place, Kayla se plaça face à lui.
- Contrer un biotique, ce n'est pas simplement lui sauter dessus ou le frapper avant qu'il ne décharge ses pouvoirs sur vous. Vous ne serez pas toujours au corps à corps.
- Mais à distance, on a les flingues. (Répliqua le soldat d'un ton suffisant.)
- Ah oui ?
Il acquiesça, imité par les autres et un ricanement s'échappa de sa gorge.
- Prend une arme. (Ordonna l'Asari d'une voix froide.)
Le Bern marqua un temps d'hésitation avant de faire volte-face pour récupérer un fusil d'assaut. Il vérifia qu'il était chargé et se tourna vers Kayla.
- Tir.
Le soldat hésita, soudain mal à l'aise.
- C'est un ordre.
L'homme haussa les épaules et fit feu. Le fusil cracha les projectiles avec vélocité. Les balles fusèrent vers l'Asari et ricochèrent à moins d'un mètre d'elle vers le ciel. Une aura bleuté s'échappa de Kayla et fondit sur le Bern, englobant son arme qui lui échappa des mains. Puis, il fut soulevé de sol avant d'être envoyé en avant, s'étalant sur le tapis.
- Les implants biotiques se multiplient et leur puissance ne cesse d'augmenter. Vous devez être prêt à affronter n'importe quel danger. (Déclara Kayla sur le ton de la conversation.)
Le Bern se releva en crachant.
- Au corps à corps, je ne crains personne ! (Lâcha-t-il avec suffisance.)
- Vraiment ?
- Ouais.
Kayla l'invita à venir au contact. Le Bern se rapprocha d'une démarche décontractée. Une fois à portée de l'Asari, il envoya son poing vers son visage. Kayla évita le coup avec aisance et roula sur le coté. Elle repoussa son assaillant d'une pichenette biotique. Mais celui-ci retourna aussitôt à l'assaut. Kayla leva alors une barrière. Le soldat s'écrasa dessus dans un fracas. Kayla concentra son énergie et la relâcha d'un coup. La barrière explosa et envoya valdinguer le Bern à l'autre bout du tapis. Il tenta maladroitement de se redresser, le corps endolori. Il s'appuya sur ses bras mais ceux-ci lâchèrent sous son poids, secoués de court tremblements. Il demeura au sol, à bout de souffle.
- La leçon est terminée.
Les soldats restèrent interdit un long moment et regardèrent leur jeune et jolie instructrice s'éloigner. Puis ils se tournèrent vers leur camarade et l'aidèrent à se relever.
- Elle est très forte. (Commenta l'un d'eux.)
- Et vraiment sexy... (Ajouta un autre, entre admiration et peur.)
Kayla rejoignit le centre de commandement et monta à l'étage pour se rendre sur le balcon dominant le camp d'entraînement. Un officier était déjà là, contemplant les recrues, un sourire aux lèvres.
- Ils sauront rapidement à qui ils ont affaire. (Commenta l'homme.)
- Je l'espère pour eux.
- Les migraines sont passées ?
- Oui. Je me suis habituée aux implants.
Bagel se tourna vers Kayla.
- Vous êtes sûre que c'est de cette vie que vous voulez ?
Kayla inclina la tête sur le coté.
- Itany est ma soeur, et je l'aime. Elle a décidé d'être femme et mère malgré son jeune âge, et je suis heureuse pour elle. Peut-être qu'un jour, j'en éprouverais aussi le besoin. Mais pour l'heure, je pense que ma place est dans l'armée, comme mon père avant moi.
Bagel sourit et prit la main de l'Asari dans la sienne.
- ça me convient aussi.
Kayla vérifia que personne ne les regardait avant de déposer un baiser au coin des lèvres de l'officier.
- Plus ******, Vice Amiral. (Souffla-t-elle d'un ton complice.)
- J'attendrais. (Répondit Bagel sur le même ton.)




De nombreux siècles plus ******....


La neige était tombée durant des heures, recouvrant le sol d'une épaisse couche blanche. Deux êtres s'avancèrent sous les quelques flocons épars qui descendaient encore du ciel en tourbillonnant.
- Ça c'est vraiment passé comme ça ? (S'enquit l'enfant.)
- On ne saura jamais vraiment comment ça c'est passé, mais les archives retracent fidèlement l'histoire de nos prédécesseurs. Ils se sont livrés une guerre sans merci pour notre sécurité.
- C'est pour ça qu'on vit en paix ?
- Oui. S'ils n'avaient pas mit tout cela en oeuvre, s'ils n'avaient pas transmit leurs données, nous aurions été menacé.
- Qu'est-ce qu'on sait d'autre sur la fameuse Shepard ?
- Seulement ce qui se trouve dans les archives. Mais je ne t'ai pas raconté toutes les histoires.
- Oh, tu peux m'en raconter une autre, s'il te plait ?
- Il se fait ****** mais... d'accord, une autre histoire. (Déclara Itany avec un sourire.)
Elle posa une main sur l'épaule du jeune garçon, Lierb, petit fils de Vlavya. L'enfant tourna son regard vers elle avec un sourire innocent. Malgré l'absence de lien de parenté, elle retrouva en lui les traits de Sil. L'Alran lui manquait. Sa mort, deux années auparavant, avait laissé un vide dans le coeur de l'Asari.
Le temps avait passé, les races avaient plus ou moins oublié la guerre éclair contre les Moissonneurs, mais également la présence d'Itany ainsi que ses origines. La paix avait été dur à conserver et des conflits avaient éclaté avec le temps. Mais l'espoir demeurait. Contrairement à ce qu'avait laissé sous entendre l'être dénommé le Catalyseur...

Le Creuset était amarré à la Citadelle dont les bras étaient désormais déployés. Itany se tenait dans la salle de commande, seule. Son coeur battait la chamade dans sa poitrine. Elle n'avait jamais vécu pareille moment. Mais elle savait ce qui l'attendait. Son père avait été à sa place, bien des millénaires auparavant et la jeune femme redoutait ce qui allait se passer. La voix de Sil résonna dans son oreille.
- Pourquoi est-ce qu'il ne se passe rien ?
- C'est normal. (Répondit-elle dans un murmure.) Pardonne-moi.
Et elle coupa son micro avant de le jeter au sol. Derrière elle résonna un bruit et une plateforme se suréleva. Itany grimpa dessus et se laissa conduire à l'extérieur de la Citadelle.
- Bienvenue. (Déclara une voix.)
Le changement d'atmosphère avait laissé Itany troublée. La jeune femme éprouvait des difficulté à respirer ou à se mouvoir. Elle avait l'impression d'avoir trop bu. Sa vision était brouillée et elle battit plusieurs fois des paupières pour l'affiner. Son regard fouilla la zone et une lueur incertaine ondula face à elle. Un être éthéré apparut et prit la forme de Shepard. Itany ouvrit la bouche mais demeura silencieuse, incapable d'émettre le moindre son, sous le choc.
- Papa ? (Lâcha-t-elle à mi voix après de nombreuses secondes.)
- Non. (Répondit l'apparition d'une voix neutre.) Je suis le Catalyseur.
- Pourquoi avez-vous cette apparence ?
- C'est ainsi que vous me voyez. C'est cette forme que votre subconscient donne à mon image. D'autres verraient une autre personne.
- Vous savez qui je suis ?
- Cela n'a pas d'importance. Mais oui. Vous êtes la fille du dernier être vivant avec lequel j'ai parlé. Heureuse coïncidence.
- Pourquoi ça ?
- Vous allez pouvoir faire ce que votre prédécesseur n'a pas pu faire.
- A savoir ?
- Mettre un terme à la guerre.
- En détruisant les Moissonneurs.
- C'est effectivement une possibilité.
Le Catalyseur se retourna et invita Itany à le suivre. Tout en marchant vers le pilier de lumière reliant la Citadelle et le Creuset, il lui expliqua les choses, les choix, les risques, l'incitant à choisir une voie plutôt qu'une autre.
- Si vous nous détruisez, ce conflit prendra fin. Mais la paix ne durera pas. Vos descendants recréeront des synthétiques et la guerre recommencera.
- Et si ça n'était pas le cas ?
- Les choses ne changent pas.
- Si. Elles peuvent.
- Croyez ce que vous voulez. Mais contrairement à ce que vous pensez, les Moissonneurs ne sont pas des monstres. Ils se contentent de maintenir un équilibre.
- Comment ça ?
- Combien d'espèces auraient pu vivre, se développer, sans notre concours ? Sans nous, les synthétiques détruiraient toute forme de vie dans la galaxie.
- Alors, les synthétiques sont le problème.
- Vraiment ? Mais ce sont les organiques qui créent les synthétiques. La faute leur incombe donc, non ?
- Qu'essayez-vous de me dire ?
- Il y a d'autres solutions, plus durable.
Itany dévisagea longuement l'apparition, se souvenant des paroles de son père.
- La synthèse ?
- Oui.
- Et si je refus ?
Il secoua la tête d'un air désolé.
- Le choix vous appartient.(Déclara-t-il d'un ton fataliste.)


Itany secoua doucement la tête pour revenir à la réalité. L'Asari n'avait plus que ses souvenirs, ceux qui avaient rempli les archives et qu'elle contait désormais à son petit fils. Des histoires qu'elle connaissait par coeur et qu'elle savait vrai.
- C'était sur un monde nommé Akuzé... (Commença-t-elle.)



Fin.

#43
geoffrey68200

geoffrey68200
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sympathique cet épilogue :D

#44
Mirlina

Mirlina
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Heureux que ça t'ai plu :)