_Thamien_ wrote...
Sinon Durmir, j'ai l'impression que les maux que tu décris sont davantage des faits s'apparentant à un sens plus général, propres à la communication et c'est loin d'être nouveau. Le journalisme a un pouvoir immense dans lequel on ne peut que retrouver tous ces problèmes amplifiés. Enfin, pour ma part, dans une société démocratique où il existe différents supports de communication (genre comme ici internet), l'information transmise par le journalisme (rôle qui peut être pris par beaucoup aujourd'hui) est une chose importante, ne serait-ce comme une prise de conscience (dont la raison de l'indispensabilité ne tient qu'aux convictions de chacun). Comme il a déjà été dit, Il reste de toute évidence plus qu'avisé de prendre toute information avec beaucoup de précaution et de bien choisir en multipliant ces sources.
Hélas, multiplier les sources est souvent inutile, car tu ne retrouveras pas d'informations très différentes. En effet, le journalisme aujourd'hui, c'est pomper les articles des autres journaux et les réécrire à sa sauce, souvent sans même savoir d'où ça sort. C'est comme ça qu'on se retrouve régulièrement avec des infos si grtoesquement fausses que les journalistes sont obligés de se reprendre après. Et ils ne se reprennent évidemment pas quand le mensonge est passé pépère sans que quiconque ne s'en aperçoive.
Le journalisme comme prise de conscience ? Très peu pour moi, merci. J'ai arrêté de suivre les "informations" quand j'avais 17 ans, pour des raisons alors pratiques et bassement matérielles. Non seulement ça ne m'a pas manqué, mais en plus je ne me suis jamais senti aussi conscient du monde depuis. Et lorsque je tombe sur le journal télévisé ou que je feuillette la presse, je suis toujours littéralement atterré. Que ce soit par les choix des titres et des articles, la façon de les écrire, la façon même de les agencer dans le journal. Je n'ai pas peur de mes mots, cela ressemble à s'y méprendre aux techniques employées dans des cadres de propagande dans les pays totalitaires (faites une comparaison, ne serait-ce que sur la forme et la nature des sujets abordés, vous remarquerez du premier coup d'oeil ce que je veux dire).
Où sont les informations qui permettent une réelle prise de conscience du monde ? "Cela fait un an aujourd'hui que Mme.X a congelé ses bébés, nous allons faire un dossier de 30 pages pour revenir sur ce drame infâme" ? "Un meurtre horrible perpétré dans un village en Belgique : le fermier mis en examen" ? "Un homme vient d'être arrêté pour le viol de la nièce du ministre de l'agriculture, il encourt jusqu'à 20 ans de prison" ? "Le fils du président de la république brigue la présidence de la "city" française, sans diplôme ni expérience" ?
Un mec a volé une pomme, on en fait un paquet dans le journal, il prend 15 ans de prison. Pendant ce temps, il y a des assassins multi-récidivistes qui se baladent dans les rues comme si de rien n'était, depuis plus de deux ans, en attendant un jugement. Personne n'en parle, ils feront au plus 1 ou 2 ans de prison, quand enfin ils seront jugés.
Un mec (ou même une petite fille, osef) s'est fait assassiner sauvagement dans la campagne profonde, on en fait un paquet dans le journal, des milliers d'euros sont dépensés pour déployer les moyens de capturer le tueur, qui prendra sans doute pour 20 ans. Pendant ce temps, des villages entiers se font massacrer en Afrique à cause des occidentaux, tous les jours, au milieu des autres qui meurent de faim alors que les grosses entreprises d'agroalimentaire détruisent les surplus plutôt que d'accepter de les donner sans frais aux oeuvres caritatives, et Mme va acheter sa bague sertie d'un diamant qui a causé le massacre de 30 personnes en Afrique noire. Personne n'en parle, et ces actions continuent.
Dans une grande école, en France, des élèves prennent l'initiative de proposer des activités de réflexion philosophique sur des thèmes comme l'humanisme. Un journaliste passe, clame au scandale et écrit partout qu'une secte est en développement, avec des abus de bizutage, des abus sexuels sur les filles, et que sais-je encore. Les images passent alors à la télévision de bizutage très grave. Ce que les gens ne savent pas, c'est que ces images sont tournées dans une université étrangère, on voit même les logos derrière, et on entend clairement que les étudiants ne parlent pas français. L'école se fait fermer. Il faut alors une attaque en justice pour diffamation pour voir l'école réouvrir ses portes, bizarrement les médias ne sont plus là, le procès reste inconnu, mais l'opinion publique est faite.
Une nouvelle souche de grippe est découverte. Elle apparaît comme étant nettement plus contagieuse qu'une grippe normale. Les médias hurlent à la pandémie, à la fin du monde. Les gouvernements s'affolent, paniquent, les gens sont terrorisés. On trouve un vaccin très rapidement, par des moyens extrêmement douteux, à cause de la pression des médias. On achète des dizaines de millions de doses. Quelques mois plus ******, on s'aperçoit que la grippe est en fait nettement moins dangereuse qu'une grippe normale, avec un taux de mortalité très inférieur, on réalise qu'on a acheté des dizaines de millions de vaccins en trop à des boîtes pharmaceutiques qui ont donné des pots-de-vin au gouvernement pour qu'il les achète. Bizarrement, les médias ont disparu. On parle rapidement des vaccins en trop, mais c'est tout.
Et si les médias expliquaient d'où viennent nos hommes politiques, je veux dire : comment se sont passées leurs études, qu'est-ce qu'on leur y a enseigné, à quel moment ont-ils rejoint quel parti, lequel et pourquoi ? Etc.
Et si les médias racontaient ce qu'ils font de la liberté d'expression ? Ils sont les premiers censeurs du monde moderne. Combien de personnes ont essayé de parler, ont essayé d'écrire, des choses qui n'ont pas plus aux journalistes, et qui se sont vus censurés pour cela ?
Pourquoi les problèmes importants sont-ils occultés au profit d'une information stupide, inutile, raccoleuse, qui n'a que pour seul but de nous maintenir dans un état de léthargie intellectuelle et d'ouverture minimum ?
J'en passe, j'en passe tellement que c'est à pleurer. Les médias n'aident pas à ouvrir notre conscience sur le monde. Leur fonction est exactement inverse. Les médias sont là pour nous maintenir dans un univers qu'ils maîtrisent et qu'eux et les dirigeants du monde peuvent modeler, contrôler à tout moment et dans tous les détails. Combien sont les sociologues et les anthropologues, ainsi que les historiens, à clamer depuis plusieurs décennies qu'il faudrait dès maintenant réfléchir sur une autre forme de gouvernement, car la démocratie est la forme la plus instable et la plus vile de la politique, qu'elle n'a aucun avenir et a déjà depuis longtemps atteint ses limites ? Les progrès de la technologie et des sciences sociales nous permettent aujourd'hui d'envisager d'autres façons de gouverner, mais on les musèle.
Je ne parle évidemment pas de prétendues "théories du complot", je parle d'informations qui existent, à condition de savoir où chercher. Preuves à l'appui, toujours. Mais les gens préfèrent ne pas voir, car s'en tenir au discours des médias est "la voie de la raison", les autres sont à mettre au ban.
Malheureusement, j'ai peur que Lost-Brain ait raison, et qu'il faille chercher ces problèmes au fond de nous, également. Le cercle vicieux entretenu entre la société et les médias n'est pas près d'être cassé, j'en ai peur.
Mais je vous encourage, si vous le souhaitez, à cesser de lire ou regarder les médias traditionnels pendant 2 ou 3 mois, voire plus. Lorsque vous y jetterez un coup d'oeil à nouveau, je vous assure que vous serez surpris, très surpris. Et ne vous inquiétez pas, ne pas lire de journal ni ne regarder la télévision ne vous coupera pas des "informations" auxquelles les gens ont accès tous les jours.
Modifié par Durmir, 12 janvier 2010 - 03:31 .