Prologue
« Le monde ne trouvera donc jamais la paix... » murmura-t-elle en posant avec résignation le papier qui lui était tendue.
Alistair approuva sa remarque avec la même mélancolie qu'elle. Elle aurait aimé qu'il fasse une plaisanterie pour détendre l'atmosphère mais il ne dit rien. Cela faisait une éternité qu'il n'avait pas fait de l'esprit, trop absorbé dans son travail de souverain.
Parfois, elle se demandait si elle avait eu raison de le mettre sur le trône de Ferelden. Pas pour sa prétendue incompétence : Alistair était un homme juste et il avait prouvé au monde entier qu'il était plus doué qu'il ne le laissait paraître, non, pour lui. Il avait choisi de profiter au mieux de son pouvoir pour aider les gens, et elle ne pouvait que louer sa motivation et ses efforts, mais cela n'empêchait qu'il avait changé. Il paraissait plus soucieux, plus fatigué, tout simplement moins heureux.
Lors du Conclave, elle avait pensé que ça irait. Que s'ils s'en sortaient, après tout ce qu'ils avaient traversés, rien ne pourrait plus les atteindre...
Il est vrai qu'elle aurait pu épargner se fardeau à Alistair en choisissant de laisser Anora régner, mais elle ne lui faisait pas confiance. Les enjeux étaient trop grand, elle ne pouvait prendre le risque d'être trahie. Quand à la marier avec Alistair... Elle avait longuement hésité. Elle savait que c'était la meilleure solution politique, la meilleure solution pour Ferelden sans doute, mais son cœur n'avait pu s'y résoudre.
Wyne l'avait pourtant prévenu que l'amour était égoïste et que quelqu'un comme elle, quelqu'un comme eux, ne pouvaient se permettre un tel luxe, mais elle ne l'avait pas écouter. Elle avait refusé de voir la vérité de ses paroles. Elle avait voulu croire que jamais cela ne poserait problème...
Plus que d'avoir évincer Anora du pouvoir, s'est de s'être proposer pour régner à ses côté qui la hantait le plus. Se faisant, elle avait plus encore complexifié le problème, et le bann Ceorlic se faisait une joie de lui rappelait constamment l'absence d'héritier au trône. En plus, elle se rendait compte qu'elle n'était pas faite pour être reine. Certes, elle était dotée d'un talent certains pour la diplomatie, mais l'aventure lui manquait. Parfois il lui arrivait de revêtir son armure pour le simple plaisir de l'entendre cliqueter sur ses pas. Plus le temps passait, plus elle s'ennuyait et se sentait lasse des querelles incessantes qui agitaient la cours. Le monde était encore rempli de problèmes et ils ne trouvaient rien de mieux à faire que de se chamailler pour des broutilles...
« Que devrions nous faire à-t-on avis ? », lui demanda soudain Alistair.
Sortie un peu trop violemment de ses pensées, elle mit un certain temps à se ressaisir. Ses yeux parcouraient de nouveau la missive de la Grande Révérende Mère, comme si lire une énième fois le parchemin pourrait en changer le contenu. Malgré tout, elle ne parvenait à croire ce qu'elle lisait tant elle trouvait cela aberrant. Après tout le sang qui avait coulé lors de l'Enclin, alors même que des hordes d'engeances arpentaient le territoire, la Chantrie ne trouvait rien de mieux que d'exiger une Marche Exaltée contre Orzammar.
« Je ne sais pas... Une chose est sûre, nous ne pouvons pas laisser une telle chose arriver. Cela causerait trop de morts et trop d'ennuis... », répondit-elle finalement en se laissant tomber sur la chaise la plus proche.
« Je suis d'accord, mais la Chantrie est puissante, il n'est pas si facile de s'y opposer s'en être taxé d'hérétique, ce que je préférerais éviter. »
Elle hocha la tête. Quel comble d'avoir autant de pouvoir et d'être pourtant si impuissant... Tout était tellement plus simple avant...
Elle bondit soudainement sur ses pieds. Jamais elle n'aurait cru qu'un excès de nostalgie lui donnerait la solution un problème géopolitique majeur et pourtant c'est ce qui venait d'arriver.
« Je sais ! » s'exclama-t-elle soudain.
Surpris il lui lança un regard intrigué.
« Je pense que l'on devrait arrêter de penser comme des souverains. Je veux dire, depuis que je suis garde des Ombres, on n'a cessé de convaincre des gens et de régler des conflits. Aujourd'hui, ce n'est pas différent. Il nous suffit de faire comme avant... Plutôt que d'ordonner à la Révérende Mère d'oublier son idée, réglons son problème. Outre ma persuasion légendaire, ainsi que celle de nos épées, c'est toujours comme cela que l'on s'en est sorti. Il y a bien quelque chose que nous puissions faire pour la convaincre d'arrêter. Par exemple, on pourrait aller voir Bhelen et lui intimer d'arrêter d'accueillir des Apostats. Après tout, il a une dette envers nous... »
Alistair arqua un sourcils pour montrer son scepticisme mais son sourire trahissait son intérêt.
« Si je comprends bien, tu veux que l'on aille négocier avec Bhelen pour pouvoir négocier avec la Révérende Mère pour empêcher la marche Exaltée... C'est tellement évident que je n'y avais pas pensé... Je pense que tu as raison. Il est temps que l'on arrête de se plaindre et que l'on agisse. C'est ce que l'on a toujours fait et cela nous a plutôt bien réussis jusqu'ici! »
Elle hocha la tête soudain emplie d'un réel enthousiasme. Il lui tardait déjà d'être sur les routes.
« Je pense que l'on pourrait même faire un détour par Hautecime. J'avoue que j'aimerai bien rendre visite à mon frère, et cela serait l'occasion de rendre hommage à Duncan... »
Alistair hocha la tête soudain ému. Même s'il avait réussit à surmonter la mort du garde des ombres, son évocation ne le laissait jamais indifférent. En outre, il appréciait réellement qu'elle se soit souvenue de sa promesse de rapporter sa dépouille dans sa terre natal.
Bien sûr, il approuva également cet idée, et dès le lendemain ils commencèrent à préparer leur voyage. Ils avaient décidé de le tenir secret. Seul leur proche et Eamon qui assurerait la Régence durant leur absences, étaient au courant du départ. Ce dernier avait un peu grincer des dents à l'idée de les voir partir sans escorte mais il convenait que cela était plus prudent. Ils avaient prouvé qu'ils n'avaient pas besoin de gardes pour se protéger et en petit groupe ils attireraient moins l'attention, s'évitant ainsi des attaques volontaires. C'est dû moins l'excuse qu'elle avait trouvé dans l'espoir d'être de nouveau sur les routes avec ses amis, comme au bon vieux temps.
Oghren et Zevran ne furent vraiment pas dur à convaincre. Comme elle, ils commençaient à s'ennuyait de la tranquillité de Dénérim et ce voyage était pour eux une réelle partie de plaisir. Léliana aussi accepta avec grand plaisir de se joindre à eux malgré ses nouvelles responsabilités auprès de la Chantrie. Wyne en revanche, s'y refusa. Elle préférait restait à la cour pour assurer son rôle de conseiller en leur absence et s'estimait trop vieille pour leur futur péripéties. Quand à Sten et Morrigan, dans la mesure où ils avaient purement disparus, la question ne se posait même pas.
Souvent, elle pensait à eux. A Morrigan surtout. Elle se demandait ce qu'il était advenu d'elle et de l'enfant qu'elle portait, elle espérait également que « créer » un ancien Dieu n'auraient pas de conséquences fâcheuses. Malgré tout, elle s'en était tenu à sa parole et n'avait jamais cherché à la retrouver.
« Au fait, demanda soudain Léliana, que devient la garde des Ombres ? Voilà longtemps que je n'en ai pas entendu parler ! »
Pour elle, le sujet était anodin, elle souhaitait seulement initiée une conversation pour égayer leur longues heures de marches à venir, mais elle comprit qu'elle avait fait une erreur devant le regard de ses amis.
« A vrai dire, la situation n'est pas vraiment réjouissante. J'espérais sincèrement que notre victoire contre l'Archidémon provoquerait un engouement pour notre ordre, mais il n'en ait rien. Bien sûr nous avons regagner notre prestige d’antan, mais les gens ne souhaitent pas s'enrôler. Ils considèrent que maintenant que l'Enclin est finit, il n'y a plus besoin de nous... Si je ne m'abuse, nous ne sommes que cinq en Ferelden, en comptant Alistair et moi. »
Désolée pour son amie, Léliana essaya tant bien que mal de lui remonter le moral en relativisant.
« Eh bien, dans un certains sens vous avez doublé vos effectifs, je trouve ça déjà pas mal ! Je trouve ça admirable tout ce que vous avez déjà accomplis pour cet ordre... Je pense qu'il ne faut pas s'inquiéter, cela prend du temps voilà tout. »
Sa remarque fut accueillit par un petit sourire et une voix un peu plus joyeuse.
« Tu as raison... » Elle se tourna vers Alistair qui avait suivis l'échange avec intérêt. « Je pense que l'on devrait aller à Weishaupt une fois que tout cela sera finis ! Maintenant que j'y pense, nous n'avons jamais eu l'occasion de rencontrer nos nouveaux frères d'armes. »