Je suis parti de la fin destruction, celle qui à mon sens est le plus en accord avec la mission de Shepard qui est depuis le début de détruire les Moissonneurs, et j'ai romancé la douce Tali, le personnage le plus attachant du jeu.
Il n'y a pas de chapitre à proprement parlé, les espaces plus importants marquant juste un un bon temporel allant de quelques heures, jours, à plusieurs années.
Mais trève de blabla, bonne lecture à tous
Epuisé mais déterminé, Shepard prit la direction du chemin de droite sous le regard du catalyseur.
Encore vingt mètres… quinze… sa blessure au côté le lançait à chaque pas qu’il faisait, mais le souvenir de sa promesse faite à Tali le poussait à continuer. Plus que dix mètres, la machine était là, face à lui, attendant bourdonnante de se faire détruire. Lentement, Lorenzo leva son arme, et tout en continuant d’avancer il se mit à tirer sur les tubes, chaque impacte les fendant un peu plus.
Soudain, une étincelle jailli derrière le verre, suivie d’une puissante explosion qui propulsa le soldat plusieurs mètres en arrière. Celui-ci resta sonné pendant un temps qui lui sembla durer une éternité, jusqu’à ce qu’un nouveau lancement dans son côté ne l’arrache à sa semi-inconscience. Ou était-ce la voix de Tali…
Douloureusement, Lorenzo se releva, portant la main gauche à son flanc tout en jetant un coup d’œil rapide autour de lui. La partie du creuset qui avait explosé était en flamme, et au dessus de lui une réaction en chaîne semblait s’amorcer. Lâchant son arme, il prit la direction de la plate-forme qui l’avait amené au cœur de la demeure du Catalyseur, dont la représentation holographique avait maintenant totalement disparu.
Aussi rapidement que lui permettaient ses blessures, sans même un dernier regard pour cet endroit ou le sort de la galaxie s’était joué, Lorenzo boucla les quelques cinquante mètres qui devaient le séparer de la plate-forme, tombant un genou à terre sous le coup de la secousse au moment ou celle-ci entama sa descente.
- Shepard…
Encore la voix de Tali ? L’ascenseur atteignit le sol au moment même ou une seconde explosion retentissait au dessus de lui, tirant une fois de plus Lorenzo de son apathie. Relevant la tête, celui-ci posa les yeux sur le corps sans vie d’Anderson, dont le visage était baigné d’une étrange aura ou se mêlaient plénitude et satisfaction.
- Amiral, nous avons réussi…dit-il simplement avant de se relever et de prendre en sens inverse le chemin qui l’avait amené jusqu’ici.
Puis, passant à côté du corps inerte de l’Homme trouble, il ajouta :
- Peut-être le contrôle était-il la solution, qui sait, mais je préfère miser sur un futur ou nous choisirons notre propre chemin…
Shepard franchi le gouffre qui le séparait encore du couloir ou aboutissait le rayon de transport sous les explosions et les secousses de plus en plus rapprochées. Les corps sans vie des humains empilés sans le moindre ménagement le long du chemin roulaient, glissaient, ou tombaient dans le vide béant à chacun des tremblements qui agitaient la station.
Tant bien que mal, Lorenzo atteignit le couloir ou le veilleur continuait imperturbable à plonger ses mains dans les piles de cadavres d’où il extrayait parfois une arme, parfois une pièce d’armure qu’il déposait à côté de lui. La base de départ du rayon n’était plus qu’à quelques mètres, une courte distance que les corps ensanglantés déplacés par les secousses rendaient difficilement praticable. Chaque fois qu’il enjambait l’un d’eux, Shepard accusait une vive douleur dans tout le flanc gauche, et chaque fois il s’attendait à s’écrouler au sol. Seule l’image de Tali, qui bien que blessée l’attendait à bord du Normandy, le faisait tenir.
Soudain, alors qu’il s’apprêtait à enjamber l’un des derniers morts qui lui faisait encore obstacle, une explosion plus violente que les autres retenti. Par réflexe, Lorenzo tourna la tête, juste assez longtemps pour voir le bout du tunnel s’enflammer. Propulsé par le souffle, il franchi les quelques mètres qui le séparaient du rayon sans toucher le sol, accompagné de nombreux morceaux de corps disparates.
Sur terre, les forces de l’Alliance continuaient d’affronter zombies, brutes et autres monstruosités à l’ombre des Moissonneurs lorsqu’une vive lumière teintée de rouge toute droit venue de la Citadelle balaya toute forme d’opposition. Les zombies, les brutes, les furies, tous s’écroulèrent au sol au contact de la vague lumineuse, comme désactivés, imités par les Moissonneurs dont la masse imposante faisait trembler le sol à chaque fois que l’un d’eux se couchait, provocant la liesse générale. Au même moment, un entrelacs de corps était propulsé hors du rayon de transport, s’écrasant sans ménagement dans les décombres laissés par l’Augure.
Des secondes ? Des minutes ? Des heures ? Combien de temps s’était-il écoulé depuis que Shepard avait atterri au milieu des débris ou il gisait en sang, semi-inconscient, le regard trouble et le cerveau bourdonnant encore des effets des explosions auxquels se mêlaient à présent les bruits alentours.
- Shepard… tenez bon…
- Tali ? Cria Shepard émergeant une fois de plus de son état semi-comateux, tentant de se relever et provoquant un nouvel élancement aigu dans son flanc.
- Par ici ! Je suis sur d’avoir vu quelque chose sortir du rayon !
Non, ce n’était pas Tali, mais Lorenzo entendait bien des voix. Est-ce que d’autres soldats auraient échappé au rayon de l’Augure ? Ou serait-ce des recherches, déjà ? A moins que ça ne soit encore son imagination qui lui joue des tours ?
- Fait attention, c’est peut-être une de ces salopperies de zombie qui aurait échappé à cette étrange vague d’énergie…
Non, ces voix étaient bien réelles. Il y avait des soldats, là, à quelques pas de lui. Gonflant le torse pour prendre une grande bouffée d’air qui déclencha un nouvel et violant élancement dans son flanc gauche, Shepard lança un simple et puissant « ICI ! » qui s’estompa dans un râle avant qu‘il ne perdre connaissance sous l’effet de la douleur.
Le Normandy s’était posé sur une planète à quelques années lumières de son point de départ. Personne ne savait encore ce qui s’était réellement passé, et comment le vaisseau avait été arraché à son vol SLM. Le Creuset avait fonctionné, mais quelle en était la résultante, et qu’était devenu Shepard ? Lorsque Joker sorti de l’appareil, suivi de Tali et Javik, le spectacle magnifique d’une nature luxuriante qui s’offrit à leur yeux leur fit oublier un instant la dure réalité qui les frappait. Mais il leur suffit de jeter un œil au SR-2 pour s’y retrouver instantanément replongé.
Si visuellement l’appareil avait peu souffert, il n’en était pas de même des systèmes internes, dont la plus importante pour Joker, IDA. Lorsque l’onde de choc les avait touchés, celle-ci s’était tue au beau milieu d’une phrase, et ne s’était plus manifestée depuis malgré les appelles inquiets de Jef. Outre la douleur de sa perte, remettre le vaisseau en état de marche sans son aide n’allait pas être une mince affaire, et ce même avec le talent du chef mécanicien Adams conjugué à ceux de Ken et Gabby.
- Comment va-t-il, docteur ?
- Amiral Hackett, je ne vous avais pas vu entrer. Son corps a subi de nombreux traumatismes, certains de ses implants ont étés touchés, et il est dans un état d’épuisement au-delà de tout ce qu’on peut humainement supporter. Nos meilleurs chirurgiens se sont relayés toute la nuit, on a failli le perdre à plusieurs reprises, mais pour l’instant il est stable. Nous devons cependant le maintenir dans un coma artificiel, le temps qu’il reprenne des forces et que ses implants soient totalement redevenus fonctionnels. Cela dit je suis très optimiste. C’est vraiment incroyable, aucun humain n’aurait passé la nuit dans un état pareil, cet homme à une soif de vivre au-delà de toute imagination.
- Je sais, docteur, je sais… Merci, prévenez-moi au moindre signe d’évolution.
- Bien, Amiral. Ah ! J’oubliais… A plusieurs reprises il a murmuré « Tali ». Sauriez-vous de qui il s’agit ?
- Oui, docteur, je sais. Merci encore…
Lorenzo resta dans un coma artificiel durant quatre mois, avant que les médecins ne décident de l’en sortir. Lorsqu’Hackett vint le voir après son réveil, il eu bien du mal à le reconnaître. Il avait maigrit, perdu en masse musculaire, et ses cheveux et sa barbe avaient poussés. Mais après quelques minutes en sa compagnie, il n’eu plus aucun doute, c’était bel et bien Shepard.
La première chose qu’il demanda fut des nouvelles de Tali. Lors du rush final vers le rayon de transport, elle avait été blessée, et évacuée d’urgence à bord du Normandy. Puis dans la foulée, il questionna l’Amiral sur le sort de la Terre, et des Moissonneurs.
- Tali’Zorah va bien, Commandant. Le Normandy s’est posé en catastrophe sur une planète à quelques années lumières de la Terre, mais grâce à mademoiselle Grace Sato, la technicienne que vous avez sauvée sur Ontarom, et grâce aux schémas des relais de communication les plus avancés de l’Alliance qu’elle a sauvé des soldats de Cerberus, nous avons rapidement pu rétablir les communications avec les appareils éloignés. Le SR-2 nécessitait cependant assez bien de réparations, et les estimations de leur retour indiquent qu’il leur faudra encore au moins un mois. Heureusement, le Docteur Chakwas avait tout le nécessaire à bord pour soigner les blessures de votre amie, et aux dernières nouvelles elle est complètement remise. Cela dit, pour des raisons de sécurité, nous n’avons encore mis personne au courant de votre survie, même pas vos compagnons.
- Je comprends, Amiral. Et les Moissonneurs ?
Hackett raconta tout en détail au Commandant, la chute des Moissonneurs, la mort de la moindre de leurs abominations, la disparition des Geth, la destruction partielle des relais, l’estimation des pertes, les problèmes les plus urgents à régler, et tout le reste. Un constat bien lourd pour une victoire, si tant est qu’on pu l’appeler ainsi.
- Bien, je vous laisse Commandant. Reposez-vous bien. Le Docteur m’a demandé de vous dire que vous commenceriez la rééducation dès demain. Vos implants on étés modifiés, et certains, très secondaires et trop endommagés, on même du être enlevés. Rien de grave, mais ne forcez pas trop au début.
Cinq mois s’étaient écoulés depuis la destruction des Moissonneurs, quant le Normandy regagna enfin la terre ou il se posa sur l’une des pistes encore en état du spatio-port de Londres. C’est là, accueilli par l’Amiral Hackett accompagné de nombreux dignitaires humains Asaris, Turiens, Galariens et Krogans, et derrière lesquels un cordon de sécurité tentait tant bien que mal de retenir une foule en délire désireuse de remercier comme il se devait ceux sans qui ils ne seraient plus là aujourd’hui, que l’équipage Joker en tête sorti du Normandy par la rampe de chargement.
Malgré la liesse générale, aucun des membres du SR-2 n’était d’humeur à faire la fête, Tali la première. Sans nouvelle de Lorenzo, elle avait passé ces cinq derniers mois dans l’angoisse la plus totale, imaginant les pires des scénarii. Derrière son masque, ses yeux balayaient la foule à la recherche de la seule personne de la galaxie qu’elle désirait plus que tout revoir quand soudain, son regard se figea. Là, à peine à quelques dizaines de mètres d’elle, un homme assis dans un fauteuil roulant poussé par un Krogan émergea de la masse des dignitaires venus les accueillir.
- Shepard…
Alors qu’elle murmurait son nom, l’homme esquissa un large sourire, et la jeune Quarienne se rua vers lui.
- SHEPARD ! Hurla-t-elle cette fois d’une voix sanglotante, attirant l’attention du reste de l’équipage dans sa direction tandis que l’homme se levait péniblement de sa chaise.
Sans prendre garde à sa propre santé, ni à la faiblesse de Lorenzo, Tali ôta son masque sans arrêter de courir, le laissa tomber au sol et se jeta au cou de son seul amour, l’emportant dans son élan. Les deux amants atterrirent dans les bras du Krogan qui avait conduit Shepard jusque sur la piste, et qui n’était autre que Wrex. Ce dernier, gêné, se passa la main sur la nuque tout en regardant autour de lui l’air désinvolte, tout le temps qu’appuyés contre lui ses amis s’échangeaient un tendre et langoureux baisé qui semblait ne jamais vouloir prendre fin.
Les jours passèrent, laissant place aux semaines, puis aux mois. Suite à sa démonstration d’affection, Tali était tombée malade, et avait du garder le lit une bonne semaine. Semaine durant laquelle Lorenzo ne l’avait pas quittée une seule seconde, allant jusqu’à faire ses séances de rééducation journalières et à amener son lit dans la chambre de la jeune Quarienne.
Durant cette semaine, ils avaient tout deux reçu de nombreuses visites, les retrouvailles à la sortie du Normandy ayant été tempérées par le désir de chacun de laisser à Lorenzo et Tali quelques heures d’une tranquillité et d’une intimité bien méritées.
Wrex, le premier, était venu voir Shepard. Bien qu’il ait déjà eu le temps de le remercier, il tenait à le faire une fois encore avant de regagner Tuchanka, ou une tâche importante l’attendait. Les Krogans n’étaient plus stériles, mais si une régulation des naissances n’était pas rapidement mise en place, l’explosion démographique de leur peuple les replongerait rapidement dans le climat qui avait donné naissance aux événements qui avait eux-mêmes engendré la création du génophage. C’est pourquoi Wrex ne pouvait pas attendre la réparation des relais, et allait regagner en vol SLM la zone démilitarisée Krogan, la distance séparant celle-ci de la voie lactée étant assez courte.
- Shepard !
- Wrex…
- Comment va-t-elle ?
- Bien, elle se repose.
- Je voulais vous dire… vous… ce que vous avez fait pour les Krogans…
- Je sais… et je sais que vous rendrai le sacrifice de Mordin utile, j’ai confiance en vous.
- Merci…
Incapable d’ajouter autre chose, Wrex quitta la chambre sans plus se retourner. S’il l’avait fait, Shepard aurait pu lire sur le visage de son ami à quel point celui-ci était fière et heureux d’être le siens.
- Bonjour Shepard…
Lorenzo s’était endormi dans le fauteuil près du lit ou Tali reprenait doucement des forces lorsqu’une voix synthétique le tira de son sommeil.
- IDA ?
- Comment allez-vous Commandant ?
A sa vue, Lorenzo repensa au choix qu’il avait du faire, et au sacrifice que cela avait impliqué. La disparition des Geth, la perte d’IDA. Lors de leurs retrouvailles, ils n’en avaient pas parlé, mais il avait bien remarqué que Joker n’était pas aussi guilleret qu’il l’était à son habitude, et il avait immédiatement compris pourquoi.
Lorsqu’il avait été confronté à ce choix, Blessé et l’esprit embrumé, Shepard n’avait pas immédiatement pensé aux conséquences qu’impliquait sa décision de sacrifier les synthétiques, mais maintenant que c’était fait il ne pouvait pas simplement avouer à IDA qu’il avait sciemment choisi de les condamner. Qu’adviendrait-il si IDA, dont la sensibilité s’était développée au contact de l’équipage, ou si tout autre futur IA venait à apprendre que pour le bien des organiques, même le plus conciliant des soldats de la galaxie avait prit le parti de les détruire ? Ce choix, Shepard l’avait fait seul, et pour le bien futur de tous c’est seul qu’il devrait supporter la culpabilité que ses actes avaient engendrée en lui.
- On m’a dit que les Geth s’étaient désactivés au contact de l’onde émise par le creuset, et que toi-même tu t’étais déconnectée… Je… je suis désolé, je n’imaginais pas que vous seriez touchés vous aussi…
La douleur que Lorenzo ressentait à devoir mentir à son amie se répercutait dans sa voix. Heureusement, celle-ci prit pour de la tristesse ce qui était en réalité de la honte.
- Ne vous inquiétez pas Shepard, souvenez-vous que je vous ai dit être prête à nous défendre jusqu’à la mort. Il fallait que les Moissonneurs disparaissent, peu importait le prix. Et je pense que si Légion était encore là, il vous dirait la même chose.
- Merci… Répondit-il simplement, incapable d’ajouter autre chose.
IDA expliqua ensuite à Shepard comment, grâce au système de stockage spécialement destiné à résister à tous types d’agressions mis au point par l’association des talents du Chef Ingénieur Adams, des Ingénieurs Donnelly et Daniels ainsi que de l’Officier Traynor, elle avait pu sauvegarder sa personnalité pour la réintroduire dans la Blue Box Quantique du Normandy une fois les réparations terminées.
Elle allait quitter la chambre lorsque Joker arriva. Le front lourd, il salua Lorenzo presque machinalement avant de s’assoir sur une chaise posée dans un coin de la pièce.
- Joker ? Un problème ?
Jef leur apprit qu’il avait enfin reçu des nouvelles de la colonie de Tiptree. Son père, sa sœur, ses amis, tous étaient morts, tués par des forces moissonneurs guidées par une Asari endoctrinée. Celle-ci faisait partie d’un commando dont il ne restait qu’une seule survivante, placée dans un institut spécialisé sur la Citadelle suite à son retour. Apparemment, elle ne vivait pas très bien les événements qu’elle avait endurés.
- A mon prochain passage sur la Citadelle, j’irai voir si je peux lui parler. Peut-être aura-t-elle des réponses à me donner.
Lorenzo se souvint alors de la conversation qu’il avait surprise entre une psychologue Asari et sa patiente, à l’hôpital Mémorial Huerta, et dont il avait déduit après avoir regroupé d’autres informations que la personne dont l’Asari parlait n’était nul autre que la sœur de Jef.
- Jef, à quoi bon… Cette Asari risque de ne pas être apte à répondre à vos questions, et dans le cas contraire que gagneriez-vous à savoir comment est morte votre famille ? Nous savons tous de quoi étaient capables les Moissonneurs, inutile de vous l’entendre décrire à nouveau en détails. Vous ne feriez que vous infliger plus de mal.
- Vous… vous avez raison Commandant, je dois faire mon deuil, c’est juste que…
- Je comprends, les événements de Mindoir sont loin et pourtant, j’y pense encore. Mais croyez-moi, il y a des choses que l’on préfèrerait ne pas savoir.
Triste, mais bien décidé à ne pas laisser la perte de sa famille lui torturer l’esprit, Joker quitta la chambre de Shepard, IDA à ses côtés.
Lorenzo et Tali reçurent nombre d’autres visiteurs, Garrus, Jack, Ash, James, Miranda et tout ceux qui avaient parcouru un bout de chemin avec eux avaient tenu à les saluer en personne.
Deux ans s’écoulèrent durant lesquels Lorenzo continua de suivre une rééducation intensive. Pour plus de facilité envers Tali, la nourriture dextro-aminée étant plus difficile à se procurer sur Terre, ils étaient retournés sur la Citadelle qui se trouvait à présent en orbite autour de la planète bleue. Là, c’est avec émotion que Shepard avait découvert, par l’intermédiaire d’un testament vidéo, que l’Amiral Anderson lui avait légué un magnifique appartement dans les secteurs, ou il retrouva nombre d’objets qui firent remonter en lui quantité de souvenirs.
D’une grande superficie, pourvu d’une cheminée imposante, d’un salon TV doté de la dernière technologie, d’une cuisine toute équipée et d’une longue baie vitrée offrant une superbe vue sur tout le secteur, il avait tout d’un nid douillet, ou presque. Dans le but que Tali se sente plus à son aise, Lorenzo fit modifier leur chambre et la salle de bain attenante en les rendant aseptiques, afin que la jeune Quarienne puisse s’y mouvoir hors de sa combinaison sans risque.
C’est dans cet appartement, lorsqu’il fut tout à fait remis sur pieds, que Tali et lui décidèrent d’inviter tous les membres de leur ancien commando, afin de faire ce qui allait être la première fête d’un événement qui allait devenir annuel.
Durant ces deux années, les Veilleurs firent des prouesses sur la Citadelle, réparant les systèmes les plus essentiels en premier lieu, laissant ainsi aux races survivantes une main d’œuvre plus importante pour s’occuper des relais. Malgré tout, cette technologie était extrêmement avancée, et même si les dégâts n’étaient pas aussi catastrophiques qu’ils ne le laissaient paraître, ils fallu encore trois ans pour que le premier voyage soit possible, sans que les relais ne soient pour autant complètement réparés.
Les premières destinations accessibles furent bien entendu les mondes les plus importants, ou de leur côté un plus grand nombre de survivants avaient pu eux aussi travailler à la remise en état de leurs relais. Thessia, Palaven, Tuchanka, Sur’kesh, Rannoch, bien peu à vrai dire mais suffisamment pour permettre à la majorité des races présentes dans l’espace de l’Alliance de regagner leur monde d’origine.
Lorenzo et Tali quittèrent la Citadelle pour retourner sur le monde d’origine de la jeune Quarienne dès que cela leur fut possible. Leur navette se posa sur une piste privée proche d’une habitation qui leur avait été indiquée par la tour de contrôle. Le bâtiment était de construction récente, comme la majorité des bâtiments sur Rannoch, et appartenait de toute évidence à un particulier.
Lentement, la porte de la navette s’ouvrit, laissant pénétrer dans l’habitacle la douce chaleur du soleil couchant. Lorsque Tali posa le pied sur sa planète pour la première fois depuis cette mission ou elle et Lorenzo avaient contribués à la destruction d’un Moissonneur cinq ans plutôt, son cœur s’empli d’une émotion intense. Sa main se resserra autour de celle de Shepard, et il sut, même sans la regarder, que derrière son masque ses yeux pleuraient de joie.
Alors qu’elle faisait ses premiers pas hors du véhicule, une Quarienne sorti de la maison et vint à sa rencontre. Après le bonheur d’avoir retrouvé son monde natale, Tali senti alors son cœur s’emplir d’un second souffle de joie lorsqu’elle reconnu Shala’raan, autre fois Vas Tonbey, meilleure amie de sa mère et tante de la Quarienne. Mais sa plus grosse surprise fut de constater que celle-ci ne portait plus son masque, et qu’à la place de la combinaison indispensable à la survie de tout Quarien, elle portait une tenue légère de coupe Asari qui laissait une grande partie de sa peau à nu.
- Tante Raan ! S’exclama-t-elle en la serrant dans ses bras. Mais comment…
- Tu es restée longtemps absente, Tali, et bien des choses ont changées sur Rannoch. L’Amiral Xen a créé un système pour nos combinaisons, qui fonctionne sur le même principe utilisé par les Geth pour renforcer notre système immunitaire. J’ai fais partie de la centaine de volontaires qui ont testé cet appareil, et depuis deux ans maintenant je suis libre de ma combinaison.
- C’est merveilleux. Notre peuple attend ça depuis si longtemps.
- Il faut en moyenne deux ans pour que le système immunitaire soit redevenu assez résistant pour qu’un Quarien n’ait plus besoin de masque, bien qu’un suivi médical mensuel de six mois à un an soit encore nécessaire pour s’assurer que tout se passe bien. Dès que j’ai su que tu revenais, j’ai fait le nécessaire pour qu’une combinaison à ta taille et équipée de ce système t’attende ici.
Tali sauta dans les bras de Lorenzo, l’enlaçant et le serrant de toutes ses forces, tout en murmurant d’une voix tremblante :
- Deux ans… deux ans et je serai enfin libre…
Durant le temps qui s’écoula avant que le système immunitaire de Tali ne soit assez renforcé, Shepard démissionna de l’Alliance, et le Conseil l’autorisa à conserver son statu de Spectre à titre honorifique. Tali et lui officialisèrent ensuite leur union, mais la jeune Quarienne insista pour attendre d’être débarrassée de sa combinaison avant de se marier. Malgré tout, ils tenaient à fonder une véritable famille dès que possible, c’est pourquoi ils ne tardèrent pas à adopter deux enfants Quariens, orphelins de guerre, une petite fille de sept ans, Leela, et celui qu’elle considérait comme son grand frère, Jal, âgé de 9 ans.
C’était au début de leur installation sur Rannoch. Ils vivaient temporairement chez Shala’ran, et Lorenzo avait débuté la construction de leur maison. Du lever du soleil à son coucher, il travaillait sur le chantier. Une fois terminé le gros œuvre dans lequel il s’était énormément impliqué, il avait entrepris de faire le reste par lui-même, souhaitant que sa promesse faite à Tali de lui construire une maison sur sa planète d’origine ne soit pas juste une image. Aidé de Garrus qui avait choisi de prendre une année ou deux de repos auprès de ses deux plus anciens amis avant de se relancer dans la vie active, il œuvrait à faire de leur rêve une réalité.
Un jour, alors qu’il était occupé à couper des planches destinées à la terrasse qui bordait la falaise, il remarqua une petite fille Quarienne qui le regardait, raide comme un piquet, immobile, enserrant dans ses bras une poupée en tissu.
Grâce à leur jeune âge, et à leur système immunitaire toujours en développement, les enfants Quariens avaient été les plus réceptifs à l’invention de Xen, et il n’avait nécessité qu’une seule année pour que tous soient libérés de la bulle qui faisait jusqu’alors office d’environnement jusqu’à l’obtention de leur combinaison.
La petite fille resta la toute la matinée, fixant Lorenzo d’un air fasciné, le suivant partout ou il allait en gardant une distance qui tendait à diminuer au fur et à mesure que la journée avançait. Elle accepta même de prendre le verre d’eau et le sandwich que Lorenzo avait subtilisé à son ami Turien, et qu’il lui offrit en lui décochant un clin d’œil complice lorsqu’il s’arrêta à la mi-journée pour casser la croûte. Elle attendit néanmoins que l’humain se soit un peu éloigné avant de dévorer goulument le sandwich dextro-aminé.
Lorsque le soleil commença à décliner, elle n’avait toujours pas dit un mot, mais l’espace qui la séparait de Shepard n’était plus que de deux mètres à peine. Et alors qu’il allait tenter de savoir qui elle était, et ou elle habitait afin qu’elle ne reste pas seule lorsque Garrus et lui quitteraient le chantier, une Quarienne arriva en courant, criant le nom de Leela.
L’empoignant par les épaules et la retournant face à elle, elle lui demanda inquiète si elle allait bien, et pourquoi elle avait quitté l’orphelinat. Sans mot dire, l’enfant se libéra de l’étreinte de la nouvelle venue d’un vif mouvement d’épaules, et couru se mettre à l’abri derrière Shepard. Etonnée, la jeune femme leva les yeux vers celui que Leela avait choisi comme bouclier, et prenant conscience de la nature de celui devant qui elle se trouvait elle balbutia d’un air inquiet :
- Co… Commandant Shepard ? Je… je suis désolé, Leela ne vous a pas ennuyé j’espère ?
- Non, pas le moins du monde, [/i]répondit ce dernier l’air amusé. En fait…
Lorenzo raconta la journée qui venait de s’écouler à la Quarienne, une infirmière affectée à l’un des malheureusement trop nombreux orphelinats qui avaient vu le jour pour accueillir les enfants retrouvés seuls après cette terrible guerre, et l’étrange comportement qu’avait présenté la petite fille.
- Elle se prénomme Leela, et elle est âgée de sept ans. Elle fait partie des rares survivants d’un de nos vaisseaux chargés des évacuations de colonies isolées. Ils étaient chargé de secourir une planète Asari lorsque ses parents sont morts devant ses yeux, tués par l’une des survivantes recueillies dans cette colonies, et qui se révéla être endoctrinée. Depuis elle n’a plus prononcé un seul mot, et refuse tout contact avec d’autres personnes excepté Jal, un autre enfant rescapé de cette terrible tragédie. Ils ont été débarrassés de leur bulle environnementale le même jour, et depuis elle lui voue l’attachement d’une petite fille à son grand frère.
Tandis que l’infirmière lui racontait cette histoire, Lorenzo sentait se resserrer les petites mains qui agrippaient son pantalon. Bien que cinq années se soit écoulées, et qu’elle ait était très jeune lorsque ce drame s’était déroulé, il était évident que de terribles images hantaient encore l’esprit de la petite fille.
- C’est étonnant, depuis ce jour funeste, elle n’avait plus approché un adulte au point de le toucher, et encore moins de se cramponner à lui. Je ne saurais dire pourquoi, mais il est évident qu’elle vous a pris en affection, Commandant.
Shepard et l’infirmière discutèrent encore quelques temps, et ils convinrent que pour le bien de Leela, celui-ci passerait régulièrement à l’orphelinat pour prendre de ses nouvelles. Puis il les regarda s’en aller, la petite fille marchant quelques mètres devant l’infirmière afin que celle-ci puisse garder un œil sur elle.
De retour chez Raan, Lorenzo raconta cette mésaventure à Tali qui en fut très émue. Toute la nuit, elle ne fit que penser et repenser à l’avenir que pourrait bien avoir cette jeune orpheline et son frère, dont le passé bien que court était déjà plus dramatique que ce que la plupart des gens connaissaient en toute une vie. Le lendemain matin, alors que le soleil commençait à peine à poindre à l’horizon, sa décision était prise. Ces deux enfants, elle et Shepard allaient les adopter.
Lors de leur arrivée sur Rrannoch, ils apprirent aussi que l’Amirale Daro’Xen travaillait sur la remise en activité des Geth, mais en tant qu’IA indépendantes et parfaitement conscientes. Comme IDA avant elle, elle avait déduit de ses recherches que le fait qu’ils se soient développés en réseau avait fait obstacle à leur capacité à développer des liens leur empêchant de dévaluer la vie des organiques. Et elle avait bien l’intention de ne pas réitérer cette erreur. Avec toutes les tâches qui l’avaient occupée auparavant elle n’en était qu’au début de ses investigations, mais elle prévoyait déjà un retour des IA chez les Quariens dans un délai qui ne dépasserait pas les deux ans.
Un an et demi plus ******, elle activait le prototype de ce qui allait devenir les unités « Légion », nomination hommage à celui sans qui tout ceci n’aurait jamais été possible. Quatre unité « Légion » furent d’abord créée, similaire à IDA au niveau matériel, et leur évolution fut étudiée durant un an. Chacune des quatre IA fut éduquée à l’identique, et pourtant chacune développa sa propre personnalité. Afin qu’elles comprennent la différence entre le bien et le mal, et qu’elles ne puissent avoir aucun soupçon de malveillance de la part de leurs créateurs à leur encontre, toute l’histoire des Geth leur fut enseignée, ainsi que l’erreur commise par les Quariens de l’époque. En outre, il leur fut confié les installations de création de leurs semblables, et ce dans le but premier de créer des liens de partenariat équitables. Au fil des années, les unités « Légion » s’intégrèrent au paysage Quarien, devenant une main d’œuvre robuste capable d’effectuer des travaux la ou les Quariens ne pouvaient se rendre, mais une main d’œuvre volontaire considérée comme de vrais individus et non plus comme de simples outils.
En tant qu’Amirale, et avec ses connaissances en ingénierie, Tali avait elle aussi un emploi du temps chargé. La guerre était finie, mais la vie continuait, et le peuple Quarien avait encore une longue route à faire pour rendre à Rannoch sont visage d’antan. L’assistance de Shepard fut aussi sollicitée à de nombreuses reprises, mais pas de la façon dont il s’y était attendu. En tant qu’ancien Spectre, mais disposant toujours de son titre, on lui demandait souvent d’user de ses qualités de médiateurs pour régler l’un ou l’autre conflit avec des voyageurs de passage, voir même entre Quariens. Lorsque pour la première fois il fut appelé pour régler un problème entre deux d’entre eux, Shepard se demanda comment il allait agir, et si sa décision serait bien reçue par les principaux concernés. Puis il se rappela une conversation qu’il avait eue avec Samara, et ou il avait apprit que les Probatrices étaient souvent sollicitées pour régler ce genre de problème. « Mon jugement prend rarement la tournure escomptée », lui avait-elle dit alors. S’il agissait pour le mieux en son âme et conscience, qu’importait après tout que les deux parties soient contentes ou pas. Et c’est ainsi que Lorenzo passa son temps, aidant tout le monde autour de lui comme il l’avait toujours fait avant.
Peut-être était-ce dû aux rapports non protégés qu’elle avait déjà eu avec Lorenzo auparavant, mais il ne fallu qu’un an et demi à Tali pour que son système immunitaire soit assez renforcé pour lui permettre de ne plus porter sa combinaison. Pour marquer cet événement, Shepard proposa d’organiser une grande fête dans leur maison nouvellement terminée, mais Tali eut une autre idée.
- Le jour de la réunion avec nos anciens compagnons approche, et si au lieu de simplement nous réunir comme à l’accoutumée nous organisions notre mariage ?
Lorenzo s’approcha de Tali, lui déposa un tendre baiser sur les lèvres et lui répondit simplement :
- Tu es géniale…
Le soir même, trop excitée pour attendre le lendemain, Tali envoya un mail à tous leurs compagnons afin de les prévenir de l’événement qui allait se dérouler dans un peu plus d’un mois, le jour de leur rassemblement. Elle leur demanda de ne rien changer à leur habitude, ni même dans leur façon de se vêtir. Ils allaient aussi fêter le fait qu’elle ne portait plus la combinaison dans laquelle elle avait été si longtemps enfermée par obligation, alors elle ne tenait pas un instant à leur imposer un style vestimentaire dans lequel certains se sentiraient mal à l’aise.
Durant le mois qui suivi, la jeune Quarienne se plongea dans les préparations, aidée par un couple inattendu qui vint les rejoindre la semaine suivant la nouvelle, Samantha Traynor et Kelly Chambers. Elles s’étaient rencontrées lors de la seconde réunion annuelle, et avaient tout de suite flashés l’une sur l’autre. Depuis, elles ne s’étaient plus quittées, s’étaient mariées et avaient adopté une petite fille humaine de sept ans, Natalia. Sam était revenue travailler dans un labo de la R et D de l’Alliance sur Terre, et Kelly y avait ouvert son propre cabinet de psychologue.
Plus les jours passaient, plus l’ambiance était à la fête. D’autres compagnons étaient arrivés bien avant le jour J. certains pour proposer leur aide, d’autre pour des sujets plus personnels. James Vega était l’un de ceux-là. Après la bataille finale contre les Moissonneurs, il avait été élevé au rang de Commandant, et était entré dans les N7 suite aux encouragements de Shepard. Pendant plusieurs années, il y fit ses preuves, devenant le meilleur soldat de sa génération et un atout pour le programme N7, comme le fut avant lui celui sur qui il avait toujours prit exemple. Et puis récemment, il s’était vu offrir d’entrer chez les Spectres, devenant ainsi le troisième humain après Lorenzo et Ashley à faire partie de cette prestigieuse et très fermée unité.
Mais la raison de son arrivée prématurée concernait un autre sujet, bien qu’en rapport direct avec ses états de services. Après plusieurs années de cale sèche durant lesquelles il avait été entièrement rénové et amélioré avant d’être réintroduit dans le service actif, on lui demandait de prendre le commandement du Normandy.
- Vous voyez Commandant, le Normandy c’est votre vaisseau. Je ne pensais d’ailleurs pas qu’ils le remettraient en service après la guerre. Mais c’est le cas, et c’est pourquoi je voulais votre accord avant de prendre ma décision.
- James, vous êtes un excellent soldat, et un excellent Commandant. Je ne pouvais pas espérer meilleur homme que vous pour prendre ma suite à bord de ce qui fut pour nous tous une seconde maison, car je sais que vous en prendrai le plus grand soin.
- Merci, Commandant…
Wrex, quant à lui, arriva avec une surprise pour le Commandant. Déboulant de la navette, la gueule pleine de bave, un varren se rua sur Lorenzo, lui sauta au torse avec une force telle qu’il le cloua au sol, et lui lécha amiteusement le visage comme seul un varren pouvait le faire. Lorenzo le reconnu immédiatement, et lui rendit son affection à grands coups de caresses.
- Urz ! Comment vas-tu mon beau ? C’est merveilleux Wrex, ou l’avez-vous retrouvé ?
Wrex expliqua à Shepard qu’après le passage des Moissonneurs, le camp ou il l’avait rencontré après la défaite de Saren, et ou il avait adopté le varren, avait été complètement détruit. Beaucoup de Krogans étaient mort le jour de l’attaque, et de nombreux varren aussi. Apparemment, Urz avait réussi à s’échapper, mais il était revenu dans les décombres une fois tout danger écarté, surement dans l’espoir de voir revenir son nouveau maître.
- C’est une équipe à moi qui l’a retrouvé, il se nourrissait des nombreux pitjaks qui pullulent encore dans la région. Il a été impossible pour mes gars de l’approcher, mais l’un d’eux la reconnu et m’a averti. Dès qu’il m’a vu, il s’est tout de suite calmé, et j’ai pu le prendre avec moi. Je vous l’ai ramené dès que possible, Shepard, et c’est mieux pour lui. Je crois qu’en me voyant il espérait vous retrouver, et son état allait en se dégradant ces derniers jours. A vrai dire, je ne l’avais plus vu aussi heureux que maintenant.
Le reste du temps qui les séparait encore du grand jour fut le théâtre de nombreuses situations cocasses, notamment de la part de Garrus et Joker qui s’étaient mis en tête d’organiser l’enterrement de vie de garçon de Lorenzo. Mais ils connurent aussi plusieurs cellules de crises visant à régler l’un ou l’autre problème touchant aux préparatifs, le plus important concernant la robe de Tali.
La jeune Quarienne était tombée sous le charme d’une création d’une célèbre styliste Asari, dont la renommée dans le domaine du mariage n’était plus à faire. Mais le refus de cette dernière de la lui confectionner, ayant pour cause principale le délai trop court avant la date du mariage, et son intransigeance sur la question avaient plongé Tali dans une grande tristesse. Ca allait être le plus beau jour de sa vie et, comme toutes les mariées avant elle, elle voulait que tout soit parfait. Bien sure elle savait qu’il pourrait y avoir quelques ratés, quelques problèmes mineurs qui ne pourraient être résolus à temps. Mais cette robe, c’était celle de ses rêves, celle qu’elle avait vu un jour dans une vitrine d’Illium, et qu’elle n’aurait jamais pu oser espérer porter il y a deux ans de cela quant elle était encore prisonnière de sa combinaison. Et puis à peine une semaine avant le jour J, la styliste en personne était arrivée sur Rannoch pour apporter les dernières finitions à son œuvre, celle-ci soigneusement protégée dans une housse sur lequel était épinglé un petit mot : « Toutes mes félicitations, et tous mes vœux de bonheur à vous deux. Signé Le Courtier de l’Ombre ». Instinctivement, les yeux remplis de larmes de joie, Tali se tourna vers Liara qui était arrivée deux jours plutôt avec Feron et Javik, hocha la tête délicatement en lui souriant, et Liara lui sourit à son tour.
L’ensemble des compagnons fut rassemblé deux jours avant le début des festivités, ce qui pour Garrus et Joker fut suffisant pour faire passer à Lorenzo le plus inoubliable des enterrements de vie de garçon. Et de leur côté, Ash et Jack avaient bien l’intention de faire subir un sort similaire à la pauvre Tali qui n’était pas habituée aux exubérances d’un Spectre quelque peu alcoolisée, et d’une ancienne criminelle biotique reconvertie en enseignante obligée de surveiller ses manières et pour le coup complètement survoltée.
L’enterrement de jeune fille de Tali avait débuté dans le calme. Liara avait organisé une réunion en comité restreint dans leur maison, composé des quatre meilleures amies Quariennes de la future mariée, et de ses plus proches amies rencontrées sur le Normandy. En plus d’elle-même, l’Asari avait convié Kasumi, Samara, Gabby, Samantha, Kelly, Karin et IDA. Leela et Jal passaient la nuit chez Shala’raan, qu’ils appelaient eux aussi tante, et Lorenzo avait été emmené par Garrus et Joker une heure avant l’arrivée des amies Quariennes de Tali.
Liara avait prévu tout un assortiment de boissons et diverses collations, et une douce musique passait en fond sonore. Elle avait clairement privilégié la discussion entre amies, ce qui n’était pas vraiment du goût de Jack et d’Ashley qui avaient imaginé quelque chose de plus festif.
Les amies de Tali, elles, semblaient apprécier l’ambiance de la fête, et étaient en pleine discussion avec IDA et Gabby. Samara, un peu à l’écart, admirait le ciel étoilé de Rannoch au travers de la baie vitrée. Perdue dans ses pensées, elle livrait à Karin ses impressions sur ce genre de cérémonial, cette dernière l’écoutant sans mot dire. Kasumi avait quant à elle disparu à son arrivée, occupée certainement à fouiller la maison comme à son habitude.
- A ce moment précis j’enrage de pas être un mec ! Shepard et les autres doivent bien prendre leur pied eux !
- Et comment Jack ! J’espère que ça va se mettre à bouger un peu sinon je sens que je vais faire une grosse déprime…
Malheureusement pour les deux fêtardes, la soirée semblait prendre un chemin très éloigné de leurs espoirs, et Jack comprit que s’il devait en être autrement c’était à elles deux de prendre les choses en mains, sans espérer qu’elle ne change de voie par simple volonté. Ni une ni deux, la puissante biotique mis sa constatation en pratique.
- Hey Tali, qu’est-ce que t’as prévu pour Shep pendant la nuit de noces ?
Lorenzo et la jeune Quarienne étaient intimes depuis sept ans maintenant, mais malgré cela elle demeurait toujours gênée lorsque la discussion abordait sa vie intime, affichant un air embarrassé des plus adorables.
- Et bien… je… comment dire… balbutia la Quarienne troublée.
- J’espère que t’as prévu de lui sortir le grand jeu ! Faut qu’il s’en souvienne toute sa vie.
- Le… le grand jeu ? Repris Tali les yeux écarquillés et la voix peu assurée.
Comme pour mieux se faire comprendre, Jack se redressa sur ses genoux, surplombant la future mariée qui semblait s’enfoncer un peu plus dans le divan au fur et à mesure que les explications de la biotique s’intensifiaient. Elle lui saisi fermement les épaules, la secouant comme pour la sortir d’un trop long sommeil, et continua devant les regards amusés de Sam et Kelly :
- Ouais, faut que tu le plaques au mur, que tu lui arraches sa chemise, que tu l’embrasses voracement en lui pétrissant la langue avec la tienne, que tu lui plantes tes ongles dans le dos et que tu t’agrippes à ses omoplates pour l’empêcher de se libérer de ton étreinte avec toute la force de ton animalité.
- Toute… toute la force de mon animalité… ?
- Toute la force ! Et une fois que tu sens qu’il est prêt à passer au niveau supérieur, tu l’entraines vers le lit, et tu l’y pousses sans ménagement.
- Je… Tenta Tali dépassée par les propos de son amie.
- Ensuite tu finis de le dessaper sans lui laisser le temps de se ressaisir, puis tu lui montes dessus et tu le chevauches comme un étalon sauvage qu’aurait besoin d’être dressé. Ondules des hanches, laisses sortir toute cette tension qui t’habite depuis que tu as commencé à préparer ce mariage, maintiens le, domines le, soumets le à ta volonté, inondes le de sensations jusque là inconnues de lui, fait monter en lui un plaisir tel qu’il n’en a jamais connu. Et lorsqu’il sera à bout, quant il sera prêt à exploser, empoignes lui son…
- C’est bon Jack ! Je crois qu’elle a compris…
Les joues de Tali avaient viré au violet. Sans l’intervention de Liara, les Ancêtres seuls savent jusqu’ou aurait été Jack.
Mais bien qu’elle manqua de dépasser les limites, ce moment fit prendre conscience à Liara que l’enterrement de vie de jeune fille de Tali était aussi un prétexte pour la future mariée de se défouler et de lâcher la pression avant le grand jour. C’est pourquoi elle demanda à Glyphe de faire apporter de l’alcool, entre autres choses, et Jack et Ash eurent enfin le genre de soirée qu’elles espéraient.
Joker et Garrus avaient emmené Shepard dans un club branché ou ils avaient réservé un salon privé. La, ses amis les plus proches étaient déjà en train de faire la fête une bouteille de bière à la main, et les yeux rivés sur la scène ou deux danseuses Asari ondulaient tout en courbes, sur une musique au rythme suave.
En plus de Jef et Garrus, Steve, James, Wrex, Grunt, Zaeed, Javik, Jacob et Kenneth étaient présents. Il faisait chaud, la fumée des cigares emplissait la pièce d’un léger brouillard, et l’endroit était assourdissant, la musique, les cris et les sifflements se mêlant en une cacophonie à la limite du supportable.
Lorenzo était un peu mal à l’aise de se retrouver dans un tel endroit, contrairement à ses amis, et c’est James qui le premier le remarqua. Sans prendre de gant, il propulsa son ancien Commandant au pied de la scène d’une grande tape dans le dos, accompagnant le geste d’un tonitruant « Allez, Shepard ! ».
Les regards que lui jetaient les Asaris étaient langoureux, de quoi le mettre plus mal à l’aise encore, mais il n’eut pas le temps de se poser plus de questions sur les bienfaits de sa présence en ce lieu. Garrus lui glissa un verre de rhum novérien dans la main, qu’il accompagna d’un « Voyons combien de temps vous pourrez tenir, Cul sec Shepard ! ». Lorenzo s’exécuta dans l’euphorie générale, et Joker lui offrit aussitôt un autre verre, en même temps que Zaeed lui tendait l’un de ses cigares.
Grunt et Wrex faisaient eux aussi leur propre concours de boisson, avec de grandes chopes de Ryncol qu’ils affonnaient les unes après les autres.
- HA HA HA HA ! C’est pas un gamin comme toi qui va m’apprendre comment boire le Ryncol. Je buvais déjà ça comme du petit lait alors que tu n’étais pas encore au stade d’idée de bébé éprouvette dans l’esprit d’Hokir.
- Tais-toi l’ancêtre ! Tu ferais mieux de retourner jouer les papas attentionnés pendant que je me charge d’éloigner les derniers Dévoreurs de la nouvelle capitale de Tuchanka.
Six ou sept verres plus ******, Lorenzo n’était plus du tout mal à l’aise, et il s’était même laissé convaincre par Jacob de monter sur scène pour danser avec les deux Asari qu’une Quarienne et une humaine avaient rejointes. Celles-ci se déhanchaient autour de lui, se frottant contre son corps, le caressant sensuellement sous les encouragements de James et Ken, jouant si habilement de leurs doigts qu’il se retrouva torse nu sans même s’en être rendu compte.
- De mon temps, ce genre de rassemblement était interdit, car bien trop propice à attirer l’attention de l’ennemi…
- Allons Javik, la guerre est finie depuis longtemps, lâchez-vous un peu mon ami.
- J’essaye, monsieur Cortez, mais j’ai été conditionné à faire la guerre toute ma vie…
- Tenez, commencez donc par boire un verre, ça vous fera du bien. Et je vous ai déjà demandé de m’appeler Steve.
Alors qu’il était à moitié nu, à moitié ivre, et entièrement à la merci des quatre danseuses, les deux Asari assises sur ses genoux et couvrant son visage de marques de baiser, une voix de femme étonnée surpassa le brouhaha ambiant.
- Commandant Shepard !?
Le regard de celui-ci pointa vers la porte d’entrée du salon, et immédiatement il reconnu la mystérieuse intervenante. Surpris, mais un peu moins sous l’influence de l’alcool, Lorenzo tenta de s’expliquer.
- Em… Emily… Emily Wong ? Ce… ce n’est pas ce que vous croyez…
- Vraiment ?
La journaliste attendait les yeux écarquillés qu’il lui fournisse des explications quant au pourquoi de cette situation, lorsque Garrus qui sentait son ami dans l’embarra cru bon d’intervenir malgré son état d’ébriété avancé…
- A… allons mad… mad’moiselle Wong, c’est… c’est à ça que sert un… un enterrement de vie de garçon, n… non ? A… à se lâcher avant… avant le mariage, ou à… comment dites-vous déjà… à « Tirer ses quatre cent coups » ?
Lorsqu’ils entendirent cette expression humaine totalement dénaturée, et dont le sens premier n’avait plus aucun rapport avec sa présente signification, l’explosion de rire fut générale. Même Emily, qui avait saisi parmi les bribes de phrases du Turien le pourquoi de leur présence dans ce club, ne pu s’empêcher de rire aux éclats. Elle s’excusa ensuite de son irruption au beau milieu de la fête, et précisa à Lorenzo qu’elle reviendrait le voir le lendemain quant il se serait remis, avant de les laisser reprendre le cours de leur soirée.
Le lendemain matin, en réalité il approchait plus de midi, Lorenzo se leva la tête encore toute embrumée. Demain, il allait enfin épouser celle qu’il aimait depuis tant d’années, celle qui avait su attirer sont attention dès les premières secondes, alors que jeune et inexpérimentée elle avait tenu tête à une bande de criminels bien décidés à l’éliminer.
Marchant pieds nus sur la terrasse baignée de la douce chaleur du soleil de Rannoch, il s’étirait les bras engourdis lorsqu’il remarqua la présence de Garrus. Arcbouté sur le garde-fou qui longeait la terrasse, séparant celle-ci du bord de la falaise qui dominait la mer, il avait l’air perdu dans ses pensées, le regard fixé vers l’horizon.
- Garrus ?
- …
- Garrus ?
- Oh, Shepard, je ne vous avais pas vu arriver.
- Il y a un problème ? Vous avez l’air soucieux.
- Oui… enfin non… peut-être, je ne sais pas…
- Que vous arrive-t-il ?
- Je viens de recevoir une autre demande du Conseil, afin que j’intègre les Spectres.
- Une autre demande ?
- Oui… J’en ai reçu une au même moment que James. Deux Spectres nommés le même jour, je pense que ça n’était encore jamais arrivé.
- Et que s’est-il passé ?
- J’ai… j’ai refusé…
Lorenzo resta un moment silencieux, contemplant interloqué l’expression de désarroi qu’affichait son ami. Devenir Spectre, c’était sans doute la meilleure chose qui pouvait arriver au Turien. Débarrassé des contraintes administratives qui l’avaient fait quitter le SSC à deux reprises, il serait libre de faire ce qu’il avait toujours rêvé de faire, combattre l’injustice partout ou elle se trouverait. Pour qu’il refuse une fois de saisir cette chance, et qu’il s’interroge encore sur le fait de la rejeter ou pas une seconde fois, le problème qui le travaillait devait être d’importance.
- Pourquoi ? Spectre, c’est la voie idéale pour vous.
- Shepard, je… Et si je foirais ça aussi ?
- Comment ça, aussi ?
- J’ai été agent du SSC, résultat j’ai démissionné… à deux reprises… J’ai joué les justiciers sur Oméga, et les dix hommes qui avaient mis toute leur confiance en moi sont morts. Comment être sure qu’en tant que Spectre, je n’échouerai pas encore ?
- Garrus, écoutez-moi. Et c’est l’ancien Commandant qui parle, pas l’ami. Vous être le soldat le plus compétent qu’il m’ait été donné de rencontrer. Accepter d’épargner Sidonis, malgré ses actes, prouve à quel point vous savez rester rationnel, même sous la pression. Vous avez toujours agit pour le bien de tous, sans jamais chercher à en retirer un quelconque avantage. Vous êtes fait pour être Spectre, ça ne fait aucun doute… Et puis, imaginez un peu, un tombeur comme vous, Spectre, vous aller toutes les rendre dingues de vous.
Lorenzo conclu ces mots en lançant un clin d’œil à son ami et en le gratifiant d’une tape sur l’épaule, avant de regagner la maison.
- Shepard… M… merci…
Pour toute réponse, celui-ci leva le bras, et lui fit un signe de la main sans se retourner.
Plus ****** dans la journée, Lorenzo reçu la visite d’Emily Wong, celle dont il était certain d’avoir rêvé la présence la nuit précédente.
- Mademoiselle Wong, je suis heureux de vous revoir en vie. Les nouvelles sur l’extranet vous disaient morte lors de l’attaque de la Terre.
- Vous n’êtes pas le premier surpris, croyez moi.
- Que vous est-il arrivé ? Près de sept ans sans aucunes nouvelles, ce n’est pas votre genre.
- Ces dernières années n’ont pas été très facile pour moi en réalité. Lorsque les Moissonneurs ont attaqué la Terre, j’ai bien cru que ma dernière heure était arrivée... Il y a eu tant de morts, tout ce sang, et ces cris… jamais je ne pourrai oublier ces cris…
- Je suis désolé, j’ose à peine imaginer ce que ces monstres ont pu commettre comme atrocités avant que nous ne parvenions à les éradiquer.
- Et je n’ose imaginer ce qu’il serait advenu de nous, si vous n’aviez tenu contre vent et marée, en allant même jusqu’à défier le Conseil.
- Si ma mémoire est bonne, vous étiez dans de sales draps lorsque la transmission a été coupée.
- En effet…
Emily raconta à Lorenzo comment, alors qu’elle était à la merci d’une demi-douzaine de zombies, assise à même le sol de l’aéroport et se trainant en arrière comme un animal blessé qui tente désespérément d’échapper à son prédateur, un hélicoptère avait explosé non loin, soufflant ses assaillants et la projetant au milieu d’un tas de vieux pneus qui avaient amorti sa chute avant de la dissimuler en se renversant sur elle.
Użytkownik Cheetara edytował ten post 03 wrzesień 2013 - 10:28





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