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[Fan-fiction] UA436


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#1
Lisa Crameer

Lisa Crameer
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Bonjour à tous !

 

Je suis une grande fan de l'univers riche et passionnant de Mass Effect et, comme beaucoup d'entre nous, il m'a inspirée une petite fiction... Il s'agit d'une nouvelle très courte, ma première, que je souhaite partager avec d'autres fans de la trilogie. Alors n'hésitez pas à me faire part de vos critiques, bonnes comme mauvaises ! 

Merci d'avance ! 

 

 

 

 

 

UA436

 

-          Bienvenue à bord, dit-elle en tendant une main.

Sans hésitation, il la saisit et la serra doucement.

 

-------------------------------------------

 

-          Tu veux une autre histoire ?

 

Rana se pencha légèrement en avant et plissa ses petits yeux brillants d’un air de confidentialité. Le soleil commençait à baisser à l’horizon et ne tarderait pas à disparaître derrière les falaises orangées qui s’étendaient à perte de vue.

 

-          Bon d’accord ! fit la petite fille sans attendre de réponse. Il y a bien longtemps, avant même que tu n’existes, nous ne savions pas encore voyager dans l’espace. Et il y avait cet homme, il s’appelait…

 

Elle fut soudain interrompue par une voix lointaine qui appelait son nom.

 

-          Oh non, souffla Rana, c’est maman, je dois rentrer.

 

Elle se leva en époussetant sa tunique pleine de terre rouge, immédiatement imitée par son interlocuteur. Elle glissa sa petite main dans celle, bien plus grande, de son ami, et ils prirent tranquillement le chemin de la grande villa en forme de dôme.

Debout sur le seuil, les bras croisés d’un air à la fois réprobateur et attendri, la mère de Rana les attendait. La petite fille courut vers elle et se jeta dans ses bras.

 

-          Rana, dit sa mère d’une voix douce, tu étais encore avec UA436 ?

-          Bah oui, fit la petite fille le plus légèrement du monde.

 

Elle se laissa soulever du sol avec délice et entraîner vers l’intérieur, non sans avoir adressé un dernier signe de main à UA436, auquel il répondit avec une lenteur appliquée. En effet, ce geste ne faisait pas partie de sa programmation, et, même à présent qu’il en avait compris la signification, il lui était toujours un peu difficile de le réaliser correctement. Lorsque la mère et la fille eurent disparu à l’intérieur, il tourna lourdement les talons et reprit le chemin du hangar près du champ. La nuit était presque complètement tombée, mais cela ne lui posait aucune difficulté, son œil central dardant son rayon éblouissant droit devant lui. Il ne lui fallut plus longtemps pour regagner le hangar et se remettre aux opérations de maintenance que la petite fille avait interrompues. Sa programmation lui faisait clairement ressentir que ce retard était inacceptable, mais malgré toutes les interventions de son propriétaire, les potentiels électriques évoqués dans son logiciel par les requêtes de Rana surpassaient toujours, de manière inexplicable, les ordres de ses véritables maîtres.

 

 

Dans la pièce centrale de l’immense dôme, les parents de Rana discutaient à voix basse mais néanmoins avec une certaine animation.

 

-          Mais enfin, disait son père d’une voix inquiète, elle passe tout son temps avec cette unité agricole ! Il n’a même pas de simulateur vocal ! Ce n’est pas normal !

 

-          C’est une enfant, répliqua sa mère d’une voix douce, elle a jeté son dévolu sur lui comme elle l’avait fait pour cette couverture qu’elle traînait partout, ça lui passera !

 

L’homme se leva et se mit à arpenter nerveusement la pièce.

 

-          Oui mais cette couverture n’était pas faite de 150 kg de métal ! rétorqua-t-il sourdement. Il n’est pas programmé pour interagir avec des enfants, il pourrait la blesser sans même s’en rendre compte !

 

-          Je l’ai observé tu sais, il semble avoir adapté sa programmation pour agir avec… délicatesse. Aujourd’hui, il lui a tenu la main !

 

L’homme se rassit lourdement et soupira.

 

-          C’est ce qui m’inquiète. Il réagit toujours préférentiellement aux ordres de Rana, et non aux nôtres. C’est comme s’il avait développé pour elle une forme… d’attachement.

 

-          Ne sois pas idiot, répliqua sa femme en prenant sa main d’un air indulgent, ce n’est qu’un Geth, une machine. Les machines n’ont pas de sentiment.

 

 

 

 

Une aube grisâtre se levait sur Rannoch, et le vent fit frissonner le beau visage violet de Rana. Une main en visière, ses yeux en amande plissés dans une intense concentration, la jeune femme scrutait la vallée qui s’étendait à ses pieds. Après avoir jeté un coup d’œil au viseur de son fusil de précision, elle siffla et fut bientôt rejointe par cinq Geths qui sortirent sans bruit d’une grotte non loin derrière.

 

-          Ça a l’air dégagé, dit-elle d’une voix déterminée, il faut en profiter. En avant !

 

Grande, agile, et d’une habileté remarquable au maniement des fusils, elle n’avait plus rien de la petite fille insouciante qu’elle avait été. UA436, quant à lui, n’avait bien sûr pas changé, si ce n’est qu’il avait reçu un simulateur vocal, un cadeau fait à Rana par ses parents pour son quatorzième anniversaire.

 

Ils s’engagèrent prudemment dans la vallée, tous les sens – et capteurs – en éveil. Le terrain était découvert et donc dangereux, même s’ils se trouvaient dans une province reculée. Depuis l’avènement de la loi martiale, de nombreuses troupes avaient été déployées dans le but d’anéantir les dernières poches de résistance quarienne, et surtout les quelques milliers de Geths qu’elle était parvenue à préserver de la destruction. Cela faisait maintenant plus de 10 ans que Rana avait fui la ferme de ses parents, emmenant avec elle les Geths avec lesquels elle avait grandi. UA436 se repassait souvent l’impression mémorielle de cet évènement. La jeune Quarienne n’avait pas hésité un instant. Lorsqu’il était venu l’avertir qu’un commando faisait route vers la ferme, elle avait jeté dans un aéroglisseur quelques sacs prêts depuis longtemps, son fusil, et les cinq robots qu’elle appelait « ses amis ».

 

-          En vous opposant aux forces armées, avait protesté 436 de sa voix métallique et monotone, vous vous exposez à un grand danger. Nous ne souhaitons pas favoriser l’occurrence de cette situation.

 

-          Je sais mon ami, avait tristement répondu Rana, mais il m’est moins pénible de prendre ce risque que de te laisser désactiver par ces maniaques génocidaires. Est-ce que tu comprends ?

 

Rana avait grandi avec 436, et avec le temps elle avait appris à formuler ses « ordres » de manière à ce qu’il comprenne parfaitement ses sentiments, même s’il ne pouvait les ressentir. 436 avait donc bien compris, et l’avait suivie sans difficulté, comme il l’avait toujours fait.

 

Le véhicule dans lequel ils s’étaient échappés avait fini par rendre l’âme, et le petit groupe parcourait à pied le continent, sans autre but que d’éviter l’armée assez longtemps pour voir un jour de plus. Rana avait longtemps espéré que la résistance parviendrait à prendre le pouvoir et à mettre fin à cette folie, mais elle avait été anéantie. L’espoir d’un avenir meilleur avait disparu. Cependant, ils étaient encore en vie.

 

 

Une détonation retentit, raisonnant contre les parois des falaises. D’un même mouvement, UA436 et ses congénères se mirent à couvert derrière des formations rocheuses, scrutant l’horizon à la recherche de la source du bruit. Il fallut quelques millisecondes de plus à ses capteurs pour noter que Rana, debout dans une position inhabituelle, n’avait pas rejoint de couvert.

 

-          Maîtresse Rana, dit-il de sa voix mécanique sans émotion, nous vous conseillons de vous abriter.

 

Mais Rana ne répondit pas. Elle tourna lentement la tête vers lui, une expression douloureuse sur le visage, avant de tomber à genoux sur le sol. UA436 ébaucha un mouvement pour la rejoindre, mais une nouvelle détonation retentit, et une balle siffla près de ses capteurs audio.

 

-          Ne bouge pas ! s’écria Rana d’une voix rauque.

 

-          Maîtresse Rana…

 

-          Ecoute-moi UA, dit-elle d’une voix faible en s’affaissant un peu plus. Tu dois… tu dois…

 

La jeune quarienne tomba à la renverse, et un nuage de poussière rougeâtre masqua un instant son visage.

 

-          Maîtresse Rana !

 

-          Ne bouge pas, répéta-t-elle faiblement. Prends… ça.

 

Dans un dernier effort qui lui arracha des larmes, elle poussa vers lui le fusil de précision qui gisait auprès d’elle. Obéissant comme il l’avait toujours fait, il saisit l’arme par le canon, incapable de comprendre en quoi cela aiderait la jeune femme. Pourquoi ne se levait-elle pas ? Le tir avait-il causé une dysfonction ? Et surtout, saurait-il la réparer ? Malgré sa connexion avec les autres, son processeur semblait manquer de puissance pour lui permettre une analyse complète de la situation.

 

-          Maîtresse Rana, s’enquit-il avec une anxiété qui ne pouvait être rendue par son simulateur vocal, comment pouvons-nous vous aider ? Donnez vos ordres.

 

-          Non, plus d’ordres, souffla la quarienne. Tu ne peux plus rien pour moi UA, je vais m… je vais être désactivée.

 

-          Maîtresse Rana…

 

-          Ecoute-moi bien UA, interrompit-elle avec le peu de force qu’il lui restait. Ils seront bientôt ici. Prends l’arme, et défends les autres. Quoiqu’il en coûte. Réunis autant de Geths que possible, et défends-les.

 

-          Mais maîtresse Rana…

 

-          C’est ce que je souhaite, dit-elle d’une voix anormalement aigüe, si tu es mon ami, alors tu feras ce que je…

 

Sa voix mourut, et un long souffle s’échappa de ses lèvres blêmes. UA436 dirigea toute la puissance de son processeur vers ses capteurs afin de détecter le moindre mouvement de la Quarienne. Mais elle ne bougea pas. Ses yeux ouverts avaient perdu leur éclat lumineux et semblaient regarder dans le vide, ses flancs ne se soulevaient plus.

 

-          Maîtresse Rana, appela UA436 de sa voix monotone.

 

Mais elle ne répondit pas. Il l’appela encore. Et encore. Inlassablement, il continua de l’appeler, jusqu’à ce que le bruit d’un véhicule se fasse entendre. Des voix quariennes résonnèrent non loin, mais UA436 ne comprit pas leurs paroles, ses capteurs toujours focalisés sur le corps de la jeune femme qu’il avait vue grandir. Elle l’avait toujours appelé son ami. Il était donc son ami. Il ferait comme elle le souhaitait. Il se souleva avec infiniment plus de rapidité et d’agilité que n’en était capable un organique, épaula le fusil et visa.

 

-          Il a une arme ! s’écria un des soldats quariens dans un mélange de terreur et de stupéfaction.

 

UA436 détourna son capteur visuel central, et pressa la détente.

 

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Légion tenait toujours la main de Shepard dans la sienne. L’humaine l’observait avec un demi-sourire, les sourcils froncés.

 

-          Hmm hmm, fit-elle en regardant ses doigts emprisonnés dans une poignée de main immobile et interminable.

 

Légion desserra son étreinte et Shepard remua ses doigts endoloris.

 

-          Bien, au travail, dit-elle avec amusement en tournant les talons.

 

Pourquoi cette archive mémorielle avait-elle resurgi à cet instant ? Aucun des 1183 programmes qui habitaient la plateforme récemment nommée « Légion » n’aurait su le dire. Celle-ci tourna la tête vers son fusil de précision posé non loin. 300 ans s’étaient écoulés entre cet acte amical d’un organique envers un Geth et le précédent sur Rannoch. Le consensus nommé Légion nota qu’il était intéressant que ce même fusil se soit trouvé présent lors des deux occurrences.