Personnellement, si DA2 subissait un lifting façon DAI, c'est ce premier que je préférai. Je suis obligée de reconnaître que DAI est bien meilleure sur de nombreux points techniques et mécaniques et qu'en plus il propose une belle et forte histoire, des personnages attachants ainsi qu'une musique superbe mais je préfère l'histoire de DA2. On va dire que le monomythe est d'un tel classicisme que changer de formule ne fait pas de mal, même si DAO restera toujours le chouchou.
Je rejoue ma deuxième partie et je suis moins enthousiaste que sur mes rerolls de DAO et de DA2 car il y a beaucoup trop de trucs hors scénarios. Je fais deux, trois heures de scénarios et de quête de compagnons pour dix heures de remplissage à visiter des zones vides de toute scénarisation, sans lien ni avec les personnages, ni avec l'intrigue. Les décors sont magnifiques, un super boulot a été effectué, j'adore même, cependant la sensation de découverte et de nouveauté s'estompant à force de multiples visites, les endroits perdent de leur intérêt.
Dans DAO, si je ratissais tout Orzammar et les Tréfonds -j'aime beaucoup ce passage d'ailleurs, peut-être parce que je n’enchaîne pas les différentes parties et que je fais des pauses – ou Breciliane c'est d'abord parce que le scénario m'y emmène et que j'ai la sensation de participer à l'histoire des personnages secondaires.
Je réfléchis toujours à comment mes personnages vont aider chaque personnage. Elinor Cousland, la passionnée et ambitieuse, et Skadi Brosca, la désillusionnée, ont incité Zerlinda à rejoindre la surface car la première pensait qu'elle devait faire sa vie par elle-même, se trouver comme elle le fait et la seconde car de par son histoire, elle pense que Zerlinda sera mieux à la surface que de subir les effets des Castes, elle ne croit pas à une réconciliation. Par contre, la naïve et idéaliste Eirlys estime que la famille est importante et qu'elle pense qu'une réconciliation est possible.
Et ce n'est que deux des choix proposés. Il y en a deux ou trois autres. Dans l'épilogue, si je n'ai pas droit à des diapositives la concernant, je peux la croiser à la fête si elle est à la surface, mon choix est donc pris en compte.
Certes il y a toujours deux ou trois quêtes 100% fedex par-ci, par là que je remarque à peine car elles se noient dans le reste ce qui n'est pas le cas dans DAI puisqu'elles sont majoritaires.
Je n'ai pas vraiment la sensation d'influer sur le monde de DAI et quand c'est le cas, je me sens tellement peu impliquée, sans compter le sentiment de ne pas avoir de fin. Oui, on aura des dlc mais un jeu doit avoir un point final sans dlc et compagnies.
L'épilogue est pauvre et je n'ai pas la sensation qu'un seul des mes choix -hors Orlais/Mages/Templier/Gardes des Ombres- la façon dont j'ai résolu les problèmes n'est pris en compte.
Je ne sais même pas où je me situe dans ma relation avec Josie.
De plus, les quêtes manquent cruellement de fond, de scénarisation. On ramasse trois objets pour prouver la noblesse de Fairbanks, un dialogue avec deux choix et c'est tout.
C'est d'une pauvreté au vu de l'importance du sujet, des possibilités que cela entraîne. Quand je vois tout ce qu'on fait pour rétablir la noblesse des Du Pâquerette -je ne sais plus leur nom mais je pense automatique à ça- pour Josie, je pense qu'il y avait matière à proposer davantage et ceux avant-même de choisir. Se renseigner auprès de Josie m'aurai paru logique. Je n'allais pas obliger un type à se faire reconnaître noble si cela n'apportait que dalle comme influence, autant qu'il le soit que si cela sert réellement.
Oui, on influe sur le destin d'Orlais. Par contre, comparé aux choix du Conclave ou d'Orzammar et même de la fin de DA2, c'est juste pauvre. Je passe les ¾ de la quête à récolter des objets sans compter que le choix n'est pas préparé en amont.
Tu te poses la question du prochain roi ou reine dès que tu sais qu'Alistair est le bâ****** de Maric, de suite tu entrevois les possibilités. Tu peux en discuter avec lui , puis avec Eamon. Sachant que je fais souvent Golefalois en premier avec le Cercle, je passe tout le jeu, même à ma première partie, à me demander ce qui va se passer à ce sujet. Et choisir qui doit régner n'est pas aisé.
Pour Bhelen et Harrowmont, on peut en discuter avec plein de pnj, on sent que le choix est ardu car les deux paraissent aussi louche que l'autre et on a une série de quête qui nous implique dedans.
Pour le conflit mages-templiers, tu commences à entrapercevoir les problèmes dès le premier acte aussi bien par les quêtes, les compagnons que les pnj. Petit à petit, tu te retrouves à t'engluer dans le problème et à la fin tu dois faire un choix compliqué, douloureux et lourd de conséquence.
Pour Orlais, pouff tu es téléporté au Palais d'Hiver, tu as une rapide discussion avec chaque protagoniste concerné, deux-trois vagues conversations avec des pnj, tes compagnons t'exposent vite fait leur avis et t’enchaînes directement avec le choix à faire. Bon on va pas se plaindre, c'est le choix le plus travaillé dans l'histoire et la quête m'a plu en dépit de cela.
Le choix de la Divine, je n’appelle pas cela vraiment un choix. C'est la grande découverte dans l'épilogue. Je ne sais pas comment cela c'est goupillé. Enfin j'ai juste refusé de faire la mission sur le Tableau de Guerre de Vivienne.
Maintenant, j'ai une idée des mécanisme mais je ne me sens pas autant impliqué. C'est une histoire de choisir les bons dialogues et j'avoue que cela m'ennuie un peu. Comment jouer un Inquisiteur qui a tel vision du monde mais qui aimerait une Divine qui a un autre point de vue car bien qu'il n'approuve pas, il estime que c'est la meilleur solution.
C'est impossible car tu dois être précis dans tes dialogues donc soit tu mens tout au long de l'histoire, soit tu es honnête et tu n'auras pas la résultat souhaité.
Certes, j'ai eu une surprise qui est allée dans le sens des opinions de Sevda, une Leliana, endurcie sans le vouloir, mais qui ne correspondait pas à ce qu'elle aurait souhaité. Elle voulait Cassandra, même si leur vision ne s'accordent pas toujours.
Je suis aussi beaucoup plus attachée à mes gardiens et à mes Hawke parce dans le premier cas, j'ai suffisamment de background (l'origine) et de libertés pour en faire ce que je veux, les options de dialogues et de résolutions de quêtes sont suffisamment nombreuses, dans le second, c'est une histoire personnelle qu'on peut personnaliser à de nombreuses reprises avec des moments forts.
Et je n'ai pas besoin de jouer un Hawke mage pour me sentir dans l'histoire. Mon Hawke préféré est un voyou sarcastique, amoureux d'Anders, dont le défunt père est un apostat et sa sœur, une mage enfermé dans un Cercle où de nombreux abus sont commis. Il a tous les raisons du monde à la fin de prendre partie.
D'ailleurs Hazel Hawke, mage qui a pris parti pour les templiers, a eu un impact certain sur la guerre templiers-mages au vu de son entrée du codex. Oui, elle n'est pas à la tête d'une Inquisition, néanmoins, elle a marqué les esprits et elle est cité lorsqu'on parle de ce conflit. Son codex est une lettre d'un mage de la rébellion.
L'Inquisiteur a bien une histoire, une trame de fond mais qu'on en voit jamais, autrement que sur la table de guerre. On n'a pas une seule quête «de famille» comparé à DA2 et on ne rencontre jamais aucun des ces membres à l'instar de DAO.
On ne peut s'attacher à ce passé vu la manière il est mis en place.
En plus pour Hyacinthe, noble humain, j'ai eu une discussion avec Josie sur les bals auxquels elle ne l'a jamais vu. Mes choix de réponse sont : timidité, mouton noir de la famille ou esprit de liberté.
Ouais, super vu que j'ai toujours vu mon personnage allant de bal en bal. Une réponse du style «Si on est s'est croisé à tel bal ou tel bal mais vous avez dû oublier...», «Effectivement, il y a toujours tant de monde...» m'aurait dix fois plus convenu.
Sérieusement, si on doit compter tous les nobles de Thédas, on doit difficilement les connaître autrement que par leur titre et nom et puis ne suis-je pas sensé être marchéen et elle être coincée à Orlais pour son travail ? Les possibilités de rencontre de ces deux personnes sont ridiculement bases, surtout que le jet privé est loin d'être inventé.
Et pourquoi doit-on être le grand dadais de la famille ou le vilain petit canard ?
Bref, cela aide vachement à se mettre dans la peau de son personnage si tu dois effacer dans ta tête le travail fait par Bioware car ils ont eu la flemme d'imaginer et de rajouter deux ou trois choix. Pour moi Hyacinthe va bien aux divers bals organisé par sa grande tante Lucille (?), cependant il n'a jamais sympathisé avec Josie car bien qu'il l'ait vu deux, peut-être trois fois dans des bals, il avait d'autres personnes et d'autres choses à faire. Leur interaction a dû se limiter à une rapide salutation et il l'a oublié jusqu’à leur récente discussion.
Quant aux compagnons, j'adore les trois castings mais je suis d'accord avec Honoric sur le manque d’interactions et de quêtes vis à vis des compagnons.
Et franchement, «je suis l’Inquisiteur...» me paraît faible comme prétexte. Les gens de pouvoir ont un entourage quand même.
Je trouve même qu'on régresse au niveau des quêtes de compagnons comparé à DA2 où on avait plusieurs quêtes, longues, travaillées et diversifiées. J'ai aidé Aveline à traquer la corruption au sein des gardes, à trouver l'amour et à garder son job, j'ai aidé Fenris à retrouver la liberté, puis à s'occuper de sa sœur, ….
Je rajouterai même que certaines quêtes sont ratées. Celle de Vivienne ne même nulle part. On tue un monstre, on a une cinématique d'une minute, une courte discussion et c'est tout. Je ne comprends pas ce qu'elle est censée apporter au personnage ni à l'histoire tout court.
Les romances ont perdu en spontanéité. On est obligé de l'initier et de mener la barque tout au long.
Enfin, on n'a pas un seul personnage qui peut décider de partir parce que ce que vous faites lui déplaise aucun ne surprend dans ses actions, ne vous trahit à part Solas – et c'était d'une prévisibilité- ou ne vous met dans une position inconfortable.
Le Keep au final ne sert pas à grand chose vu le peu d'informations utilisées. Je suis d'accord qu'on ne peut pas tout prendre en compte mais pourquoi ne peut pas t-on croiser d'anciens villageois dans Golefalois ? Pourquoi Isolde et Teagan n'apparaissent jamais ?
Oui, le héros de la saga est le monde de Thédas, cependant un monde contient aussi des gens et avoir la sensation d'une continuité c'est important. Ce n'est pas comme-ci cinquante ans c'étaient écoulé entre DA2 et DAI.
Je terminerai sur le coté «meneur d'une grande organisation». Le seul contenu a ce sujet était la prise des forts, comme cela a été montré dans une démo où la région de Crestwood était mise à l'honneur et où on devait faire un choix capital, le village ou le donjon, a été coupé.
On a de l'influence à ne pas savoir quoi en faire, Skyhold ne sert pas à grand chose, pas plus que nos armées. On ne gère rien du tout.
DAI est un jeu très beau, réussi, auquel je prend plaisir à jouer, qui a une super histoire mais qui sur certains points a complètement raté le coche.
Quant aux fans, les producteurs ne doivent pas toujours les écouter. C'est bien de le faire parce que c'est censé nous plaire, néanmoins, le fan reste une bête difficile, qui ne sait pas réellement ce qui veux.
Enfin moi, je sais toujours ce que je voulais et ce n'est certainement pas des environnements à la Skyrim, certes, je voulais des cartes un peu plus grandes et diversifiées mais je ne pensais pas à ça. D'ailleurs, j'ai même été surprise de la grandeur des lieux, tellement c'était dix fois plus grand que je ne le pensais.
Et puis ce n'est pas parce que les gens parlent de grandeur, d'ouverture qu'il faut penser de suite à copier Skyrim.
Les seuls trucs que je m'imaginais, c'était la capture des forts et des choix difficiles à prendre, une vraie partie enquête, espionnage au Palais d'Hiver, des choix importants, un minimum de caméo vu qu'on avait le Keep, notamment à Golefalois – ce n'est pas une réussite de ce coté là- de superbes musiques, de beaux décors, des cartes plus grandes et diversifiées, une histoire intéressante et des moments forts, des personnages attachants, intéressants -ça c'est bon, impeccable- plusieurs quêtes de compagnons, des romances davantage développées, plus matures, plus d'interaction avec eux – ce n'est pas encore ça- et des quêtes secondaires scénarisées -ha bon non, ce n'est pas ça non plus, bon on a à la place un super travail sur l'histoire des zones- et une caméra tactique, la présence d'ia, mouais ce n'est pas ça.
Bref je ne demandais pas la lune et beaucoup de choses que j'imaginais l'ont souvent été par rapport à ce qui a été soit présenté dans des démos avant d'être coupés -et franchement pourquoi couper la capture de fort et non pas deux zones inutile ?- soit dit par les producteurs (maturité des romance, scène de sexes réalistes, que ces dernières ne soient pas l'aboutissement, la manière dont a été présenté Halamshiral, ..) soit tout simplement présent dans les jeux précédents (quêtes de compagnons, d'origines/familles, combats tactiques et IA, quêtes scénarisées à multiples choix...).
En fait ne peux pas dire que j'étais très imaginative quant au contenu du jeu.